[1] Sur la notion de capital politique et de capital social, voir Michel Offerlé, Les partis politiques (Paris: PUF, 1987) 31.
[2] En France, l'un des rares ouvrages qui traite du même processus, à savoir la constitution d'entreprises politiques par les élites aristocratiques, a récemment été publié par Éric Phélippeau, qui s'est intéressé au cas du baron de Mackau, aristocrate de l'Orne, qui a créé dans son fief des associations politiques destinées à pérenniser son implantation et à lui assurer la victoire aux élections. Comme dans le cas de la League, ce qui est intéressant avec l'exemple de Mackau, c'est que cette évolution a consisté à faire surgir des structures politiques permanentes destinées à conforter la position de Mackau dans sa circonscription. Comme le fait remarquer Phélippeau, la distinction introduite par Max Weber entre notables et professionnels de la politique est à revoir, puisque le cas de Mackau, et celui de la League et de ses dirigeants, montrent que les notables eux aussi ont tenté, parfois avec succès, de s'emparer du registre propre à l'entrepreneur politique, que Weber considérait être surtout une figure spécifique aux nouveaux partis. Éric Phélippeau, L'invention de l'homme politique moderne. Mackau, l'Orne et la République (Paris: Belin, 2002). Sur la distinction entre notable et professionnel de la politique, voir Max Weber, Économie et société (Paris: Plon, 1971) 295.
[3] Voir Arno Mayer, La persistance de l'Ancien Régime (Paris: Flammarion, 1982).
[4] Martin Pugh, The Tories and the People (Oxford: Blackwell, 1985) 2.
[5] Pour une telle évaluation du parti, de son caractère oligarchique et du loyalisme habituel de la base, voir Philip Norton (ed.), The Conservative Party (Hemel Hampstead: Prentice Hall/Harvester Wheatsheaf, 1996) 23. Cela concorde avec les conclusions de Robert Mackenzie, dans un ouvrage comparant les structures partisanes conservatrices et travaillistes. Voir Robert McKenzie, British Political Parties: The Distribution of Power within the Conservative and Labour Parties (London: Heinemann, 1963).
[6] Selon Maurice Duverger, ce qui distingue les partis de gauche de leurs rivaux de droite, c'est justement le fait que les mouvements politiques de gauche sont par nature des mouvements d'intégration sociale, c'est-à-dire des organisations offrant à leur public des formes de sociabilité variées dépassant le cadre électoral (associations sportives et syndicales, clubs de débats, centres de formation, etc.). Quant aux partis de droite, d'après Duverger, ils ne présentent pas ce type de caractéristiques, car les organisations conservatrices se constituent plutôt en institutions ad hoc, dont les activités sont concentrées sur les périodes électorales. L'exemple de la League dément ce point de vue. En effet, la League est un mouvement d'intégration sociale, fédérant un public disparate dans le cadre d'activités qui ne sont pas exclusivement liées à la compétition électorale. Maurice Duverger, Les partis politiques (Paris: Seuil, 1976) 311.
[7] On entend par culture politique les valeurs permettant d'assurer " la cohésion et la permanence " d'une institution. Sur la notion de culture politique, voir Jacques Lagroye, Bastien François, Frédéric Sawicki, Sociologie politique (Paris: Presses de Sciences Po/Dalloz, 2002) 405-416. Michel Crozier et Ehrard Friedberg sont les premiers à avoir analysé les organisations comme " des systèmes d'action dont les mécanismes d'intégration auront tendance à perdurer et à se reproduire ", ce qui explique qu'une institution donnée tend à " secréter des processus spécifiques à travers lesquels se reproduisent ses caractéristiques essentielles ". Voir Michel Crozier et Ehrard Friedberg, L'acteur et le système. Les contraintes de l'action collective (Paris: Seuil, 1977) 188-189.
[8] On entend par légitimation l'opération qui consiste à fonder la légitimité d'un pouvoir, politique ou social, sur son caractère naturel, voire sacré. La légitimation, d'après Jacques Lagroye, ne fonde donc pas seulement l'utilité et la forme concrète d'un pouvoir, mais elle renvoie également aux représentations du monde dont se réclame ce pouvoir, établissant ainsi une relation entre les diverses formes de pouvoir et une organisation idéale de l'univers. Sur le concept de légitimation, voir Jacques Lagroye, "La légitimation," in Madeleine Grawitz et Jacques Leca (eds.), Traité de Sciences Politiques vol. 1 (Paris: PUF, 1985) 418.
[9] "Conservatism is not a political system, and certainly not an ideology". Robert Kirk, "Preface," Id. (ed.), A Conservative Reader (Harmondsworth: Macmillan, 1982) xiv.
[10] Anthony Seldon et John Ramsden, "The Influence of Ideas on the Modern Conservative Party," Contemporary British History 10 (1996): 168.
[11] Ian Gilmour, Inside Right: A Study of Conservatism (1977; London: Hutchinson, 1980) 121.
[12] "A mistrust towards a purely intellectual approach to politics". Ewen Green, The Crisis of Conservatism: The Politics, Economics and Ideology of the British Conservative Party, 1880-1914 (London: Routledge, 1995) 312.
[13] Jon Lawrence, Speaking for the People: Party, Language and Popular Politics in England, 1867-1914 (Cambridge: Cambridge UP, 2002) 257-63.
[14] Edgar Feuchtwanger, Disraeli (London: Arnold, 2000).
[15] A ce jour, 6 volumes ont été publiés dans le cadre du Disraeli Project. Voir M. G. Wiebe et al., Benjamin Disraeli Letters (Toronto: Toronto UP, 1982-1997).
[16] "Read no history, but only biography, for there you have life without theory". Benjamin Disraeli, Contarini Fleming : A Psychological Romance (London: Longmans Green, 1845) 113.
[17] Alex Windscheffel, "Men or Measures ? Conservative Party Politics, 1815-1951," Historical Journal 45 (2002): 951.
[18] "The idea of Conservatism and the Conservative Party as non-ideological should be delivered (...) to the rubbish heap of history". Ted Honderich, Conservatism (Harmondsworth: Penguin Books, 1991) 38.
[19] Pour une telle approche, voir Frank O'Gorman, Voters, Patrons and Parties: The Unreformed Electorate of Hanoverian England, 1734-1832 (Oxford: Oxford UP, 1989) ; John Phillips, The Great Reform Bill and the Boroughs : English Electoral Behaviour, 1818-1841 (Oxford: Oxford UP, 1993).
[20] Pour un tel point de vue, voir Derek Beales, "The Electorate before and after 1832: The Right to Vote and the Opportunity," Parliamentary History 11 (1992): 139-50. Beales fait observer qu'avant 1832 on compte moins de 500 000 électeurs, et plus de 800 000 après 1832, sur une population d'environ quatorze millions d'habitants. D'après Beales, si on ajoute à ce bond quantitatif la baisse du nombre d'élections par acclamation et la multiplication des pétitions adressées au Parlement, les années qui suivent la grande réforme de 1832 constituent incontestablement une transformation du système politique britannique.
[21] Le titre employé par Woodward dans sa synthèse sur le dix-neuvième siècle est d'ailleurs symptomatique des connotations positives et réformatrices qu'il attribue à la période. Pour le verdict de Woodward sur les réformes de 1832, voir Llewellyn Woodward, The Age of Reform, 1815-1870 (1938 ; Oxford: Oxford UP, 1992) 87. Dans The Making of the English Working Class, Edward Thompson souscrit à une telle interprétation et utilise les réformes de 1832 pour accréditer sa thèse, à savoir l'émergence d'une conscience de classe ouvrière, et de conditions politiques nouvelles. Edward Thompson, The Making of the English Working Class (1963 ; London: Penguin Books, 1980) 908.
[22] Pour une présentation du " tournant linguistique " et des controverses que cette approche a suscitées outre-Manche, voir Simona Cerrutti, "Le linguistic turn en Angleterre: notes sur un débat et ses censures," Enquête 5.1 (1997): 125-40. En Angleterre, le tournant linguistique a été marqué par un regain d'intérêt pour les biographies, en tant qu'éléments de narration individuelle des tensions politiques, et par l'émergence d'un nouvel objet, la " politique populaire " (popular politics), à savoir la manière dont les discours politiques sont relayés et perçus auprès du public. Pour une synthèse des résultats du tournant linguistique, qui en loue les apports et en critique les déficiences en termes de théorisation des méthodes littéraires rapportées à des objets historiques, voir Michael Bentley, "Victorian Politics and the Linguistic Turn," Historical Journal 42.3 (1999): 883-902.
[23] Patrick Joyce, Vision of the People: Industrial England and the Question of Class, 1848-1914 (Cambridge: Cambridge UP, 1994). Pour un ouvrage où Joyce revendique une analyse langagière d'objets historiques tels que les autobiographies ou les discours d'orateurs victoriens comme John Bright, voir Democratic Subjects:The Self and the Social in Nineteenth-Century England (Cambridge: Cambridge UP, 1994).
[24] Sur ce clivage historiographique entre ceux qui insistent sur les permanences et ceux qui privilégient les ruptures dans l'histoire politique et sociale de la Grande-Bretagne au dix-neuvième siècle, voir Richard Price, "Historiography, Narrative and the Nineteenth Century," Journal of British Studies 35 (1996): 220-56 ; Miles Taylor, "British Politics in the Age of Revolution and Reform, 1789-1867," Historical Journal 45, 3 (2002): 661-77.
[25] Sur la manière dont en effet 1832 ne semble pas marquer de transformations radicales, du moins en ce qui concerne les personnels politiques qui restent très majoritairement aristocratiques après 1832, et même jusqu'aux années 1880, voir Ellis Archer Wasson, "The House of Commons, 1660-1945: Parliamentary Families and the Political Elite," English Historical Review 106 (1991): 635-651 ; S. F. Woolley, "The Personnel of Parliament of 1833," English Historical Review 53 (1938): 240-262.
[26] Lewis Namier, The Structure of Politics at the Accession of George III (London: Macmillan, 1957).
[27] D. C. Moore, The Politics of Deference : A Study in the Mid-Nineteenth Century English Political System (Hassocks: Harvester, 1976).
[28] Aux Communes, une stricte discipline de parti semble d'ailleurs ne s'être imposée que très lentement, puisque même à une date aussi tardive que 1914 on constate la banalité du cross-voting, phénomène qui voit les parlementaires d'un camp voter avec leurs opposants habituels. Voir John D. Fair, "Party Voting Behaviour in the British House of Commons 1886-1918," Parliamentary History 5 (1986): 65-82.
[29] Ces comités sont placés sous la direction des agents des candidats, qui sont alors généralement des juristes associés à la gestion des terres possédées par l'aristocratie. L'agent électoral n'est donc pas encore un professionnel de la politique comme il le deviendra à la fin du siècle, puisque l'essentiel de ses revenus provient de ses activités notariales ou de son rôle en tant que régisseur des grandes propriétés aristocratiques. D'après les travaux d'E. A. Smith sur ces acteurs de la vie électorale, il apparaît que ces derniers avaient très mauvaise réputation auprès des hommes politiques et du grand public, qui attribuaient à la vénalité des agents la corruption manifeste dans certaines localités. Sur le rôle des agents électoraux au cours de la période antérieure à 1832, voir E. A. Smith, "The Election Agent in English Politics, 1734-1832," English Historical Review 84 (1969): 12-35.
[30] Pour un aperçu détaillé sur l'organisation électorale au cours de ces années, on renvoie au cas de Disraeli, dont les documents de campagne pour l'année 1847 sont reproduits en annexes de sa correspondance. Ce qu'ils font apparaître, c'est l'importance pour un candidat comme Disraeli de se manifester par écrit auprès des personnalités respectées de la circonscription. Voir M. G. Wiebe (ed.), "Appendix 8 - Buckinghamshire Election Material," Benjamin Disraeli Letters vol. 4 (Toronto: Toronto UP, 1989) 385-93.
[31] Entre 1832 et 1847, période où ont lieu trois élections parlementaires, Disraeli prend la parole en public à vingt-quatre reprises, dont sept fois en dehors d'une période électorale. Quant au budget électoral de Disraeli en 1847, sur les £1 345 dépensées cette année-là, £845 sont à imputer aux salaires des messagers, des agents et des démarcheurs employés lors de la campagne. Voir Wiebe (ed.), Benjamin Disraeli Letters 385-86 et passim.
[32] Le fait que jusqu'aux années 1880 la majorité des élections se soient décidées suite à un vote par acclamation, et donc sans consultation formelle de l'électorat dans le cadre d'un scrutin, constituerait alors l'indice le plus probant du quiétisme politique dans l'Angleterre du milieu du dix-neuvième siècle et de la suprématie des critères sociaux sur les motivations politiques dans la conduite de l'élection. Sur la localisation et l'évolution du nombre d'élections par acclamation, voir Trevor Lloyd, "Uncontested Seats in British General Elections, 1852-1910," Historical Journal 8.2 (1965): 260-65.
[33] Sur l'importance de la sociabilité mondaine dans le champ politique victorien, voir K. D. Reynolds, Aristocratic Women and Political Society in Victorian Britain (Oxford: Clarendon, 1998).
[34] On a retrouvé dans les archives de l'association conservatrice de Norwood, dans la banlieue londonienne, un échange de correspondance entre Corry et les dirigeants de cette section locale du parti. En 1876, à l'occasion du premier anniversaire de cette section, les responsables font appel à Corry, lui demandant d'intervenir auprès de son chef pour venir en personne, ou au moins envoyer une lettre de félicitations. Corry refuse l'invitation et fait savoir que Disraeli n'est pas aussi enclin que Gladstone à écrire à ses partisans. Milnet Library, Conservative Association of Lower Norwood, Brixton, Dulwich and Herne Hill, Minute Boook, IV/166/1/1, 25 avril 1876. Lord Salisbury, successeur de Disraeli à la tête du parti, ne partage pas l'attitude distante de son prédécesseur. Salisbury ne répugne pas à prononcer de nombreux discours en public, ou à adresser comme Gladstone des lettres à ses partisans provinciaux. Ce qui ne signifie pas que Salisbury souscrive avec enthousiasme à ces pratiques qui obligent les politiciens à se manifester régulièrement auprès de leurs troupes. Salisbury désirait en effet que son épitaphe porte l'inscription "Died of writing inane letters to empty-headed Conservative associations". Sur la carrière d'orateur et d'organisateur que doit embrasser Salisbury malgré ses goûts patriciens, voir Roberts, Salisbury 248-250.
[35] Cette remarque vaut aussi pour les partis au niveau national, puisqu'avant 1832, il y a bel et bien un embryon d'organisation qui dirige les groupes parlementaires, en la personne des whips, ainsi que des réunions, certes irrégulières, des partisans d'un même camp. Mais ce qui ressort de nos recherches sur les partis avant 1832 confirme le caractère tout à fait limité de cette amorce de structuration partisane, et la prépondérance des réseaux informels dans le contrôle des factions parlementaires. Sur la questions de l'organisation des partis au début du dix-neuvième siècle, voir Arthur Aspinall, "English Party Organization in the Early Nineteenth Century," English Historical Review 41 (1924): 389-411.
[36] L'extension de ces dîners politiques à l'ensemble du pays et la sociabilité notabiliaire à laquelle ils donnent lieu ont été analysés par ailleurs. Voir Peter Brett, "Political Dinners in Early Nineteenth-Century Britain: Platform, Meeting Place and Battleground," History 81.264 (1996): 527-52.
[37] Pour une analyse de la fameuse série de tableaux de Hogarth intitulés An Election, voir Christina Scull, The Soane Hogarths (London: Sir John Soane's Museum/Trefoil Publications, 1991).
[38] Sur le caractère ouvert et participatif des rituels électoraux, auxquels l'ensemble de la population des villes et bourgades concernées par l'élection prend part, voir Frank O'Gorman, "Campaign Rituals and Ceremonies: The Social Meaning of Elections in England 1780-1860," Past and Present 135 (1992): 79-115.
[39] Les élections par acclamation (uncontested elections) n'échappent pas à la règle qui veut qu'un candidat, même s'il est sûr de son fait et n'a pas de rival à la députation, soit tenu de demander leurs suffrages aux électeurs de la circonscription en personne, ou par l'intermédiaire des agents recrutés pour l'occasion. Voir D. Foster, "The Politics of Uncontested Elections: North Lancashire 1832-1865," Northern History 13 (1977): 232-47. Les analyses de Foster portant sur l'après-1832 sont confirmées par une étude centrée sur la période antérieure, pour laquelle un autre historien, Robert Worthington Smith, réhabilite pareillement le travail de démarchage et l'effort d'organisation auxquels donnent lieu les élections par acclamation. Robert Worthington Smith, "Political Organization and Canvassing: Yorkshire Elections before the Reform Bill," American Historical Review 74.5 (1969): 1538-60.
[40] Il faut signaler ici que cette main-d'oeuvre employée par les candidats n'est pas censée participer au vote, puisque les personnes recevant rétribution dans le contexte électoral sont de jure privées du droit de vote. F. W. Maitland, The Constitutional History of England (Cambridge: Cambridge UP, 1926) 363.
[41] Harold Hanham fait d'ailleurs observer que, même lorsque des associations politiques sont fondées, elles peuvent avoir pour seule finalité de maximiser les bénéfices de la corruption pour l'électorat. Hanham cite l'exemple d'une Conservative Workingmen's Association, fondée pour distribuer les largesses des candidats auprès des électeurs. H. J. Hanham, Elections and Party Management: Politics in the Time of Disraeli and Gladstone (Hassocks: Harvester, 1978) 266.
[42] Sur les formes de corruption électorale et de contrôle aristocratique, en particulier sur l'électorat rural, voir pour le cas de l'Irlande J. H. Whyte, "Landlord Influence at Elections in Ireland, 1760-1885," English Historical Review 80.317 (1965): 740-60. Toutefois, l'historiographie récente tend à minimiser l'influence aristocratique sur les comtés, en mettant en lumière la nature problématique de la déférence. David Eastwood a par exemple mis en lumière les processus formels (associations conservatrices, fédération de fermiers, et dans les années 1840, organisations protectionnistes) et informels (démarchage pré-électoral) qui montre combien l'aristocratie n'était pas bénéficiaire passive du sentiment de déférence des communautés rurales, mais devait activement légitimer ses prétentions à représenter ces mêmes communautés en promouvant un système électoral participatif. David Eastwood, "Contesting the politics of deference: the rural electorate, 1820-60," in Jon Lawrence and Miles Taylor (eds.), Party, State and Society. Electoral Behaviour in Britain since 1820 (Aldershot: Scolar, 1997) 27-49.
[43] Pour les déboires électoraux de Bagehot et de Trollope, tous deux impliqués dans des affaires de corruption, qui les empêchent l'un comme l'autre d'assouvir leurs ambitions politiques, voir, dans le cas de Bagehot, Norman St. John-Stevas (ed.), "The Evidence of Walter Bagehot before the Bridgwater Bribery Commission, 1860," in The Collected Works of Walter Bagehot vol. 14 (London: The Economist, 1986) 339-56 ; dans le cas de Trollope, voir Asa Briggs, "Trollope, Bagehot, and the English Constitution," Victorian People: A Reassessment of Persons and Themes 1851-67 (1954 ; London: Penguin Books, 1965) 95-123.
[44] Gash a aussi consacré un article à l'influence de la Couronne sur les circonscriptions de Windsor et Brighton qui jouxtent les domaines royaux. Norman Gash, "The Influence of the Crown at Windsor and Brighton in the Elections of 1832, 1835 and 1837," English Historical Review 54 (1939): 653-63.
[45] Plus généralement, la question est traitée dans Karl Theodore Hoppen, "Roads to Democracy: Electioneering and Corruption in Nineteenth-Century England and Ireland," History 81.264 (1996): 553-71. Dans une récente étude de cas portant sur Lancaster, M. A. Manai, tout en reconnaissant l'ampleur de la corruption, remet par contre en question sa capacité à influer sur les résultats électoraux. En effet, Manai montre qu'il existe une corrélation entre le vote tory, radical ou whig et les divers types de profession qui constituent l'électorat. Dans ce contexte, la corruption n'apparaît donc pas comme un levier d'altération du résultat du vote, mais plutôt comme la rétribution, symbolique et traditionnelle, que l'électorat escompte de la part des représentants du parti qui a de toute façon leurs faveurs. M. A. Manai, "Influence, Corruption and Electoral Behaviour in the Mid Nineteenth Century: A Case Study of Lancaster, 1847-1865," Northern History 29 (1993): 154-64.
Norman Gash, "Corrupt Boroughs," "Influence and Control," "The Survival of the Proprietary Boroughs" ; "Direction from above" ; "Proprietary Boroughs after 1832 (England and Wales)," Politics in the Age of Peel. A study in the Technique of Parliamentary Representation, 1830-1850 (London: Longmans Green, 1953) 154-238 ; 323-92 ; 438-9. Gash évoque seulement l'influence croissante des clubs politiques métropolitains (Chapter 15, "Club Government," 393-427), mais se désintéresse des sections locales dont commencent à se doter les partis après 1832. Nos remarques ultérieures sur l'apparition de ces structures partisanes visent à corriger ce déséquilibre, et à réhabiliter cette conséquence des réformes de 1832. En toute justice par rapport à Gash, il faut quand même noter qu'il a lui-même contribué, du moins concernant le parti conservateur, à pallier ce désintérêt pour les appareils partisans locaux et nationaux, en consacrant deux articles à l'organisation du parti à Westminster et dans les circonscriptions, dont s'inspire largement le descriptif des structures centrales et locales du parti développé plus loin. Voir N. Gash, "The Organization of the Conservative Party, 1832-1846. Part I: The Parliamentary Organization," Parliamentary History 1.1 (1982): 137-59 ; "The Organization of the Conservative Party, 1832-1846. Part II: The Electoral Organization," Parliamentary History 2.2 (1983): 131-52.
[46] Dans ce paragraphe, on emprunte à Gash la description du développement d'associations conservatrices, "The Organization of the Conservative Party, 1832-1846. Part II: The Electoral Organization," Parliamentary History 2.2 (1983): 131-52.
[47] Les combats politiques locaux centrés sur ces révisions des registres électoraux ont été maintes fois décrits. Voir pour le cas de Bristol, par exemple, un article de Peter Brett, "Party Politics, Constituency Organization, and the Power of the Electoral Register: National Perspectives and the Bristol Battleground 1832-1841," Southern History 18 (1996): 87-116. Sur une chronologie plus large, et plus spécifiquement sur les répercussions des procédures locales d'inscription sur les listes électorales sur la structuration des partis au niveau national, voir J. Alun Thomas, "The System of Registration and the Development of Party Organisation," History 35.123 (1950): 81-98.
[48] "At this moment there is scarcely a county in England which cannot boast of its Conservative association of gentry". The Times 11 août 1837, cité dans Gash, "The Organization of the Conservative Party, 1832-1846. Part II: The Electoral Organization," Parliamentary History 2.2 (1983): 144.
[49] Sur ces premières associations conservatrices, on consultera l'ouvrage de Robert Stewart, The Foundation of the Conservative Party 1830-1867 (London: Longman, 1978). Stewart reconnaît d'ailleurs le caractère très limité du développement de l'organisation conservatrice en dehors du Parlement, puisqu'aussi tardivement que 1874, seuls 44 des 82 comtés anglais disposaient d'instances conservatrices permanentes. Stewart, The Foundations of the Conservative Party 131.
[50] Sur les implications des réformes de 1835 en termes de vie partisane locale, voir G. B. A. M. Finlayson, "The Politics of Municipal Reform, 1835," English Historical Review 81 (1966): 673-92. Les conclusions de Finlayson sont confirmées par les travaux de John Phillips et Charles Wetherell sur l'impact du Municipal Corporations Act de 1835. D'après ces deux historiens, cette réforme a orienté l'Angleterre vers un système politique municipal où les considérations nationales et partisanes se sont affirmées, au détriment du localisme et des facteurs personnels qui avaient jusque là présidé à la sélection des personnels politiques locaux. Voir John A. Phillips et Charles Wetherell, "Parliamentary Parties and Municipal Politics: 1835 and the Party System," Parliamentary History 13.1 (1994): 48-85.
[51] F. R. Bonham, homme de confiance de Peel, est alors le personnage chargé de la coordination des activités électorales du parti. Il est important de remarquer au sujet de Bonham qu'il est alors le premier véritable professionnel électoral du parti, puisqu'il ne dispose pas de siège aux Communes. C'est donc avec Bonham que commence donc à s'autonomiser au sein du Parti conservateur le travail parlementaire et les activités électorales et organisationnelles. Sur le rôle et l'importance de Bonham dans l'histoire du parti, voir Norman Gash, "F. R. Bonham: Conservative 'Political Secretary', 1832-1847," English Historical Review 63 (1948): 502-22.
[52] Pour une interprétation détaillée de l'antipathie de Peel vis-à-vis du développement de l'appareil partisan conservateur, voir Angus Hawkins, "Lord Derby and Victorian Conservatism: A Reappraisal," Parliamentary History 6 (1987): 282-3. D'après Hawkins, c'est ce qui distingue la période du leadership de Peel de celle de son successeur, lord Derby, un ancien whig plus respectueux des obligations auxquelles le tenaient les organisations conservatrices.
[53] "I much dislike all Political Associations as I consider them always liable to be perverted from their original object and tending to produce irritation and reaction, and usually to check the exercise of individual judgment an opinion. At the same time I see our friends promoting them all over the country and there is frequently utility in acquiescing in what one cannot prevent. The circumstances of the present time also in some degree justify it". Charles Wynn to sir Robert Peel, avril 1835, Peel Papers, Add. MS. 40420, f. 74, cité dans Gash, Norman. "The Organization of the Conservative Party 1832-1846. Part II: The Electoral Organization," Parliamentary History 2.2 (1983): 150.
[54] Les efforts de propagande déployés par l'Anti-Corn-Law League à destination des populations des campagnes, et le lancement par cette organisation de sociétés destinées à inscrire ses partisans ruraux sur les listes électorales constituaient un défi à l'emprise de l'aristocratie sur les comtés. En réponse à ces menées libre-échangistes, les conservateurs ruraux fondent leurs propres organisations protectionnistes. Sur la manière dont l'Anti-Corn-Law League a stimulé l'organisation du parti conservateur, voir M. Lawson-Tancred, "The Anti-League and the Corn Law Crisis of 1846," Historical Journal 3 (1960): 162-83.
[55] Sur le soutien que Derby lui-même offre à Palmerston contre les éléments les plus radicaux de son gouvernement, voir Angus Hawkins, "Lord Derby and Victorian Conservatism: A Reappraisal," Parliamentary History 6 (1987): 290-1. Parmi les conservateurs palmerstoniens, on peut citer par exemple l'un des partisans les plus zélés de la Primrose League, Algernon Borthwick, dont le parcours est décrit en Annexe 2.1.2.
[56] Terence Jenkins considère que les prétentions démocratiques de Disraeli ont constitué jusqu'aux années 1960 un mythe vivace dans les rangs conservateurs, ainsi que dans l'historiographie. Ce n'est qu'après la parution de monographies sur la manière dont s'est déroulé l'adoption des réformes de 1867 que la légende disraélienne du caractère démocratique du parti a été écornée. Voir Terence Andrew Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism (London: Macmillan, 1996) 80. Sur la réforme de 1867, les ouvrages qui ont contribué à invalider la légende dorée de la démocratie tory sont ceux de F. B. Smith, The Making of the Second Reform Bill (Cambridge: Cambridge UP, 1966), et de Maurice Cowling, Disraeli, Gladstone and Revolution (Cambridge: Cambridge UP, 1967). Il n'est sans doute pas fortuit que la réputation de Disraeli ait donc connu à partir des années 1960 un déclin évident dans les rangs conservateurs. Parue à la même époque, la biographie de Disraeli écrite par Robert Blake témoigne d'une certaine sympathie envers le personnage, mais elle ébrèche tout autant que les ouvrages précédemment cités les prétentions de Disraeli à avoir initié la démocratie tory. Voir Robert Blake, Disraeli (1966 ; London: Methuen, 1969): 477.
[57] Sur l'alliance entre libéraux et conservateurs pour faire échouer l'adoption par le Parlement de la deuxième réforme électorale de 1867, voir Douglas F. Sheppard, "The Cave of Adullam, Household Suffrage, and the Passage of the Second Reform Act," Parliamentary History 14.2 (1995): 149-72 ; James Winter, "The Cave of Adullam and Parliamentary Reform," English Historical Review 81.318 (1966): 38-55. Le point de vue de libéraux comme Walter Bagehot, Anthony Trollope ou Robert Lowe sur les conséquences néfastes qu'il fallait escompter vis-à-vis du processus de démocratisation du système politique britannique est analysé par Asa Briggs dans le Chapitre 4, "Trollope, Bagehot, and the English Constitution," et le Chapitre 9, "Robert Lowe and the Fear of Democracy," Victorian People: A Reassessment of Persons and Themes 1851-67 (1954 ; London: Penguin Books, 1965) 95-123 ; 240-71.
[58] On reconnaît là les arguments avancés par Disraeli dans son fameux discours de Crystal Palace du 24 juin 1872. Sur le contexte politique de ce discours, voir Blake, Disraeli 523
[59] "The struggle between the English Constitution on the one hand and the democratic forces that are labouring to subvert it on the other, is now, in reality, when reduced to its simplest terms and stated in its most prosaic form, a struggle between those who have, to keep what they have got, and those who have not, to get it?. Robert Cecil, Quarterly Review avril 1860, cité dans Andrew Roberts, Salisbury. Victorian Titan (1999 ; London: Phoenix, 2000) 57.
[60] "It will produce great abstention from the polls of the respectable classes and proportionably (sic) increase the power of busy-bodies, enthusiasts and party wire-pullers". Lettre de lord Salisbury à lord Carnarvon, 20 février 1872, citée dans Michael Bentley, Lord Salisbury's World: Conservative Environments in Late-Victorian Britain (Cambridge: Cambridge UP, 2001) 150.
[61] Sur la lente et difficile émergence de structures centrales et locales au sein du parti conservateur, voir Edgar J. Feuchtwanger, Disraeli, Democracy and the Tory Party (Oxford: Clarendon, 1968). Pour une vue d'ensemble, abordant le développement du parti libéral et du parti conservateur et l'organisation de la compétition électorale des années 1860 aux années 1880, l'ouvrage de référence est celui de Harold Hanham, qui n'évoque que brièvement le cas de la Primrose League en raison de la chronologie adoptée dans Elections and Party Management. Politics in the Time of Disraeli and Gladstone (1959 ; Hassocks: Harvester, 1978).
[62] Les libéraux ne sont pas en reste, car dès 1868, le parti met sur pied une amorce d'organisation centrale, initialement placée sous la responsabilité des whips. Voir A. F. Thompson, "Gladstone's Whips and the General Election of 1868," History 12 (1977): 189-200.
[63] "Unfortunately for Conservatism, its leaders belong solely to one class ; they are a clique composed of members of the aristocracy, land owners and adherents whose chief merit is subserviency. The party chiefs live in an atmosphere in which a sense of their own importance and the importance of their class interests and privileges is exaggerated, and which the opinion of the common people can scarcely penetrate. They half fear and half despise the common people". Les déboires de John Gorst au sein de l'organisation centrale du parti sont narrés dans un article d'Edgar Feuchtwanger, "J. E. Gorst and the Central Organization of the Conservative Party, 1870-1882," Bulletin of the Institute of Historical Research 32, 86 (1959) : 192-208. Sur la polémique à propos des déficiences du parti, initiée par Gorst suite à sa démission, voir J. E. Gorst, "Conservative Disorganization," Fortnightly Review 32 (1882): 390-400.
[64] Sur l'histoire des premières années de la National Union, voir Robert MacKenzie, British Political Parties: The Distribution of Power within the Conservative and Labour Parties (1955 ; London: Heinemann, 1964) 146-85.
[65] "Their leaders should make the Council heard. What could workingmen do [on the Council] ? They required men of influence and men of money. He was a working man and would stick up for the working man, but still he had no business at that board. His business was at his own locality". Propos tenus par un certain Mr Smith de Rotherhite, cités dans MacKenzie, British Political Parties 153-4.
[66] Sur le dynamisme du conservatisme populaire, et sur les institutions conservatrices qui apparaissent alors dans le nord de l'Angleterre, voir R. L. Greenall, "Popular Conservatism in Salford," Northern History 9 (1974): 123-38.
[67] Pour un exemple local d'extension des structures partisanes des deux grands partis victoriens, voir le cas de Salford analysé par John A. Garrard, "Parties, Members and Voters After 1867: A Local Study," Historical Journal 20.1 (1977): 145-63. Dans cet article, consacré aux instances locales du parti libéral et du parti conservateur à Salford dans les années 1870, Garrard montre que la dimension sociale, et non uniquement électorale de ces associations, ainsi que leur caractère permanent, attestent du fait que Maurice Duverger se trompait en affirmant que seuls les partis de gauche pouvaient fonctionner comme des partis " d'intégration sociale ", tandis que les partis de droite se résumaient à être des comités électoraux ad hoc sans dimension sociale, des partis de " représentation individuelle " comme les définit Duverger. On verra que le cas de la Primrose League dément lui aussi les interprétations de Duverger. Sur cette dichotomie entre partis de droite et de gauche, voir Maurice Duverger, Les partis politiques (Paris: Armand Colin, 1976) 556.
[68] Sur la manière dont ces diverses institutions locales manifestent une politisation accrue de l'espace public, voir Harold J. Hanham, "Politics and Community Life in Victorian and Edwardian England," Folk Life 4 (1966): 5-14.
[69] Hanham, Elections and Party Management 104-05
[70] "Party ties were never stronger than at the present time". E. S. Roscoe, "Political Clubs," Edinburgh Review 167 (1888): 139. Roscoe note que la gestion de ces clubs posent plus de problèmes aux libéraux, en raison des divisions que suscite dans leur rang l'autorisation ou l'interdiction de l'alcool dans ces nouvelles institutions.
[71] Sur l'émergence du Caucus radical, voir Trygve Tholfsen, "The Origins of the Birmingham Caucus," Historical Journal 2.2 (1959): 161-84.
[72] Sur le rôle joué par la controverse scolaire de 1870 dans l'apparition du Caucus radical, qui est mis sur pied pour assurer l'influence des milieux radicaux et non-conformistes au sein du Parti libéral, voir Patricia Auspos, "Radicalism, Pressure Groups and Party Politics: from the National Education League to the National Liberal Federation," Journal of British Studies 20.1 (1980): 184-204.
[73] Sur la manière dont Schnadhorst contrôle la National Liberal Federation et l'opprobre dont il fait l'objet auprès des conservateurs et des élites aristocratiques du Parti libéral, voir Barry McGill, "Francis Schnadhorst and Liberal Party Organization," Journal of Modern History 34.1 (1962): 19-39.
[74] "Though we have all been preaching organisation, I think we may sacrifice too much to it". Lettre de lord Hartington à lord Granville, 23 novembre 1877, citée dans MacKenzie, British Political Parties 7.
[75] "The Caucus and its Consequences," The Nineteenth Century 4 (1878): 695-712.
[76] "Those who distrust the people and do not share Burke's faith in their sound political instincts [who] view with natural apprehension a scheme by which the mob, as they are ever ready to term the great bulk of their fellow countrymen, are for the first time invited and enabled to make their influence felt". Joseph Chamberlain, "A New Political Organisation," Fortnightly Review 22 (1877): 134.
[77] Le terme de "caucus" est en effet emprunté à la terminologie politique américaine. L'émergence de cette institution a suscité de nombreux malentendus, et des fantasmes infondés quant à la tyrannie du nombre qu'il est censé introduire dans le système politique britannique. L'incompréhension dont le caucus fait l'objet a été immortalisée par Lewis Carroll. Dans le chapitre 3 d'Alice in Wonderland, l'absurdité de la 'Caucus Race', dont le sens n'est jamais expliqué à Alice par ceux qui y participent, témoigne du peu de sympathie de Charles Dodgson pour cette innovation. Voir Lewis Carroll, Alice in Wonderland (New York: Norton, 1992) 22. Ami de la famille Salisbury, Carroll partageait sans doute les mêmes réserves que les politiciens conservateurs vis-à-vis de la machine politique radicale. Sur Lewis Carroll et Salisbury, voir Roberts, Salisbury 120. Pourtant, l'autorité du Caucus sur le Parti libéral est factice, car les élites libérales parviennent en fait à le contrôler, comme le montre un article consacré aux relations entre le caucus et le parti libéral lors de la crise du Home Rule. Voir P. C. Griffiths, "The Caucus and the Liberal Party in 1886," History 61, 202 (1976): 183-97. Ce qui a sans doute perpétué la mauvaise réputation du caucus, c'est l'hostilité que Moisei Ostrogorski, le premier historien des partis britanniques, manifeste à son égard. Sur la manière dont Ostrogorski dresse un réquisitoire contre le caucus, dont il exagère le pouvoir réel, voir Moisei Ostrogorski, La Démocratie et les partis politiques (1903; Paris: Fayard, 1993) 653-59. Robert MacKenzie concentre d'ailleurs sa critique du travail d'Ostrogorski sur cette erreur de jugement. En effet, d'après MacKenzie, au tournant du siècle, les dirigeants des deux grands partis avaient déjà apprivoisé le monstre qu'ils avaient créé. MacKenzie, British Political Parties 9.
[78] "The future of parties and politics," Quarterly Review 156 (1883): 272 ; 292.
[79] "The first real 'Boss' we have ever had in England. (...) A brute mechanical Juggernaut [before which] the Radicals insist that the three branches of the Legislature must prostrate themselves in blind submission". "The past and future of the Conservative Party," Quarterly Review 152 (1881): 388.
[80] Sur l'ampleur du phénomène de corruption électorale en 1880, et plus généralement sur les diverses formes que prennent d'une part ces pratiques illicites en Angleterre des années 1880 aux années 1910 et d'autre part la législation destinée à les contrecarrer, voir Cornelius O'Leary, The Elimination of Corrupt Practices in British Elections 1868-1911 (Oxford: Oxford UP, 1962), en particulier le Chapitre 5, "The General Elections of 1880," 112-58.
[81] En revanche, la loi ne prévoit pas de soulager les candidats des frais officiels occasionnés par l'élection, comme la constitution de bureaux de vote et les défraiements attribués aux présidents de bureau et à leurs équipes de scrutateurs. D'après Sydney Buxton, spécialiste en fraude électorale à l'époque, cette pratique constitue une barrière censitaire qui désavantage les candidats impécunieux. Ce n'est qu'en 1918 que la puissance publique prendra en charge les coûts liés à l'organisation des élections. On aura l'occasion d'évoquer ultérieurement l'impact de cette décision sur les partis. Sydney Buxton, "The official expenses of elections," Contemporary Review 42 (1882): 288-94.
[82] "I do not like the Corrupt Practices bill and I do not think it will work well for our friends if it becomes law. You know quite as much as I do of the habits and customs of the Tory but I have not found them to be eager volunteers in canvassing or organisation. (...) The Radicals have the Trade Unions, the Dissenting Chapels and every Society for the abolition of property and morality working for them. Our supporters only want to be left alone, to be allowed to enjoy what they have : and they think they are so secure that they will make no sacrifice of time or of pleasure to prepare against attack or resist it". Lettre de W. H. Smith à Salisbury, 14 août 1883, citée dans Feuchtwanger, Disraeli, Democracy and the Tory Party 159.
[83] L'imbroglio provoqué en 1884 par la troisième réforme électorale, lorsque la Chambre des lords tente de s'opposer aux mesures proposées par Gladstone, a donné lieu à une crise constitutionnelle majeure. Salisbury, leader conservateur aux Lords, finit par consentir à cette mesure en échange d'une redistribution des sièges, mais au terme d'un bras de fer avec le gouvernement, qui bénéficiait du soutien des milieux radicaux, très actifs dans la dénonciation de l'obstructionnisme des grands aristocrates des Lords. Sur les implications politiques des réformes de 1884, voir Andrew Jones, The Politics of Reform 1884 (Cambridge: Cambridge UP, 1972).
[84] Sur l'importance de la redistribution des sièges dans les réformes électorales de 1884, voir Mary Chadwick, "The Role of Redistribution in the Making of the Third Reform Act," Historical Journal 19.3 (1976): 665-83.
[85] Sur la manière dont libéraux et conservateurs finissent par sortir de l'impasse en parvenant à un accord, conclu en dehors du cadre parlementaire et à l'invitation de la Reine, voir John D. Fair, "The Carnarvon Diaries and Royal Mediation in 1884," English Historical Review 106.419 (1991): 97-116.
[86] "An act of vivisection (...) its fragments will be lifeless, disorganised, not to say incoherent masses (...) few municipal councils are fit schools for the higher duties of statesmanship". Percy Greg, "The Redistribution of Seats," Quarterly Review 159 (1885): 243-4.
[87] "For the future, every district will be fought, and fought separately, without regard to the balance of parties in the town or county at large. (...) The true feeling of the country will be falsified by that factitious permanence of party discipline and antagonism. (...) Perpetual agitation is not only an evil in itself, but must render Parliament a caricature, not a picture of the national mind. The dismemberment of the great communities, the exclusion of party compromises, the encouragement of incessant contests, the probable ascendancy of the Caucus are obnoxious to moderate Liberals and candid Conservatives". Ibid. 247, 251.
[88] "Political wisdom comes from above, not from below. It is a product of experience, of education, of thought, of a disinterested regard for the interests of all classes in the State. These are the qualities which raise the noble science of government above the miserable intrigues of 'rings', and 'caucuses', and selfish factions". Henry Reeve, "The Redistribution of Seats," Edinburgh Review 161.329 (1885): 296.
[89] "A great deal of Villa toryism which requires organisation". Lettre de Salisbury à Northcote, 25 juin 1882, citée dans Frans Coetzee, "Villa Toryism Reconsidered: Conservatism and Suburban Sensibilities in Late-Victorian Croydon," Parliamentary History 16 (1997): 32.
[90] En 1884, de nombreux dignitaires conservateurs, dont le frère même de Salisbury, Eustace Cecil, criaient à la trahison contre Salisbury, coupable à leurs yeux d'avoir commis l'erreur d'acquiescer au droit de vote pour les paysans, aux circonscriptions à représentant unique et à un découpage électoral donnant bien trop de poids aux zones urbaines. Sur les incompréhensions suscitées dans les rangs conservateurs par les manoeuvres de Salisbury, voir Roberts, Salisbury 306-07.
[91] Pour une analyse des résultats électoraux qui confirment les calculs de Salisbury, et qui atteste de la force du conservatisme urbain, voir Jean P.D. Dunbabin, "British Elections in the Nineteenth and Twentieth Centuries: A Regional Approach," English Historical Review 95.375 (1980): 241-67 ; Jean P. D. Dunbabin, "Parliamentary Elections in Great Britain, 1868-1900: A Psephological Note," English Historical Review 81.318 (1966): 81-99 ; Jon Lawrence and Jane Elliott, "Parliamentary Election Results Reconsidered: An Analysis of Borough Elections, 1885-1910," Parliamentary History 16 (1997): 18-28 ; Peter Clarke, "Electoral Sociology of Modern Britain," History 57.189 (1972): 31-55. Cette évolution est l'un des rares points sur lequel s'accordent les historiens britanniques, qui autrement sont divisés sur les facteurs permettant d'expliquer la domination conservatrice du milieu des années 1880 à 1906. Certains, comme Peter Clarke, évoquent le caractère limitatif du droit électoral, qui continue de léser une bonne partie de l'électorat populaire, et donc de jouer en faveur des Tories. Cette interprétation est démentie par Jon Lawrence et Jane Elliott, qui montrent que le droit électoral ne lèse pas tant l'électorat populaire que les hommes jeunes et célibataires, toutes classes confondues, hébergés dans leurs familles ou dans des meublés, et qui à ce titre ne peuvent prétendre à s'inscrire sur les listes électorales, car seuls les propriétaires ou les locataires de maisons à valeur locative conséquente (£8 annuelles) sont autorisés à y figurer. On reviendra par la suite sur les implications du droit électoral et des révisions annuelles des listes d'électeurs dans les activités de la Primrose League.
[92] "Party management had still much the style and ethos of estate management". James Cornford, "The Transformation of Conservatism in the Late Nineteenth Century," Victorian Studies 7.1 (1963): 42.
[93] "By three agencies, and by three alone - bad harvests, the Irish vote and the Caucus". L. J. Jennings, "The future of parties and politics," Quarterly Review 156 (1883): 272.
[94] "We must accept the conditions of party warfare as they exist ; and since the platform is to be used so extensively, we must not refuse to take our due share of it". Ibid. 301.
[95] "To the Conservative party belongs the firmly constructive and safely progressive policy of the future". Arthur Forwood, "Democratic Toryism," Contemporary Review 43 (1883): 298.
[96] "[The aristocracy of England] are still the most powerful and popular leaders of society, because their countrymen understand that they have never subordinated the interests of the nation to those of their own order. Let them then boldly enter the lists, and as spokesmen of the national party, defend before the constituencies a policy of Social Cooperation as opposed to the Radical policy of Class Antagonism". W. J. Courthope, "The past and future of the Conservative Party," Quarterly Review 152 (1881): 413.
[97] Sur l'élasticité de la notion de " démocratie tory " dans les discours de Randolph Churchill, voir Roland Quinault, "Lord Randolph Churchill and Tory Democracy, 1880-1885," Historical Journal 22.1 (1979): 141-165. Quinault estime que la " démocratie tory " n'est en fait qu'un mythe véhiculé par Churchill pour asseoir ses prétentions à dominer les instances provinciales du parti, et que la réputation de réformiste dont jouissait Churchill était en fait éloignée de la réalité. D'après Quinault, dès les années 1880, on a confondu les méthodes de Churchill, qui s'exprimait volontiers devant les militants conservateurs de province et flattait leur sentiment d'être relégués à l'arrière-ban du parti, avec ses objectifs, qui n'avaient rien de progressistes. Si Churchill était hostile à Northcote, et lui préférait Salisbury, c'est justement parce que ce dernier représentait mieux à ses yeux le conservatisme traditionnel et aristocratique, tandis qu'avec Northcote, Churchill craignait que le parti n'adopte des positions trop réformistes. D'après Quinault, Winston Churchill a contribué à perpétuer le mythe du progressisme de son père, dont il écrivit la biographie en 1907, peu après avoir rejoint les rangs libéraux.
[98] Auguste Filon, Profils anglais. Randolph Churchill. Joseph Chamberlain. John Morley. Parnell (Paris: Calmann Lévy, 1893) 30.
[99] " Elijah's mantle ", en référence au problème de la succession de Disraeli, est le titre d'un article écrit par Randolph Churchill, dans lequel il se prononce en faveur de Salisbury, et contre Northcote, dans la question du leadership conservateur. Lord Randolph Churchill, "Elijah's mantle," The Fortnightly Review 197 (1883): 607-21.
[100] Pour une manifestation graphique de ces comparaisons entre Churchill et Disraeli, voir le dessin de Punch présenté en annexe 9.2.1.
[101] Sur les déplacements de Randolph Churchill en province et les polémiques que ses virulentes attaques contre Gladstone et l'establishment conservateur suscitent la presse, voir R. F. Foster, "Publicity Politics, 1880-1882," Lord Randolph Churchill. A Political Life (Oxford: Oxford UP, 1988) 58-97. Comme le titre de ce chapitre l'indique, Foster insiste sur les calculs politiciens de Churchill, qui cherche alors à s'imposer dans le parti en tentant de se faire le chef de file des conservateurs provinciaux. Comme la plupart des historiens qui se sont intéressés au père de Winston Churchill, Foster est sceptique quant au réel progressisme de Churchill. D'après Foster, l'intention de Churchill de démocratiser le parti n'est en fait qu'un moyen d'utiliser les réseaux conservateurs en dehors de Londres pour faire valoir ses prétentions à diriger le parti. Après 1883, lorsque Churchill se réconcilie avec les dirigeants du parti, Salisbury et Northcote, qui s'engagent d'une part à reconnaître formellement la Primrose League, d'autre part à recourir à Churchill et Gorst dans la formation des futurs gouvernements conservateurs, les partisans provinciaux de Churchill lui reprochent de ne plus se soucier de la réforme du parti. Sur la popularité de Churchill auprès des dirigeants conservateurs provinciaux, et sur la désaffection que ces derniers ressentent vis-à-vis de Churchill après 1884, année où Churchill rentre dans le rang et cesse de plaider en faveur d'une démocratisation du parti, voir R. F. Foster, "Tory democracy and political elitism: provincial conservatism and parliamentary tories in the early 1880s," in Art Cosgrove and J. I. Maguire (eds.), Parliament and Community. Historical Studies XIV (Belfast: Appletree Press, 1983) 147-75.
[102] "Conservative associations in the country and the various centres of provincial Conservative thought must speak out and bring pressure to bear upon the wire-pullers in London, who are occupied with designs for their own advancement". Lettre de Randolph Churchill au Times, 2 avril 1883.
[103] "The expression 'Tory Democracy' has excited the wonder of some, the alarm of others, and great and bitter ridicule from the Radical party. It has, unfortunately, been subjected to some discredit by having been used by Mr Forwood, the Conservative candidate at the last Liverpool election, who used it without knowing what he was talking about". Randolph Churchill, "Elijah's Mantle," Fortnightly Review 197 (1883): 621.
[104] Le conflit qui oppose Churchill aux dirigeants du parti a été maintes fois analysé. Pour une présentation des manoeuvres de Churchill à la tête de la National Union, voir Foster, Lord Randolph Churchill 146-59.
[105] "The bone of contention is really the question of introducing the most abused 'caucus' into the Conservative Party, which Lord Salisbury will not have at any price". Roberts, Salisbury 290.
[106] La longue bataille parlementaire qui a opposé Churchill et ses amis à Charles Bradlaugh a été analysée par ailleurs. Voir Roland Quinault, "The Fourth Party and the Conservative opposition to Bradlaugh 1880-1888," English Historical Review 91.359 (1976): 315-40. Dans cet article, Quinault s'emploie à réhabiliter la sincérité de Churchill et de ses amis dans leur défense de la religion, bafouée selon eux par l'arrivée d'un athée tel que Bradlaugh aux Communes. En effet, les premiers comptes-rendus des agissements du Quatrième Parti contre Bradlaugh ont surtout laissé entendre que les manoeuvres parlementaires centrées sur l'invalidation de l'élection de Bradlaugh étaient liées à de simples considérations tactiques et politiciennes. Quinault récuse ce point de vue, adopté en particulier par Winston Churchill dans la biographie de son père, et indique les raisons idéologiques qui ont influé sur l'attitude de chacun des membres du " quatrième parti " dans cette controverse. Pour étayer son interprétation, Quinault analyse la carrière politique des membres du " quatrième parti " avant 1880, et montre que la défense de la religion constituait un aspect primordial de l'engagement politique de chacun d'entre eux.
[107] "Parliament has very wisely made a relaxation of the rule in favour of the members of different creeds and sects; but all those sects have a common standard of morality, a conscience and a general belief in some divinity or other. What we have before us now is the distinct negation of anything like perpetual morality, or conscience or the existence of God". Parliamentary Debates, 1880, cclii, 190-1, cité dans Roland Quinault, "The Fourth Party and the Conservative opposition to Bradlaugh 1880-1888," English Historical Review 91.359 (1976): 337.
[108] "There is no doubt a strong feeling out of doors against [Bradlaugh], and only a limited feeling in his favour". D. W. R. Bahlman, The Diary of Sir Edward Hamilton 1869-1913 vol. 1 (Oxford: Oxford UP, 1972), entrée du 7 juillet 1881, 151.
[109] Charles Bradlaugh, The Impeachment of the House of Brunswick (London: Austin, 1873).
[110] Sur cette question comme sur celle de la Démocratie Tory, ou du progressisme, l'historiographie a prêté à Churchill des positions qu'il n'a pas eues. A. B. Cooke et John Vincent ont par exemple laissé entendre que Churchill n'était pas hostile à l'octroi d'une certaine autonomie pour l'Irlande. Mais c'est se méprendre sur la volonté qu'il avait de se concilier l'opinion catholique irlandaise par l'introduction de réformes favorables à leurs intérêts, par exemple dans le champ éducatif. Sur la supposée duplicité de Randolph Churchill par rapport au Home Rule, voir A. B. Cooke et John Vincent, The governing passion : cabinet government and party politics in Britain, 1885-6 (Brighton: Harvester Press, 1974) 75-6. Pour un point de vue qui réhabilite l'adhésion sans faille de Churchill à l'Acte d'Union, voir Roland Quinault, "Lord Randolph Churchill and Home Rule," Irish Historical Studies 21.84 (1979): 377-403.
[111] "A mere postponement for a short space of the inevitable Deluge". "The future of Conservatism," Quarterly Review 165 (1887): 537.
[112] Sur le nombre de sièges détenus par les conservateurs grâce au vote pluriel, voir Neal Blewett, "The Franchise in the United Kingdom 1885-1918," Past and Present 32 (1965): 49 ; Duncan Tanner, "Conservative seats held by the plural vote, December 1910," Appendix 2, Political Change and the Labour party 1900-1918 (Cambridge: Cambridge UP, 1990) 450.
[113] C'est l'interprétation avancée entre autres par Neal Blewett dans "The Franchise in the united Kingdom 1885-1918," Past and Present 32 (1965): 27-56, mais aussi par H. C. G. Matthew, Ross McKibbin and J.A. Kay, "The franchise factor in the rise of the Labour party," English Historical Review 91 (1976): 723-52.
[114] Deux articles montrent qu'en fait, après 1867, l'électorat urbain était représentatif de la diversité sociale. Voir John Davis and Duncan Tanner, "The Borough Franchise after 1867," Bulletin of the Institute of Historical Research 69.170 (1996): 306-27 ; John Davis, "Slums and the Vote," Bulletin of the Institute of Historical Research 94 (1991): 375-88.
[115] Voir Jon Lawrence et Jane Elliott, "Parliamentary Election Results Reconsidered : An Analysis of Borough Elections, 1885-1910," Parliamentary History 16 (1997): 18-28 ; Paul Readman, "The 1895 General Election and Political Change in Late Victorian Britain," Historical Journal 42 (1999): 467-93.
[116] Voir Jon Lawrence, "Class and Gender in the Making of Urban Toryism, 1880-1914," English Historical Review 108 (1993): 629-53.
[117] "In its [Conservatism's] appeal to the masses, it is always their vices and weakness which are invoked - anti-Irish sentiment, anti-foreign sentiment, religious bigotry or intolerance, class prejudice or greed". "Tory Democracy," The Individualist 284 (1907): 10.
[118] "The true union of all the Classes". Oxford, Bodleian Library, Primrose League Papers, Minutes of the Grand Council, 15 décembre 1883. Par la suite, pour des raisons de concision, les références aux minutes du Grand Conseil seront abrégées sous la forme suivante : GC.
[119] On s'appuie dans cette section sur le récit des origines de la League publié par la League elle-même. Voir A Short History of the Formation of the Primrose League (London: Primrose League, n. d).
[120] "There has been for a long time a growing Borough Conservatism... The Working Classes in Lancashire (and I believe throughout the country) recognize in you the champion they are looking for - who will give them what is reasonable and right under the present Constitution and not tack them on to Chamberlain and Republicanism (...) - Bradlaugh and Atheism - Parnell and Home Rule - Bright and Dismemberment of the Empire - a vigorous Conservative Policy they want". Lettre de Thomas W. Freston à Churchill, 26 avril 1883, Churchill MSS 1/117, cité dans Andrew Jones, The Politics of Reform, 1884 (Cambridge: Cambridge UP, 1972) 55.
[121] "The failure of Conservative and Constitutional Associations to suit the popular taste or to succeed in joining all classes together for political objects (...) I declare on my honour and faith that I will devote my best ability to the maintenance of Religion, of the Estates of the Realm, and of the Imperial Ascendancy of Great Britain". GC, 15 décembre 1883.
[122] En 1988, les principes du mouvement, d'après l'en-tête de la Primrose League Gazette, sont "The Maintenance of Religion, of the monarchy and Constitution of the Realm, of the Unity of the Commonwealth, and of the Improvement of the Condition of the People". Primrose League Gazette novembre-décembre 1988: 1.
[123] Sur le culte disraélien, voir Jonathan Parry, "Disraeli and England," Historical Journal 43.3 (2000): 699-700 ; Robb, The Primrose League 42-45. Il s'avère d'après Janet Robb que la primevère est un symbole disraélien apocryphe, puisque, dans l'expression "his favourite flower", la reine Victoria faisait en fait allusion à son époux défunt, le Prince Albert.
[124] Pour un jugement contemporain de ce type sur le caractère allogène de Disraeli, voir J. A. Froude, Lord Beaconsfield (London: Sampson Low, Marston, Searle & Rivington, 1890) 261-2.
[125] L'antisémitisme libéral et radical qui s'exerce alors, sous la forme de caricature et d'épigrammes, contre la personne de Disraeli a été décrit par A. S. Wohl, "'Dizzi-Ben-Dizzi': Disraeli as Alien," Journal of British Studies 34 (1995): 375-411.
[126] Pour une évolution du nombre d'adhérents, voir le tableau situé en Annexe 10.1.
[127] D'après l'humoriste et le chroniqueur parlementaire Henry Lucy, c'est surtout à Wolff que la Primrose League tenait à coeur. Présent lors du dîner où l'idée de créer la League a pour la première fois été évoquée, Lucy se souvient en 1905 que lord Randolph Churchill et John Gorst brocardaient les idées de Wolff. Le départ de ce dernier comme ambassadeur à Madrid a donc privé la League de son fondateur le plus convaincu. Henry Lucy, Later Peeps at Parliament Taken from behind the Speaker's Chair (London: George Newnes, 1905) 384-5.
[128] Pugh, The Tories and the People 17.
[129] Rappelons ici que le salaire hebdomadaire moyen d'un travailleur agricole variait de 15 à 22 shillings à cette époque. Un ouvrier qualifié gagnait 30 shillings par semaine, et Harold Perkin calcule qu'une fois les dépenses courantes effectuées, il restait à ce dernier quatre shillings pour ses loisirs. Harold Perkin, The Rise of Professional Society: England since 1880 (1989 ; London: Routledge, 1993) 34, 106.
[130] Ce qui constitue une transposition, certes symbolique, du système de distribution des honneurs (titres nobiliaires de Knight, Ordre de la Jarretière, etc.) que le gouvernement a à sa disposition pour récompenser ses partisans les plus généreux. Comme le parti, la League compte donc sur les distinctions honorifiques qu'elle a latitude d'attribuer pour encourager à la générosité les donateurs potentiels. Sur les liens entre le financement des partis et les distinctions distribuées par le gouvernement à ses bailleurs de fonds, voir Harold Hanham, "The Sale of Honours in Late Victorian England," Victorian Studies 3.3 (1960): 277-89 ; Barry McGill, "Glittering Prizes and Party Funds in Perspective, 1882-1931," Bulletin of the Institute of Historical Research 65.131 (1982): 88-93 ; Terence Jenkins, "The Funding of the Liberal Unionist Party and the Honours System," English Historical Review 105.417 (1990): 920-38.
[131] Pugh, The Tories and the People 13.
[132] Mais la Grande Habitation est surtout un des temps forts de la sociabilité mondaine. Organisée au tout début de la Saison, la Grande Habitation rassemble la bonne société conservatrice. Une Américaine de passage en Angleterre assiste à cette cérémonie, et note qu'une longue file de fiacres s'étire de l'opéra de Covent Garden, où se tient le rassemblement, jusqu'au Strand. Chevaux et voitures sont décorés de primevères, que les messieurs arborent à la boutonnière, et les dames sur leurs toilettes. Mary H. Krout, "The Annual Habitation of the Primrose League (1896)," A Looker On in London (New York: Dodd & Mead, 1899) 125-33.
[133] Pour une chronologie des dirigeants conservateurs qui se sont succédés à ce poste, voir Annexe 4.
[134] Les habitations tentent souvent d'obtenir des sièges supplémentaires, accordés en fonction du nombre de leurs adhérents, mais ces propositions sont rejetées par les dirigeants du mouvement. Special Minute Book, 1886-1900, Grand Habitation, 19 mai 1886.
[135] À ce titre, le Grand Conseil de la League a pu faire office de lieu de réunion informelle pour les parlementaires conservateurs, qui ne disposaient alors que du Carlton Club pour se concerter. Qui plus est, tous les parlementaires conservateurs n'appartenaient pas à cette institution, dont l'accès était rendu difficile par la lenteur du processus d'élection des nouveaux membres. Ce n'est qu'après-guerre que le personnel parlementaire conservateur fonde le 1922 Committee, destiné à rassembler les backbenchers du parti. Jusqu'à cette date, le Grand Conseil est donc le seul lieu permettant aux politiciens conservateurs de se réunir en dehors du cadre mondain des Salons et des Clubs. Il n'est d'ailleurs sans doute pas fortuit que le 1922 Committee apparaisse à une époque où décline la sociabilité de salon, rendue sporadique par la vente des grandes demeures métropolitaines. Sur le déclin de la sociabilité mondaine aristocratique et sur la disparition progressive des hôtesses politiques après 1918, voir K. D. Reynolds, Aristocratic Women and Political Society in Victorian Britain (Oxford: Clarendon, 1998).
[136] Special Minute Book, 1886-1900, Report to the Grand Council to the 4th Grand Habitation, Primrose Day, 1887.
[137] "Each year there is a mock election of these august personages who hold their elections in the heart of the most aristocratic part of London, and as if to prevent any mistake, even in this close borough, co-optate a large number of their body and this central body remains year by year an almost fixed quantity". Standard 12 mai 1893, cité dans Robb, The Primrose League 63.
[138] Pour une chronologie présentant les détenteurs successifs de poste, voir Annexe 5.
[139] Alice Balfour, The Ladies' Grand Council (London : Primrose League, 1908), BLPES, Pamphlet Collection, JF2(42C)/385.
[140] En 1913, Reginald Bennett, permanent au quartier général de la League, raconte avec verve les difficultés qu'il rencontre lors des préparatifs liés à la Grande Habitation. L'Albert Hall ne pouvant recevoir que 10 000 personnes, les 12 à 13 000 demandes qui parviennent au siège de la League ne peuvent toutes être satisfaites, ce qui condamne Bennett à froisser quelques susceptibilités, comme en témoigne les courriers acerbes reçus par Bennett de la part d'impétrants dépités de ne pouvoir bénéficier d'une place au pied de la tribune. Bennett s'étonne d'ailleurs de la manière dont chaque année a lieu une multiplication du nombre d'invalides ou de personnes subitement atteintes de surdité faisant appel à sa clémence pour obtenir les meilleures fauteuils. "Seating the Ten Thousand," Primrose League Gazette 7 mai 1913: 9.
[141] Northampton Record Office, Northampton, carnets de lady Louisa Knightley of Fawsley, 11 mai 1888 ; 22 avril 1887, cités dans Linda Walker, "Party Political Women: A Comparative Study of Liberal Women and the Primrose League, 1890-1914," in Jane Rendall (ed.), Equal or Different. Women's Politics 1800-1914 (Oxford: Basil Blackwell, 1987) 172. On abordera par la suite la question de l'importance des femmes dans le mouvement, dans la section consacrée au profil social des adhérents du mouvement. Pour un profil biographique des principales grandes dames de la Primrose League, voir Annexe 2.5.
[142] Pour une présentation biographique des Vice-Chanceliers successifs, voir Annexe 3.1.
[143] Les instances dirigeantes de la League prennent d'ailleurs l'initiative de publier des manuels à destination de leurs membres potentiels ou des responsables d'habitations novices en matière d'organisation. Ces manuels décrivent les statuts du mouvement, ainsi que son fonctionnement. Ces manuels proposent aussi des exemples-types de règles internes censées régir les habitations. Le soin apporté à ces guides témoigne de la volonté qu'ont les dirigeants de la League de transmettre un discours normatif sur leur institution. De plus, ces documents témoignent de la faible marge de manoeuvre des habitations. Par exemple, les motions que les habitations sont en droit de proposer lors de la Grande Habitation doivent recevoir l'assentiment du Grand Conseil, qui exige de recevoir les textes votés par les antennes locales quinze jours avant l'assemblée générale. Voir Statutes and Ordinances, and Model Bye-Laws for Habitations and Divisional Councils (London: Primrose League, 1886), Pamphlet Collection, BLPES, JF(42)D421.
[144] Organization of the Primrose League (London: McCorquodale/Primrose League, n. d.) 3.
[145] Gloucester, Gloucestershire Record Office, correspondance entre sir Gerald Codrington et le Grand Conseil, lettres des 21 février 1890 ; 8 avril 1890 ; 26 mars 1890 ; 28 mars 1890, D1610/X31. Codrington est en fait hostile à la création d'un Divisional Council dans sa région, dont la première réunion doit se tenir à Yate, dans la juridiction de l'habitation qu'il dirige. Codrington est l'exemple-type du potentat aristocratique qui veille à ce que son autorité ne soit pas bafouée par des intrus tels que le secrétaire provincial de la League qui convoque ladite réunion. Codrington fait savoir à George Lane-Fox, Vice-Chancelier, que dans les rangs de la League, on se plaint volontiers de l'attitude hautaine du Grand Conseil. Il menace de saborder l'habitation en cas de nouvelle intervention des instances centrales. Lane-Fox doit le rassurer sur le rôle des Divisional Councils, censés former des liens de coopération entre les habitations d'un même secteur, et non pas agir comme une courroie de contrôle des instances dirigeantes du mouvement sur ses antennes locales. Cet incident illustre toutes les difficultés rencontrées par le Grand Conseil et ses agents provinciaux en matière d'organisation, puisqu'il leur faut ménager les susceptibilités locales.
[146] Dans les années 1930, au sein du mouvement, les habitations les plus dynamiques sont pourtant celles qui ont opté pour la non-mixité. Les habitations de Dames implantées à Croydon, Brighton ou Thornton Heath font figure de modèle pour le reste d'un mouvement alors en perte de vitesse. Primrose League Gazette 25 juin 1936: 5.
[147] En cas de conflit interne à une habitation, l'intervention du Grand Conseil est parfois nécessaire pour apaiser les querelles locales, comme c'est le cas à Eastbourne en 1887, lorsqu'en raison de rivalités personnelles, l'habitation, qui rassemble 2 200 personnes, se scinde en deux. Une habitation réservée aux dames est fondée, et un conflit de juridiction apparaît. Le comité spécial du Grand Conseil doit intervenir pour mettre un terme au différend et auditionner les témoins de l'affaire. Le comité rappelle aux partis en présence qu'il est préférable que membres féminins et masculins ne se séparent pas en associations distinctes. Special Minute Book, 1886-1900, 14 juillet 1887.
[148] Sur le financement des partis, voir William B. Gwyn, Democracy and the Cost of Politics in Britain (London: Athlone Press, 1962).
[149] Des plaintes concernant la gestion du mouvement sont adressées au journal conservateur England. L'une de ces lettres, signée par un " Chevalier Rural ", dénonce l'incurie des employés du quartier général, et la saignée financière des habitations contraintes de subvenir aux besoins des instances centrales, qui, selon ce responsable local, négligent les habitations rurales. Le rédacteur en chef d'England prétend en 1887 qu'il pourrait remplir des colonnes entières avec les lettres de plainte reçues au journal à propos de la gestion de la League. England 5 juin 1886 ; 5 février 1887, cités dans Robb, The Primrose League 62.
[150] Le Grand Conseil doit se montrer patient pour obtenir des habitations les tributs impayés, et se heurte à la volonté de nombreux Chevaliers et Dames qui entendent limiter leur contribution au seul financement de leur habitation d'appartenance. Primrose League Gazette 3 octobre 1891: 4.
[151] Lancashire Record Office, Preston, DDFz, Garstang Habitation Minute Book, 13 mars 1894. Les sections locales du parti ont des budgets bien plus élevés, mais ce différentiel est dû à la nécessité qu'ont les partis locaux de financer des permanents, en particulier la personne de l'agent, qui supervise chaque année les coûteuses opérations de révision des listes électorales, sur lesquelles on reviendra ultérieurement. À titre d'exemple, le budget de l'antenne locale de Nailsworth et Horsley dans le Gloucestershire était de £15 en 1889. Gloucestershire Record Office, Gloucester, Nailsworth and Horsley Habitation Minute Book, D2219 6/8, 14 mai 1889. L'habitation Codrington de Thornbury bénéficiait de recettes oscillant entre £14 en 1894 et £21 en 1898. Gloucestershire Record Office, Gloucester, Codrington Habitation, D1610/X31. On n'a pas pu retrouver de chiffres relatifs aux sections locales du parti en milieu rural, ce qui aurait rendu plus parlants les chiffres relevés dans les habitations de la League. On peut en revanche signaler que la Liverpool Conservative Association pouvait dépenser £180 par an au titre des frais encourus par la révision des listes électorales. Liverpool Record Office, Liverpool, Liverpool Conservative Association, Special Committe Minute Book, 24 mai 1882.
[152] Gwyn, Democracy and the Cost of Politics in Britain 126.
[153] Les chiffres sur les budgets des organisations radicales mentionnés précédemment sont tirés de Harold Hanham, "Party Associations and Pressure Groups, their Income and Expenditure," Appendix IV, Elections and Party Management. Politics in the time of Disraeli and Gladstone (Hassocks: Harvester, 1978) 413-19.
[154] "Irrespective of minor political differences of opinion". What is the Primrose League ? (London: Alexander and Shepheard, n. d).
[155] "By maintaining the Constitution the Primrose League does not mean that its members are obliged to support any particular government or particular party policy, but simply that they must hold those principles which all loyal citizens of England have held for generations". Primrose League Pamphlet No 237 (London: Primrose League, n. d).
[156] "To become a party Organization, and thereby subject itself to the will and behest of party leaders either partly or wholly out of sympathy with the objects the Primrose League has in view, would be to destroy the very purpose for which this gigantic power was brought into existence". GC, 17 septembre 1892.
[157] Pour une présentation des Conférences conservatrices comme d'authentiques lieux de débat, voir Richard Kelly, "The Party Conferences," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 221-60. Pour un exemple des problèmes posés à Salisbury par la majorité protectionniste qui se dégage lors de la conférence du parti en 1891, voir Roberts, Salisbury 476.
[158] L'organigramme du parti conservateur est présenté en Annexe 10.5.
[159] Sur cette évolution politique de la presse métropolitaine, voir Stephen Koss, The Rise and Fall of the Political Press, vol. 1 (Chapel Hill: U of North Carolina P, 1981) 198-200. En province, la situation est toute autre, puisque le journal le plus lu est l'hebdomadaire radical Reynold's Weekly, tandis que la plupart des quotidiens régionaux sont d'obédience libérale. C'est apparemment en Écosse que les conservateurs ont été le plus désavantagés par l'absence d'une presse locale proche de leurs vues, car c'est l'une des raisons invoquées par le responsable du département politique de la branche écossaise pour expliquer le faible développement de la League dans son secteur. Grand Conseil des Dames, 14 avril 1893.
[160] "A ungrateful and dissatisfied Tory". Oxford, Bodleian Library, Sandars Papers, "Thoughts upon the present discontent," rapport confidentiel de février 1906 adressé à Balfour, c. 751, f. 157. Borthwick est peu apprécié de Salisbury, qui doit malgré son antipathie acquiescer à l'anoblissement de l'éditeur du Morning Post en 1895 en raison de la faveur royale dont bénéficie Borthwick. Roberts, Salisbury 312.
[161] Journal fondé en 1882 par un groupe de tories fortunés à la tête desquels se trouve le comte de Carnarvon. Jusqu'au début du vingtième siècle, la National Review a des rapports cordiaux avec la hiérarchie du parti. Salisbury y publie initialement deux articles, l'un consacré à la redistribution des sièges, l'autre aux logements ouvriers. Mais lorsque Leo Maxse, nationaliste et protectionniste, arrive à la tête du journal, la revue devient de plus en plus critique à l'égard du successeur de Salisbury, Arthur Balfour, dont elle réclame la démission en 1911. Maxse est en effet l'inventeur et le propagateur du fameux acronyme B. M. G., "Balfour Must Go". Sur l'histoire initiale de la National Review, voir "The National Review," Wellesley Index to Victorian Periodicals, II (Toronto: Toronto UP) 529-35. Le Wellesley Index on CD-ROM a été consulté pour identifier les articles spécifiquement consacrés à la League, qui ne sont qu'au nombre de cinq entre 1883 et 1900. Quatre d'entre eux sont élogieux. Trois ont été publiés dans la National Review, et un autre, écrit par Algernon Borthwick, dans Nineteenth Century en juillet 1886. C'est dans la Westminster Review, organe des milieux radicaux et libéraux, qu'on a trouvé le seul article critique, publié en mai 1891. On citera les références des trois articles de la National Review lorsque ceux-ci seront évoqués plus loin. Pour les deux autres, les références sont Algernon Borthwick, "The Primrose League," The Nineteenth Century 20 (1886): 33-39 ; "The Primrose League," Westminster Review, 135 (1891): 473-79. Comme seuls ont été repérés les articles portant en titre ou en sous-titre le nom de la Primrose League, il y a sans doute de nombreuses autres références au mouvement par ailleurs dans les revues victoriennes. Mais toujours est-il que la faible occurrence d'articles consacrés au mouvement est aussi attribuable au caractère élitiste et intellectuel de ces revues, pour lesquelles l'aspect populaire de la League présente sans doute peu d'attrait. Wellesley Index to Victorian Periodicals 1824-1900 - CD-ROM (London: Routledge, 1999).
[162] C'est d'ailleurs surtout dans les grandes villes, où des associations conservatrices étaient établies avant le lancement de la League, qu'intervient l'essentiel des tensions entre le mouvement et les agents des sections locales du parti. GC, Conference of Provincial Secretaries at Primrose League Offices, 27 novembre 1891.
[163] "The influence of the Primrose League at elections times is practically nil in many places. (...) this is mainly due, I think, to the ostentatious fashion in which the Grand Council, through its speakers and provincial secretaries, has been insisting that the League is not a Conservative organisation. The idea is, no doubt, to get the enemy to join; but I am certain that the persistent repudiation of Conservatives does more harm than good. It damps the enthusiasm of your Conservative working men, who think you are ashamed of your party; and furthermore, it doesn't deceive a single Radical". The Tory novembre 1857: 1539 (pagination du microfilm).
[164] Sur les agents électoraux en Grande-Bretagne à la fin du dix-neuvième siècle, voir Kathryn Rix, "The Party Agent and English Electoral Culture, 1880-1906," PhD, Cambridge, 2001.
[165] Sur l'adaptation du parti à la nouvelle donne démocratique, voir Jeremy Smith, The Taming of Democracy: The Conservative Party, 1880-1924 (Cardiff: U of Wales P, 1997).
[166] "The Primrose League is a League to unite and to bind together all sorts and conditions of honest men - the honest landlord, the honest tradesman, the honest farmer, the honest labourer, the honest Duke and the honest ploughman, the honest mistress and the honest servant maid, the honest Duchess and the honest charwoman". Primrose Record 15 octobre 1885: 138-39.
[167] On a pu vérifier que tel avait été le cas pour la plupart des habitations dont on a consulté les registres. Preston, Lancashire Record Office, Garstang Habitation Minute Book, DDFz, première réunion tenue à l'initiative de sir William Fitzherbert Brockholes, Justice of the Peace et Deputy Lieutenant, 5 février 1894 ; Kendal, Cumbria Record Office, Morland and Shap Habitation Minute Book, WDX/1105/6, première réunion convoquée sous les auspices de la comtesse de Bective et de l'Honorable James Lowther, 12 juin 1885 ; Gloucester, Gloucestershire Record Office, Thornbury Habitation Minute Book, D1578 Acc 2364 7/59/3, habitation fondée en août 1885 à l'initiative de la vicomtesse Maidstone et de lady Jenkinson ; Gloucester, Gloucestershire Record Office, Nailsworth and Horsley Habitation Minute Book, D 2219 6/8, créée le 21 mars 1887 par sir John Dorington, député, et lady Hardman. Parmi les archives locales consultées, un seul cas où aucun membre de l'aristocratie n'a été trouvé parmi les membres fondateurs d'un habitation a été relevé. Il s'agit de l'habitation de Meltham et Netherton Brook, près d'Huddersfield, dont les instigateurs sont quand même des propriétaires terriens, dont la fortune provient de l'industrie lainière. "Primrose League Meeting at Meltham Mills," The Huddersfield Daily Chronicle 26 juillet 1886: 3.
[168] Statutes and Ordinances, and Model Bye-Laws for Habitations and Divisional Councils (London: Primrose League, 1886), Pamphlet Collection, BLPES, JF(42)D421.
[169] Sur l'ensemble des habitations recensées par Martin Pugh, 7% portaient le nom d'un aristocrate des environs ou de leur demeure, mais la plupart des habitations (74%) doivent leur nom à la localité où elles sont situées. Dans le premier cas de figure, lady Mary Henniker s'est particulièrement distinguée pour la dévotion qu'elle inspire aux partisans de la League dans le Suffolk, puisque pas moins de dix-sept habitations y portent son nom. Onze pour cent des habitations rendent hommage aux ténors du parti à l'époque, sans pour autant que ces derniers aient un lien direct avec la localité qui les honore de la sorte. Parmi les personnalités conservatrices prisées des habitations, on compte bien sûr Drummond Wolff, Churchill et Gorst, les fondateurs du mouvement, mais Salisbury et Northcote ne sont pas en reste. Sinon, 8% des habitations font le choix de rendre hommage à des personnages ou événements illustres appartenant au passé. Le personnage de Disraeli est par exemple évoqué dans le cas des habitations Coningsby ou Beaconsfield de Brighton, ou l'habitation Hughenden à Lewes. Palmerston, le premier ministre libéral dont les conservateurs appréciaient le patriotisme, figure dans le nom d'habitations de Portsmouth, dont il était originaire. En Cornouailles, on remarque l'habitation King Arthur's Round Table, à Bexhill, une habitation baptisée Waterloo, et à Oxford la Gordon, en hommage au fameux général. Pour une nomenclature complète des habitations, voir Pugh, "Tables of Habitations," Appendices IV-XVII, The Tories and the People 215-51.
[170] En 1907, on rapporte au Grand Conseil le cas de l'habitation Kemp dans le Lancashire, nommé en hommage au Ruling Councillor, sir Kenneth Kemp. Or ce dernier se rallie aux libéraux en 1906 par opposition au protectionnisme du parti, et l'habitation est rebaptisé Whowell, le nom du nouveau Ruling Councillor. À cette occasion, le Grand Conseil rappelle que le nom d'une habitation doit de préférence être choisi en fonction de la localité où elle se situe, et non par déférence à l'égard des patrons locaux du mouvement. GC, 27 juin 1907.
[171] Sur l'influence de l'aristocratie dans les villes, voir David Cannadine, Lords and Landlords: The Aristocracy and the Towns 1774-1967 (Leicester: Leicester UP, 1980).
[172] Sur le renfort de l'aristocratie whig, dont bénéficient les conservateurs après 1886, voir John D. Fair, "From Liberal to Conservative: The Flight of the Liberal Unionist after 1886," Victorian Studies 29.2 (1986): 291-314.
[173] Contrairement à ce que suggèrent les sarcasmes du caricaturiste libéral H. C. G. (Henry Carruthers Gould), qui représente parfois Chamberlain comme une recrue de la Primrose League. Chamberlain, en tant qu'ancien radical séculariste dans les années 1870, ne s'exprime officiellement devant les membres de la League qu'en 1899. À cette date, Chamberlain s'est pourtant rapproché des conservateurs, car il fait partie du gouvernement Salisbury depuis 1895. Après 1903, comme on le verra dans le deuxième chapitre, Chamberlain rompt tout contact avec la League, qui rassemble alors un grand nombre de parlementaires conservateurs opposés à la politique protectionniste préconisée par les tories radicaux, qui sont dirigés par le même Chamberlain. Pour le premier discours de Chamberlain devant une habitation de la League, GC, 15 janvier 1899. Pour les caricatures de Gould dénonçant un supposé rapprochement entre Chamberlain et la League, voir Annexes 9.1.2, 9.1.3.
[174] The Times 13 septembre 1889 : 8.
[175] Remarque de lady Bracknell adressée à Jack, à qui elle vient de demander dans quel camp politique il se situe. Ce dernier se définit alors comme libéral unioniste, ce à quoi lady Bracknell, soulagée que Jack ne soit pas un radical, répond : "They count as Tories. They dine with us. Or come in the evening at any rate". Oscar Wilde, Complete Works of Oscar Wilde Ed. Vyvyan Holland (London: Collins, 1985) 333.
[176] "A Primrose Club for Ladies," Primrose Record 17 avril 1886: 390.
[177] On reviendra plus en détail sur l'idéologie constitutionnaliste de la League dans la section suivante. Dans ce descriptif des couches sociales qui adhèrent au mouvement, les motivations idéologiques des acteurs de la League ne seront donc qu'esquissées, la priorité étant accordée à l'analyse des facteurs sociaux.
[178] Sur la philanthropie aristocratique en milieu rural, voir Jessica Gerard, "Lady Bountiful: Women of the Landed Classes and Rural Philanthropy," Victorian Studies 30.2 (1987): 183-209.
[179] Sur l'importance de la figure du gentleman chevaleresque dans l'Angleterre victorienne, voir Mark Girouard, "The Chivalric Gentleman," The Return to Camelot. Chivalry and the English Gentleman (New Haven: Yale UP, 1981) 259-74.
[180] Plusieurs habitations de la League prennent d'ailleurs le nom de "The Digby" comme celle de Yeovil dans le Somerset, ou celle de Cerne Abbas dans le Dorset. Plus généralement, l'onomastique des habitations regorge de références médiévales et chevaleresques, comme en témoignent les noms de "The Bruce" choisi pour désigner les habitations de Southsea dans le Hampshire, ou de Somerford dans le Wilthsire, ou encore la "Saint George's" à Beeford dans le Yorkshire. Pugh, The Tories and the People 218, 220, 221, 240.
[181] On reviendra plus tard sur les pratiques politiques propres à la League dans une section consacrée à la vie interne du mouvement.
[182] Pugh, The Tories and the People 56.
[183] William Gwyn signale le cas de l'élection d'Andover en 1754, lorsque 500 guinées furent lancées en direction de la foule par les partisans de sir Francis Delaval. Ces largesses expliquent pourquoi au total ce sont £2.000.000 qui ont été dépensées au cours des élections de 1768. William Gwyn, Democracy and the Cost of Politics in Britain 10-11. Quant au potlatch, il s'agit d'un acte public de don, ou de sacrifice de richesses, qu'opèrent les dignitaires des sociétés indiennes d'Amérique du Nord pour signifier leur position sociale dominante. Cette pratique, analysée par Marcel Mauss, consiste selon lui en un " système de prestation totale de type agonistique ". D'après Mauss, par le potlatch s'opère une lutte entre nobles rivaux qui se manifeste par une destruction somptuaire de richesses. La visée de cette pratique est d'éclipser les chefs rivaux et de glorifier la fortune de la tribu. Marcel Mauss, "Essai sur le don," Sociologie et anthropologie (Paris: PUF, 1978) 151-53. Pour un traitement picaresque de l'exubérance électorale au début de l'ère victorienne, on renvoie à William Makepeace Thackeray, "Notes on the North What-d'ye-Callem Election. Being the Personal Narrative of Napoleon Putnam Wiggins, of Passimaquoddy," Fraser's Magazine 32 (1841): 352-58; et à Benjamin Disraeli, Coningsby (1844 ; London: Everyman's Library, 1948) 229-37. Au début du vingtième siècle, acteurs et observateurs de la scène politique font preuve d'une certaine ambivalence à l'égard de l'exubérance des moeurs électorales d'antan. Dans son autobiographie, un libéral édouardien comme Henry Carruthers Gould se remémore avec affection les excès hogarthiens auxquels donnent lieu les élections du milieu du dix-neuvième siècle. House of Lords Record Office, MS 37, Manuscript Aubiography of Sir Francis Carruthers Gould, f. 12. Au même moment, un conservateur comme Arthur Forwood se félicite en revanche du fait que les élections se déroulent désormais dans un climat plus apaisé. Sir William Forwood, Recollections of a busy life being the reminiscences of a Liverpool merchant 1840-1910 (Liverpool: Henry Young and Sons, 1910) 142.
[184] La noblesse est le sujet de prédilection d'une presse mondaine florissante, qui satisfait l'engouemennt du lectorat populaire pour la vie des célébrités aristocratiques. L'un des premiers magazines mondains de ce genre a d'ailleurs été fondé dans les années 1870 par Algernon Borthwick, l'un des fondateurs de la Primrose League. Parmi les publications du même ordre, on peut signaler Lady's Realm. Sur la fascination populaire pour la haute société de l'époque, voir Pamela Horn, High Society. The English Social Élite, 1880-1914 (Stroud: Alan Sutton, 1992) 1.
[185] Sur la manière dont la noblesse se désengage progressivement des régiments de volontaires, voir Ian Beckett, Riflemen Form ! A Study of the Rifle Volunteer Movement, 1859-1908 (Aldershot: Ogilvy Trust, 1982) 77, 81. Les Volontaires recrutaient dans des milieux professionnels très comparables à ceux de la League, comme les fermiers, les commerçants, les petits artisans, les employés de bureau, les professions libérales. Pour une description synthétique et des précisions statistiques sur les milieux sociaux qui participent au mouvement des Volontaires, voir Hugh Cunningham, The Volunteer Force : A Social and Political History, 1859-1908 (London: Croom Helm, 1975).
[186] Pour une analyse du vote conservateur chez les femmes, on renvoie à Beatrix Campbell, The Iron Ladies. Why Do Women Vote Tory ? (London: Virago Press, 1987). Pour une synthèse traitant de la place des femmes dans l'organisation du parti, voir G. E. Maguire, Conservative Women. A History of Women and the Conservative Party, 1874-1997 (London: Macmillan/Saint Anthony's Series, 1998), et Joni Lovenduski, Pippa Norris and Catriona Burness, "The Party and Women," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 611-35.
[187] Comme le suggère le dessin de Punch reproduit en Annexe 9.2.2.
[188] Robb, "The Primrose Dame," The Primrose League 106-37 ; Pugh, "Women and Conservative Politics," The Tories and the People 43-69.
[189] Voir Annexe 10.1.
[190] Pugh, The Tories and the People 49.
[191] Pugh, The Tories and the People 69.
[192] Les femmes parviennent donc à siéger au Grand Conseil au moment même où la League amorce son déclin. Sur l'augmentation du nombre de Grandes Conseillères après 1918, voir Annexe 7.3. Les responsabilités accrues des femmes au sommet de la League ne s'est pas accompagné d'aucune ré-orientation féminine de la rhétorique de la League, comme on on le verra dans le chapitre trois. Le désintérêt de la League à l'égard des réformes sociales, professionnelles, politiques affectant le statut des femmes sur la période peut d'ailleurs être considéré comme une source d'affaiblissement pour un mouvement aussi tributaire du soutien de ses sympathisantes.
[193] Même les attributions du Grand Conseil des Dames en matière de propagande s'opèrent sous le contrôle des dirigeants masculins, puisque le Literature Committee est composé de neuf membres, dont cinq hommes et quatre femmes. Grand Conseil des Dames, 18 avril 1886. L'enthousiasme des dames de la League pour leurs missions éducatives n'est d'ailleurs pas exemplaire, puisque dès 1886, il est envisagé de mettre un terme au Literature Committee. Grand Conseil des Dames, 9 avril 1886.
[194] "Women whether they like or not, are born members of the State. Therefore it seems to us a matter of common sense that they should try and understand what is good for the State. But we don't wish to govern the country. We want, so far as lies in our power, to assist in placing men in the Government who we think will lead the country in the paths of peace and prosperity". Pugh, The Tories and the People 58.
[195] C'est l'argument utilisé dans l'un des premiers pamphlets édité par le Grand Conseil des Dames pour justifier le rôle des femmes dans le mouvement. Why Should Women Care for Politics ? (London: Primrose League, 1888).
[196] Grand Conseil des Dames, 23 novembre 1888.
[197] Lorsqu'elles prennent la parole en public devant les membres de la League, les dirigeantes du mouvement ne manquent d'ailleurs pas de s'approprier le discours de la tempérance et de contester aux radicaux le monopole sur cette question. Mais à la différence de l'attitude libérale au sujet de la tempérance, les appels des conservatrices à la sobriété s'effectuent sans évoquer une résolution du problème par des moyens législatifs. Pour un exemple précis d'arguments de ce type produits lors d'une réunion de la League, voir "Primrose League Meeting at Meltham Mills," Huddersfield Daily Chronicle 26 juillet 1886 :3.
[198] Le Grand Conseil des Dames, notifié de l'organisation d'un débat sur la question dans l'habitation de Cheyne, préconise d'exclure un sujet aussi controversé des discussions au sein du mouvement. Grand Conseil des Dames, 27 avril 1888.
[199] Sur le peu d'écho rencontré par le mouvement suffragiste entre 1885 et 1904, voir Sophia A. van Wingenden, "The 'Doldrums' - Women's suffrage 1885 to 1904," The Women's Suffrage Movement in Britain, 1866-1928 (London: Macmillan, 1999) 55-69.
[200] Grand Conseil des Dames, 9 décembre 1892.
[201] Grand Conseil des Dames, 7 décembre 1888.
[202] "An appeal against female suffrage," The Nineteenth Century 26 (1889), document reproduit dans Patricia Hollis (ed.), Women in Public 1850-1900 (London: George Allen and Unwin, 1979) 322-28.
[203] Pour une comparaison entre le rôle des femmes dans la Primrose League et dans les sections féminines libérales, voir Linda Walker, "Party Political Women: A Comparative Study of Liberal Women and the Primrose League, 1890-1914," in Jane Rendall (ed.), Equal or Different. Women's Politics 1800-1914 (Oxford: Basil Blackwell, 1987) 165-91.
[204] Sur les divisions entre les divers groupements féminins d'obédience libérale, voir Claire Hirshfield, "Fractured Faith: Liberal Party Women and the Suffrage Issue in Britain, 1892-1914," Gender and History 2.2 (1990): 173-97. Au sein de la Primrose League, le choix de modes de socialisation mixte et le refus du Grand Conseil de prendre une position officielle sur la question du droit de vote des femmes ont sans doute valu aux conservateurs d'être épargnés par les divisions qui handicapent les libérales.
[205] La campagne contre les Contagious Diseases Acts, ces lois qui prévoient le fichage des prostitués et leur suivi par les autorités sanitaires, est menée conjointement par les milieux féministes et puritains depuis les années 1860. Sur cette forme de militantisme féminin, et sur la figure de Josephine Butler, instigatrice du mouvement, voir Trevor Fisher, Scandal: The Sexual Politics of Late Victorian Britain (Stroud: Alan Sutton, 1995). La Primrose League reste remarquablement discrète sur cette campagne contre l'exploitation sexuelle des femmes, un sujet qu'elle préfère laisser entre les mains des alliés libéraux de Josephine Butler.
[206] Frank Prochaska, Women and Philanthropy in Nineteenth-Century England (Oxford: Clarendon, 1980) 224.
[207] Prochaska montre que la proportion de femmes qui financent ces mouvements est en constante augmentation au cours du siècle, et devient prépondérante à la fin du siècle. En 1895, 40% des souscripteurs de la British and Foreign Bible Society, sont des femmes, contre 12% en 1805. En 1832, les femmes représentent 44% des donateurs pour la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, et 69% en 1900. Quant aux fonds de la London City Mission, ils sont à attribuer à hauteur de 11% aux femmes en 1835, pour atteindre 57% en 1901. Pour des données complètes sur la part de femmes souscrivant aux associations caritatives britanniques, voir Frank Prochaska, Women and Philanthropy 231-252.
[208] Sur ce mouvement, voir Brian Harrison, "For Church, Queen and Family: The Girls' Friendly Society 1874-1920," Past and Present 61 (1973): 107-37. Pour un descriptif de cette association et de ses liens avec la League, voir Annexe 1.2.1.
[209] La Church of England Women's Society est fondée en 1876. En 1886, elle dispose de 307 antennes locales et de 9.300 membres. Huddersfield Daily Chronicle 3 août 1886: 3.
[210] Sur la participation des femmes de l'aristocratie au jeu politique victorien, voir K. D. Reynolds, Aristocratic Women and Political Society in Victorian Britain (Oxford: Clarendon, 1998). Mais comme le fait remarquer Reynolds, il convient de ne pas interpréter le rôle des hôtesses politiques victoriennes comme l'origine de l'action politique féminine, mais plutôt comme une survivance du gouvernement aristocratique des siècles précédents.
[211] Les confidentes de Gladstone sont la duchesse de Sutherland et lady Waldegrave, celles de Disraeli lady Londonderry, lady Bradford et lady Chesterfield. H. C. G. Matthew, Gladstone, 1809-1898 (Oxford: Oxford UP, 1997) 149-50 ; Blake, Disraeli 126, 421.
[212] Les derniers historiens en date de l'Anti-Corn-Law League rendent justice au rôle crucial joué par les femmes dans le mouvement, un élément qui avait été négligé dans les premières études consacrées à ce fameux groupe de pression libre-échangiste. Voir Paul Pickering et Alex Tyrrell, The People's Bread: A History of the Anti-Corn-Law League (London: Leicester UP, 2000). Plus généralement, sur l'influence politique des femmes au cours de la période antérieure à la création de la League, voir Sarah Richardson et Kathryn Gleadle (eds.), Women in British Politics, 1780-1860: The Power of the Petticoat (London: Macmillan, 2001).
[213] Particia Hollis, "Women in Council: Separate Spheres, Public Space," in Jane Rendall (ed.), Equal or Different. Women's Politics 1800-1914 (Oxford: Basil Blackwell, 1987) 192-213.
[214] Pour une présentation détaillée du rôle des femmes dans les instances électives locales, voir Patricia Hollis, Ladies Elect. Women in English Local Government 1865-1914 (Oxford, Clarendon, 1987).
[215] "Women in Public Life. Lady Hardman on County Councilloresses," Women's Penny Paper 1er juin 1889, cité dans Walker, "Party Political Women" 181.
[216] "The visiting lady, being well-known amongst the poor, will be listened to with more interest, and her words will carry more weight, than even the candidate himself". "Lady Maidstone on Primrose Work," Primrose Record 15 octobre 1885: 138.
[217] "Public speaking is manifestly out of our province, so far at least, as the addressing of very large meetings is concerned. Neither by constitution, nor by taste and feeling are we adapted for the part of sharing in the gladiatorial combats of the platform". Mrs Courtenay Lord, épouse du Ruling Councillor de l'habitation Burnaby de Birmingham, Primrose League Gazette 19 novembre 1887: 3. La Primrose League donne en tout cas l'occasion à ses dirigeantes de pratiquer l'art oratoire en petit comité à travers les "At-Homes", ces réunions en cercle restreint qui rassemblent les membres féminins du mouvement dans le cadre domestique. C'est dans le cadre de cette sociabilité domestique que sont brodées les bannières du mouvement. Pour des exemples de bannières réalisées par les membres de la League, voir Annexes 9.7.1, 9.7.2.
[218] Roberts, Salisbury 503.
[219] Pour les prises de position suffragistes de Michael Hicks-Beach, voir Primrose Record 13 août 1885: 67.
[220] Sur l'attitude des différents partis à l'égard du droit de vote pour les femmes, voir Constance Rover, Women's Suffrage and Party Politics in Britain 1866-1914 (London: Routledge and Kegan Paul, 1967).
[221] Les registres de ces habitations ont permis de recenser 784 membres au total. Ce chiffre doit être compris plutôt comme un repère, car il est très variable dans le temps, comme le montrera un passage ultérieur consacré aux défections régulières dont souffre la League. Le taux de reconnaissance de 19% auquel on parvient grâce aux annuaires Kelly's est donc faible, mais les données qu'on a pu glaner apporte quand même quelques éléments d'information.
[222] F. W. Maitland, The Constitutional History of England (Cambridge: Cambridge UP, 1926) 364.
[223] Sur l'importance des solicitors dans l'organisation du parti à l'époque victorienne, voir John Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," PhD, Oxford, 1974, 217. Après 1918, les réformes électorales simplifiant le vote et l'inscription de l'électeur sur les listes électorales, les conservateurs n'ont plus un besoin aussi crucial de responsables disposant de compétences légales, et le groupe socio-professionnel des solicitors se retrouve peu à peu marginalisé dans le parti. Voir Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," 311.
[224] Par exemple, l'un des membres les plus assidus du Grand Conseil dans les années 1900-1920 est Annesley Somerville, directeur adjoint à Eton. Who Was Who on CD-ROM (London: A. et C. Black, 1996).
[225] Sur le rapprochement progressif entre le parti conservateur et les dirigeants de l'industrie de l'alcool, en particulier après les années 1870, lorsqu'émergent des groupes de pression radicaux et non-conformistes militant en faveur de la sobriété, voir Peter Mathias, "The Brewing Industry, Temperance and Politics," Historical Journal 1.2 (1958): 97-113.
[226] Sur les 184 membres des Communes ou des Lords propriétaires ou dirigeants de brasseries entre 1832 et 1914, 100 sont des conservateurs. Parmi les politiciens conservateurs impliqués dans ce secteur d'activités, on compte plusieurs personnages actifs dans la Primrose League, comme James Agg-Gardner, George Younger, sir George Baden-Powell, Walter Long, sir Frederick Milner, Robert Yerburgh, Mark Beaufoy, et les barons Hindlip et Iveagh. Voir David Gutzke, "Rhetoric and Reality: The Political Influence of British Brewers, 1832-1914," Parliamentary History 9 (1990): 78-115. Si Gutzke minimise l'influence des industriels de la brasserie sur le parti conservateur, il faut préciser qu'en ce qui concerne les détaillants, les fédérations locales de publicans, appelées Licensed Victuallers' Associations, prennent souvent fait et cause pour les candidats conservateurs contre leurs adversaires radicaux, associés à une politique de régulation de leurs activités et de limitation du nombre de débits de boissons.
[227] En ce qui concerne la proportion de domestiques dans la population active, un pic est atteint en 1891, lorsqu'un travailleur sur six appartient à cette catégorie socio-professionnelle. En 1911, ce sont deux millions de personnes qui exercent encore ce type de métier. Perkin, The Rise of Professional Society 79.
[228] Martin Francis, "The Domestication of the Male ? Recent Research on Nineteenth- and Twentieth-Century British Masculinity," Historical Journal 45.3 (2002): 639. Plus généralement, sur la manière dont, à la fin du dix-neuvième siècle, la culture populaire serait devenue à la fois plus homogène et plus distincte des autres catégories sociales, voir Gareth Stedman-Jones, "Working-Class Culture and Working-Class Politics in London, 1870-1900: Notes on the Remaking of a Working Class," Journal of Social History 7 (1974): 498.
[229] Sur le jingoisme de la petite bourgeoise, où on l'on peut inclure les employés de bureaux, les commis de grands magasins ou encore les petits artisans, voir Richard Price, "Society, Status and Jingoism: The Social Roots of Lower Middle Class Patriotism, 1870-1900," in Geoffrey Crossick (ed.), The Lower Middle Class in Britain, 1870-1914 (London: Croom Helm, 1977) 89-112.
[230] Grand Conseil des Dames, 15 novembre 1892. Les dirigeantes du mouvement se refusent pareillement à décerner aux entreprises auxquelles elles font appel le titre de fournisseur officiel du mouvement, comme c'est le cas lorsqu'une certaine Mrs Norton réclame le privilège de devenir Fleuriste attitrée de la Primrose League. Grand Conseil des Dames, 28 avril 1893.
[231] The Times 25 février 1889: 9.
[232] Pour les diagrammes statistiques qui traitent de la Primrose League, voir E. Spencer Wellhofer, Democracy, Capitalism and Empire in Late Victorian Britain, 1885-1910 (London: Macmillan, 1996) 69, 83, 86, 113, 114, 156, 157.
[233] K. D. Wald, Crosses on the Ballot : Patterns of British Voter Alignment since 1885 (Princeton: Princeton UP, 1983).
[234] "Within the Hawarden premises
A 'Habitation' stands,
Which, like the ancient Nemesis,
Lays slow but certain hands
On the Grand Old Mumble Gumble
And his daily-dwindling bands".
Primrose League Gazette 29 décembre 1888: 4.
[235] D. C. Moore, The Politics of Deference: A Study in the Mid-Nineteenth Century English Political System (Hassocks: Harvester, 1976).
[236] Sur les mutations sociales, démographiques et économiques des campagnes avant 1914, et en particulier sur la crise du secteur agraire, voir Alun Howkins, Reshaping Rural England: A Social History, 1850-1925 (London: Harper Collins Academic, 1991); G. E. Mingay, The Victorian Countryside 2 vols. (London: Routledge and Kegan Paul, 1981); Pamela Horn, The Changing Countryside in Victorian and Edwardian England and Wales (London: Athlone, 1984).
[237] Sur les difficultés rencontrées par les conservateurs dans les campagnes en raison de leur attitude circonspecte à l'égard du protectionnisme, voir Ewen Green, "No Longer the Farmers' Friend ? The Conservative Party and Agricultural Protection, 1880-1914," in J. R. Wordie (ed.), Agriculture and Politics in England, 1815-1939 (London: Macmillan, 2000) 149-77.
[238] Pour un aperçu global sur le nombre d'habitations et d'adhérents de la League dans les divers comtés anglais, voir Annexe 10.2.
[239] "One of the reasons for the depletion of the villages is the dullness of village life. (...) There is nothing to do but sleep between work and work. (...) the farmer smokes and reads the weekly papers and broods mournfully over his difficulties. The labourers cannot afford much smoke, and cannot read with ease and pleasure even if they have anything to read. For all the village inhabitants of every class the slow evening is dullness unutterable ; night after night, through the long, dark, cold winter, they all have to sit at home, with no alternative but going to the almost equally dull and far too expensive public-house parlour. Into this state of affairs comes the Primrose League, like a great beam of brilliant interest. It creates a fellowship between rich and poor, between squire and schoolmaster, between vicar and blacksmith, between farmer and labourer". Primrose League Gazette 1er octobre 1901: 2.
[240] Le duc de Devonshire est une recrue de choix pour les conservateurs. En 1906, les conseillers de Balfour rappellent à ce dernier l'aura de respectabilité dont bénéficie le duc de Devonshire, ancien whig passé à l'unionisme après 1886, qui plaît apparemment au segment le plus frileux et le plus conformiste de l'électorat. Oxford, Bodleian Library, Sandars Papers, c. 751, f. 152.
[241] Robb, The Primrose League 173.
[242] Les données sociales, économiques et religieuses sur les divers comtés mentionnés ici sont tirées de l'ouvrage de Henry Pelling, Social Geography of British Elections 1885-1910 (London: Macmillan, 1967).
[243] "There exists a strong antipathy to the principle of landlordism". West Briton 1 juin 1885: 3, cité dans E. K. G. Jaggard, "Political Continuity and Change in Late Nineteenth-Century Cornwall," Parliamentary History 11. 2 (1992): 231. Les données sur la situation politique et sociale en Cornouailles à la fin du dix-neuvième siècle sont tirées de ce même article, E. K. G. Jaggard, "Political Continuity and Change in Late Nineteenth-Century Cornwall," Parliamentary History 11.2 (1992): 218-34.
[244] Pour cette contestation du pouvoir des propriétaires terriens dans le Northamptonshire et le Lincolnshire, voir J. Howarth, "The Liberal Revival in Northamptonshire, 1880-1895: A Case Study in Late Nineteenth Century Elections," Historical Journal 12 (1969): 80 ; R. J. Olney, Lincolnshire Politics, 1832-1885, (Oxford: Oxford UP, 1973).
[245] Martin Wiener, English Culture and the Decline of the Industrial Spirit, 1850-1980 (London: Penguin Books, 1985) 41-42.
[246] Sur la valorisation de la ruralité et la stigmatisation des villes au début du dix-neuvième siècle en Angleterre, voir Jean-Paul Hulin, "La ville et les écrivains anglais, c. 1770-1820," Thèse, Paris, 1977.
[247] "It is, in short, a return to Merrie England's traditions for the village folks". Cité dans Robb, The Primrose League 166.
[248] Ces chiffres ont été obtenus en utilisant la classification des circonscriptions londoniennes opérée par Pelling et en la rapportant à la nomenclature d'habitations londoniennes présentées en annexe de l'ouvrage de Martin Pugh. Pelling, Social Geography of British Elections 30, 37, 43. Pugh, The Tories and the People 224-28.
[249] Sur ces circonscriptions, voir Pelling, Social Geography of British Elections 231, 242, 247.
[250] Patrick Joyce, Work, Society and Politics: The Culture of the Factory in Later Victorian England (Brighton: Harvester, 1980).
[251] Les 35 habitations irlandaises sont situées dans les localités suivantes : en Ulster, à Belfast (trois habitations), Ballygawley (une habitation), dans les comtés de Down (trois habitations) et de Fermanagh (une habitation); dans le sud, dans les comtés de Kerry (Ouest) et de Meath, à Limerick, Waterford, Westmeath, Wexford (une habitation), Cork (huit habitations), Dublin (sept habitations), Galway (deux habitations). Les habitations de Tipperary, Carlow, Cavan et Cashel sont les seules qui soient situées à la fois au sud et à l'intérieur des terres. Pugh, The Tories and the People 215-16.
[252] À Dublin et dans ses environs, par exemple, la communauté protestante a été évaluée à 20 000 personnes. Les clubs conservateurs y comptaient 3 000 adhérents. Voir Martin Maguire, "The Organisation and Activism of Dublin's Protestant Working Class, 1883-1935," Irish Historical Studies 29.113 (1994): 65.
[253] K. Theodore Hoppen, "Roads to Democracy: Electioneering and Corruption in Nineteenth-Century England and Ireland," History: The Journal of the Historical Association 81.264 (1996): 567.
[254] "There was a greater evil than economic ignorance to beat down among the tenantry of Ireland, and that was their slavish social attitude towards not alone the landlord but his agent and whole entourage. It was therefore resolved to undo this as far as possible by holding the landlord class, its arrogance and acts, up to opprobrium and contempt". J. H. Whyte, "Landlord Influence at Elections in Ireland, 1760-1885," English Historical Review 80.317 (1965): 759.
[255] Pelling, Social Geography of British Elections 359.
[256] Sur la résurgence du nationalisme gallois au dix-neuvième siècle, voir David Williams, A History of Modern Wales (London: John Murray, 1950) 269-85.
[257] "Welsh Toryism is only a dumb dog that cannot bark". South Wales Daily News 27 janvier 1874 ; "Conservatism is but a rare exotic in the Principality". Pall Mall Gazette 17 octobre 1884, citations tirées de Felix Aubel, "The Conservatives in Wales, 1880-1935," in Martin Francis et Ina Zweiniger-Bargielowska (eds.), The Conservatives and British Society, 1880-1990 (Cardiff: U of Wales P, 1996) 96.
[258] "If only gentlemen of position in Scotland would lend us their influence and their houses". Primrose League Gazette 1er juin 1898: 2.
[259] "I have thought for a long time that our manner of admitting members as somewhat loose. The mere signing of a paper, perhaps without reading it, has not much binding effect. (...) It is also useless having mere children with us who know or what is more bothering who care little for politics but join more for the purpose of going to our entertainments on the cheap". Gloucester, Gloucestershire Record Office, D1610/X31, lettre de William Merrick à sir Gerald Codrington, 3 mai 1889.
[260] "Social beings, related to one another within a texture of inherited customs and institutions which endow them with their specific social nature (...) Political wisdom, the kind of knowledge that is needed for the successful management of human affairs, is not to be found in the theoretical speculations of isolated thinkers, but in the historically accumulated social experience of the community as a whole". Anthony Quinton, The Politics of Imperfection: The Religious and Secular Traditions of Conservative Thought in England from Hooker to Oakeshott (London: Faber, 1978) 16-17.
[261] Ewen Green, The Crisis of Conservatism: The Politics, Economics and Ideology of the British Conservative Party, 1880-1914 (London: Routledge, 1996) 3.
[262] "One harmonious whole". What are the Principles of the Primrose League (London: Blades, East and Blades/Primrose League, n. d.).
[263] Pour le regard porté par Disraeli sur le cours de l'histoire britannique depuis 1688, voir Thom Braun, "Disraeli's View of History," in Benjamin Disraeli, Sybil (1845; London: Penguin Books, 1980) 499-501; Benjamin Disraeli, Vindication of the English Constitution (London: Saunders and Otley, 1835).
[264] Sur les positions de Disraeli sur la question religieuse, voir Allen Warren, "Disraeli, the Conservatives and the National Church," Parliamentary History 18 (1999): 96-117 ; Terence Andrew Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism (London: Macmillan, 1996) 69-70, 81-82.
[265] La conception que Disraeli se fait de l'histoire britannique depuis 1688 est présentée en détail dans un récent article de Jonathan Parry, qui insiste sur le fait que les théories constitutionnelles et les interprétations historiques de Disraeli vont à contre-courant des idées dominantes dans les années 1830 et 1840. Parry montre par ailleurs que Disraeli, souvent présenté comme un politicien opportuniste, disposait ainsi d'une vision personnelle de l'évolution politique du pays à laquelle il est resté fidèle durant toute sa carrière. Voir Jonathan Parry, "Disraeli and England," Historical Journal 43.3 (2000): 699-728.
[266] "The Tory party is only in its proper position when it represents popular principles. Then it is truly irresistible. Then it can uphold the throne and the altar, the majesty of the empire, the liberty of the nation, and the rights of the multitude. There is nothing mean, petty or exclusive about the real character of Toryism. It necessarily depends upon enlarged sympathies and noble aspirations, because it is essentially national". Discours de Disraéli, 26 juin 1863, cité dans Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism 68.
[267] Sur les vicissitudes du courant républicain au dix-neuvième siècle, voir Norbert J. Gossman, "Republicanism in Nineteenth Century England," International Review of Social History 7.1 (1962): 47-60. Sur la manière dont Gladstone, malgré des relations pour le moins tendues avec la reine Victoria, s'attache à défendre lui aussi l'institution monarchique mise en péril par le républicanisme, voir Walter L. Arnstein, "Queen Victoria opens Parliament: the Disinvention of Tradition," Historical Research 63.150 (1990): 178-94 ; Freda Harcourt, "Gladstone, Monarchism and the 'New' Imperialism," Journal of Imperial and Commonwealth History 14.1 (1985): 20-51.
[268] Sur l'implication de Dilke dans l'agitation républicaine du début des années 1870, voir Roy Jenkins, "An English Republican," Dilke: A Victorian Tragedy (London: Macmillan, 1996) 67-88.
[269] "The Crown need not be defended for it is not assailed. (...) No greater disservice can be done to any institution than to advance exaggerated or ill-founded pretentions on its behalf, and this is what Neo-Conservatism proposes to do for the Crown. It will be well to keep this institution off the hustings". "The Conservative Dilemma," Contemporary Review 43 (1883) : 154. Pour une synthèse sur les travaux consacrés à la persistance de courants anti-monarchiques, voir David M. Craig, "The Crowned Republic ? Monarchy and Anti-Monarchy in Britain, 1760-1901," Historical Journal 46.1 (2003): 167-85.
[270] "The future of conservatism," Quarterly Review 165 (1887): 547.
[271] David Cannadine, "The context, performance and meaning of ritual: the British monarchy and the 'invention of tradition' c. 1820-1977," in Eric Hobsbawm and Stewart Ranger (eds.), The Invention of Tradition (Cambridge: Cambridge UP, 1983): 133. Pour une évaluation similaire des cérémonies monarchiques sous George III, voir Linda Colley, "The apotheosis of George III: loyalty, royalty and the British nation, 1760-1820," Past and Present 102 (1984): 94-129. D'après William Kuhn, ce n'est qu'à partir du jubilé de 1977 et du mariage du prince Charles et de lady Diana en 1981, deux événements qui ont montré l'ampleur du loyalisme populaire, que l'historiographie s'est emparée de la royauté comme sujet d'investigation historique, car jusqu'alors, le travail historique sur la monarchie britannique état largement demeuré le pré carré des biographes. Mais Kuhn pense que le succès retentissant de ces deux célébrations royales a conduit les premiers historiens à exagérer le prestige de l'institution monarchique. Au cours des années 1990, les déboires de la famille royale et l'impopularité de la Cour se sont quant à eux soldés par un regain d'intérêt historiographique pour les périodes où cette institution était attaquée. William Kuhn, "The Future of the British Monarchy," Journal of British Studies 38.2 (1999): 267-72.
[272] Les deux principaux ouvrages qui remettent en lumière l'opposition qu'a suscitée l'institution monarchique au dix-neuvième siècle, en particulier à l'occasion des Jubilés de 1887 et de 1897, sont ceux d'Antony Taylor, 'Down with the Crown': British Anti-Monarchism and Debates about Royalty since 1790 (London: Reaktion Books, 1999); et de Richard Williams, The Contentious Crown: Public Discussion of the British Monarchy in the Reign of Queen Victoria (Vermont: Ashgate Brookfield, 1997). Mais Cannadine s'est lui même intéressé aux formes de contestation de la monarchie qu'avait éveillées le Jubilé de 1897. Voir David Cannadine and Elizabeth Hammerton, "Conflict and consensus on a ceremonial occasion: the diamond jubilee in Cambridge in 1897," Historical Journal 24 (1981): 113-45.
[273] Reynold's est diffusé à 300 000 exemplaires. Taylor, 'Down with the Crown' 323.
[274] Ibid. 324.
[275] Sur l'antimonarchisme de Reynold's Newspaper, voir Antony Taylor, "Reynold's Newspaper, Opposition to Monarchy and the Radical Anti-Jubilee: Britain's Anti-Monarchist Tradition Reconsidered," Historical Research 68.165 (1995): 318-37.
[276] Taylor, 'Down with the Crown' 328.
[277] Primrose League Gazette 1er mai 1901: 10.
[278] "It is a day of national rejoicing which even the youngest child present is never likely to see even approximately repeated. It is the celebration of a reign, the longest in English history, a reign moreover quite unapproached in regard to the prosperity and happiness which it has brought to the subjects of Her Majesty. It will not be adequately known, until the full history of the Victorian period is written, how much the marvellous growth of the liberties, power and wealth of this magnificent empire, is due to the personal influence of the most constitutional sovereign that ever occupied our throne". Primrose League Gazette 20 juin 1897: 7.
[279] D'après Frank Prochaska, c'est dans une large mesure grâce cette dimension philanthropique que la monarchie est parvenue à se légitimer auprès du public victorien. Frank Prochaska, Royal Bounty: The Making of a Welfare Monarchy (New Haven: Yale UP, 1995).
[280] La Primrose League soutient activement la monarchie dans ses activités philanthropiques, puisque la Primrose League Gazette appelle les membres du mouvement à aider de leurs deniers la League of Mercy, une organisation créée par la reine pour financer la recherche médicale et soulager les souffrances des plus pauvres. Primrose League Gazette 1er avril 1899: 8.
[281] Primrose League Gazette 14 juin 1890: 4.
[282] Une attitude qui n'est d'ailleurs pas l'apanage de la League. Sur le sentiment de dévotion dont bénéficient Victoria et sa famille dans la presse et auprès du public en général, voir Williams, "Reverence and Sentimentality Towards the Monarchy and Royal Family," The Contentious Crown 190-229.
[283] Outre les mariages, anniversaires et enterrements royaux, le Primrose Record et la Primrose League Gazette informent aussi leurs lecteurs au sujet des offices religieux qui commémorent les défunts de la famille régnante, comme c'est le cas en 1885 lorsqu'a lieu un office de célébration en mémoire de la princesse Alice. Primrose Record 17 décembre 1885: 210.
[284] On peut signaler, comme exemples parmi tant d'autres, le message de félicitations adressés par le Grand Conseil des Dames lors des noces d'argent du prince et de la princesse de Galles. Grand Conseil des Dames, 13 juillet 1888. Incidemment, pour la famille Churchill, qui a encouru les foudres du prince Édouard suite à des démêlés juridico-matrimoniaux apparus en mars 1876, la League représente aussi un instrument de réhabilitation sociale. La famille Marlborough a en effet été impliquée dans un procès pour divorce où a circulé le nom du Prince de Galles. C'est en raison de l'ostracisme social qui frappe sa famille que le duc de Marlborough accepte de prendre le poste de Vice-Roi en Irlande, qui lui permet en novembre 1876 de s'éloigner de Londres. Randolph Churchill l'accompagne là-bas, car lui aussi est persona non grata à la Cour. Au printemps 1884, le loyalisme de la League permet à Churchill de se réconcilier avec le Prince de Galles. Pour les détails du scandale en question, et le retour en grâce de Churchill, voir Foster, Lord Randolph Churchill 30-32, 159.
[285] "Which has carried England though many difficulties and many dangers, and made her what she is - the foremost among nations, POWERFUL, INDEPENDENT and FREE". What are the Principles of the Primrose League (London: Blades, East and Blades/Primrose League, n. d.).
[286] Sur la vigueur de la campagne libérale et radicale contre les lords, voir Taylor, "'Lords of Misrule': Liberalism, the House of Lords and the Campaign Against Privilege 1870-1911," 'Down with the Crown' 174-208.
[287] Le document produit par la League où se trouve développée cette interprétation du rôle des Lords est un pamphlet écrit par l'écrivain et publiciste conservateur Rowland Prothero, rédacteur en chef de la Quarterly Review, qui détient aussi les fonctions d'agent foncier pour le duc de Bedford. Voir Rowland Prothero, The House of Lords (London: Primrose League, 1908), Pamphlet Collection, BLPES, JF(42)/B22. Prothero défend aussi la Chambre des lords en arguant du fait qu'il s'agit de la chambre haute qui détient les pouvoirs les plus réduits par rapport aux Sénats français ou américains. Les lords sont selon Prothero représentatifs du caractère national en cela qu'ils font preuve d'un attachement aux changements graduels, et d'une préférence pour l'expérience au détriment de la théorie.
[288] Taylor, 'Down with the Crown' 207.
[289] Sur les calculs qui ont inspiré la création des County Councils, voir Jean P. D. Dunbabin, "The Politics of the Establishment of County Councils," Historical Journal 6.2 (1963): 226-52. Plus généralement, sur les implications politiques des réformes du gouvernement, et l'attitude des milieux conservateurs sur cette question, voir du même auteur, "British Local Government Reform: The Nineteenth Century and after," English Historical Review 92.365 (1977): 777-805.
[290] Sur la longue histoire des suspicions conservatrices à l'encontre d'une autorité centrale unique pour Londres, voir Ken Young, "The Conservative Strategy for London," London Journal 1.1 (1975): 56-81.
[291] Sur les récriminations des militants libéraux contre le pouvoir des pasteurs anglicans en matière d'octroi de salles de réunion, voir le pamphlet du parti libéral consacré à la question, Village Reforms and the Liberal Party (London: Liberal Publication Department, 1892).
[292] On renvoie ici au Tableau 1 décrivant l'origine sociale des responsables d'habitations, qui montrent qu'un nombre conséquent de pasteurs anglicans grossissent les rangs du mouvement. Dans les villages, à en croire de nombreux comptes-rendus de réunions parus dans la Primrose League Gazette, les pasteurs prennent souvent en main l'organisation de l'habitation, devant laquelle ils lisent eux-mêmes les pamphlets publiés par le mouvement.
[293] "Seven Reasons why we wear the Primrose Badge in Church," Primrose Record 17 avril 1886: 389.
[294] Sur la dimension religieuse de l'Independent Labour Party, voir Mark Bevir, "The Labour Church Movement, 1891-1902," Journal of British Studies 38 (1999): 217-45.
[295] The Times 4 août 1894: 8.
[296] "Seven Reasons why we wear the Primrose Badge in Church," Primrose Record 17 avril 1886: 389.
[297] Sur la manière dont Churchill courtise Parnell et le vote catholique, voir Roland Quinault, "Lord Randolph Churchill and Home Rule," Irish Historical Studies 21.84 (1979): 377-403.
[298] Les membres de la League font grand cas des soutiens dont ils bénéficient dans les milieux nonconformistes. Lady Susan Malmesbury, dans un article où elle décrit comment elle est parvenue à constituer une habitation, s'enorgueillit du fait que le secrétaire honoraire qui l'épaule est un dissenter. Voir Susan Malmesbury, "The Primrose League," National Review 7 (1886): 416. Qu'un nonconformiste se rallie au conservatisme constitue alors une démarche atypique, mais la discrétion de la League sur les controverses liées à l'Église instituée a sans doute contribué à augmenter l'attrait de l'unionisme pour les membres des sectes dissidentes. Sur la désaffection progressive des milieux non-conformistes envers le libéralisme, voir John Glaser, "English Nonconformity and the Decline of Liberalism," American Historical Review 63.2 (1958): 352-63.
[299] Par exemple, le Grand Conseil retire son agrément à une habitation dont les réunions commençaient par la récitation de prières anglicanes. GC, 14 avril 1887.
[300] Le pamphlet incriminé, intitulé Extract from Maxwell's History of the Rebellion of '98, rappelle les exactions irlandaises lors de la fameuse révolte de 1798. Certains membres catholiques de la League font part de leur vif mécontentement au Grand Conseil des Dames, qui s'empresse de détruire cette brochure. Grand Conseil des Dames, 2 juillet 1886.
[301] Pour une analyse détaillée de la campagne anti-ritualiste et de ses implications dans les milieux conservateurs, voir Ian Thomas Foster, "The Anti-Ritualist Campaign, 1898-1906," in "Anglican Evangelicalism and Politics, 1895-1906," thèse non publiée, Cambridge, 1993, 105-263. Foster montre qu'entre 1899 et 1903, le projet de loi (Church Discipline Bill) ayant pour objet d'appliquer une stricte discipline anti-ritualiste au sein de l'Église anglicane est soutenu en majorité par les parlementaires conservateurs, mais que la hiérarchie conservatrice a peu de sympathie pour cette cause ultra-protestante.
[302] La nomination du duc de Norfolk, un catholique, comme Chancelier de la League en 1905 témoigne de la volonté de Balfour d'apaiser les catholiques conservateurs, échaudés après la tentative organisée au début du siècle par quelques backbenchers unionistes d'introduire une Church Discipline Bill de nature anticatholique.
[303] The Times 18 mars 1886 : 4. Quelques jours plus tard, au vu des assurances de neutralité religieuse que lui donnent les responsables de la League, le Dr Bagshaw, l'évêque incriminé dans cette décision hostile aux membres du mouvement, écrit au Times pour annoncer son abrogation des mesures de rétorsion à l'encontre des recrues catholiques de la League à Nottingham. The Times 31 mars 1886: 7.
[304] "In the first draft of its rules the members engaged to support religion as by law established. This no Catholic could do. The draft was revised, and there is now nothing that a Catholic may not promise. The engagement is to maintain religion or Christianity and freedom of conscience against atheism and atheistic or anti-Christian policy". The Times 22 mars 1886: 9. En mai 1886, Manning écrit au Grand Conseil des Dames pour se plaindre du fait que certaines des habitations excluent les catholiques. La duchesse de Marlborough doit à nouveau rassurer le cardinal sur les principes non-sectaires du mouvement. Grand Conseil des Dames, 7 mai 1886.
[305] The Times 25 mars 1895 : 10. La création d'antennes impériales de la League provoque aussi des tensions religieuses, par exemple à Malte, où l'évêque Buhagiar interdit aux catholiques maltais de se joindre à la League. Francis Azzopardi, "The Appointment of Bishop A. M. Buhagiar as Administrator Apostolic of Malta," Proceedings of History Week 5 (1981): 101.
[306] Sur les sympathies des quakers pour l'impérialisme, voir Brian David Phillips, "Friendly Patriotism: British Quakerism and the Imperial Nation, 1890-1910", PhD, Cambridge, 1989. Au sein de l'évangélicalisme anglican, une même tendance impérialiste se manifeste à la fin du siècle. La League, en associant la religion à l'Empire, n'est donc pas un cas isolé, et ses préceptes religieux et impériaux s'appuient sur une large diffusion préalable de l'idée d'un christianisme musculaire et impérial décrite par ailleurs. Voir Norman Vance, The Sinews of the Spirit: The Ideal of Christian Manliness in Victorian Literature and Religious Thought (New York: Cambridge UP, 1985).
[307] Les divisions introduites dans le camp libéral forment la conséquence politique la plus notoire de la question du Home Rule, dont l'irruption sur la scène politique séparent les partisans de Gladstone et les opposants libéraux au Home Rule. Parmi ces derniers, on trouve aussi bien des grandes figures du radicalisme comme John Bright ou Joseph Chamberlain que des dignitaires whigs tels que Hartington, futur duc de Devonshire. L'émergence après 1885 des libéraux unionistes comme force politique handicape durablement le parti libéral, et renforce l'emprise des conservateurs sur le pouvoir, qui reçoivent ainsi un appoint bienvenu de la part de grands noms de l'aristocratie libérale, mais aussi, en la personne de Chamberlain, un relais inattendu auprès des milieux populaires. Sur l'ampleur des défections libérales après 1886, voir John D. Fair, "From Liberal to Conservative: The Flight of the Liberal Unionists after 1886," Victorian Studies 29.2 (1986): 291-314. Plus généralement, sur les recompositions politiques que suscite la controverse du Home Rule, voir Alistair Cooke et John Vincent, The Governing Passion: Cabinet Governement and Party Politics in Britain, 1885-6 (Brighton: Harvester, 1974).
[308] Pour une présentation détaillée des motivations politiques et constitutionnelles de Gladstone à propos de la question irlandaise, voir Matthew, Gladstone 463-71.
[309] En fait, en s'attachant à réconcilier le Home Rule avec la théorie de l'autorité du parlement impérial, Gladstone utilise à son avantage les arguments constitutionnels que lui objectent certains juristes unionistes comme A. V. Dicey. Sur les débats qui divisent les milieux académiques victoriens à propos des implications constitutionnelles et idéologiques de la controverse du Home Rule et leur répercussions en matière de théorie parlementaire, voir Christopher Harvie, "Ideology and Home Rule: James Bryce, A. V. Dicey and Ireland, 1880-1887," English Historical Review 91.359 (1976): 298-314.
[310] "An old man in a hurry". Forster, Lord Randolph Churchill 73
[311] Sur les deux tendances qui se dessinent dans le parti conservateur en réaction au Home Rule, voir Jeremy Smith, "Conservative Ideology and Representations of the Union with Ireland, 1885-1914," in Martin Francis et Ina Zweiniger-Bargielowska (eds.), The Conservatives and British Society, 1880-1990 (Cardiff: U of Wales P, 1996) 18-37.
[312] "Was there any doubt as to the policy of Mr Pitt and Lord Castlereagh, and Mr Canning and Sir Robert Peel and Lord Beaconsfield ? The maintenance of the Act of Union was the unbroken tradition of the Tory party". Salisbury dans un discours à Saint James's Hall. The Times 17 mai 1886, cité dans Smith, "Conservative Ideology and Representations of the Union with Ireland, 1885-1914" 25.
[313] Sur la virulence du sentiment anti-irlandais dans la propagande diffusée par la National Union, voir Robert McKenzie and Allan Silver, Angels in Marble: Working Class Conservatives in Urban England (London : Heinemann, 1968) 55.
[314] "The Celtic and the Saxon race (...) the wealth, intelligence and industry of the population (...) illiterate, bigotted and easily swayed by agitators (...) who have plotted and are continuing to plot to dismember the British Empire". Les citations du paragraphe suivant sont extraites d'un document édité par la League, probablement vers 1885, et intitulé Canvassers' Catechism. Being Replies to the most plausible arguments in favour of Home Rule (London: Ryland, n. d.), Pamphlet Collection, BLPES, JF2 (42C)/527.
[315] "Counteracting those evil instincts which encouraged 'rapine and murder' as a method for disintegrating our Empire (...) exercise their individual judgment, to respect themselves and their neighbours (...) and to encourage a friendly sympathy one with another". Les remarques suivantes, sur la différence entre les pratiques politiques encouragées par la Primrose League et par les mouvements nationalistes, sont tirées d'une lettre d'un lecteur de la National Review au journal. Voir Amos Reade, "The Primrose League v. The National League in Ireland," National Review 14 (1889): 424-29. Libéraux et radicaux rapprochaient volontiers les méthodes de la League de celles des mouvements nationalistes irlandais. D'après les adversaires de la Primrose League, le mouvement ne se distinguait pas des organisations nationalistes irlandaises, car tous faisaient usage du boycott et de l'ostracisme social à l'encontre des populations ne partageant pas leur point de vue. Dans le cas de la Primrose League, ce seraient les commerçants radicaux ou libéraux que les dames de la League auraient mis à l'index en cessant de s'approvisionner chez eux. Dans le cas de la Land League, ces accusations seraient liés à l'intimidation des métayers tentés de s'acquitter de leurs loyers auprès des propriétaires. Pour des accusations de ce type portée contre la League, voir The Times 25 février 1889: 7. Afin de ne pas prêter le flanc à de telles accusations, la Primrose League interdit formellement à ses membres de se livrer à la pratique du boycott dans l'une de ses brochures. What is the Primrose League ? Why are you asked to join it ? (London: Primrose League/Alexander and Shepheard, n. d.), Pamphlet Collection, BLPES, JF2(42C)386.
[316] Sur l'Imperial Federation League, voir Annexe 1.1.3.
[317] Sur le patriotisme impérial que véhiculent les manuels de lecture victoriens, voir Suzanne Baudemont, "L'école et la lecture dans l'Angleterre victorienne de 1862 à 1901: Recherches sur la formation des mentalités populaires," Thèse, Strasbourg, 1978, 490.
[318] D. H. Johnson, "The death of Gordon: A Victorian Myth," Journal of Imperial and Commonwealth History 10.3 (1982): 285-310.
[319] Dave Russell, "'We carved our way to glory': The British soldier in music hall song and sketch, c. 1880-1914," in John M. MacKenzie (ed.), Popular Imperialism and the Military, 1850-1950 (Manchester: Manchester UP, 1992) 66.
[320] Grand Conseil des Dames, 25 juin 1886.
[321] Entre 1888 et 1892, lorsque les discussions ou les spectacles qui se déroulent au sein des habitations traitent des questions impériales, on a constaté que dans 82% des cas, ce sont les colonies " blanches " qui sont à l'ordre du jour. Les rares fois où l'Afrique, l'Asie et les Caraïbes sont mentionnées, c'est souvent pour faire référence à des guerres coloniales du passé. Sur l'Inde, la League est par exemple plus prolixe au sujet de lord Clive, grande figure du Raj au dix-huitième siècle, que sur la situation contemporaine du sous-continent indien. Recensement effectué à l'aide de la section "Habitation News" de la Primrose League Gazette.
[322] Joseph Schumpeter, Impérialisme et classes sociales (Paris: Minuit, 1972) 50-51.
[323] On évoquera plus loin le contexte dans lequel s'opère ce rapprochement progressif entre la Primrose League et la Navy League. Sur la Navy League, voir Annexe 1.1.5.
[324] Il est troublant de constater qu'à bien des égards, l'unionisme social de la League ressemble à l'idéalisme de penseurs libéraux comme T. H. Green ou Bernard Bosanquet, qui prêchent eux aussi en faveur d'une restauration des liens communautaires dissous par la société moderne. Mais là où les préceptes de la League diffèrent totalement de ce courant de pensée, c'est par rapport au rôle de l'État, que certains idéalistes conçoivent comme étant l'agent par lequel l'organicisme social peut être promu. L'unionisme social de la League est en quelque sorte idéaliste d'inspiration, mais spencérien en pratique, puisque les responsables du mouvement mettent plus volontiers l'accent sur la manière dont il incombe individuellement aux plus pauvres de s'extraire de leur condition par une réforme morale, et non par une intervention de la puissance publique en leur faveur. Sur le courant idéaliste à la fin de l'ère victorienne, voir Sandra Den Otter, "'Thinking in Communities': Late Nineteenth-Century Liberals, Idealists and the Retrieval of Community," Parliamentary History 16 (1997): 67-84.
[325] La problématique pour la League consiste donc à moraliser l'individu, et non le marché, ou les finances publiques, comme ambitionnaient de le faire les économistes évangéliques victoriens décrits par Boyd Hilton. Boyd Hilton, The Age of Atonement: The Influence of Evangelicalism on Social and Economic Thought 1785-1865 (Oxford: Clarendon, 1988). Dans leur approche des questions de pauvreté et de travail, les instances de la League ne semblent pas être affectées par le rapport torturé face aux implications morales du marché libéral que G. R. Searle impute à de nombreux acteurs politiques et économiques victoriens. G. R. Searle, Morality and the Market in Victorian Britain (Oxford: Clarendon, 1998). Les membres de la League semblent avoir pratiqué le type de charité décrit par Françoise Barret-Ducrocq. Voir Françoise Barret-Ducrocq, Pauvreté, charité et morale à Londres au dix-neuvième siècle. Une sainte violence (Paris: PUF, 1991).
[326] Sur le paternalisme tory au milieu du siècle, voir David Roberts, "Tory Paternalism and Social Reform in Early Victorian England," American Historical Review 63.2 (1958): 323-37. Roberts montre d'ailleurs que l'apport conservateur aux réformes sociales du milieu du siècle est plus apocryphe que réel, puisque lord Ashley, Richard Oastler and Michael Sadler faisaient figure d'électrons libres, et ne bénéficiaient que très partiellement du soutien de leurs collègues conservateurs au Parlement. L'implication de cette poignée de tories radicaux dans l'opposition parlementaire aux Poor Laws des années 1830 a en tout cas permis au parti de se démarquer des dispositions les plus contraignantes de ces lois, comme la réduction de l'outdoor relief, ces aides que les travailleurs agricoles pouvaient obtenir en cas de difficultés. Disraeli a fait partie de ces rares députés conservateurs à s'intéresser aux Factory Acts et à la Ten-Hour Bill introduites par Ashley pour améliorer les conditions de travail des milieux ouvriers.
[327] "I fancy it is best to leave foreign politics alone with [poor men], and deal only with domestic measures. The thing to draw them is acts relating to cheap transfer of land, giving them power to acquire small holdings and extending rights of common". Gloucestershire Record Office, Gloucester, Codrington Habitation, D1610/X31, lettre du 24 mars 1887.
[328] Sur les vingt-neuf réunions d'habitations évoquées par la Primrose League Gazette, les problèmes sociaux ne sont évoqués que dans sept cas. Primrose League Gazette 7 février 1890.
[329] Pour une comparaison entre Disraeli et Salisbury qui montre combien la tonalité du parti devient moins sociale et plus intransigeante en ce qui concerne l'économie et le statut de la propriété, voir Michael Bentley, Lord Salisbury's World: Conservative Environments in Late-Victorian Britain (Cambridge: Cambridge UP, 2001) 320.
[330] Sur le rapport entre conservatisme et collectivisme à la fin du siècle, voir Matthew Fforde, Conservatism and Collectivism, 1886-1914 (Edinburgh: Edinburgh UP, 1990). Plus généralement, au sujet des débats politiques centrés sur la question de la propriété, voir Avner Offer, Property and Politics, 1870-1914 : Landownership, Law, Ideology and Urban Development in England (Cambridge: Cambridge UP, 1981).
[331] L'Allotments Act de 1887 définit un cadre juridique permettant aux ouvriers de se porter acquéreurs de lopins de terre, aux abords des villes ou dans les campagnes. Le Workmen's Compensation Act de 1897 prévoit les modalités de compensation des ouvriers blessés sur leur lieu de travail. Quant au Miners' Act de 1886, il renforce les lois protégeant le mineur en matière de sécurité et améliore les mécanismes judiciaires destinés à poursuivre les employeurs négligents. La Primrose League fera grand cas de ces diverses réformes, qu'elle assimile aux avancées sociales à mettre au crédit des conservateurs dans les années 1840.
[332] Ewen Green, The Crisis of Conservatism: The Politics, Economics and Ideology of the British Conservative Party, 1880-1914 (London: Routledge, 1995) 7.
[333] Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism 142.
[334] Primrose Record 25 février 1886: 303.
[335] Gloucestershire Record Office, Gloucester, correspondance entre sir Gerald Codrington, Ruling Councillor de l'habitation Codrington, et le secrétaire honoraire, D1610/X31, lettre du 3 mai 1889.
[336] GC, 7 novembre 1888.
[337] "Primrose League Meeting at Meltham Mills," Huddersfield Daily Chronicle 26 juillet 1886: 3.
[338] Primrose Record 25 février 1886: 302.
[339] Grand Conseil des Dames, 5 octobre 1888.
[340] "Ladies and British Manufactures," Primrose Record 1er mai 1886: 405 ; "Ladies and English Trade," Primrose Record 18 mars 1886: 338.
[341] Pour un descriptif de ce groupe de pression conservateur et de ses rapports avec la League, voir Annexe 1.1.1.
[342] Les tracts incriminés, intitulés A Scotchman's Letter et A Talk, a Laugh and a Cry with the Agricultural Voter, sont expurgés de toute référence au Fair Trade. Grand Conseil des Dames, 26 mars 1886.
[343] "He well understood that it was not in the power of any government to give very man a comfortable home. That must depend in a great deal upon their own industry, sobriety and thriftiness, but he believed that the principles of constitutionalism were calculated to lead men to be industrious and thirfty". The Huddersfield Daily Chronicle 2 août 1886: 3.
[344] "The tyrannous use by Trade Unions of their organisation, or the direct or indirect persecution of those who do not see their way to join such bodies". Primrose League Gazette 3 octobre 1891: 6.
[345] "It ought not to be forgotten that these measures of justice and of liberty are due to Conservative Governments, which have enabled British workingmen peacefully to protect their own interests by combining together under the protection of the law, and which have rendered it possible for labour disputes to be settled without riot and violence". Primrose League Gazette 11 janvier 1890: 5.
[346] "One of them denounced capitalists as blood-suckers and slave-drivers, religion as a fraud, and God as a sham and a swindle. (...) their ignorance of the ABC of social and political questions (...) If respectable people, especially working men, once heard a real Socialist make a speech, it would do more good to the Conservative and Unionist cause than twenty addresses by any Primrose, Conservative and Unionist speaker". "Our Modern Socialists," Primrose League Gazette 31 octobre 1891: 2-3.
[347] Les habitations de la League condamnent unanimement le gouvernement libéral pour son laxisme lors des émeutes en question, qui ont choqué la bonne société, car les bris de vitrines et les rixes ont pour une fois eu lieu en plein Clubland, et non comme à l'accoutumée dans les quartiers populaires du East End. Primrose Record 25 février 1886: 302-303.
[348] Primrose League Gazette 18 septembre 1891: 4.
[349] GC, 15 juillet 1897.
[350] "The Education Act promised free education not required by the working classes in their present state of prosperity". Primrose League Gazette 9 août 1890: 7.
[351] GC, 21 décembre 1890.
[352] Pour un exemple d'attaque lancée par la League contre les projets de Chamberlain, voir une saynète publiée par le Primrose Record, intitulée Three Acres and a Cow. Primrose Record 18 mars 1886: 335-36.
[353] "Every labourer was to have an acre attached to his cottage at a very low rent, or no rent at all. (A voice : 'Put in the cow !'). They had dropped the cow at present. He would like to see how every cottage in a village was to have an acre attached to it without one man's acre trespassing on his neighbour's garden". Primrose League Gazette 19 septembre 1891: 4.
[354] Sur les dissensions entre les fermiers, qui réclament la protection de leur production contre les denrées étrangères importées à moindre coût, et le gouvernement conservateur, qui regimbe à employer des solutions protectionnistes pour remédier à la crise de l'agriculture, voir Ewen Green, "No Longer the Farmer's Friend ? The Conservative Party and Agricultural Protection, 1880-1914" in J. R. Wordie (ed.), Agriculture and Politics in England, 1815-1939 (London: Macmillan, 2000) 149-77.
[355] GC, 18 mai 1893.
[356] Primrose League Gazette 15 août 1891: 2.
[357] GC, 26 janvier 1893.
[358] Primrose League Gazette 24 avril 1892: 8.
[359] Comparé aux cas français et allemands, les spécificités britanniques lors de cette crise sont d'après Charle une meilleure cohésion des élites et une plus grande homogénéisation des masses opérée par l'école, dont le message éducatif s'appuie sur " la singularité de l'histoire nationale comme avènement de la citoyenneté libre ". D'après Charle, tout en partageant avec l'Allemagne son caractère aristocratique, la Grande-Bretagne s'apparente aussi à la France de par l'aspect libéral et bourgeois de ses valeurs dominantes. Dans un tel contexte social, on comprend toute la place que peut alors prendre un mouvement tel que la League, qui reprend à son compte un discours whig sur les institutions politiques du pays et qui s'appuie pour ce faire sur les élites du pays. De même, on comprend alors tout l'intérêt que porte la League à l'éducation et à l'enfance. Pour les dirigeants de la League, il s'agit d'influer sur la socialisation des plus jeunes afin de consolider la cohésion sociale. Christophe Charle, La crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne 1900-1940. Essai d'histoire sociale comparée (Paris: Seuil, 2001) 156-57.
[360] En Grande-Bretagne, on remarque que peu d'études générales ou locales ont rendu justice aux festivités publiques. L'ouvrage de Linda Colley, Britons: Forging the Nation, qui traite de la symbolique du cérémoniel monarchique, constitue l'exception notable à ce désintérêt historiographique. Mais le fait est que Linda Colley s'intéresse plutôt aux cérémonies publiques comme éléments de construction de l'identité nationale. En privilégiant la dimension identitaire des fêtes, et en concentrant son attention sur les cérémonies officielles, Linda Colley néglige la dimension partisane et politique que ces cérémonies peuvent revêtir. En France, les usages politiques et partisans des fêtes ont en revanche fait l'objet de nombreuses études. L'ouvrage pionnier, qui a le premier exploré la dimension politique des festivités publiques, est l'étude de Mona Ozouf sur la fête révolutionnaire. Linda Colley, Britons: Forging the Nation 1707-1837 (New Haven: Yale UP, 1992). Mona Ozouf, La fête révolutionnaire 1789-1799 (Paris: Gallimard, 1976).
[361] Un grand soin est souvent pris à la décoration des salles de réunions ou de fête. Le quartier général loue des bannières avec les mots d'ordre officiels du mouvement, qui sont périodiquement renouvelés. Parmi les slogans ornant les bannières en question, on peut signaler "Imperium et Libertas," devise du mouvement, ou encore "Peace with Honour," en référence au discours de Disraeli à son retour du Congrès de Berlin en 1878. Mais souvent les habitations ont leurs propres bannières, confectionnées par couturières et brodeuses unionistes. Pour quelques exemples de bannières de la League, voir Annexes 9.7.1 et 9.7.2. La profusion de bannières conservatrices que la League inspire indique d'ailleurs à quel point le mouvement s'appuie sur une sociabilité féminine et domestique, au-delà de ses dimensions patriciennes, publiques et politiques. De nombreuses autres organisations disposent alors d'une semblable héraldique brodée pour distinguer leurs antennes locales, comme par exemple l'Armée du Salut, les friendly societies, les sociétés de suffragettes, les loges orangistes, mais surtout les syndicats. La bannière est en effet un objet spécifique à des organisations dont le recrutement est populaire et masculin, ce que reflète encore de nos jours le fait que le musée de la bannière est aussi un musée consacré aux syndicats. La League réussit toutefois à s'approprier avec succès un tel vecteur d'identité collective, ce qui a dû accréditer ses prétentions à incarner un authentique mouvement populaire. La principale collection de bannières britanniques est conservée au National Museum of Labour History de Manchester. L'essentiel du fonds provient d'organisations syndicales ou de partis de gauche.
[362] Sur l'importance des spectacles militaires dans la société victorienne, voir Scott Hughes Myerly, "'The Eye must entrap the mind': Army Spectacle and Paradigm in Nineteenth-Century Britain," Journal of Social History 26.1 (1992): 105-31. Si, dans le cas de Volunteer Force, la popularité de ces unités irrégulières est moindre que lors des paniques d'invasion du Second Empire, elles comptent encore 27.000 recrues en 1903. Rhodri Williams, Defending the Empire. The Conservative Party and British Defence Policy 1899-1915 (New Haven: Yale UP, 1991) 26. Ces régiments sont parfois encadrés par des notables aristocratiques, mais à mesure que les années passent ils sont de plus en plus dirigés, surtout dans les villes, par des officiers de classe moyenne. Quant à la yeomanry, ancien corps de cavalerie, comme elle est exclusivement entre les mains de l'aristocratie, c'est un autre milieu militaire qui s'ouvre aussi à la League.
[363] Mais la Primrose League n'a pas le monopole de l'utilisation de la bicyclette comme véhicule de socialisation politique. Les socialistes ont leurs propres clubs cyclistes, les Clarion Clubs, fondés par Robert Blatchford en 1891. Ces clubs socialistes avaient aussi des sections féminines, les Clarionettes, et enfantines, les Cinderella Clubs. Les Clarion Clubs organisaient des festivités, les Cinderella Dances, très semblables à celles de la League, où se produisaient des artistes de music hall. Pour une présentation détaillée des activités de ces Clarion Clubs, voir le cas de Battersea, décrit dans Sean Creighton, "Organised Cycling and Politics: the 1890s and 1900s in Battersea," http://www2.umist.ac.uk/sport/Creighton, page web consultée le 25 février 2002.
[364] Pour des articles de presse locale consacrés à un bal de la League, mentionnant nommément près de trente personnes, voir Stroud News 22 mai 1891: 5 ; Stroud News 10 juillet 1890: 4.
[365] Les réseaux de fratries et de parenté ont pu être identifiés à partir des registres eux-mêmes, après vérification de certaines des adresses au moyen des annuaires Kelly's.
[366] C'est d'ailleurs la raison invoquée pour mettre un terme aux activités de l'habitation en 1911. Lancashire Record Office, Garstang Primrose League Habitation Minute Book (DDFz), 16 janvier 1911.
[367] C'est l'expression employée en 1885 par Frances Power Cobbe, représentante du comité central de la National Society for Women's Suffrage, dans une lettre adressée à la baronne Amherst, membre du Grand Conseil des Dames, pour décrire le travail d'éducation auquel les Dames de la League vont devoir se livrer auprès des 2 000 000 de nouveaux électeurs. London, BLPES, Lady Amherst Papers, Coll Misc 0569, lettre de Frances Power Cobbe, 20 février 1886.
[368] Sur la banalisation des discours politiques publics au cours du dix-neuvième siècle, et sur la ferveur populaire qu'inspirent les tournées des grands politiciens, voir Joseph Meisel, Public Speech and the Culture of Public Life in the Age of Gladstone (New York: Columbia UP, 2001).
[369] Lors des élections, l'irruption de la violence dans le champ partisan est monnaie courante. On peut à titre d'exemple signaler le cas d'une réunion électorale conservatrice qui s'achève dans la confusion à Lambeth lors d'une élection en 1889. Le candidat conservateur, Philip Beresford-Hope, tente en vain d'intimider les radicaux en déclarant : "he had played many games at football at the Oval, and if it was necessary he should not fear to come down amongst the combatants now". Dans la mêlée, Beresford-Hope se fait subtiliser sa montre. Lambeth Post and South London Review 4 mars 1889: 8.
[370] Lors d'une réunion de l'habitation de Paddington en 1886, lord Randolph Churchill lui-même a recours à cette manière sélective de constituer un public devant lequel prendre la parole. Voir Foster, Lord Randolph Churchill 411.
[371] James Vernon, Politics and the People: A Study in English Political Culture, c. 1815-1867 (Cambridge: Cambridge UP, 1993).
[372] GC, 15 avril 1891.
[373] Même au sein de la mouvance conservatrice, la League n'a pas le monopole de ces travelling vans, puisque dès 1895, le Conservative Central Office a sa propre flotte de camionnettes, animées par ses équipes d'orateurs itinérants. Pour un témoignage d'époque sur ces nouvelles pratiques de propagande qui émergent à la fin du siècle, voir Kathryn Rix, "'Go out into the highways and the hedges'. The Diary of Michael Sykes, Conservative Political Lecturer, 1895 and 1907-8," Parliamentary History 20.2 (2001): 209-31.
[374] "Do these powers apply to persons in Primrose League vans ?" Henry Lucy, Later Peeps at Parliament Taken from behind the Speaker's Chair (London: George Newnes, 1905) 104.
[375] "John : I see - so parliament makes the taxes". "Three Acres and a Cow," Primrose Record 18 mai 1886: 335-36.
[376] "Men for the most part ignorant of politics, of economy, of law, of history, and even of the geography of the vast empire ovre which they will exert influence (...) As a Dame of the Primrose League, it will be your duty to counsel these persons, to win them from the misleading influence of demagogues, and to instruct them so far as may be possible in the alphabet of public duty (...) We [the Council of the National Society for Women's Suffrage] call on you [Baroness Amherst] to reflect whether it be well that, while such men are enfranchised, women, possessed of the same, or much higher, property qualifications, should be debarred from exercising the same rights ? Are women who, like yourslef, are deemed fit to instruct voters in their duties, not fit themselves to vote intelligently and honestly ?" BLPES, Lady Amherst Papers, Coll Misc 0569, lettre de Frances Power Cobbe, 20 février 1886.
[377] Les trois derniers cités ont été liés à la Primrose League personnellement. Lord John Manners, proche de Disraeli et ancien du mouvement Young England, est membre du Grand Conseil. Hicks Beach a été collègue et allié de Randolph Churchill au gouvernement. Il a été impliqué dans plusieurs habitations des environs de Bristol, où il est député. Northcote a été le premier Grand Maître, et sa réputation de féministe n'a pas dû le desservir auprès des adhérentes du mouvement. Quant à Carnarvon, s'il est un impérialiste notoire, ses positions autonomistes sur l'Irlande s'avèrent incompatibles avec l'unionisme professé par la League.
[378] Loughlin O'Malley and Henry Hardcastle (eds.) Reports of the decisions of the judges of election petitions in Great Britain and Ireland, pursuant to the Parliamentary Elections act, 1868, vol. 5 (London: Stevens and Heynes, 1910) 70 ; vol. 6 (London: Stevens and Heynes, 1911) 28. Les deux affaires en question, où sont mentionnées les activités festives de la League, sont classées sans suite.
[379] Cornelius O'Leary, The Elimination of Corrupt Practices in British Elections (Oxford: Clarendon, 1962) 179
[380] "Half an hour in a revision court is quite sufficient to show the many vexatious absurdities and anomalies of the present registration system. (...). In short the registration of the present is not a question of a citizen's vote ; it is a question of a political party winning or losing a vote. (...) The state should secure the people's vote directly". "Half an hour in the Revision Court," Liverpool Review 21 septembre 1889: 4. L'indignation dont témoigne ces lignes est d'autant plus marquée qu'à Liverpool, le parti conservateur est d'une redoutable efficacité au cours de ces opérations de démarchage préalables aux audiences. En 1890, cent personnes sont embauchées pour le travail lié aux révisions des registres électoraux, qui se déroule en juillet et août. 221 324 visites à domicile sont effectuées, qui ont pour conséquence que soient procédés à 21 397 amendements, soustractions et ajouts sur les listes électorales. Au final, les gains pour le parti représente 1 894 électeurs parlementaires et 2 428 électeurs municipaux. Liverpool Record Office, Liverpool Constitutional Association Minute Book, 28 avril 1890, f. 360.
[381] Manchester Guardian, cité dans la Primrose League Gazette 10 juin 1897: 5.
[382] "I do not know where there is to be found any more valuable testimony to your services than the abuse constantly heaped upon you by your opponents. The measure of your utility is to be found in the magnitude of their aversion. There is no calumny which they have not endeavoured to heap on the Primrose League. There is no ridicule with which they have not endeavoured to overwhelm it". The Times 21 novembre 1890: 12.
[383] "The little band of Liverpool Primrose Leaguers who went to Skelmersdale to help Mr Forwood met with a very warm reception from the Radical miners. A fusillade of halk bricks, accompanied by a steady fire of rotten eggs, had a disturbing influence on the knights of the habitation ; and a Kirkdale Major chaffingly asked his Primrose friends if they did not find the Skelmersdale men 'rather energetic'". Liverpool Review 5 décembre 1885: 5. Forwood avait été l'un des alliés de Lord Randolph Churchill lorsque ce dernier avait tenté de prendre le contrôle du parti par l'intermédiaire de la National Union en 1882. Jon Lawrence a identifié un conservatisme urbain, masculin, et jingo soutenant les conservateurs dans leur défense du pub contre les réformes envisagées par les libéraux en matière de vente d'alcool. Voir Jon Lawrence, "Class and Gender in the Making of Urban Toryism, 1880-1914," English Historical Review 108 (1993): 629-52. On remarque que les conservateurs ne sont pas seuls à user de références à la virilité, puisque c'est au titre de leur caractère efféminé que les partisans de la League essuient les moqueries de la Liverpool Review, journal libéral. L'article se poursuit par une dénonciation de l'influence du torysme féminin, dont le journal illustre la puissance est illustrée en mentionnant l'incident suivant : "One old son of the soil who had reached the patriarchal age of 95 told the presiding officer that 'his owd lass' was a Tory, and he was bound to vote as she tow'd him'". Liverpool Review 5 décembre 1885: 6.
[384] "The ballot is but an imaginary safeguard (...) The League tries to persuade people that it is possible to discover how they voted, and to punish them if they did not vote as [the League] wished". The Times 11 novembre 1890: 6.
[385] Gareth Stedman-Jones, "Working-Class Culture and Working-Class Politics in London, 1870-1900: Notes on the Remaking of a Working Class," Journal of Social History 7 (1974): 495.
[386] Les historiens qui se sont intéressés à cette période noire du conservatisme situent généralement cette crise lors de la période édouardienne, mais les dissensions entre conservateurs ne s'apaisent ni au cours de la guerre, ni dans le cadre du gouvernement de coalition mené par Lloyd George. Ce n'est que vers 1922, année de la chute du gouvernement de coalition et de l'arrivée à la tête du parti de Stanley Baldwin, que le parti recouvre une certaine unanimité. Sur les divisions au sein du parti avant guerre, voir Alan Sykes, "The Radical Right and the Crisis of Conservatism before the First World War," Historical Journal 26 (1983): 661-76 ; Ewen Green, The Crisis of Conservatism. The Politics, Economics and Ideology of the British Conservative party, 1880-1914 (London: Routledge, 1995). Pour une analyse qui porte sur les recompositions idéologiques du parti jusqu'à l'après-guerre, voir Stephen Evans, "The Conservatives and the Redefinition of Unionism, 1912-1921," Twentieth Century British History 9.1 (1998): 1-27.
[387] Les querelles provoquées au sein du Parti conservateur par le protectionnisme impérial et social proposé par Joseph Chamberlain ont fait l'objet de nombreuses études. Sur cette question, voir en particulier Alan Sykes, Tariff Reform in British Politics, 1903-1913 (Oxford: Oxford UP, 1979).
[388] Sur les propositions autonomistes du Round Table Movement, voir J. Kendle, "The Round Table Movement and 'Home Rule all Round'," Historical Journal 11 (1968): 332-53.
[389] Sur la force du sentiment impérial à All Souls , voir William Roger Louis, In the Name of God, go ! Leo Amery and the British Empire in the Age of Churchill (New York: Norton, 1992) 35.
[390] Les personnalités les plus notables de ce groupe sont Harold Mackinder, l'inventeur de la géopolitique comme matière académique, Hewins, l'économiste directeur de la London School of Economics, Sidney Webb, ou encore Bertrand Russell. Sur les Coefficients, voir Harold Perkin, The Rise of Professional Society 159. La thématique de l'efficacité nationale comme mot d'ordre politique trouve son origine dans les dysfonctionnements repérés dans l'armée lors de la guerre des Boers, et dans la découverte qu'une large proportion des volontaires issus des milieux populaires sont inaptes à prendre l'uniforme en raison de déficiences physiques. On retrouve la trace de ces préoccupations dans la création des Boy Scouts, mouvement qui est censé stimuler la santé des garçons, et dans divers programmes d'aide à l'enfance instaurés au début du siècle. La guerre des Boers a donc légitimé un accroissement des prérogatives de la puissance publique, qui était considérée comme seule à même de veiller au bon développement physique, moral et intellectuel de la population, et en particulier des enfants. Sur l'efficacité nationale en tant que préoccupation bipartisane, voir G. R. Searle, The Quest for National Efficiency (Oxford: Oxford UP, 1971).
[391] Pour un récit des réunions des Coefficients, alias le Pentagram Circle dans le roman, voir H. G. Wells, The New Machiavelli (1911 ; London: Penguin Books, 1966) 257-84.
[392] Pour une présentation de cette organisation, voir Annexe 1.1.6.
[393] "The old section of Conservatives look upon him with suspicion, alleging that in order to achieve his fiscal ideal he would sacrifice the Church, Constitution, the land and the Union". John Vincent (ed.) The Crawford Papers: The journals of David Lindsay 27th Earl of Crawford and 10th Earl of Balcarres 1871-1940 during the years 1892 to 1940 (Manchester: Manchester UP, 1984), entrée du 29 juin 1907, 102.
[394] Balfouriens (les modérés, partisans d'un compromis), "Free Fooders" (les conservateurs libre-échangistes) et "whole-hoggers" (les protectionnistes purs et durs) sont les trois factions principales, auxquelles on peut ajouter les "imperial federationists", qui mettent plus volontiers l'accent sur les retombées impériales du protectionnisme, ou encore les "retaliators", qui préfèrent se faire les avocats de représailles commerciales contre les pays protectionnistes sans pour autant associer la Grande-Bretagne à une politique protectionniste en tant que telle. Sur ces divisions, voir Neal Blewett, "Free Fooders, Balfourites and Whole-Hoggers: Factionalism within the Unionist Party, 1906-1910," Historical Journal 11 (1968): 95-124.
[395] Sur la force des préjugés libre-échangistes au sein de l'électorat populaire édouardien, voir Anthony Howe, Free Trade and Liberal England 1846-1946 (Oxford: Clarendon, 1997) 272-273.
[396] Qu'on pense par exemple à la remarque de Chamberlain en ses jours radicaux, lorsqu'il accusait lord Salisbury d'être le représentant d'une classe qui d'après lui "toil not neither do they spin". The Times 29 mars 1883: 8.
[397] Sur la manière dont les protectionnistes, qui forment la majorité du groupe parlementaire après 1906 et bénéficient du soutien d'un grand nombre de sections locales du parti, infléchissent les positions de Balfour en leur faveur, voir David Dutton, "Unionist Politics and the Aftermath of the General Election of 1906: A Reassessment," Historical Journal 22.4 (1979): 861-76.
[398] L'historien de la National Fair Trade League (NFTL), le mouvement protectionniste des années 1880, mentionne le fait que les habitations de la Primrose League accueillent avec bienveillance les orateurs protectionnistes de la NTFL. Quant à Algernon Borthwick, l'un des chefs de file de la Primrose League, il est personnellement impliqué dans la hiérarchie de la NFTL. Voir B. H. Brown, The Tariff Reform Movement in Great Britain 1881-1895 (New York: AMS, 1966) 47-48, 67. Remerciements à Gordon Bannerman pour ces références.
[399] GC, 19 octobre 1905.
[400] "The Primrose League cannot take sides on Fiscal questions. Every member of the Primrose League is quite free to vote as he pleases upon such questions but the Primrose League confines itself to its own work, and cannot use any influence, as a corporate body, which might help a Liberal to gain a seat, inasmuch as the Liberal Party of today stands pledged to injure as far as possible all three of the principles which the Primrose League was formed to maintain." GC, lettre de George Lane-Fox à Mrs Simpson, 8 novembre 1905.
[401] Sur les Confédérés, voici comment H. G. Wells définit ce groupuscule protectionniste : "They were (...) an odd secret society whose membership nobody knew, pledged, it was said, to impose Tariff Reform and an ample constructive policy upon the Conservatives". H. G. Wells, The New Machiavelli 256. Sur leurs agissements contre les conservateurs libre-échangistes, voir Larry L. Witherell, "Political Cannibalism Among Edwardian Conservatives: Henry Page Croft, the Confederacy and the Campaign for East Hertfordshire, 1906-10," Twentieth Century British History 8.1 (1997): 1-26.
[402] GC, 2 février 1905.
[403] Primrose League Work. Its Threefold Object. The Permanent Value of our Principles (London: James Truscott/Primrose League, 1912), BLPES, JF2(42)/525.
[404] GC, 30 novembre 1905. La dimension impériale du discours protectionniste permet donc à la League de trouver un terrain d'entente avec la TRL. Sur l'importance de la thématique impériale dans la stratégie protectionniste, voir Andrew S. Thompson, "Tariff Reform: An Imperial Strategy, 1903-1913," Historical Journal 40.4 (1997): 1033-54.
[405] GC, 1er mars 1906. Disraeli, chef de file des conservateurs protectionnistes après 1846, a aussi oeuvré pour aligner son parti sur les positions gladstoniennes en matière douanière et budgétaire. Au début des années 1850, c'est lui qui contribue à faire accepter à ses collègues le caractère inéluctable des réformes engagées par sir Robert Peel en 1846 suite à l'abolition des lois sur le blé. D'ailleurs, dans les années 1850 et 1860, Disraeli, en tant que Chancelier de l'Échiquier des gouvernements minoritaires de lord Derby, n'a pas la moindre velléité de contester les cadres budgétaires imposés par le libre-échange et l'abrogation des lois sur le blé. C'est pourquoi Gorst a raison de signaler aux instances dirigeantes de la League qu'en prenant fait et cause pour une révision de l'orthodoxie cobdénienne, ils vont à l'encontre de la conduite que s'était fixée Disraeli en matière financière et commerciale. Sur les politiques très similaires que poursuivent Disraeli comme Gladstone lors de leurs passages respectifs à l'Échiquier, voir H. C. G. Matthew, "Disraeli, Gladstone and the Politics of Mid-Victorian Budgets," Historical Journal 22.3 (1979): 615-44. En revanche, pour une étude qui privilégie les spécificités conservatrices de la politique budgétaire de Disraeli, voir P. R. Ghosen, "Disraelian Conservatism: A Financial Approach," English Historical Review 99.391 (1984): 268-96.
[406] GC, 29 mars 1906. Mais suite aux élections de 1906, la propagande diffusée par la League se concentre plus volontiers sur la réfutation des accusations utilisées par les libéraux au cours de la campagne à propos du travail forcé auquel seraient contraints des coolies chinois en Afrique du Sud. Sur les six brochures commandées par le Literature Committee de la League en mars 1906, une seule est consacrée au problème de la réforme du système commercial britannique, tandis que trois ont trait à cette question des travailleurs chinois dans le Rand, les deux dernières étant consacrées l'une à la réforme de la fiscalité foncière (une revendication des milieux radicaux, sur laquelle le nouveau gouvernement est alors susceptible de légiférer), et l'autre aux conséquences probables de l'autonomie en Irlande. La priorité est donc accordée à défendre le bilan du gouvernement Balfour et à justifier ses décisions en Afrique du Sud, plutôt qu'à la formulation d'un compromis avec les exigences de la TRL.
[407] "As the Primrose League is essentially as an organisation to educate the electorate on matters vital to the well-being of the empire, it is advisable to set up meetings in London to which Mr Bonar Law and others well qualified to expound their views on our present Fiscal System and Tariff Reform be invited to attend". GC, 16 juillet 1908.
[408] "Grand Council expresses the hope that the outcome of that Great Conference will be to draw closer the bonds between the Colonies and the Motherland". GC, 11 avril 1907. Pour les résolutions favorables à la préférence coloniale, votées par les habitations de Hastings et de Hartshill, dans le Warwickshire, voir respectivement GC, 25 avril 1907 ; 6 juin 1907. À en juger par les résolutions publiées par la Primrose League Gazette, les habitations les plus susceptibles de s'enthousiasmer pour la préférence coloniale, ou toute autre politique se rapprochant du protectionnisme, sont généralement situées d'une part dans les zones les moins industrialisées du sud de l'Angleterre, et d'autre part dans des circonscriptions très majoritairement conservatrices, donc n'ayant rien à craindre d'un regain d'activité libérale consécutif à la préconisation par les députés en place et les organisations qui les soutiennent de solutions protectionnistes au déclin économique du pays. D'ailleurs, après 1906, la majorité des députés conservateurs sont issus de telles circonscriptions, ce qui explique les difficultés croissantes de Balfour, confronté à une base parlementaire essentiellement protectionniste, mais peu représentative de l'opinion conservatrice dans l'ensemble du pays. La réforme fiscale, mot d'ordre populaire dans les bastions conservateurs des Home Counties, s'avère être un handicap électoral dans les circonscriptions ouvrières du nord.
[409] Voir par exemple la lettre du Lieutenant-Colonel Andrews, secrétaire honoraire de l'habitation de Battle Abbey, dans le Sussex, qui s'interroge sur l'attitude de la Primrose League à propos de la réforme fiscale. GC, 6 juin 1907.
[410] Une résolution proposée par l'habitation de Hornsey est envoyée pour approbation au Grand Conseil. Cette lettre de dirigeants locaux de la League reprend les revendications exprimées lors de la Conférence du parti à Birmingham : réforme des taxes douanières et élargissement de l'assiette fiscale, protection de l'industrie britannique contre la concurrence déloyale, renforcement de la position du pays dans les négociations sur les marchés étrangers et préférence coloniale. En conclusion de la résolution, les membres de l'habitation d'Hornsey expriment leur désir de faire savoir que l'heure est venue pour la League de s'associer officiellement avec la politique de Balfour précédemment décrite. Le Grand Conseil décide de ne pas accepter cette motion, qui va trop loin dans son soutien au programme protectionniste, et préfère se référer à la possibilité de représailles contre les pays tiers commercialement indélicats. GC, 5 mars 1908.
[411] GC, 25 juillet 1907 ; 20 février 1908.
[412] London, BLPES, Metropolitan Conservative Agents' Association Minute Book, 11 juillet 1905.
[413] Joseph Chamberlain, victime d'une crise cardiaque quelques mois après les élections de 1906, cesse d'être personnellement impliqué dans la machine protectionniste qu'il a mis sur pied. Son fils Austen prend sa succession, puis devient le prétendant protectionniste au poste de chef de parti en 1911. La méfiance des anciennes élites unionistes du parti à l'égard des Chamberlain prive Austen de la victoire sur Walter Long. Le poste revient finalement à Andrew Bonar Law, candidat de compromis car protectionniste modéré, de surcroît non inféodé au radicalisme Tory de Birmingham. Bonar Law satisfait ainsi les traditionalistes et les protectionnistes du parti.
[414] C'est le cas par exemple de l'habitation de Wargrave dans le Sussex, qui se saborde et à qui le Grand Conseil demande de restituer le reliquat des fonds. GC, 6 juin 1907.
[415] GC, 4 juin 1908. Le même processus affecte aussi l'habitation de Kirdford et Wisborough, dont les fonds sont renvoyés au Grand Conseil par lord Winterton, Ruling Councillor, avec l'explication suivante : "This habitation languished owing to the local Women's Tariff Reform League having detached many of its members". GC, 25 novembre 1909. En 1912, le Grand Conseil interviewe Miss Garnett, secrétaire honoraire de l'habitation de Wharfedale dans le Yorkshire. Miss Garnett attribue le déclin de la League dans sa localité aux activités des organisations protectionnistes, ainsi qu'à l'attitude officielle de la League, qu'elle définit comme "roundabout, indefinite and ill-defined". GC, 15 février 1912.
[416] GC, 14 août 1908. Tout le Gotha féminin du conservatisme participe à cette réunion, et toutes les sensibilités unionistes sont représentées. La composition de ce comité, qui rassemble des représentantes de la Primrose League, des WUA et des WUTRA, montre l'emprise des grandes aristocrates sur les mouvements féminins conservateurs, qu'ils soient protectionnistes dans le cas des WUTRA, conservateurs modérés dans le cas de la Primrose League ou impérialistes sociaux en ce qui concerne la Victoria League. Voir Annexe 1.2.2.
[417] "In good many places the Tariff Reform people are trying to get Primrose League women away from Habitations and into what they call Unionist Associations but which are really Tariff Reform affairs and it is now clear that all Fiscal people put their Fiscalities before the cause of either God or Country, and until they are put to death there will never be Union in our great Party". Bodleian Library, Sandars Papers, lettre de George Lane-Fox à Jack Sandars, 10 janvier 1907, c. 753, f. 39-40.
[418] Le terme est employé par un correspondant anonyme de Sandars dans un rapport sur les élections de 1906. Bodleian Library, Sandars Papers, "Some thoughts on the present discontent", c. 751, f. 148.
[419] "It would be of no use talking of the drawing together of the Colonies with the mother country if they began by losing Ireland, which would be a hostile island on their flank". The Times 18 décembre 1905: 10.
[420] GC, 30 novembre 1905.
[421] "At the bidding of an Irish Dictator, the temporary master of an over-represented portion of the United Kingdom, we are plunged into a General Election for the second time in one year. Supported by dollars, subscribed to a large extent by the avowed enemies of this country, he presumes to dictate to us a fundamental change in the constitution of our country and our Empire". GC, "Primrose League Manifesto for the General Election," 2 décembre 1910.
[422] Sur les menées parfois anti-constitutionnelles auxquelles ont recours les conservateurs lors de la troisième crise du Home Rule entre 1911 et 1914, voir Jeremy Smith, "'Paralysing the Arm': The Unionists and the Army Annual Act, 1911-1914," Parliamentary History 15.2 (1996): 191-207 ; Jeremy Smith, "Bluff, Bluster and Brinkmanship: Andrew Bonar Law and the Third Home Rule Bill," Historical Journal 36 (1993): 161-78.
[423] Les deux organisations, très proches, se partagent certains personnels, comme un certain Mr Thornton, agent de l'Union Defence League et secrétaire provincial de la League à partir de 1912. Mais la League coopère aussi avec des représentants de certains mouvements unionistes composés d'Irlandais comme l'Irish Unionist Alliance, qui opère dans le nord de l'Angleterre. GC, 31 octobre 1912.
[424] GC, 6 novembre 1913.
[425] GC, 12 février 1914.
[426] GC, 3 avril 1914. À cette date, £12 000 avaient été rassemblées en cas de conflit, et un refuge avait été trouvé pour 5 à 6 000 femmes et enfants d'Ulster dont on escomptait l'arrivée en Angleterre en cas d'hostilités. Cette mobilisation massive du mouvement montre que la résurgence de la question irlandaise a eu pour effet de redynamiser la League, tout comme lors des deux premières crises liées au Home Rule, en 1886 et en 1892. Avant le déclenchement du conflit en Europe, l'imbroglio irlandais a aussi constitué une répétition générale, où les facultés de mobilisation caritative du mouvement ont une première fois été mises à l'épreuve. Pourtant, le fléchissement du nombre de nouveaux membres en 1913 et 1914 montre que si la League a tiré bénéfice de cette nouvelle crise irlandaise, le mouvement ne peut plus compter sur cette seule question pour attirer à lui de nouveaux partisans. Déjà lors des élections de 1905, certains observateurs constatent que les troupes conservatrices ne sont plus autant susceptibles qu'avant de s'enflammer au sujet de l'union avec l'Irlande. Sur la difficulté qu'ont les conservateurs à mobiliser leurs partisans au sujet de l'Irlande à partir du début du siècle, voir Jeremy Smith, "Conservative Ideology and Representations of the Union with Ireland," in Martin Francis et Ina Zweiniger-Bargielowska (eds.), The Conservatives and British Society, 1880-1990 (Cardiff: U of Wales P, 1996) 27.
[427] Sur la Victoria League, voir Eliza Riedi, "Women, Gender, and the Promotion of Empire: The Victoria League," Historical Journal 45 (2002): 569-99. Pour un descriptif de cette organisation, voir Annexe 1.2.2.
[428] Sur les divisions dans le courant impérialiste avant-guerre, voir Andrew S. Thompson, "The Language of Imperialism and the Meanings of Empire: Imperial Discourse in British Politics, 1895-1914," Journal of British Studies 36 (1997): 147-77. Sur les diverses formes d'impérialisme et la pluralité des modes d'action et de rhétorique des milieux impérialistes, voir Andrew S. Thompson, Imperial Britain: The Empire in British Politics c. 1880-1932 (Harlow: Pearson, 2000).
[429] Sur la National Service League, voir Annexe 1.1.2.
[430] D'après Michael Howard, c'est le public anglais dans son ensemble qui est peu convaincu de la nécessité de recourir à des formes obligatoires de service militaire. Voir Michael Howard, "Empire, Race and War in pre-1914 Britain," in Hugh Lloyd-Jones, Valerie Pearl and Blair Worden (eds.), History and Imagination: Essays in Honour of H. R. Trevor-Roper (Oxford: Oxford UP, 1982) 351-53.
[431] GC, 14 avril 1900.
[432] Sur la dénonciation radicale de la course aux armamements dans l'Angleterre édouardienne, voir F. W. Hirst, The Six Panics (London: Methuen, 1913) ; Howard Weinroth, "Left-Wing Opposition to Naval Armaments in Britain before 1914," Journal of Contemporary History 6.4 (1971): 93-120 ; Gerald H. S. Jordan, "Pensions not Dreadnoughts: The Radicals and Naval Retrenchment," in Alan J. A. Morris (ed.), Edwardian Radicalism, 1900-1914. Some Aspects of British Radicalism (London: Routledge and Kegan Paul, 1974) 222-45 ; Clive Trebilcock, "Radicalism and the Armament Trust," in Ibid. 180-201.
[433] Frans Coetzee, For Party or Country: Nationalism and the Dilemmas of Popular Conservatism in Edwardian England (Oxford: Oxford UP, 1990) 100. C'est surtout à partir de 1908 que la collaboration entre les deux mouvements s'accélère. En effet, à partir de cette année, la Navy League offre gratuitement à la Primrose League les services de ses orateurs pour s'adresser aux habitations dans les circonscriptions dont les députés radicaux auraient voté en faveur d'une baisse des crédits à destination de l'Amirauté. GC, 18 juin 1908.
[434] En 1909, le Grand Conseil se dote ainsi de nouvelles lantern lectures sur la Royal Navy. GC, 1er avril 1909.
[435] GC, 4 juillet 1912.
[436] GC, 3 octobre 1907.
[437] GC, 4 juin 1908.
[438] GC, 18 juin 1908.
[439] GC, 17 avril 1913.
[440] GC, 19 décembre 1907.
[441] GC, 7 février 1910. On a pu consulter les archives de ce festival avorté, déposées à la London School of Economics. Il semble que ce festival de l'Empire ait reçu l'aval des libéraux impérialistes du gouvernement en place, puisqu'Asquith et Rosebery figurent au sein du comité d'organisation, de même qu'Arthur Balfour. Le Festival of Empire de 1911, un projet ambitieux, devait constituer une réplique du Jubilé de 1897. L'un des temps forts de ces célébrations devait être le défilé (pageant) impérial, auquel devait participer la jeunesse londonienne et des troupes impériales auxiliaires. London, BLPES, Coll Misc 459, Festival of Empire. Les défilés impériaux sont alors un type de festivités publiques très prisé. L'une des permanentes de la League, Una Norris, publie un manuel destiné à expliquer la scénographie et la symbolique nécessaires pour garantir le succès de telles festivités. Voir Una Norris, The Flag of the Free: A Pageant of the Union Jack and the Flags of the Dominions (London: Conservative Central Office, 1928).
[442] Pour une analyse montrant la désaffection des milieux populaires à l'égard de l'Empire suite à la guerre des Boers, voir Richard Price, An Imperial War and the British Working Classes: Working Class Attitudes and Reactions to the Boer War, 1899-1902 (London: Routledge, 1972).
[443] "The government did not receive a mandate from the people to confiscate 14.000 Voluntary Schools and trample upon the deeds of pious founders of Educational endowments (...) Those religious and moral influences which alone can make them good men and good women". GC, 7 juin 1906.
[444] GC, 14 juin 1906.
[445] GC, 28 juin 1906.
[446] "Think what our villages would be without religious life, without those ancient buildings dedicated to the worship of God". Primrose League Gazette 15 novembre 1908: 7.
[447] Sur les différences d'appréciation et de stratégie concernant la défense de la Chambre des lords au sein du parti, voir Ian Packer, "The Conservatives and the Ideology of Landownership, 1910-1914," in Francis and Zweiniger-Bargielowska (eds.), The Conservatives and British Society 1880-1990 39-56.
[448] "A kind of Caucus attached to the House of Lords". Primrose League Gazette 7 avril 1919: 5.
[449] GC, 11 juillet 1907.
[450] GC, 10 juin 1909.
[451] "The House of Lords is an integral part of the Constitution, and essential to the maintenance of the liberties of the people". GC, 21 avril 1910.
[452] "Its avowed intention to create a single Chamber Government in order to force into lax revolutionary measures which the people have never approved". GC, 4 mai 1911.
[453] Sur l'émergence d'un discours plus résolument protectionniste dans l'aristocratie conservatrice suite à l'introduction du budget de 1909, voir Gregory D. Phillips, "Lord Willoughy de Broke and the Politics of Radical Toryism," Journal of British Studies 20 (1980): 205-24. Plus généralement, sur les Die-Hards, ces dignitaires conservateurs qui refusent d'accepter la réforme de la Chambre des lords et appellent le parti conservateur à choisir une politique jusqu'au-boutiste d'antagonisme contre les réformes de cette institution, voir Gregory D. Phillips, The Die-Hards. Aristocratic Society and Politics in Edwardian England (Cambridge: Harvard UP, 1979). On note, parmi ce dernier carré de défenseurs des prérogatives des Lords, un nombre restreint d'aristocrates appartenant à la League. Phillips prétend que de nombreux Die-Hards étaient actifs au sein de la League, mais pour étayer son propos, il ne mentionne que l'exemple de la famille Stanhope dans le Kent, qui s'est certes investie dans la League dans les années 1880. Or, parmi les Die-Hards mentionnés par Phillips, on n'a pu identifier dans les registres de la League aucun membre du Grand Conseil, ni aucun Ruling Councillor. En dépit de la rhétorique constitutionnelle que la League déploie lors de cette crise, on remarque que la hiérarchie de la Primrose League n'encourage pas le soutien du mouvement aux divers groupuscules mis sur pied par les Die-Hards, comme l'Halsbury Club ou le Reveille Movement. Cette crise est donc un nouvel indice du loyalisme traditionnel de la League à l'égard des positions officielles du leadership conservateur, qui par calcul électoral est alors contraint d'acquiescer aux réformes de 1909 et 1911.
[454] Ce qui n'empêche pas les milieux conservateurs d'exploiter l'anti-monarchisme des éléments les plus extrêmes de la mouvance radicale. Pour une défense de la monarchie et un démenti apporté aux critiques radicales à propos du coût de cette institution, voir The Campaign Guide: 1906. A Handbook For Unionist Speakers (Edinburgh: David Douglas, 1906) 609.
[455] Sur les différences d'appréciation au sein du parti concernant les réformes sociales, voir E. H. H. Green, "The Conservative Party, the State and Social Policy, 1880-1914," in Francis and Zweiniger-Bargielowska (eds.), The Conservatives and British Society 1880-1990 226-239.
[456] "Our people is the most thriftless and wasteful of any civilised nation. (...) The only true secret of assisting the poor is to make them agents in bettering their own condition. (...) The relation of thrift to the principles of the League is obvious. The possession of a little capital awakens the operatives' conservative instincts and thus enormously extends the social area from which to obtain a vast army of recruits for the Primrose League". GC, 7 juillet 1905.
[457] En termes de personnel, il est symptomatique que les élites de la League soient à l'époque des fidèles du Charity Organisation Society, une organisation philanthropique qui continue à envisager la pauvreté sous l'angle moral et paternaliste, à la différence des nouveaux organismes caritatifs qui voient alors le jour. Les activistes de la Women's Local Government Society ou des Guilds of Help considèrent alors les implications systémiques de la précarité et alertent l'opinion sur le coût social de la pauvreté, qu'il convient d'éradiquer par des moyens volontaires et collectifs. Sur cette évolution du discours caritatif, voir Patricia Hollis, Ladies Elect: Women in English Local Governemnt 1865-1914 (Oxford: Clarendon, 1987) 26-28.
[458] "The Trinity of the League (...) Mr Chamberlain, the Apostle of Theft". Primrose Record 15 octobre 1885: 139.
[459] Pour une présentation plus complète de cette officine conservatrice, voir Annexe 1.1.4.
[460] GC, 15 novembre 1906.
[461] Sur le caractère xénophobe de l'anti-socialisme, voir Ross MacKibbin, "Why was there no Marxism in Britain ?," in The Ideologies of Class: Social Relations in Britain, 1880-1950 (Oxford: Clarendon, 1990) 23-24. Sur l'utilisation après-guerre par la League de discours xénophobes destinés à combattre la montée en puissance du travaillisme, voir Matthew Hendley, "Anti-Alienism and the Primrose League: The Externalization of the Post-War Crisis in Great Britain 1918-1932," Albion 33.2 (2001): 243-69.
[462] GC, 25 juillet 1907.
[463] GC, 17 octobre 1907.
[464] GC, 17 octobre 1907.
[465] La série de tracts en question est intitulée "Socialist Fallacies". GC, 16 janvier 1908. Le cartoonist mis à contribution n'est autre que Percy Fearon (1874-1948), qui sous le pseudonyme de Poy connaîtra la gloire lors de la Première Guerre mondiale grâce aux personnages de John Citizen, le patriote, et de Cuthbert, l'objecteur de conscience, qu'il conçoit pour l'Evening News. C'est peut-être parce qu'il était plutôt en sympathie avec le libéralisme que Fearon, encore peu connu à l'époque, se fait très généreusement rétribuer pour cette commande de trente dessins, qu'il facture £15. Sur Poy, voir Mark Bryant (ed.), Dictionary of 20th Century British Cartoonists and Caricaturists (Aldershot: Ashgate, 2000) 72-73.
[466] GC, 5 novembre 1908.
[467] GC, 7 novembre 1907.
[468] GC, 6 juin 1910.
[469] GC, 3 octobre 1907.
[470] Pour une fiche descriptive sur l'Anti-Socialist Union, voir Annexe 1.1.8.
[471] GC, 16 mars 1911. Le refus du Grand Conseil est peut-être aussi motivé non par le fait qu'une organisation alliée se charge du même type d'activités à cet endroit précis, mais par la répugnance des dirigeants du mouvement à prendre la responsabilité d'assembler leurs partisans, qui à Londres sont souvent issus de milieux huppés, en un lieu où les débordements populaires sont courants. Les lieux conviennent mieux à l'Anti-Socialist Union, qui ambitionne de fédérer les milieux populaires contre la menace socialiste, et qui pour ce faire embauche de préférence des orateurs d'origine ouvrière.
[472] GC, 4 novembre 1909. Sur la propagande anti-travailliste utilisée dans l'entre-deux-guerres par les conservateurs à destination de l'électorat féminin, voir David Jarvis, "Mrs Maggs and Betty: The Conservative Appeal to Women Voters in the 1920s," Twentieth Century British History 5.2 (1994): 129-52. En consultant la collection de documents de propagande conservatrice conservés à la BLPES, on a pu constater l'effort de communication à destination des femmes que déploie le Central Office dans les années 1920. London, BLPES, Conservative Propaganda, 1924-1931, Coll Misc 737. De même, à Oxford, le fonds d'affiches conservatrices détenu par la Bodleian confirme la place centrale des femmes et des enfants dans la propagande iconographique conservatrice de l'entre-deux-guerres. Oxford, Bodleian Library, Conservative Party Archive, Political Posters, 1903-1987.
[473] GC, 17 octobre 1907.
[474] GC, 3 octobre 1907.
[475] "There is urgent necessity for a special effort, especially in the East End, to offer a general and determined opposition to the active Socialist propaganda going about throughout the country. (...) The only remedy for the evil is more counter-instruction, as the elector falls an easy prey to socialists because he is attacked defenceless on new and unfamiliar ground". GC, 17 octobre 1907.
[476] GC, 30 janvier 1908, 5 février 1908.
[477] GC, 20 février 1908.
[478] GC, 19 mars 1908.
[479] Sur le socialisme de guerre et la fin du laissez-faire, qui se manifeste en matière de recrutement des personnels militaires et ouvriers et dans le contrôle accru des instances gouvernementales sur l'économie et la société britannique, voir A. J. P. Taylor, English History, 1914-1945 (Oxford: Clarendon, 1965) 34-55, 65, 88.
[480] GC, 3 juillet 1919.
[481] GC, 5 février 1920.
[482] "By 'Direct Action', they will paralyse the industrial life of the country, and so override the decisions of the Estates of the Realm". GC, 24 juillet 1919.
[483] "An attack against the community, which, if left to succeed, would paralyse the industry and inflict untold sufferings upon the nation". GC, 2 octobre 1919. L'ensemble des 51 000 tracts commandés le même jour par le Literature Committe traite de cette question de l'économie dirigée que promettent les travaillistes, comme en attestent les titres de certaines de ces brochures : State Control and Higher Cost, State Control and Inefficiency, State Control and Political Intrigue, The Danger of Confiscating Capital. Il faut d'ailleurs remarquer que la littérature anti-socialiste de la League se fait moins passionnelle et plus pragmatique que de par le passé, puisque dans ces documents de propagande, il s'agit de discréditer le caractère pratique et judicieux des propositions travaillistes.
[484] GC, 2 octobre 1919.
[485] "The Primrose League is above everything else an Anti-Bolshevist organisation. Bolshevism aims at the destruction of all that the League stands for". La brochure en question, malheureusement introuvable, est citée dans l'édition du 5 juin 1919 de la Primrose League Gazette.
[486] GC, 5 février 1920 ; 29 septembre 1920.
[487] "Given that the Primrose League always found it possible to work in harmony with all classes, the statements made by certain politicians and newspapers that it is necessary to unite against Labour, should be publicly controverted in the press and on the platform, and an active policy should at once be initiated under sound leadership to reconcile the interests of all citizens of this country." GC, 5 février 1920. La résolution en question est une attaque contre les conservateurs tels qu'Austen Chamberlain qui envisagent d'allier de manière permanente les tories et les libéraux fidèles à Lloyd George afin de combattre la montée en puissance du travaillisme.
[488] GC, 6 avril 1916 ; 7 décembre 1916. Les dirigeants locaux de la League qui font parvenir de telles suggestions au Grand Conseil font généralement valoir que la trêve partisane occasionnée par la guerre fournirait les circonstances idéales pour réaffirmer l'indépendance du mouvement vis-à-vis du parti unioniste.
[489] GC, 4 octobre 1917. L'habitation de Slough vote un texte comparable en avril 1918, puis celle de South Kensington en juin 1918. GC, 11 avril 1918 ; 5 juin 1918.
[490] "Our so-called leaders have meekly surrendered opposition to Home Rule, and the Primrose League has meekly backed them". GC, 12 août 1918.
[491] GC, 14 août 1918.
[492] "The principles of the League always ensure its assistance being given to the party of stability, order and fidelity to our old constitution. (...) There is no party which can be correctly and exclusively be described as the Unionist party". GC, 22 janvier 1919.
[493] GC, 2 octobre 1919.
[494] GC, 4 décembre 1919.
[495] Sur la révolte de la base conservatrice contre la Coalition, voir Jonathan William Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," PhD, Oxford, 1994, 35-40.
[496] Des membres de la League écrivent au Grand Conseil pour leur signaler leur engagement dans ce nouveau parti créé par Page-Croft. GC, 12 août 1918. En novembre 1918, lorsque l'habitation de Bournemouth décide de soutenir la candidature de Page-Croft à la députation, le Grand Conseil n'émet aucun objection, arguant du fait qu'en l'absence de candidats unionistes officiels, l'habitation locale a toute latitude de soutenir Page-Croft, qui fait pourtant figure de renégat. GC, 6 novembre 1918. Les affinités potentielles entre les membres de la League et le discours ultra-nationaliste des partisans de Page-Croft sont exploitées à plein par le National Party, dont certains militants distribuent des tracts à la sortie de la Grande Habitation en 1920. GC, 17 mai 1920.
[497] Le mode de calcul adopté pour définir l'origine professionnelle des membres du Grand Conseil est légèrement différent de celui choisi dans Anthony Seldon et Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 147, 150. Seldon et Ball ne retiennent qu'une seule activité professionnelle par député, tandis que pour les membres du Grand Conseil, on a pu dans certains cas (minoritaires) inscrire les individus analysés dans plusieurs secteurs d'activités à la fois, par exemple les personnes à la fois juristes pratiquants et directeurs d'entreprise, ou militaires et propriétaires terriens. C'est ce qui explique que l'on obtient un chiffre supérieur à 100% si l'on effectue le total des activités professionnelles pour les membres du Grand Conseil.
[499] Le décalage observé sur la période 1903-1922 se confirme d'ailleurs par la suite, comme le montre le tableau statistique qui compare, dans le cas de l'entre-deux-guerres, le profil des membres du Grand Conseil et celui du groupe parlementaire conservateur. Voir Annexe 7.4.
[500] GC, 17 novembre 1904.
[501] On reproduit quand même en Annexe 10.1 les données publiées par la League, et reprises à son compte par Janet Robb, la première historienne du mouvement. Même si ces totaux ne sont pas fiables en tant que tels, ils ont le mérite d'illustrer l'orientation générale de l'évolution des adhésions sur la période 1883-1914, et de comptabiliser séparément Dames, Chevaliers et Associés.
[502] GC, 6 juin 1910.
[503] GC, 21 novembre 1912. Le Grand Conseil se voit alors informé que le mouvement compte alors 495 463 membres actifs. Juste avant-guerre, en avril 1914, 800 000 Chevaliers, Dames et Associés sont recensés. GC, 23 avril 1914.
[504] Les règles retenues sont souples, malgré tout, puisque le Grand Conseil prend la décision de ne radier de ses registres que les habitations qui n'auraient pas acquitté leur tribut depuis plus de sept ans. GC, 28 juin 1904.
[505] GC, 4 juillet 1904.
[506] GC, 4 juillet 1904.
[507] GC, 6 octobre 1904. En dépit de cet afflux de nouveaux membres, le candidat unioniste, George Lane-Fox, perd le siège lors d'élections partielles en octobre 1905. Lane-Fox, oncle du Vice-Chancelier de la League, a pourtant pu compter sur l'assistance de huit des agents professionnels de la League lors de sa campagne électorale. On voit d'ailleurs ici que l'une des forces de la League est de pouvoir mobiliser de nombreux intervenants professionnels expérimentés lors des élections partielles. Ce type d'élections, où les ressources des mouvements politiques peuvent être concentrées sur une localité en particulier, est souvent l'occasion d'une compétition effrénée entre les partis en termes de moyens mis à la disposition des candidats.
[508] GC, 2 février 1905.
[509] GC, 30 mars 1905.
[510] Pour un témoignage contemporain sur la manière dont avant même 1914 les campagnes se dépeuplent de leurs habitants aristocratiques, voir "Where are the village gentry ?," The Nineteenth Century and After 299, 56 (1902): 149-59. T. E. Kebbel, ancien secrétaire de Disraeli, publie quelques temps après un article où il appelle l'aristocratie foncière à s'unir afin de proposer une réforme agraire qui consisterait en une multiplication de la petite propriété, le seul moyen d'après lui de prévenir la disparition des grandes propriétés aristocratiques. T. E. Kebbel, "Conservative Organisation and the Agricultural Labourer," The Nineteenth Century and After 353, 60 (1906): 133-34. L'appel de Kebbel n'a guère été entendu, car la grande aristocratie s'investit peu dans ces quelques officines conservatrices, comme l'Unionist Social Reform Committee, qui s'avèrent prêtes à envisager les modalités concrètes d'une réforme agraire.
[511] L'habitation de Compton, dans le Berkshire, bénéficie des largesses du Grand Conseil. GC, 16 mars 1905. Souvent, c'est plutôt le Grand Conseil des Dames qui est sollicité pour ce type de sauvetage financier, en vertu de l'expertise des grandes dames du mouvement en matière caritative, mais aussi des fonds plus conséquents que la direction féminine de la League conserve spécifiquement pour cet usage. Souvent, ce sont les habitations de l'Est de Londres, et plus généralement des quartiers pauvres des villes, qui reçoivent ce type d'appui pécuniaire crucial dans les circonscriptions dépourvues de résidents aisés susceptibles d'agir comme les bienfaiteurs des habitations environnantes. On peut signaler le cas de l'habitation londonienne de Shoreditch, que le Grand Conseil subventionne afin qu'elle puisse mener à bien un travail philanthropique crucial dans ce quartier ouvrier et démuni, ou celui de West Ham et de Poplar, deux autres parties de l'agglomération londonienne au profil social comparable, qui reçoivent l'assistance financière de la League, au titre de l'Entertainment Fund, pour pouvoir organiser des festivités. Parmi les responsables du mouvement qui prêtent leur appui aux habitations démunies des quartiers populaires de Londres, on peut mentionner le cas de lady Astor. GC, 19 octobre 1905 ; 8 novembre 1905 ; GC, 11 novembre 1910.
[512] Ces chiffres forment une estimation qui a été obtenue à partir de la Primrose League Gazette, en particulier les pages intitulées "Habitation News", où, en même temps que la teneur des événements locaux, est donnée l'identité des dirigeants. Pour chaque année, le nombre global d'habitations ainsi mentionné varie de 86 pour 1919 à 117 pour 1904. Il est possible que la réalité ait été encore moins flatteuse pour l'aristocratie, puisqu'on peut envisager que ce sont les dirigeants locaux titrés qui, en raison de leur prestige social et de leurs relations personnelles avec les dirigeants londoniens du mouvement, parvenaient le mieux à faire inclure dans les colonnes du journal les nouvelles des habitations qu'ils présidaient.
[513] Perkin, The Rise of Professional Society 253.
[514] GC, 29 mars 1903.
[515] Les carnets du comte de Selborne, un libéral unioniste, constituent un témoignage saisissant des tensions entre les unionistes irlandais et leurs collègues anglais. George Boyce (ed.), The Crisis of British Unionism: The Domestic Political Papers of the Second Earl of Selborne, 1885-1922 (London: Historians' Press, 1987).
[516] "The Primrose League should consider the position it occupied as a supporter of the present Government. (...) The Government had tried to kill Home Rule with kindness. He [Carson] did not know whether Home Rule was likely to be killed with kindness, but let the Government take care that they were not killing Unionism with kindness". The Times 4 septembre 1899: 4.
[517] Cinquante et une habitations écossaises subsistent encore après guerre, mais leur dynamisme réel est sujet à caution. GC, 3 avril 1919.
[518] GC, 17 mai 1920.
[519] GC, 26 juillet 1923.
[520] Autrement dit la bannière galloise. GC, 15 mars 1906. Preuve de la mobilisation conservatrice en terres galloises, une proposition similaire est adressée au Grand Conseil en janvier 1908 par un certain Mr Williams, qui se présente comme un écrivain et orateur gallois. GC, 30 janvier 1908. Mr Gwyned Huws, érudit gallois, est quant à lui chargé de traduire les brochures de la League en gallois. GC, 6 février 1908. C'est par le levier de la religion que la League espère s'attirer les sympathies galloises. Ainsi, lorsque Huws achève la traduction de la brochure intitulée Is Young England to become Heathen, il explique au Grand Conseil que "the Welsh have always been very religious, and everything that goes against their religion is considered with suspicion". GC, 20 février 1908.
[521] GC, 31 mai 1906.
[522] GC, 12 juillet 1906. Lorsqu'un nouveau secrétaire provincial est nommé en mars 1907 pour le Pays de Galles, le Grand Conseil doit recourir aux services d'un agent d'origine anglaise, à qui il est demandé d'apprendre le gallois afin de pouvoir prendre la parole lors des réunions publiques. Optimiste, l'agent en question, Mr Carey, assure ses nouveaux employeurs qu'il ne lui faudra qu'un an avant de maîtriser le gaélique. GC, 27 juin 1907. Il faut quand même faire observer que les secrétaires provinciaux responsables des habitations galloises ont aussi sous leur juridiction le Lancashire, le Cheshire, le Cumberland et le Westmoreland. Les comptes-rendus d'activités de Mr Carey entre avril et juillet 1907 montrent d'ailleurs que l'essentiel de ses déplacements est effectué dans le Cheshire (16) et le Lancashire (14), tandis que le Pays de Galles ne reçoit qu'une portion congrue, avec seulement trois visites effectuées en Principauté sur cette période. GC, 11 juillet 1907.
[523] GC, 4 juillet 1912. Le Grand Conseil refuse d'ailleurs d'enjoindre cette habitation galloise à procéder à ces radiations, une décision typique de la tolérance des instances centrales de la League par rapport au grand nombre de ses membres coupables de sympathies politiques peu compatibles avec les principes professés par le mouvement.
[524] Ces chiffres, tout comme ceux qui sont évoqués plus loin concernant les habitations prospères ou déclinantes, ont été obtenus grâce aux rapports des secrétaires provinciaux envoyés au Grand Conseil. Les quatre catégories utilisées par les représentants provinciaux de la League sont "New", "Revived or Amalgamated", "Successful" et "In Abeyance". Mais ces rapports sont beaucoup plus détaillés dans les trois premiers cas, car ils permettent aux secrétaires provinciaux de faire preuve de leur zèle. Au total, au cours de la période, l'inventaire des secrétaires provinciaux répertorient 107 nouvelles habitations, 36 reformations ou fusions, 32 disparitions et 45 cas d'habitations rencontrant un certain succès.
[525] Sur les variations régionales dans les succès électoraux des conservateurs, voir Jon Lawrence, "Table 9.3 The changing strength of Conservatism in the English regions", Speaking for the People: Party, Language and Popular Politics in England, 1867-1914 (1998 ; Cambridge: Cambridge UP, 2002) 246.
[526] Lawrence, "Demographic stability and the incidence of labour candidacies before the First World War", Speaking for the People 244-245.
[527] Les travaux de Suzanne Baudemont sur l'école et la lecture dans l'Angleterre des années 1870 et 1880 confirment cette appréciation. Voir Suzanne Baudemont, "L'école et la lecture dans l'Angleterre victorienne de 1862 à 1901 : Recherches sur la formation des mentalités populaires," Thèse, Strasbourg, 1978, 415-650.
[528] À la fin de l'époque victorienne et jusqu'en 1914, les jeunes issus des milieux populaires sont souvent perçus avec appréhension dans la classe moyenne, inquiets de la violence, de l'hygiène de vie déplorable et de l'éducation tronquée qui caractérisent cette jeunesse. La violence des gangs urbains est un premier facteur de méfiance, comme le montre Andrew Davies dans "Youth gangs, masculinity and violence in late Victorian Manchester and Salford," Journal of Social History 32.2 (1998): 349-69. La tabagie, répandue chez les garçons d'origine modeste, nuit elle aussi à la réputation de cette jeunesse désargentée. Voir Matthew Hilton, "'Tabs', 'Fags' and the 'Boy Labour Problem' in late Victorian and Edwardian Britain," Journal of Social History 28.3 (1994): 587-607. Quant à Michael J. Childs, il est d'avis que ces générations, nées à partir des années 1890, sont les premières qui d'une part aient reçu une éducation homogène dans le cadre des écoles publiques, et qui d'autre part aient été en mesure de bénéficier d'un niveau de vie suffisamment élevé pour profiter des loisirs modernes, ce qui d'après Childs constitue un autre facteur d'uniformisation sociale. D'après Childs, cette jeunesse issue des écoles publiques formera les bataillons des nouveaux électeurs travaillistes après-guerre. Voir Michael J . Childs, Labour's Apprentices : Working-Class Lads in Late Victorian and Edwardian England (Montreal: McGill-Queen's UP, 1992). Childs a démontré avec plus de rigueur cet argument générationnel dans un excellent article qui démontre ses hypothèses concernant les allégeances politiques des générations nées après 1880, qui sont justement celles privées du droit de vote avant 1918. Voir Michael Childs, "Labour Grows Up: The Electoral System, Political Generations, and British Politics 1890-1929," Twentieth Century British History 6.2 (1995): 123-44.
[529] Rebaptisées Junior Branches en 1913, ces sections accueillent les enfants de 7 à 17 ans, âge auquel les Primrose Buds, comme sont surnommées les jeunes recrues du mouvement, sont autorisés à devenir membres de plein droit d'une habitation. Au début des années 1920, les sections destinées aux jeunes de 12 à 17 ans prennent le nom de Beaconsfield Branches, en hommage bien sûr à Disraeli. Comme dans le cadre des habitations, le Grand Conseil sollicite l'esprit d'émulation des Buds, puisqu'une médaille pour services spéciaux est promise à chacun des jeunes membre du mouvement qui sera parvenu à enrôler douze camarades en un an. GC, 25 juillet 1907.
[530] GC, 17 avril 1913.
[531] C'est à ce titre que la section enfantine de l'habitation de Croydon obtient des subsides du Grand Conseil. GC, 14 décembre 1905. Brighton et Bradford sont les autres localités pourvues de Juvenile Branches florissantes.
[532] Chacun des 384 jeunes membres de l'habitation de Malmesbury dans le Wiltshire arbore un Union Jack lors d'un défilé à travers les rues de cette localité. C'est là une manifestation typique que propose la League aux enfants. GC, 4 février 1909.
[533] GC, 16 mars 1911.
[534] GC, 25 juillet 1912.
[535] Le sujet le plus populaire semble avoir été "The Story of the Union Jack", dont six copies tournaient entre les diverses habitations de la League dotées de sections enfantines. GC, 4 mars 1909.
[536] GC, 24 juin 1909. Lorsque le First Primrose League Boy Scouts est fondé en 1909 à Bradford, les Boy Scouts comptent déjà 200.000 membres à travers le pays. Initialement, les responsables du scoutisme songent à se doter d'une terminologie médiévale qui n'est pas sans rappeler celle de la League. Sur les Boy Scouts avant-guerre, voir Michael Rosenthal, "Knights and Retainers: The Earliest Version of Baden-Powell's Boy Scout Scheme," Journal of Contemporary History 15.4 (1980): 603-17.
[537] GC, 25 juillet 1907.
[538] GC, 3 juillet 1913.
[539] GC, 27 mars 1903.
[540] Pour la requête du Grand Conseil des Dames, voir GC, 5 juillet 1912. Pour les tractations en coulisses sur l'éventuelle inclusion des femmes au Grand Conseil, voir GC, "Chancellor's Memorandum," mars 1913 ; puis GC, "Confidential Draft Report," 13 mars 1913, pour l'ajournement sine die d'une décision concernant le problème.
[541] GC, mai 1910.
[542] GC, 6 décembre 1917.
[543] GC, 3 octobre 1918.
[544] GC, 4 octobre 1906.
[545] GC, 18 octobre 1906. À noter que le Grand Conseil donne son assentiment à une telle collaboration avec la London Municipal Society à la condition expresse que les membres de la League désireuses de s'impliquer dans le combat électoral pour Londres le fassent à titre personnel et non sous la responsabilité de leurs habitations d'appartenance. On cerne ici toute la méfiance jalouse de l'establishment du mouvement qui entend conserver la loyauté de ses membres les plus dévouées et ne pas laisser des organisations conservatrices rivales braconner sur ses terres.
[546] GC, 15 novembre 1906.
[547] "Those who are inclined to regard the Primrose League as a Ladies' Association will be interested in the Peckham return: in the work of that election, twenty-eight habitations took part, and there were 406 workers, of whom 267 were men and 139 women". GC, 2 avril 1908.
[548] GC, 7 novembre 1907.
[549] GC, 5 mars 1908.
[550] Cette description des arguments sur lesquels les Antis fondent leur opposition aux suffragettes est empruntée à Brian Harrison. Pour un traitement plus complet de la question, voir Brian Harrison, Separate Spheres: The Opposition to Women's Suffrage in Britain (London: Croom Helm, 1978).
[551] "The German man in manly, and the German woman is womanly. (...) Can we hope to compete with such a nation as this, if we war against nature, and endeavour to invert the natural roles of the sexes" Anti Suffrage Review novembre 1910 : 10, cité dans Harrison, Separate Spheres 34.
[552] "Since the last action taken by the suffragettes, I have come to think that no treatment is too bad for them". GC, 6 février 1908.
[553] GC, 4 mars 1909.
[554] GC, 6 octobre 1910.
[555] "Unless Wardens are prepared to place the Constitution and the Empire before the subsidiary question like Women's Suffrage, they should be called upon to resign". GC, 22 décembre 1910.
[556] Voir Annexe 9.12 pour une affiche éditée par les suffragettes. Ce document iconographique laisse entendre que désormais la contribution des femmes au travail électoral des grands partis doit être conditionnée à leur attitude respective sur la question du droit de vote.
[557] Voir Claire Hirschfield, "Fractured Faith: Liberal Party Women and the Suffrage Issue in Britain, 1892-1914," Gender and History 2.2 (1990): 173-97.
[558] Voir Annexe 10.1.
[559] Voir photographies en Annexes 9.6.2 et 9.6.3.
[560] Voir Annexes 9.2.2, 9.3.3.
[561] C'est exactement ce qui se passe à Gillingham dans le Kent, où deux camps s'opposent, réunissant d'un côté la majorité des femmes de l'habitation, et de l'autre, les hommes. Les femmes, qui voulaient obtenir plus de sièges au Conseil exécutif de l'habitation en récompense de leurs efforts, font scission et fondent une WUA. GC, 4 mars 1909. Des événements similaires interviennent à Ipswich. GC, 3 mars 1910.
[562] GC, 13 décembre 1906.
[563] GC, 20 février 1908. À Cardiff, le secrétaire provincial de la League, Mr Carey, reconstitue l'habitation locale pour contrecarrer les projets de certaines des anciennes membres de la Primrose League, qui envisageaient d'y fonder une Women's Unionist Association. Carey sollicite l'aide de lady Ninian Stuart, et l'habitation qui renaît ainsi de ses cendres compte bientôt plus de 300 membres. Mais malgré la diligence des secrétaires provinciaux de la League, le fait est que dans de nombreuses autres localités, la création de section des Women's Unionist Associations porte un coup grave à la prospérité de la League. L'attrait des WUA pour les femmes est indéniable. Ces organisations, non-mixtes comme leur nom l'indique, permettaient aux femmes de faire oeuvre politique sans avoir à agir sous la houlette d'équipes de direction masculines, comme c'était souvent le cas dans les Conseils exécutifs des habitations.
[564] GC, 14 août 1908.
[565] GC, 10 juin 1909.
[566] GC, 24 juin 1909. Pour le texte de cet appel, voir Annexe 9.11.
[567] GC, 4 juillet 1904.
[568] Cet exemple est une parfaite illustration des processus clientélaires et familiaux qui peuvent parfois être à l'oeuvre au sein de la League. Pour sa campagne de 1905, G. R. Lane-Fox, de toute évidence bénéficiaire d'un certain favoritisme, reçoit ainsi le renfort de huit des agents professionnels de la League. GC, 19 octobre 1905.
[569] GC, 6 octobre 1904 ; 1er février 1906.
[570] GC, 2 février 1905. Les références aux résultats électoraux sont tirées de l'ouvrage de F. W. S. Craig, British Parliamentary Election Results 1885-1918 (London: Macmillan, 1974).
[571] "There appears to be no leading people in the County who will give any practical help". GC, 16 février 1905.
[572] GC, 2 février 1905.
[573] GC, 5 octobre 1905.
[574] GC, 20 février 1913.
[575] "Joe's scheme of reorganising our Party, while himself retaining control of Birmingham and Co. is frank and amusing. He little knows the prejudices opposed to him... What people like (...) Walter Long will say to the organisation of Birmingham attempting to secure both central and local control of the Party organisations I can well imagine". Oxford, Bodleian Library, Sandars Papers, Sandars à Balfour, 21 janvier 1908, cité dans Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," PhD, Oxford, 1974, 12.
[576] Les réformes qui font passer le Central Office sous la responsabilité de l'Union nationale n'ont pourtant pas eu l'effet escompté pour les protectionnistes, car Balfour, tout en cédant du terrain aux protectionnistes, a pris garde de laisser aux Whips tout leur pouvoir en matière de financement, ce qui a malgré tout préservé l'autonomie du Central Office. Sur le détail des tractations entre balfouriens et chamberlainiens au sujet des réformes du parti entre 1906 et 1910, voir R. B. Jones, "Balfour's Reform of Party Organization", Bulletin of the Institute of Historical Research 38.97 (1965): 94-101.
[577] "It frequently happens that the political character of the League is not maintained at Primrose League gatherings and that the efforts of habitation officials are directed more towards the provision of amusement than of political instruction". GC, 1er février 1906. Les responsables de la League tolèrent de moins en moins le caractère frivole de certaines des activités proposées par les habitations du mouvement. Lors des réformes de mars 1913, qui sont évoquées plus loin, l'Entertainment Committee sera d'ailleurs supprimé. GC, 13 mars 1913.
[578] GC, 31 mai 1906.
[579] "They [the Brighton League members] did not so much aim at a complete organisation themselves as they did to supplement the work of the Conservative Association and if this Association had failed, the blame must not be laid at their door". GC, 6 juillet 1905.
[580] Il est vrai que dans certains cas, les candidats unionistes sont amenés à rompre tout contact avec la League suite à des déconvenues occasionnées dans leur fief par l'amateurisme des bénévoles du mouvement. C'est ce que laisse entendre une lettre du député de Wimbledon, Cosmo Bonsor, au Grand Conseil, où il explique que depuis 1899, il a cessé de recourir aux bénévoles du mouvement, leur préférant l'expertise des membres de la section locale du parti. GC, 2 février 1905.
[581] "It was during the last three days of that the political Olympian Gods deigned to accept help or workers. It is the same old story - old methods - old ideas - old men - we could have won it, I fell sure, but only work on their stereotyped lines was permissible. They refused the experiences workers who won Mid-Devon and Hereford because they wanted all the honour and glory locally. 'Hinc illae lacrymae'". GC, 20 février 1908.
[582] En avril 1906, la League lance d'ailleurs une "Press Crusade" auprès des populations rurales, qui d'après les secrétaires provinciaux sont particulièrement exposées à l'influence d'organes radicaux tels que Reynold's Newspaper. Il est demandé aux membres de la League de faire circuler leurs propres journaux, dont les articles intéressants politiquement auront été mis en exergue, auprès des personnes dont les noms leur auront été fournis par les agents du parti. "It is important that Unionist papers and leaflets should be posted also to Radical voters in villages so that they may see both sides", note le Literature Committee de la League, qui, pour les mêmes raisons, opère en 1908 à une distribution du journal conservateur People dans la région de Harwich, dans l'Essex. GC, 12 avril 1906 ; 16 janvier 1908. On voit ici tout l'accent que la League continue de placer sur l'hypothétique conversion d'électeurs égarés par les sirènes radicales.
[583] "The Radical candidate had worked the constituency hard and closely for over two years and has instilled his conscientious lies into the old women over a cup of tea, into the ploughman at the plough, into the man hoeing turnips, and into every child in the lanes. He worked like a mole and is dangerous accordingly". GC, 15 février 1906.
[584] "The Radicals in East Suffolk not only monopolize the Press, but they do so in a very cunning way. They have a 'Gentlemen's' paper and a 'workingman's' paper. The former is so far fair, that a letter protesting against the falsehoods on the Radical platform would obtain insertion; but the class who reads the protest knows all about the matter without reading the protest; but these protests, denials and corrections so handsomely inserted in the gentlemen's paper are never printed in the workingman's paper, although in the latter, the misrepresentation complained of has been published equally, and in probably more spicy and objectionable manner". GC, 15 février 1906.
[585] GC, 12 juillet 1906.
[586] On reviendra plus tard sur l'importance de ces agents locaux pour la League, mais on peut noter à titre anecdotique que le plus illustre d'entre eux n'est autre que Bertie, le père de Barbara Cartland. À ce titre, Bertie Cartland gagnait au mieux £250 par an, il paraît donc douteux qu'il ait permis à sa famille d'appartenir aux milieux les plus aisés, comme le prétendait Ms Cartland, dont la mère, après la mort au champ d'honneur de son mari, était devenue coiffeuse. Ce n'est pas le seul lien entre cette célèbre auteur de bluettes et la Primrose League, puisque comme l'a noté le Daily Mail dans l'article nécrologique qu'il lui a consacré, son premier, puis son second mari étaient des McCorquodale, de la richissime famille d'éditeurs et d'imprimeurs qui publiaient la propagande de la League. L'expérience politique de son père a en tout cas permis à Barbara Cartland de s'introduire dans les milieux conservateurs dans l'entre-deux-guerres, période au cours de laquelle elle fréquentait de nombreux politiciens comme F. E. Smith et Winston Churchill. Après 1945, elle deviendra Vice-Présidente de la Saint John's Ambulance, un organisme caritatif qui a souvent collaboré avec la Primrose League, en particulier pendant les deux guerres mondiales. Daily Mail, édition en ligne, 22 février 2000.
[587] C'est là un grief très récurrent adressé aux habitations, et plus généralement au parti conservateur. À partir de 1906, l'émergence du parti travailliste comme force politique contribue à multiplier les appels à donner plus de responsabilités aux militants issus des milieux populaires. Des tentatives infructueuses sont menées par le Central Office pour promouvoir la candidature de candidats ouvriers. Voir John Greenwood, "Promoting Working-Class Candidature in the conservative Party: The Limits of Central Office Power," Parliamentary Affairs 41.4 (1988): 456-68.
[588] Après 1906, le QG de la League accueille régulièrement des réunions des Wardens londoniens. GC, 7 avril 1908.
[589] La League est considérée outre-Manche comme une organisation politique modèle. Des représentants de la Ligue de l'Action Libérale rendent visite au quartier général de la League, où ils apprennent que le fondateur de leur mouvement avait fait la connaissance de Randolph Churchill à Paris dans les années 1880, et revendiquait la League comme le modèle de sa propre organisation. GC, 1er février 1906. Il est possible que le nom de ce mouvement français ait été mal transcrit dans les registres de la League. En effet, il peut plutôt s'agir de l'Action Libérale et Patriotique et de sa branche féminine la Ligue Patriotique des Femmes (LPDF), mouvements conservateurs et républicains fondés par Jacques Piou en 1902. Comme la League, la LPDF s'oppose au socialisme, et fait grand usage de médailles et d'emblèmes. Soutenue par le clergé catholique, la LDPF est aussi impliquée dans des activités caritatives, et dans la révision des listes électorales. Un organe de presse comme L'Éclair ne manque pas d'ailleurs de relever les nombreux parallèles, en termes d'organisation et de discours politique, qu'il est possible d'établir entre la Ligue Patriotique des Femmes et la Primrose League. L'Éclair 28 mai 1902: 10. Ces références ont été obtenues auprès d'Évelyne Janet-Vendroux, dont la thèse, en cours de rédaction, traite de l'Action Libérale et Patriotique et la Ligue Patriotique des Femmes sur la période de 1902 à 1919. Sur la Ligue de l'Action Libérale, et la Ligue des Femmes Françaises, un mouvement royaliste similaire, voir Jean-François Sirinelli, Les droites françaises de la Révolution à nos jours (Paris: Gallimard, 1992) 416.
[590] La League publie d'ailleurs sous forme de pamphlets les remerciements chaleureux que lui adressent les candidats unionistes qui ont bénéficié de son appui. Un document de ce type paru vers 1908 constitue un florilège des députés conservateurs qui ont reçu l'assistance du mouvement et ont rendu hommage à son efficacité. Parmi les remarques flatteuses prononcées au sujet de la League par ces députés reconnaissants, on note un éloge du mouvement attribué à Winston Churchill, qui a alors rejoint les libéraux, éloge qui est mis en exergue du pamphlet en question, de manière à rappeler aux électeurs radicaux distraits le passé unioniste du jeune député libéral. The Primrose League and the Bye-Elections (London: James Truscott/Primrose League, n. d.).
[591] GC, 1er février 1906.
[592] GC, 6 janvier 1910. Plus de 30 000 exemplaires de ce manuel sont achetés par la League puis diffusés dans les habitations. Mais le titre de cet opuscule est trompeur, puisque Reginald Bennett dissuade les militants conservateurs de perturber les réunions radicales et leur indique la manière de déstabiliser les candidats radicaux en posant plutôt des questions gênantes, sur le budget controversé de 1909, les dépenses militaires du gouvernement ou la réforme de la Chambre des lords. "This series of questions (...) should not be used to disturb the proceedings. (...)", avertit Bennett, selon qui "it is hardly possible to over-estimate the effect which one man armed with a good question may have upon electors". Reginald Bennett and Wirt Gerrare, A Handbook for Hecklers (London: James Truscott, n. d.), BLPES, Pamphlet Collection, JF2(42C)/415.
[593] GC, 2 février 1905.
[594] GC, 10 juin 1905.
[595] GC, 6 janvier 1910. Ces opérations de démarchage sont effectuées à la demande de l'Agent Principal du parti. En 1910, le QG de la League accueille des permanents du Bureau central, qui travaillent jour et nuit à l'identification de ces électeurs multiples, et transmettent ensuite leurs instructions aux démarcheurs de la League. Pour les élections de janvier 1910, 20 000 électeurs multiples sont ainsi sollicités par la League. GC, 3 février 1910.
[596] Cette notion de " production du vote " est empruntée à Alain Garrigou, qui a décrit, pour la même période, mais dans le cas français, les dispositifs nécessaires pour faire voter : hébergement et transport des électeurs vers les bureaux de vote, rastels et libations préalables ou consécutifs à la victoire électorale. Sur ces procédés électoraux, souvent à la limite de la légalité, voir Alain Garrigou, Le Vote et la Vertu. Comment les Français sont devenus électeurs (Paris: Presses de la Fondation Nationale de Sciences Politiques, 1992).
[597] Dès les élections de 1906, les automobiles ont fait partie du paysage électoral. La League est pionnière en la matière. Un Primrose League Motor Corps est fondé en 1909, et ses membres les plus actifs se voient décernés une nouvelle distinction honorifique, le Motor Car Badge. GC, 24 juin 1909.
[598] GC, 18 octobre 1906. Les élections de 1907 se soldent par un succès conservateur, qui doit beaucoup à la mobilisation des bénévoles de la League. Ces derniers sont récompensés de leurs efforts par une fastueuse réception en présence de Percy Harris, membre du Grand Conseil et nouveau président du London County Council. GC, 21 mars 1907.
[599] Pour cette élection, les plus gros contingents de démarcheurs électoraux, dont le total s'élève à 250, proviennent de Whitechapel, Lambeth, Deptford, Holborn, Wapping, Hoxton, Dulwich, Battersea, Brixton, Southwark, et bien sûr de Pechkam même. GC, 2 avril 1908. Une mobilisation aussi massive n'est toutefois possible que dans le cadre d'élections partielles, consultations isolées qui ne concernent qu'une circonscription à la fois. Mais l'afflux de bénévoles peut en lui-même poser problème, comme le fait observer un responsable métropolitain du mouvement : "The Agents were quite unprepared for so many helpers and consequently for two days our people were much discouraged by being sent from pillar to post and told there was nothing to do". GC, 19 mars 1908.
[600] La constitution en 1908 d'une habitation uniquement composée de membres des professions théâtrales n'est pas incompatible avec cette nouvelle politique, puisqu'apparemment, les comédiens membres de la League, qui effectuent des tournées dans l'agglomération londonienne, mettaient en scène des saynètes politiques. GC, 16 janvier 1908. En février 1908, l'habitation théâtrale reçoit le renfort de George Alexander, acteur et directeur du Saint James's Theatre de Londres. GC, 20 février 1908. Alexander est rejoint en mars par des confrères et consoeurs renommés, comme Lewis Waller, manager de l'Imperial Theatre, Arthur Bourchier, directeur de théâtre, et sa femme, Violet Vanbrugh, fille de pasteur et actrice, ou encore Beerbohm Tree, manager du Haymarket Theatre depuis 1887. GC, 19 mars 1908. Les comédiens amateurs de la League ne sont pas en reste, puisqu'ils créent la Primrose League Dramatic Society en 1908, et mettent à leur programme des spectacles politiques, par exemple sur le sort des chômeurs privés de travail par la concurrence étrangère, ou, comme dans le cas de la pièce An Object Lesson in Canvassing créée par l'Entertainment Committee du Grand Conseil, sur les incidents typiques du démarchage électoral. GC, 4 février 1909 ; 27 mars 1909. Par contre, le Grand Conseil rejette la proposition de Mr Llewelyn, qui suggérait l'acquisition d'un manège pour enfants pour augmenter les revenus de la League lors des fêtes estivales. GC, 18 juin 1908.
[601] GC, 1er février 1906.
[602] GC, 21 février 1907. Des suggestions plus dispendieuses sont adressées au Grand Conseil, comme celle du Secrétaire Honoraire de l'habitation de Newbury, qui propose que la League crée une bibliothèque ambulante. Cette initiative, jugée trop coûteuse, ne voit pas le jour. Le Literature Committee préfère utiliser les colonnes de la Primrose League Gazette pour notifier à ses membres la publication d'ouvrages d'un intérêt particulier pour eux. GC, 3 mars 1910.
[603] GC, 21 avril 1910.
[604] GC, 6 octobre 1910.
[605] GC, 20 février 1908.
[606] GC, 17 décembre 1908.
[607] GC, 8 juillet 1909.
[608] Ce document n'a malheureusement pas pu être retrouvé dans les archives de la League. Les responsables du mouvement attachaient pourtant beaucoup d'importance à ces cartes qui, à partir de 1910, ornaient les murs de la salle de réunion du Grand Conseil. GC, 3 février 1910.
[609] GC, 25 juillet 1907 ; 3 octobre 1907.
[610] GC, 1er février 1906.
[611] L'habitation regroupant les étudiants de Cambridge est créée en 1908. GC, 4 juin 1908. C'est en 1909 qu'est fondé un chapitre des Chevaliers Impériaux à l'intention des anciens des public schools. GC, 8 juillet 1909.
[612] Les difficultés que la League rencontre dans ses rapports avec certains agents conservateurs sont relatées par le Vice-Chancelier George Lane-Fox dans une lettre à Jack Sandars, secrétaire particulier de Balfour. Dans ce courrier, Lane-Fox s'insurge contre le pouvoir que croient détenir ces agents, et explique à Sandars que la League a résolu de court-circuiter les agents et de s'adresser directement aux candidats et députés unionistes afin de garantir l'implantation ou la perpétuation du mouvement dans la circonscription de ces derniers. Bodleian Library, Sandars Papers, lettre de George Lane-Fox à Jack Sandars, 14 janvier 1905, c. 751, f. 74.
[613] GC, 26 novembre 1908.
[614] GC, 4 mars 1909.
[615] Malheureusement, les entretiens de l'Unionist Organisation Committee avec divers intervenants du parti résultats ont été perdus. Seul subsiste l'index, mais John Ramsden est parvenu à consacrer un chapitre de sa thèse aux résultats de cette enquête en se fondant sur la correspondance de certains des membres de ce comité. Sur l'Unionist Organisation Committee, voir Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," 24-41.
[616] "There is a Tariff reform League to push for a Tariff, the Land Union to advocate the same. The Union Defence League to oppose Home Rule for Ireland. The Income tax League to reduce Income Tax. The Junior Conservatives to advance the Unionist policy. The Confederates to do ditto. The Imperialist League, the 1900 Club, the Primrose League and a number of others for much the same purpose. Now what policy is there in all these societies and leagues which cannot be advocated equally well from the platform of the Party proper ?" Lettre de lord Graham au Times 20 octobre 1911: 12, citée dans Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," 32.
[617] Conservative Agents' Journal octobre 1910: 105. Dès janvier 1910, ce journal avait réclamé la constitution d'un comité d'experts professionnels pour faire le ménage dans toutes les organisations existantes et créer une organisation efficace et unitaire. Conservative Agents' Journal janvier 1910: 77.
[618] Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," 38.
[619] Pour des exemples de secrétaires d'habitation demandant au Grand Conseil ce qu'ils doivent faire des radicaux membres du mouvement, voir GC, 6 juin 1912 ; 4 juillet 1912. Les responsables locaux de la League ont en effet de moins en moins de tolérance pour ceux de leurs membres qui de notoriété publique sont des radicaux. C'est d'ailleurs un signe probant de la transition qu'opère alors la League, entre son rôle initial d'éducatrice civique chargée de convertir l'électorat radical à l'unionisme, et celui de machine politique destinée à mobiliser les militants conservateurs. Dès février 1913, le Grand Conseil prend le parti de conseiller à ses Ruling Councillors d'exclure tout membre du mouvement coupable de sympathies radicales. GC, 20 février 1913.
[620] On le verra par la suite, mais l'adoption de cette nouvelle Déclaration n'est pas du goût de tous. Avant même que la décision soit prise de marquer sans équivoque l'attachement de la League au parti unioniste, les délégués des habitations du West Riding dans le Yorkshire avaient suggéré au Grand Conseil de s'en tenir à la défense des principes religieux, impérialistes et constitutionnels du mouvement, et de ne pas s'opposer à l'intégralité des lois proposées par les libéraux et leurs alliés, mais seulement aux clauses susceptibles de porter atteinte à ces mêmes principes. GC, 9 mars 1912. Pendant la guerre, certains membres de la League vont demander au Grand Conseil d'abroger la Déclaration de 1913. Au sein du mouvement, les personnes opposées à cet acte formel d'allégeance au parti finiront par l'emporter en 1919, lorsque la League annulera la décision prise en 1913, reprenant ainsi son indépendance par rapport au parti. Les divisions que provoque cette question illustrent la tension qui existe entre ceux qui conçoivent le mouvement comme une machine électorale au service du parti, et ceux qui désirent en faire un lieu d'éducation politique ouvert à tous les individus se reconnaissant dans les principes originels du mouvement, quelle que soit leur allégeance politique.
[621] GC, 10 janvier 1910.
[622] GC, 7 février 1910. Le fait que ce nouveau comité soit contrôlé par les grandes dames du mouvement témoignent du fait que ce sont surtout les femmes qui proposent ainsi leurs services pour les opérations de démarchage électoral. Londres est la région où le problème de la désorganisation des efforts est apparemment le plus vif, comme le laisse penser la suggestion de Miss Howe Browne, secrétaire métropolitaine de la League, qui fait appel à l'Agent en Chef du parti pour faire en sorte que les démarcheuses de la League soient mises en relation avec les agents dans chaque circonscription. GC, 7 avril 1910.
[623] GC, 30 mars 1911.
[624] GC, novembre 1910.
[625] GC, 3 mars 1910 ; 20 octobre 1910 ; 15 février 1912. Lors des travaux de l'Unionist Organisation Committee, les délégués de la League interrogés concentrent leur témoignage sur les effets néfastes qu'ont sur la League les Women's Unionist and Tariff Reform Associations. GC, 1er juin 1911. Un pacte de non-agression est finalement conclu entre les deux organisations en octobre 1912. GC, 31 octobre 1912. Malgré le modus vivendi auxquels parviennent les deux organisations, les rancoeurs subsistent, comme en témoigne en 1913 le refus du Grand Conseil de donner son autorisation à une réunion commune entre la League et les instances de la WUTRA dans le cadre de la conférence du parti. GC, 24 juillet 1913.
[626] "Many of the Habitations in the Counties have not had a political address for years, while some complain that they have not been visited by a Provincial Secretary. Many of the Habitations are very poor and often only Social Clubs without an organisation except for Whist drives and Dances". GC, 17 février 1910.
[627] GC, 16 février 1911 ; 21 mars 1912.
[628] GC, 21 mars 1921. Cette évolution se confirme après l'arrivée du nouveau Vice-Chancelier, en octobre 1912, quand quatre secrétaires provinciaux supplémentaires sont engagés. GC, 31 octobre 1912.
[629] GC, 21 décembre 1911 ; 18 janvier 1912.
[630] GC, 3 mai 1912.
[631] Démissionnaire depuis mars 1912, Lane-Fox donnait des signes d'épuisement depuis 1910, et avait obtenu la création d'un poste de Vice-Chancelier adjoint pour l'aider dans sa tâche. GC, 27 mars 1912 ; GC, 2 juin 1910. À en juger par le bilan de l'année 1910, la charge de travail du Vice-Chancelier et des permanents du mouvement est en effet considérable. Au cours de cette seule année, où ont certes eu lieu deux consultations électorales nationales, les activités au siège de Victoria Street ont compris le traitement de près de 30 000 courriers, l'envoi d'orateurs à 1 500 réunions, l'expédition de plus de 100 000 badges, et plus de 100 000 diplômes de membres, la distribution de deux millions de brochures, l'enregistrement de près de 40 000 tributs de Chevaliers et de Dames, plus de 11 000 mises en paiement, la rédaction et la publication de la Primrose League Gazette, et la tenue des minutes hebdomadaires des cinq comités permanents du mouvement. Le Vice-Chancelier était en outre tenu de répondre aux nombreuses sollicitations des habitations, et de prendre la parole lui-même devant les habitations où il se rendait. GC, 20 juillet 1911.
[632] Pour une fiche biographique détaillant la carrière de Gerald Arbuthnot, voir en annexe 3.1.4.
[633] "There must be very radical changes, and why should this not be the case ? Every other organisation - the Conservative Central Office, the National Liberal Federation, the National Union of Conservative Association, the Carlton Club, the Conservative Club, every great political Organisation has entirely reformed itself during the last ten years, whereas, of course, the Primrose League has continued much on its old lines". GC, "Chancellor's Memorandum", mars 1913.
[634] GC, 3 mars 1910.
[635] Ces propositions sont contenues en un premier temps dans un rapport établi par Arbuthnot moins d'un mois après sa prise de fonction, puis dans un mémorandum adressé par Long en mars 1913 à ses collègues du Grand Conseil, et enfin dans un rapport final, daté du 13 mars 1913, qu'avalise le Grand Conseil. Le fait que Long, qui est alors l'un des chefs de file du parti, ait dû intervenir en personne auprès du Grand Conseil atteste des réticences des dirigeants du mouvement à entériner l'ambitieux programme de réforme proposé par le Vice-Chancelier débutant. GC, "Report by the Vice-Chancellor", 31 octobre 1912 ; "Chancellor's Memorandum", mars 1913 ; "Confidential Draft Report to Grand Council", 13 mars 1913.
[636] "Only those can attend who have a great deal of spare and do not mind the expense of travelling up and down, or who are resident in London, and can attend the meetings at the cost of a cab fare. Now, this is not the kind of Organisation which begets confidence, or which is suited to our modern democratic institutions". GC, "Confidential Report from the Vice-Chancellor to Grand Council," 13 mars 1913. Arbuthnot compare le Grand Conseil à une "close corporation", ces conseils municipaux cooptatifs qui régentaient de nombreuses agglomérations britanniques jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle. Le fait qu'Arbuthnot utilise cette expression revêt un caractère ironique, puisque lorsque Randolph Churchill, fondateur de la League, avait tenté de réformer le parti au début des années 1880, il avait employé exactement la même expression pour critiquer le caractère oligarchique des instances dirigeantes du parti.
[637] GC, "Confidential Report from the Vice-Chancellor to Grand Council," 13 mars 1913.
[638] Le rapport final du 13 mars 1913 exclut cette éventualité. GC, 13 mars 1913.
[639] GC, 13 mars 1913.
[640] GC, 31 octobre 1912 ; 13 mars 1913.
[641] "This is going into the highways and bye-ways to collect money, but money must be got, or the League will come to an end. (...) I am convinced that unless something of this kind is done, in two or three years' time, the Primrose League will find that they have been left behind in the race, and that other organisations which have brought themselves up to date and are really democratic in their constitution will get the money, which means power". GC, "Chancellor's Memorandum," mars 1913.
[642] GC, "Emergency Report from the Agency Committee to the Grand Council," 16 mars 1911. Les hausses de salaire dont profitent les agents de la League ne sont pas atypiques dans ce milieu professionnel. En général, à l'époque édouardienne, les agents jouissent dans les milieux politiques d'un meilleur statut et d'une plus grande considération, en raison de la spécialisation des tâches qui leur sont confiées, de la pénibilité de leur travail itinérant, et de la professionnalisation de leurs pratiques, que sanctionnent désormais des examens.
[643] Les ventes de la Primrose League Gazette oscillent entre 33 000 exemplaires mensuels en décembre 1909 (un mois exceptionnel) et 15 000 en 1910 et 1911. Lorsque le prix est baissé de trois à un shilling en 1910, le moindre coût de l'organe officiel du mouvement permet d'en augmenter les ventes. De mai 1910 à mai 1911, la Primrose League Gazette s'est vendue à 178 862 exemplaires, soit un peu moins de 15 000 ventes mensuelles (contre 109 785 exemplaires pour l'année précédente). Pour les chiffres relatifs à la Primrose League Gazette, voir GC, 9 décembre 1909 ; 21 avril 1910 ; 30 mars 1911 ; 10 mai 1911.
[644] La situation est en effet paradoxale, puisqu'en 1910, au moment même où les trésoriers de la League s'inquiètent de la baisse des revenus du mouvement, et de la hausse des dépenses du Grand Conseil, on enregistre les ventes de badges de membres les plus élevées depuis 1890. Les badges achetés par les adhérents représentent en effet une source de revenu non négligeable, qui atteint £3 150 en 1911 (contre £1 061 en 1904), soit presque l'équivalent de ce que coûtent à la League ses secrétaires provinciaux. GC, 30 mars 1911.
[645] Cette évolution donne lieu à un rapport alarmiste des trésoriers en 1911. GC, "The Financial Position," 11 juillet 1911.
[646] Lorsque les trésoriers du mouvement attirent l'attention du Grand Conseil sur ce tarissement du nombre de Chevaliers et de Dames, et sur ses conséquences sur les finances du mouvement, ils recommandent dès 1911 d'abolir la distinction entre Chevaliers, Dames et Associés, et d'obliger les habitations à envoyer au Grand Conseil des sommes correspondant au nombre d'adhérents dont elles disposent. Comme le note alors le Comité des Finances, cette évolution n'est pas récente, puisque la baisse du nombre de nouveaux Chevaliers et de nouvelles Dames est manifeste depuis 1894. GC, 11 juillet 1911.
[647] GC, 20 juin 1912.
[648] GC, 3 avril 1914.
[649] En 1916, alors que le nombre de nouvelles adhésions est à son plus bas, la League parvient quand même à bénéficier de £5 100 de revenus (dont £3 500 en tributs). Les dépenses illustrent les priorités de la League en temps de guerre : £3 900 sont allouées aux pensions et salaires versés aux permanents et aux secrétaires provinciaux, qui encadrent les activités caritatives des habitations, tandis que £3 200 sont dépensées à des fins patriotiques et caritatives, avec £2 100 consacrées à l'achat d'ambulances pour la Croix Rouge, et £1 000 investies dans les timbres d'épargne destinés à financer l'effort de guerre. GC, 31 mars 1916.
[650] GC, 28 août 1914.
[651] En avril 1915, le Grand Conseil recommande aux habitations de procéder comme d'habitude à l'élection annuelle de leurs dirigeants. Les Ruling Councillors reçoivent la suggestion de mettre à profit ces réunions pour encourager les membres locaux à aider la campagne de recrutement des volontaires. GC, 15 avril 1915.
[652] GC, 8 octobre 1914.
[653] GC, 8 octobre 1914.
[654] GC, 8 octobre 1914.
[655] "The pictures bring home to the people the needs of the nation and the dangers which confront it, and many habitations found that the Slides are a useful stimulus in recruiting". GC, 14 janvier 1915. Entre le 20 novembre et le 4 février, les diapositives sur la guerre ont été utilisées par diverses habitations à plus de quatre-vingts reprises. GC, 4 février 1915.
[656] GC, 15 avril 1915.
[657] GC, 3 juin 1915. En octobre 1917, la League diffuse auprès de ses membres les diapositives de propagande produites par le National War Savings Committee, une agence gouvernementale qui s'appuie sur la League pour convaincre les civils que la guerre est aussi un combat de l'épargne contre le gaspillage. La League accepte de coopérer à ce travail de sensibilisation, soucieuse de rester fidèle aux missions d'éducation civique qu'elle s'est fixée depuis ses origines. GC, 4 octobre 1917. Mais au sein de la League, le thème de l'économie et de la parcimonie a une autre résonance, car après guerre, si la League prive le gouvernement de coalition de son soutien, c'est en raison de l'incapacité de ce gouvernement à réduire ses dépenses et à faire baisser les impôts.
[658] GC, 7 mars 1918. Avec cartes de la Mittel-Europa à l'appui, les conférenciers embauchés par ce comité vont sillonner le pays, visitant de nombreuses habitations de la League, pour montrer au public les redécoupages envisagés sur le Continent.
[659] GC, 1er juin 1916. Dès octobre 1914, le Grand Conseil avait d'ailleurs créé un Needlework Committee pour pourvoir aux besoins en uniformes et en vêtements chauds pour les combattants. Le quartier général de la League devient un atelier de couture, où 65 000 vêtements sont confectionnés entre le début des hostilités et septembre 1915. Pour les habitations, le chiffre atteint sur la même période est de 200 000 articles d'habillement. GC, 8 octobre 1914 ; 29 septembre 1915.
[660] En octobre 1914, le Grand Conseil fait appel aux habitations pour accueillir les soldats blessés, tandis qu'en novembre 1914, ce sont les réfugiés belges qui bénéficient de l'hospitalité des membres de la League. La générosité des membres de la League envers les personnes déplacées par le conflit ne s'exerce toutefois qu'à l'égard des " familles éduquées ". Pour répondre à l'afflux de réfugiés belges, l'habitation de Cheltenham ouvre un refuge à leur intention en décembre 1914. GC, 8 octobre 1914 ; 5 novembre 1914 ; 3 décembre 1914.
[661] GC, 8 octobre 1914. Des fonds collectés auprès des adhérents de la League lui permettent d'offrir trois ambulances à la Croix Rouge en février 1916. On ne doute pas que ces ambulances, décorées de plaques de cuivre portant la mention "Provided by the Primrose League", ont été dûment appréciées par les soldats blessés sur le front, quelles que soient leurs opinions politiques. GC, 3 février 1916. Dans une veine similaire, des primevères, emblème éminemment politisé par la League depuis sa création, sont distribuées aux blessés de guerre des hôpitaux londoniens à l'occasion de Primrose Day en 1916. GC, 8 mai 1916.
[662] GC, 8 octobre 1914. La League élabore aussi un programme d'aide aux soldats blessés et démobilisés afin de les aider à retrouver un emploi. Fidèle à sa perspective philanthropique habituelle, la League trouve dans le soldat invalide et démuni l'incarnation par excellence du pauvre méritant.
[663] Pour un exemple de ce type d'endogamie au sein de la League, voir l'article "Primrose Marriage," Primrose League Gazette octobre 1918: 3.
[664] Primrose League Gazette mars 1918: 7.
[665] GC, 11 avril 1918. L'habitation de Rotherham parvient à collecter £9 000 pour l'achat d'un tank.
[666] GC, 7 octobre 1915. L'Amirauté décline cette offre, rappelant aux membres du Grand Conseil qu'en matière d'équipements militaires, le Parlement est seul habilité à procéder à ce type de commande.
[667] GC, 3 décembre 1914. La League informe aussi ses membres sur les nouvelles formes de combat qui apparaissent au cours de ce conflit. Une conférence itinérante intitulée "Flying Machines in Peace and War" fait le tour des habitations. Primrose League Gazette juin 1918: 5.
[668] Les adhérentes de la League se chargent de colporter les Primrose League War Relief Stamps, vendus par le gouvernement pour financer l'effort de guerre. Plus de 300 000 timbres d'épargne sont ainsi vendus entre octobre et novembre 1914. GC, 5 novembre 1914.
[669] Rappelons qu'une élection était susceptible d'avoir lieu dès 1915, puisque le Parlement d'alors entrait dans sa cinquième année. GC, 8 octobre 1914.
[670] GC, 29 septembre 1915.
[671] GC, 1er juillet 1915.
[672] Sont par exemple versés au dossier d'accusation des Allemands la destruction de la bibliothèque de Louvain, les saccages commis à Arras, ou encore les mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre britanniques. Primrose League Gazette février 1918: 1.
[673] "Pour mémoire - Les crimes pour lesquels l'Allemagne doit payer". Primrose League Gazette novembre 1918: 1.
[674] GC, 3 février 1916. La presse nationale aussi est sollicitée, et les dirigeants de la League prennent soin de faire connaître l'ampleur de leur contribution à l'effort de guerre dans les quotidiens métropolitains et provinciaux. Pour des initiatives de ce type, voir GC, 1er février 1917 ; 4 octobre 1917.
[675] GC, 4 mars 1915.
[676] GC, mai 1916.
[677] Primrose League Gazette janvier 1918 : 3.
[678] Primrose League Gazette mars 1918 : 3. Le pacifisme de certains travaillistes et de l'Independent Labour Party a constitué après-guerre l'une des attaques favorites des candidats conservateurs contre leurs adversaires de gauche. La correspondance ente lady Astor et son agent à Plymouth révèle tout l'intérêt des candidats unionistes vis-à-vis des faits de guerre de leurs adversaires travaillistes. Dans le cas de lady Astor, son adversaire au début des années 1920 était le capitaine Woulfe-Brennan, membre de la British Legion, l'association d'anciens combattants. Une enquête discrète auprès du Ministère de la Guerre permet à lady Astor de découvrir que Woulfe-Brennan a en fait passé la guerre à l'abri dans les bureaux, et non sur le front comme ce dernier le laissait entendre. Ce cas isolé n'est probablement pas atypique d'accusations similaires lancées contre les candidats travaillistes. Reading, Reading University Library, Lady Astor Papers, MS 1416/1/1/1734, lettre de Mr Briggs, représentant de lady Astor à Plymouth, à cette dernière, 5 décembre 1921.
[679] "We were a band of brothers, but we kept our places both sides. There was no lack of discipline or respect for rank (...) An example of fraternity only to be found between the classes in England (...) how needful it is for the life and well-being of the nation to have our rural districts much more thickly populated, both for the health and for the food of the nation". Primrose League Gazette juillet 1919: 10.
[680] GC, 4 octobre 1917 ; 7 février 1918. Dès août 1918, le programme des habitations inclut des conférences sur le Franchise Act qui vient d'être voté au Parlement. Primrose League Gazette août 1918: 7.
[681] "The education of the large new class of voters is a matter of grave concern to all habitations". GC, 7 février 1918.
[682] GC, 7 février 1918.
[683] GC, 7 février 1918.
[684] GC, 7 mars 1918.
[685] GC, 7 mars 1918 ; 16 avril 1918 ; 6 juin 1918. Sur les quinze représentants de la League dans la fédération nationale des organisations conservatrices, cinq sont des femmes, conformément à la règle que s'est fixée le parti d'assurer aux femmes un tiers de la représentation dans ses instances locales et centrales. C'est d'ailleurs Younger, sans doute irrité par les revendications du Grand Conseil, qui rappelle cette nouvelle obligation aux responsables du mouvement, dans une lettre adressée le 6 mars 1918, au plus fort des tensions entre permanents du parti et dirigeants de la League.
[686] GC, 13 mars 1918.
[687] Des résolutions votées par certaines habitations, ou des lettres de membres écrivant à titre individuel au Grand Conseil, parviennent régulièrement au quartier général de la League. GC, 6 avril 1916 ; 7 décembre 1916 ; 4 octobre 1917 ; 11 avril 1918 ; 5 juin 1918.
[688] GC, 4 mars 1919.
[689] Un premier débat a lieu le 22 janvier 1919, puis un second le 3 avril 1919. Les partisans de l'indépendance finissent par l'emporter. Ces derniers sont emmenés par Joynson-Hicks, anglican fervent et détracteur acharné du gouvernement de coalition, qui finira par entrer au gouvernement en 1922 après la chute de Lloyd George. GC, 22 janvier 1919 ; 3 avril 1919.
[690] "The step taken by the Primrose League is in effect a repudiation of its alliance with the Unionist Party, and they assume that the representation on the Council and the Executive of this Association is no longer desired". GC, lettre de la National Union, signée par les Agents Principaux John Boraston et William Jenkins, 16 juillet 1919. Consterné, le Vice-Chancelier de la League, Reginald Bennett, leur répond que voilà trente-six ans que la Primrose League se montre loyale vis-à-vis du parti, et que pendant trente ans, la League n'a pas eu besoin de Déclaration formelle telle que celle de 1913 pour manifester sa loyauté envers le parti et ses représentants. D'après Bennett, la décision prise par Boraston et Jenkins est infondée, dans la mesure où l'octroi à la League de sièges au Comité exécutif et au Conseil de la National Union n'était pas motivé par l'altération des règles du mouvement en 1912, mais par l'obtention du droit de vote par les femmes. Selon Bennett, loin d'être hostile au parti, la décision prise par la League d'abroger la Déclaration de 1913 est censée donner plus grande latitude à la League d'exercer ses fonctions éducatives.
[691] Les exemples ne manquent pas. Les habitations de Halifax (GC, 5 juin 1918), de Saint Albans (4 juillet 1918) de Stamford, Accrington, Collingham, Crystal Palace, Queensbury, du Rutland (19 février 1919) connaissent le même sort. Dans certaines circonscriptions, ce sont les agents du parti qui empêchent la League de s'implanter, ou de rouvrir ses sections en berne en raison de la guerre. GC, 6 novembre 1919. Les agents n'ont aucun intérêt à nuire au développement des WUA, car ces groupes féminins sont intégrés aux sections locales, et ont de ce fait leur faveur, car les agents sont plus à même de contrôler les WUA, qui de surcroît peuvent les faire bénéficier du renfort d'une organisatrice politique rémunérée.
[692] GC, 29 juin 1918. Les deux figures de proue des WUA sont alors Marjorie Maxse et lady Kinloch, qui avaient milité dans les rangs de la droite radicale et protectionniste avant-guerre, ce qui explique sans doute le peu de sympathie qu'elles pouvaient avoir à l'égard de la League.
[693] C'est l'argument invoqué par de nombreuses secrétaires honoraires de la League pour justifier leur décision de transformer les habitations dont elles sont responsables en WUA. C'est le cas par exemple de Mrs Crowe, secrétaire de l'habitation d'Halifax, interrogée par le Grand Conseil suite à sa défection des rangs de la League et à la constitution par ses soins d'une WUA. GC, 29 juin 1918. D'autres adhérentes motivent leur décision en faisant valoir qu'elles jugent préférables de travailler dans des sections uniquement féminines, où elles jouiront d'une plus grande autonomie. GC, 3 octobre 1918.
[694] GC, 7 juillet 1921.
[695] C'est en raison de l'émergence des WUA que Beatrix Campbell, puis plus tard G. E. Maguire, délaissent la Primrose League après 1918 dans le récit que l'une et l'autre font du conservatisme féminin. Pour la même raison, Neal McCrillis, John Ramsden et John Brennan, qui ont étudié les réseaux partisans du parti dans l'entre-deux-guerres, passent presque entièrement sous silence l'histoire de la League après-guerre. Cette lacune historiographique n'est pas non plus comblée par le travail de Martin Pugh sur le conservatisme populaire et la League des années 1880 aux années 1930, puisque ce dernier n'aborde que très succinctement l'historique de la League dans l'entre-deux-guerres. Tout l'intérêt de notre dernier chapitre, qui couvre la période de 1922 à 1940, et de l'épilogue, qui retrace la survie du mouvement après 1945 jusqu'à sa disparition en 2000, réside donc dans le fait qu'il démontre la persistance du mouvement après cette date.
[696] Pour tenter de se maintenir comme force politique, le parti libéral est souvent contraint de s'unir aux conservateurs pour former un front anti-socialiste. Pour un exemple local de coopération entre libéraux et conservateurs, voir James Smyth, "Resisting Labour : Unionists, Liberals and Moderates in Glasgow between the Wars," Historical Journal 42.2 (2003): 375-401. Pour un ouvrage de référence sur le déclin du libéralisme, voir George Dangerfield, The Strange Death of Liberal England (London: Constable, 1936). Sur la doctrine politique de Baldwin, voir Philip Williamson, Stanley Baldwin: Conservative Leadership and National Values (Cambridge: Cambridge UP, 1999).
[697] Pour la manière dont Lloyd George, l'adversaire des conservateurs après 1922, est alors stigmatisé comme corrompu, voir John Grigg, "Lloyd George: Crusader or Crook ?," Modern History Review 1.1 (1989): 20-23.
[698] Sur le libéralisme gladstonien et la rhétorique sur laquelle il s'appuie, voir Eugenio Biagini, Liberty, and retrenchment and reform. Popular Liberalism in the Age of Gladstone, 1860-1880 (Cambridge: Cambridge UP, 1992).
[699] Sur les problèmes qui découlent, chez les victoriens, de leur perception du marché comme agent moral, voir Searle, Morality and the Market in Victorian Britain passim.
[700] Sur les spécificités du discours impérial de Baldwin, voir Williamson, Stanley Baldwin 150-77.
[701] Pour la composition du Grand Conseil, et la manière dont s'accentuent après-guerre les différences sociales entre les Grands Conseillers siégeant aux Communes et leurs collègues conservateurs qui ne militent pas au sein de la League, voir Annexe 7.4. Contrairement au chapitre précédent, on ne développe pas en détail l'analyse comparée entre ces deux groupes, car il suffit de constater que les tendances repérées pour la période antérieure se confirment et s'accentuent. Plus encore qu'entre 1903 et 1922, les Grands Conseillers sont issus de milieux sociaux (aristocratie, juristes, militaires de carrière) en cours de marginalisation au sein du parti. Quant à l'Annexe 7.3, elle montre aussi le vieillissement progressif des cadres du mouvement.
[702] GC, 11 avril 1929.
[703] Voir le dessin de Low présenté en annexe 9.3.3, qui dépeint la League sous les traits d'une dame d'un certain âge.
[704] GC, 5 juin 1930. Autre cas typique, signalé en 1934 par le Grand Conseil, celui de J. W. D. Harrison, Chevalier depuis 1884. GC, 11 octobre 1934. Certains parmi les plus fidèles adhérents de la League atteignent alors des âges canoniques, comme Fred Jackson, de Sidcup, qui à l'âge de 101 ans continue de payer sa cotisation annuelle, de même que le colonel Coussmaker, 92 ans et membre actif de l'habitation de Guildford. GC, 7 février 1935. En février 1939, le Grand Conseil vote ses remerciements à Miss A. R. Baily, membre du Grand Conseil et Dame Présidente de l'habitation de Binfield dans le Berkshire, qui est membre de la League depuis 53 ans. GC, 8 février 1939.
[705] GC, 3 février 1921.
[706] C'est en 1928 qu'est pour la première fois soulevée la question du nécessaire rajeunissement des cadres et des membres du mouvement. GC, 6 décembre 1928.
[707] GC, 8 mai 1930.
[708] GC, 16 avril 1931.
[709] GC, 29 juillet 1920. En octobre 1920, le Grand Conseil réclame des subsides au Chancelier, le comte de Clarendon, car la baisse des recettes semble à terme condamner le recours aux secrétaires provinciaux, qui sont un maillon essentiel de l'organisation du fait du lien qu'ils maintiennent entre les habitations et le Grand Conseil. GC, 1er octobre 1920. Mais faute de moyens suffisants, ces derniers quittent les uns après les autres le mouvement, et continuent leur carrière au sein d'organisations conservatrices mieux dotées.
[710] Sur la décrue en termes d'adhérents qui frappe l'ensemble des organisations conservatrices dans les années 1930, voir Jonathan William Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," PhD, Oxford, 1994, 235-251.
[711] GC, 5 novembre 1931.
[712] GC, 2 juillet 1931.
[713] "He [Hannington] suggested the need of a special appeal being made in rural areas, where some of the young nobility need to be reminded of the responsibilities of a privileged position, and of the fate of those feudal families in France which forgot the duties of leadership". GC, 3 décembre 1931.
[714] Sur la commémoration de Tolpuddle et sa signification dans la stratégie électorale travailliste, voir Clare Griffiths, "Remembering Tolpuddle: Rural History and Commemoration in the inter-war Labour Movement," History Workshop Journal 44 (1997): 144-69. Plus généralement, et du même auteur, sur la place des campagnes dans le dispositif rhétorique des deux partis au cours de l'entre-deux-guerres, voir " Ville et campagne dans le discours politique pendant l'entre-deux-guerre ", in Emmanuel Roudaut (dir.), Villes et campagnes britanniques : confrontation ou (con)fusion ? (Valenciennes: PUV, 2003).
[715] "The usual fooleries on landowners living in idle luxury at the expense of village labourers". Primrose League Gazette février 1921: 6.
[716] Sur l'accélération de la dislocation des grandes propriétés aristocratiques après-guerre, voir Perkin, The Rise of Professional Society 253.
[717] Penrith Herald 13 juin 1925: 7.
[718] Sur l'évolution de la sociabilité rurale et ses implications sur les sections locales du parti, voir Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," 212.
[719] Il est vrai que le problème affecte de la même manière les autres organisations, qu'il s'agisse des sections locales du parti conservateur, ou de celles de ses adversaires libéraux ou travaillistes. Mais si ces nouveaux quartiers résidentiels, souvent dépourvus de lieux de réunion, font le désespoir des activistes de tout bord, ils constituent un obstacle plus difficile pour les conservateurs, et pour la League en particulier, dont le dynamisme continue de dépendre des personnes disposant d'un certain statut social. Or, dans ces nouveaux quartiers, l'homogénéité sociale est de mise. Par conséquent la League ne peut s'appuyer sur ses relais habituels, aristocrates et militaires en retraite. En outre, l'endettement des ménages suburbains suite à leur accession à la propriété les dissuade aussi de s'investir dans la vie militante. Sur les difficultés organisationnelles que cause l'émergence des nouvelles zones résidentielles construites après-guerre, voir Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," 254-56.
[720] GC, 6 juillet 1933.
[721] "The current indifference to politics is largely due to the variety of attractions now offered". Primrose League Gazette août 1936: 5.
[722] GC, 5 juin 1924.
[723] James Agg-Gardner, Some Parliamentary Recollections by the Right Honourable Sir James Agg-Gardner, PC, MP (London: Burrow, 1927) 123.
[724] "A defeat for all those who believe that the salvation of the country depends exclusively upon the services of Conservative Associations". GC, 13 décembre 1923.
[725] GC, 13 décembre 1923. Le Grand Conseil reçoit régulièrement des plaintes de la part des dirigeants locaux, qui font part de frictions entre les habitations de la League et les sections locales. Des tensions du même ordre, apparues à Thatto Heath en 1933, sont rapportées au Grand Conseil. GC, 2 février 1933. Si les habitations existantes rencontrent parfois l'hostilité des cadres du parti, les responsables nationaux du mouvement n'ont pas plus de succès lorsqu'ils sollicitent l'assistance d'agents conservateurs afin de créer de nouvelles habitations, comme en témoigne la rebuffade que subit Lord Ebbisham, Chancelier de la League et figure respectée du parti, lorsqu'il fait appel à l'assistance d'un agent opérant dans le Cambridgeshire. GC, 6 juin 1935.
[726] Sur le ralliement des travaillistes aux institutions, à la monarchie et au patriotisme, définis comme les éléments centraux de la culture politique du conservatisme, voir Martin Pugh, "The Rise of Labour and the Political Culture of Conservatism, 1890-1945," History 87 (2002): 514-37.
[727] Primrose League Gazette février 1936. À l'occasion du couronnement du nouveau monarque, la League lui fait parvenir un présent, une photographie aérienne de Londres, symbole probablement non intentionnel du recentrage du mouvement sur la capitale. GC, 5 novembre 1936.
[728] Sur la manière dont les milieux conservateurs cessent peu à peu de s'opposer aux réformes en matière de droits civiques, voir David Close, "The Collapse of Resistance to Democracy: Conservatives, Adult Suffrage, and Second Chamber Reform, 1911-1928," Historical Journal 20.4 (1977): 893-918.
[729] Sur la participation de William Joynson-Hicks, membre du Grand Conseil et Chancelier de la League, à cette controverse, voir Annexe 2.4.3.
[730] "At the moment when this photo was taken, the crowd (which it is seen are bareheaded) were actually singing the Red Flag over the grave at which a political speech was delivered". Primrose League Gazette janvier 1926: 9.
[731] "Grand Council is unwilling to hinder the negotiations between the Government and Sinn Fein, and desires to emphasize the necessity of safeguarding the Loyalists throughout Ireland, the strategic security of Great Britain and the retention of Ireland within the Empire". GC, 20 octobre 1921.
[732] À plusieurs reprises fin 1921, les permanents du mouvement attirent l'attention des dirigeants sur le flot incessant de courriers rageurs qui leur parviennent sur la question irlandaise. GC, 6 octobre 1921 ; 20 octobre 1921.
[733] En 1939, en prévision des traditionnelles fêtes en plein air de l'été, la League décide de coopérer avec l'Empire Unity Campaign, les produits en provenance de l'Empire vendus lors ces manifestations étant censés renflouer les caisses du mouvement. GC, 30 mars 1939.
[734] "Grand Council, associated as they are with one of the great political parties in the Homeland, thinks it would be unwise to attempt an extension of its organization in any direction which might suggest interference or intrusion into the affairs of a great self-governing Dominion". GC, 12 octobre 1933.
[735] Parmi les recrues d'outre-mer les plus prestigieuses, on peut signaler le cas de Mrs Lyons, épouse du Premier ministre australien, qui sollicite et obtient le droit de se joindre à la League. GC, 10 octobre 1935. En 1943, Dame Enid Lyons, alors membre du Grand Conseil des Dames, deviendra la première femme à être élue députée en Australie. GC, 16 septembre 1943.
[736] GC, 29 septembre 1920.
[737] GC, 6 mars 1930.
[738] Sur les divisions qui apparaissent dans les années 1930 au sein du parti à propos de la question indienne, voir Carl Bridge, Holding India to the Empire: The British Conservative Party and the 1935 Constitution (New Delhi: Sterling Publishers, 1986).
[739] "Grand Council, viewing with grave anxiety the question of Indian reforms, whilst assuring His Majesty's Government of its support for reasonable progress in the Provinces, trusts that the White Paper will not indicate that the British Government at the centre will be abandoned until there is definite proof of success in Provincial self-government". GC, 2 mars 1933.
[740] "Grand Council has misgivings on the Indian policy of the Government, but abstains from voicing them to avoid action detrimental to the Government and the unity of the Conservative Party". GC, 6 avril 1933.
[741] Le dilemme du Grand Conseil sur le dossier indien est inextricable. Les lettres de membres indignés par les projets gouvernementaux affluent, mais comme c'est un gouvernement à majorité conservatrice qui compte légiférer sur la question, le Grand Conseil hésite entre la fidélité aux principes du mouvement et la loyauté à l'égard du leadership conservateur. GC, 6 avril 1933.
[742] C'est le cas par exemple de l'habitation d'Hampstead. GC, 5 juillet 1934.
[743] Il y a une certaine ironie à retrouver dans les rangs de la League of Nations Union un personnage comme Bob Cecil, chef de file des conservateurs anglicans, qui n'est autre que le fils de l'ancien Grand Maître lord Salisbury. Salisbury, en tant que responsable de la diplomatie britannique à l'époque du " splendide isolement " victorien, expression qu'il a d'ailleurs lui-même popularisée, n'a en effet jamais été un partisan de l'internationalisme pacifiste. Plusieurs raisons permettent d'expliquer pourquoi, en dépit de leur religiosité et de leur origine sociale, la plupart des rejetons de la famille Cecil ne suivent pas l'exemple de leur père en collaborant avec la League. Tout d'abord, Hugh et Robert Cecil font preuve d'un attachement inflexible à l'anglicanisme. Or, la neutralité sectaire de la League doit les rebuter. De plus, avant 1914, les Cecil appartiennent à la minorité libre-échangiste du parti. Les positions de compromis que la League cherche à établir à propos de la réforme fiscale lui aliènent donc un peu plus la bienveillance de ces barons du conservatisme que sont alors les frères Cecil. Et finalement, l'implication de Bob Cecil dans la League of Nations Union doit sans doute le rendre peu sympathique aux yeux du Grand Conseil, qui dès les années 1920 n'est guère convaincu par l'idéalisme internationaliste de ce mouvement. Pour les chefs de file de la Primrose League, la Ligue des Nations ne saurait être à même ni de remplacer leur attachement à l'Empire, ni d'en garantir la défense.
[744] Discours de Curzon devant les membres de la Primrose League, New York Times, 16 février 1920, cité dans George W. Egerton, "'Britain and the Great Betrayal': Anglo-American Relations and the Struggle for American ratification of the Treaty of Versailles, 1919-1920," Historical Journal 21.4 (1978): 900.
[745] GC, 2 novembre 1921.
[746] GC, 6 décembre 1934.
[747] GC, 11 octobre 1934.
[748] GC, 7 mars 1935.
[749] GC, 11 mars 1937.
[750] GC, 7 juillet 1938. Un manifeste sur les mesures à prendre en cas d'attaque aérienne est rédigé par le Chancelier Lord Ebbisham, puis distribué aux habitations.
[751] Sur la composition du " Groupe Eden ", et sur les autres membres du parti qui se réclament de l'anti-apaisement, comme Churchill et la poignée de partisans qui le soutiennent, Robert Boothby, Duncan Sandys, et Brendan Bracken, beau-fils de Churchill, voir Robert Blake, The Conservative Party from Peel to Thatcher (London: Fontana Press, 1985) 238-43. Duncan Sandys et Brendan Bracken deviendront membres du Grand Conseil au cours de la guerre. L'arrivée de ces deux nouvelles recrues, proches de Churchill, démontre tout l'intérêt que prend leur patron, Churchill, à s'assurer la loyauté du mouvement.
[752] "Grand Council trusts that the Prime Minister's efforts will be successful in laying the foundations of a new era of peace and goodwill among the nations of the world". GC, 13 octobre 1938.
[753] GC, 13 octobre 1938.
[754] "He seems to me just the right man to be our Grand Master at the present time because we have in him an essentially modern, practical and up-to-date leader, and his acceptance of the Grand Mastership is a reply to those who say the League has outlived its functions". GC, 3 mars 1938.
[755] "Disraeli had a profound trust in the British working man. He was the great 'tory democrat' of his day". F. J. C. Hearnshaw, Conservatism in England (London: Macmillan, 1933) 215, cité dans Terence Andrew Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism (London: Macmillan, 1996) 143.
[756] "When Disraeli recreated the Conservative Party, it was on a national policy that should secure to the peasant a holding and a stake in the land, to the industrial classes in the great towns decent conditions of health, housing and civic life, and to every citizen a system of local self-government... The newly-formed Socialist Party has taken to itself much of the 'social reform' programme of Disraelian Conservatism, but has never perhaps clearly understood its object". Arthur Bryant, The Spirit of Conservatism (London: Methuen, 1929) 75, cité dans Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism 144. De nombreux autres ouvrages consacrés à Disraeli paraissent dans l'entre-deux-guerres, parmi lesquels on peut signaler l'édition, en 1929, d'une partie de la correspondance de Disraeli, par le marquis de Zetland, membre de la League, The Letters of Disraeli to Lady Bradford and Lady Chesterfield, ou plus tard, en 1932, le livre de D. C. Somervell, Disraeli and Gladstone: A Duo-Biographical Sketch, ou encore l'étude biographique de Wilfrid Meynell, The Man Disraeli, publiée en 1927.
[757] GC, 9 juin 1930. Au cours de nos recherches, le National Film Institute a été contacté pour savoir si une copie du film subsistait, mais cette institution n'a conservé aucune bobine du film en question.
[758] GC, 6 décembre 1934. Malheureusement, les indications succinctes contenues dans les registres du Grand Conseil n'ont permis de retrouver ni l'auteur, ni le texte de cette pièce, en dépit de l'aide apportée par le Theatre Museum de Covent Garden pour identifier ce spectacle.
[759] Un caricaturiste comme David Low se moquera d'ailleurs des multiples hommages rendus par Baldwin à son illustre prédécesseur au poste de chef du parti. Un dessin de Low, reproduit en Annexe 9.3.2, brocarde Baldwin, qui entend à la fois incarner le One-Nation Torysm patriotique et social cher à Disraeli, et la rigueur fiscale et morale de Gladstone. Voir Annexe 9.3.1.
[760] "The National and Imperial policy of Disraeli is the only policy that can ensure the prosperity of our country and the unity of the Empire". GC, 12 avril 1934.
[761] En 1935, les membres du Grand Conseil refusent d'accéder à la demande d'un des adhérents, qui proposait de mettre sur pied une Exposition des Reliques de Disraeli, car comme le fait remarquer le Grand Conseil, les souvenirs du grand homme en possession de la League sont régulièrement exposés à la vue des membres lors de la Grande Habitation. GC, 18 juillet 1935.
[762] GC, 3 juillet 1930.
[763] GC, 16 avril 1931.
[764] Pour le jour de la Primevère, à partir de 1921, la tradition veut qu'une flottille d'autocars à capote quittent les bureaux de la League pour se rendre à Hughenden, non sans qu'une couronne commémorative (de primevères, bien sûr) ne soit préalablement déposée au pied de la statue de Disraeli en face du Parlement. GC, 3 mars 1921. En 1934, André Maurois, biographe français de Disraeli, est invité à participer à l'excursion annuelle à Hughenden. GC, 1er février 1934.
[765] GC, 5 février 1925. Lorsque le dernier héritier direct de Disraeli décède en 1938, c'est le National Trust qui se porte acquéreur du manoir de Hughenden. Dès lors, lors du jour de la Primevère, les membres de la League n'auront plus accès qu'aux parties de la demeure et du parc accessibles au public. La seule concession du National Trust aux adhérents de la League est de leur garantir pour ce jour la gratuité de l'accès au manoir. GC, 20 février 1939. À partir de 1941, et pour toute la durée de la guerre, les quelques admirateurs de Disraeli qui continuent d'observer le Jour de la Primevère et d'accompagner les membres de la League lors de l'excursion à Hughenden doivent se contenter d'une visite à l'église de cette localité, puisque le château est désormais occupé par le ministère de l'Air. GC, 3 avril 1941.
[766] GC, 6 mars 1930 ; 7 avril 1932.
[767] Les quelques partisans d'un conservatisme social et étatiste sont alors associés au sein d'un groupuscule appelé le YMCA. Macmillan en fait partie, mais ce courant est alors marginal au sein du parti. Sur ce groupe de conservateurs réformistes, voir John Barnes, "Ideology and Factions," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century: The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 326.
[768] Prolixes en matière d'anti-socialisme, le Grand Conseil et la Primrose League Gazette sont plus discrets au sujet du fascisme et plus tard du nazisme dans les années 1930. Pourtant, dans les années 1930, Stanley Baldwin, alors Grand Maître, fait souvent référence au fascisme et au nazisme, qu'il définit comme la négation des libertés anglaises. En 1934, lady Jersey suggère que la League édite une brochure sur la question, mais la proposition n'est pas acceptée par le Grand Conseil. GC, 7 mars 1934. Au sein de la League, la seule référence explicite au fascisme qu'on a pu trouver est à mettre au compte de F. R. Markham, Ruling Councillor de l'habitation de Morland, qui en 1923 se déclare être un admirateur de ce mouvement politique et un partisan des British Fascisti, un groupuscule de droite extrême. Penrith Herald 5 juin 1923: 4. Ce silence de la League sur la question des régimes totalitaires d'Europe occidentale est d'autant plus étonnant que les élites anglicanes du parti, lord Halifax en tête, ont pris conscience des implications religieuses et spirituelles de cette menace. Sur la réaction des élites de la droite chrétienne face aux régimes totalitaires, voir Philip Williamson, "Christian Conservatives and the Totalitarian Challenge, 1933-40," English Historical Review 118 (2000) 244-76.
[769] "Lady Jersey states that the ceaseless and untiring propaganda of the Socialist Party, their international organisation and funds can't be successfully countered by a merely passive belief in the good sense of the electorate". GC, 1er février 1923.
[770] GC, 1er mars 1923.
[771] GC, 5 juillet 1923. Les orateurs de la League semblent avoir été très prisés des organisations socialistes londoniennes. En 1921, une officine socialiste, le Club Juif de Mile End Road, demande au Grand Conseil de lui envoyer l'un de ses agents, car, estiment les dirigeants du Club, la présence d'un représentant de la League devrait leur permettre de faire salle comble. GC, 6 octobre 1921. Le Grand Conseil objecte rarement à ce type de proposition, puisque la conversion des opposants politiques a toujours fait partie des missions que la League s'assignait. Dans ce genre de circonstances, les débordements n'étaient pas rares avant-guerre, mais il semble qu'avec l'implication croissante des femmes dans les organisations politiques, les échauffourées entre adversaires politiques soient devenues plus rares.
[772] GC, 3 avril 1924 ; GC, 3 février 1927. Edward Doran, qui reçoit un salaire de £50 pour ce travail, devient l'un des orateurs de la Primrose League les plus connus. Sur Doran, voir Annexe 3.1.2.
[773] GC, 1er octobre 1925.
[774] "To Avert a General Strike," Primrose League Gazette février 1926: 6.
[775] "The Primrose League and the Strike," Primrose League Gazette juin 1926: 2 ; GC, 3 juin 1926.
[776] "Grand Council calls for the amendment of the Trade Union Act so as to ensure to every person who is prepared to work legal protection in the exercise of his right to work". GC, 11 octobre 1926.
[777] Au sein du parti, les Labour Advisory Committees, censés regrouper les adhérents ouvriers du parti, appellent depuis le début des années 1920 à de telles réformes, mais Baldwin se refuse à légiférer sur un sujet aussi sensible. Sur le soutien dont bénéficie la réforme syndicale dans les milieux conservateurs, voir Neal McCrillis, The British Conservative Party in the Age of Universal Suffrage: Popular Conservatism, 1918-1929 (Columbus: Ohio State UP, 1998) 123-45.
[778] GC, 7 avril 1927.
[779] Austen Chamberlain lui-même est sollicité pour participer à cette résurrection de la TRL. Robert Self, ed., The Austen Chamberlain Diary Letter: The Correspondence of Sir Austen Chamberlain with his sisters Hilda and Ida, 1916-37 (Cambridge: Cambridge UP/Camden 5th Series, 1995) 124.
[780] GC, 1er novembre 1923.
[781] "Grand Council gives Baldwin their continued support in his patriotic efforts to restore and safeguard our National Industry". GC, 13 décembre 1923.
[782] Le chef de file de l'Empire Economic Union n'est autre que Page-Croft, qui a été Chancelier de la League en 1929. Au sein de la League, l'influence de Page-Croft se manifeste aussi lorsque le Grand Conseil adresse ses félicitations au Chancelier de l'Échiquier après l'adoption de l'Import Duties Act. GC, 3 mars 1932. La conversion des instances de la League à un protectionnisme plus affirmé est semblable à celle du parti dans son ensemble, qui finit par voir dans une révision complète de la politique commerciale de la Grande-Bretagne le seul moyen de résorber le chômage.
[783] GC, 6 mars 1930.
[784] GC, 8 octobre 1936. En 1936, Page-Croft s'assure du soutien du Conseil Divisionnel de la League pour le Nord de Londres pour les festivités en question. GC, 3 décembre 1936. Le prestige dont jouit Page-Croft auprès des autorités de la League est d'ailleurs un signe probant de la droitisation du mouvement. Dans l'entre-deux-guerres, Page-Croft, ancien du National Party et de la Tariff Reform League, est alors une figure de proue de la droite réactionnaire.
[785] "I don't think the League's money should go that way for London alone, they have every chance of hearing great speakers and great men, which we have not". GC, 11 avril 1929.
[786] GC, 28 juin 1918. C'est en vertu de l'excessive centralisation qu'exerce le Grand Conseil et du peu de soutien que l'instance dirigeante du mouvement accorde aux habitations que Mr Crowe, secrétaire de l'habitation de Halifax, explique sa décision de mettre un terme à son association avec la League et de former à la place une Women's Unionist Association.
[787] GC, 6 mars 1930.
[788] GC, 28 juin 1918.
[789] "Sir Fenton Aylmer declares himself opposed to the sale of honours in the Primrose League as it is a source of weakness for our organisation". GC, 13 janvier 1921.
[790] GC, 27 novembre 1936.
[791] Sur les conflits entre hommes et femmes au sein du parti dans les années 1920 et 1930, voir Joni Lovenduski, Pippa Norris and Catriona Burness, "The Party and Women," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century: The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 619-21
[792] Sur les craintes que suscite dans les milieux politiques le Women's Party de Christabel Pankhurst, voir Véronique Molinari, "Les conséquences du droit de vote des femmes dans l'entre-deux-guerres en Angleterre," Thèse, Grenoble, 1998, 232-38.
[793] "These Junior Branches are not possible in a Habitation like ours". Kendal, Cumbria Record Office, Morland and Shap Habitation Minute Book, WDX/1105/6, Annual Report, 1935-36.
[794] Dans The Tories and the People, Martin Pugh laisse entendre que la Junior Imperial League demeure obstinément masculine dans les années 1920. Mais les travaux de Neal McCrillis montrent que tel n'était pas le cas, puisque d'après lui, les filles sont admises au sein de la JIL dès 1918. Pour autant, la mixité convient mieux à la Primrose League, car c'est l'un des fondements du mouvement depuis sa création, tandis qu'au sein de la Junior Imperial League, certains responsables sont peu enthousiasmés par l'arrivée de jeunes filles dans leur organisation. McCrillis cite quelques exemples de tensions entre garçons et filles au sein de la JIL, et évoque les réserves qu'ont certains des responsables de ce mouvement concurrent de la League à l'égard de la présence de membres féminins au sein de leur organisation. La souplesse des autorités de la Primrose League sur la question de la mixité dans leurs sections de jeunesse explique peut-être pourquoi les Primrose Buds et les "Juvenile Sections" du mouvement aient rencontré plus de succès que la Junior Imperial League. Neal R. McCrillis, The British Conservative Party in the age of Universal Suffrage: Popular Conservatism, 1918-1929 (Columbus: Ohio State UP, 1998) 96.
[795] GC, 4 novembre 1920.
[796] En juillet 1939, dans un contexte international tendu, les responsables des sections enfantines se félicitent du succès du "Junior Primrose League Physical Training Rally", manifestation sportive au cours de laquelle, observent avec satisfaction les délégués des sections de jeunesse, les jeunes membres du mouvement ont fait preuve d'un haut degré d'aptitude physique et d'efficacité. GC, 6 juillet 1939. La crise de Münich a permis de faire remonter à la surface les discours sur la préparation physique de la jeunesse qui étaient courants entre la fin de la Guerre des Boers et le début de la Première guerre mondiale, lorsque les tenants de " l'efficacité nationale " s'étaient inquiétés du nombre conséquent de jeunes volontaires qui, au début de la Guerre en Afrique australe, n'avaient pas pu rejoindre les rangs de l'armée britannique en raison de leur état de santé.
[797] Le mouvement scout a bien des affinités avec la League. Patriotique et impérialiste avant 1914, il repose aussi sur la même conception chevaleresque du service que la League. Sur le nationalisme scout avant-guerre, voir Sam Pryke, "The popularity of nationalism in the early Boy Scout movement," Social History 23.3 (1998): 309-24. Au tournant du siècle, la presse enfantine semble avoir véhiculé un discours impérialiste semblable à celui de la League. Pour une vue d'ensemble sur les magazines pour enfants à l'époque, voir Rosie Findlay, "Small Print: The Golden Age of Children's Periodicals in Great Britain," Cahiers Victoriens et Edouardiens 55 (2002): 53-67.
[798] Sur l'évolution internationaliste du scoutisme britannique après 1918, voir Paul Wilkinson, "English youth movements," Journal of Contemporary History 4.2 (1969): 17.
[799] GC, 13 janvier 1921.
[800] GC, 4 octobre 1923. Dans les années 1930, ce sont les galas de natation qui semblent avoir été particulièrement prisés chez les jeunes membres du mouvement. GC, 3 novembre 1932.
[801] La dimension sociale et politique de la pratique sportive fait depuis peu l'objet d'une investigation historique systématique outre-Manche. Pour une introduction aux problèmes théoriques suscités par ce nouvel objet, et sur l'état d'avancement des travaux historiographiques qui abordent la question, voir Jeffrey Hill, "Sport and Politics," Journal of Contemporary History 38.3 (2003): 355-61 ; Richard Holt, "Sport and History: The State of the Subject in Britain," Twentieth Century British History 7.2 (1992): 231-52.
[802] "Both we and the Socialists realise that youth organizations cannot be successful without sport. It teaches some of the lessons of life. The most important thing in life is never to be above your job. If you take part in a cricket or football match you will not be asked which position in the field you would prefer. The thing is to do your little job well". Pugh, The Tories and the People 183.
[803] GC, 7 juin 1930. Á eux seuls, les jeunes compétiteurs sont au nombre de 800, mais la manifestation attire bien plus de monde encore. Les photos publiées dans la Primrose League Gazette montrent un stade bondé, dont les gradins sont remplis par les parents venus assister aux compétitions. Ce type de manifestation a sans doute aussi servi à la League à réaffirmer publiquement son caractère familial, ce qui constitue dans l'entre-deux-guerres le trait distinctif de la League. Les autres organisations conservatrices sont en effet rarement mixtes, et aucune n'intègre comme le fait alors la League des publics intergénérationnels. Pour les documents photographiques mentionnés, voir Primrose League Gazette 3 juillet 1930: 6.
[804] GC, 16 avril 1931.
[805] "If I were Prime Minister". "What can I do for my country?" GC, 2 février 1933.
[806] GC, 2 février 1933.
[807] GC, 5 mars 1936 ; 11 juin 1936.
[808] "Mr Hillary suggests that we set up a course of Étiquette for the large class of girls who do not understand the niceties attached to attendance at receptions". GC, 3 mars 1932.
[809] "Lady Jersey asks the Primrose League to be vigilant about the danger of the National Young Labour League, which is to teach children a camouflaged communism". GC, 7 octobre 1920. Un autre exemple de la méfiance de la League à l'égard de la pédagogie dispensée par ses rivaux à gauche se manifeste encore quelques années plus tard, dans une prise de position qu'on a évoquée précédemment, à savoir le soutien du Grand Conseil au projet de loi du capitaine Holt, qui vise à prévenir l'enseignement des Sunday Schools communistes, qualifié de "seditious and blasphematory". GC, 13 octobre 1927.
[810] GC, 3 février 1921.
[811] GC, 6 novembre 1928 ; 3 novembre 1932 ; 12 octobre 1933. Dans le dernier rapport où la question est évoquée, celui de 1933 qui a trait aux Beaconsfield Branches, les rédacteurs du document espèrent qu'une embellie interviendra dans la santé de ces sections, car, d'après les rapporteurs, "it is very important to get hold of young women and men and to hold them in the League after the difficult age when so many are lost to our ranks". De toute évidence, passés vingt ans, les jeunes conservateurs préfèrent soit mettre un terme à leur engagement partisan, soit se joindre aux Young Britons, dont les liens avec le parti sont plus étroits, et plus propices à servir les ambitions des plus motivés d'entre eux.
[812] GC, 6 avril 1933.
[813] GC, 6 décembre 1934.
[814] GC, 1er mars 1934. L'habitation d'Eastbourne est présidée par Miss Thornton, maire d'Eastbourne à partir de 1934, et à la fois membre du Grand Conseil des Dames et du Junior Branch Committee. L'antenne de Croydon est depuis l'après-guerre l'habitation la plus prospère du pays. Les députés de cette localité de la banlieue de Londres sont les uns après les autres membres du Grand Conseil. Lorsque la première historienne du mouvement, l'Américaine Janet Robb, cherche à la fin des années 1930 à interviewer des membres actifs de la League, c'est vers les cadres de l'habitation de Croydon qu'elle se tourne, car cette habitation est l'une des rares à encore prospérer.
[815] GC, 22 avril 1937.
[816] Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," 63.
[817] Sur la professionnalisation de l'appareil conservateur dans les années 1920, voir Monica Charlot, La démocratie à l'anglaise: Les campagnes électorales en Grande-Bretagne depuis 1931 (Paris: Armand Colin/Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1972) 351-64.
[818] CC, 25 mars 1931.
[819] GC, 7 février 1933.
[820] Jenkins fait observer que c'est en effet Disraeli qui est l'architecte du consensus politique d'après 1945. Après-guerre, le conservatisme adopte une tonalité disraélienne, et le One-Nation Toryism connaît alors une deuxième vie, les valeurs sociales du conservatisme disraélien légitimant aux yeux des conservateurs l'acceptation de l'État-providence. Jenkins, Disraeli and Victorian Conservatism 144.
[821] Les dossiers que le Conservative Central Office conserve sur d'autres organisations proches du parti, comme le Junior Carlton Club, la British Housewives' League, la Junior Imperial League, la Crusade for World Government, la Hansard Society, le Bow Group, sont beaucoup plus fournis que ceux ayant trait à la Primrose League. La correspondance entre la Primrose League et le parti a été dépouillée, et il apparaît que de 1946 et 1970, les démarches de la Primrose League auprès du parti sont motivées par trois types de sujets. On trouve en premier lieu les divers témoignages de loyauté (cadeaux, lettres d'anniversaire) adressés par les membres de la Primrose League au Grand Maître Winston Churchill. Ensuite, le secrétariat de la League se manifeste auprès du Conservative Central Office afin de lui faire parvenir les fonds de soutien au parti collectés auprès des habitations subsistantes. Et enfin, si la Primrose League fait appel aux instances officielles du parti, c'est souvent lorsqu'il s'agit de suggérer aux Chanceliers ou aux Trésoriers démissionnaires des noms de remplaçants potentiels. Oxford, Bodleian Library, Conservative Party Archive, Conservative Central Office (CCO) 3/1/80 (1946) ; CCO 3/2/133 (1949-50) ; CCO 3/3/115 (1950-2) ; CCO 3/4/93 (1952-6) ; CCO 3/5/108 (1956-9) ; CCO3/6/139 (1960-5) ; CCO 3/7/44 (1966-70).
[822] Sur Roger Boaden, voir Annexe 3.1.4.
[823] GC, 8 septembre 1939.
[824] GC, 29 septembre 1939.
[825] GC, 2 novembre 1939.
[826] GC, 14 mars 1940.
[827] GC, 6 janvier 1941.
[828] Les mesures de rationnement de l'essence affectent certes l'ensemble des organisations politiques, mais la difficulté est d'autant plus grande pour la League que de nombreuses habitations sont situées en zone rurale. De plus, les effets du rationnement ne se limitent pas à la durée du conflit. Ainsi, en avril 1948, l'habitation de Morland et Shap dans le Cumberland conseille à ses membres de faire valoir auprès des autorités de rationnement qu'ils ont besoin de carburant afin de se rendre à des réunions politiques. Kendal, Cumbria Record Office, Morland and Shap Habitation Minute Book, WDX/1105/6, 6 avril 1948.
[829] En 1940, par exemple, le Grand Conseil félicite Miss Perceval, membre du Grand Conseil des Dames, pour sa participation aux opérations de soutien aux troupes. La contribution de Miss Perceval à cette campagne intitulée "Comfort for the Troops" doit en tout cas être d'ordre symbolique, puisqu'elle fête son 104ème anniversaire cette même année. GC, 5 décembre 1940.
[830] GC, 29 septembre 1939.
[831] GC, 14 mars 1940, 5 février 1941. Le fait que le Chapitre des Chevaliers Impériaux, pendant masculin du Grand Conseil des Dames, devienne l'une des sources principales de financement de la League montre toute la dépendance du mouvement à des réseaux d'inter-connaissance à caractère élitaire. Tributaires du bon vouloir de quelques personnes fortunées, les finances de la League suivent une progression très différente de celles du parti conservateur, qui après 1945 s'affranchit peu à peu de cette dépendance à l'égard de quelques donateurs en faisant appel aux contributions plus modestes, mais plus nombreuses, de ses adhérents.
[832] GC, 8 mai 1941.
[833] GC, 2 novembre 1939.
[834] GC, 14 mars 1940.
[835] Roger Boaden attribue d'ailleurs le déclin de la League après guerre à la ré-émergence du parti comme mouvement de masse, et à l'apparition du mouvement des Young Conservatives.
[836] Pour une histoire générale de l'Angleterre au vingtième siècle qui repose sur cette interprétation du nouveau consensus d'après-guerre, et qui fait de la publication du rapport Beveridge en 1942 un tournant qui témoigne de la déroute du conservatisme et de l'émergence de l'économie planifiée comme impératif politique, voir Peter Clarke, Hope and Glory: Britain 1900-1990 (London: Penguin, 1996) 213-15. Clarke rappelle aussi que la guerre a conduit à un net renforcement des syndicats, dont le nombre de membres augmente de 50% en quelques années, pour atteindre neuf millions d'adhérents en 1947.
[837] "A hole in the air (...) a family with the wrong members in control (...) irresponsible uncles and bed-ridden aunts". George Orwell, The Lion and the Unicorn: Socialism and the English Genius (1941 ; London: Penguin Books, 1982) 54, 56.
[838] "England is the most class-ridden country under the sun. It is a land of snobbery and privilege, ruled largely by the old and silly". Orwell, Ibid. 52.
[839] Orwell, Ibid. 55.
[840] "From the way men like JB Priestley speak one might imagine that nothing was being done for the great mass of the population and that this country was preserved solely for an idle crowd of parasites who never lifted a finger for the public good - all this is sheer nonsense". Stuart Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee: The Headlam Diaries 1935-1951 (Cambridge: Cambridge UP/Royal Historical Society, Camden Fifth Series, 1999), entrée du 8 mars 1941, 243.
[841] "The Europeanized and anti-patriotic intelligentsia". Orwell, The Lion and the Unicorn 48, 64.
[842] Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee entrée du jeudi 26 octobre 1942, 174.
[843] "It is really becoming somewhat marked in the way in which the Conservatives are being given no part in these big Ministry of Information meetings". Stuart Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee entrée du 14 septembre 1941, 273.
[844] "I earned disapproval because I said that active propaganda was essential for the Nat[ional] Govt. so long as Labour propaganda was so active". Ball (ed.), Ibid. entrée du 13 mars 1940, 183.
[845] "Winston is about the only asset we have in this election because I doubt whether argument or common sense can help us much with a new electorate which has been brought up on left wing nonsense without any kind of contradiction for five years". Ball (ed.), Ibid. entrée du 22 mai 1945, 460.
[846] Les membres du Grand Conseil signalent à de nombreuses reprises l'ampleur de la propagande travailliste au cours de la guerre, et lord Ebbisham utilise le vecteur des habitations encore en ordre de marche pour se tenir informé des agissements des adversaires du parti conservateur. GC, 2 novembre 1939 ; 6 juin 1940 ; 3 avril 1941 ; 16 septembre 1943.
[847] "It is odd how quickly propaganda has an effect upon the crowd - one might think that Russia was of more importance to us than our own country". Ball (ed.), Ibid. entrée du 29 mai 1942, 316-317.
[848] GC, 7 janvier 1943.
[849] Pour une interprétation qui définit les années 1940 comme le triomphe de l'idéal professionnel, que Perkin oppose à l'organisation statutaire qui avait sous-tendu jusqu'alors la hiérarchie sociale, voir Perkin, The Rise of Professional Society 359-80.
[850] Mark Girouard, The Return to Camelot: Chivalry and the English Gentleman (New Haven: Yale UP, 1981) 290 ; Martin Wiener, English Culture and the Decline of the Industrial Spirit, 1850-1980 (Cambridge: Cambridge UP, 1981) 162-63.
[851] Marcus Collins, "The fall of the English gentleman: the national character in decline, c. 1918-1970", Historical Research 75.187 (2002): 90-111.
[852] "I would have England turn again to Disraeli for inspiration, for that would be to return again to the land (...) to invigorate the national life and to maintain the strength and health of our nation". George Stapledon, Disraeli and the New Age (London: Faber and Faber, 1943) 5.
[853] [The Beveridge Plan] will only more blind the eyes of the people to spiritual values, and perhaps also make less demands on the people of the country to display individual initiative". Stapledon, Ibid. 167.
[854] "To propound principles based on the needs of our human nature in its totality, spiritual, mental and physical - to which we must adhere if, in very truth, we desire to found a new age built on something nobler than material foundations and that will satisfy the true and inherent aspirations of man". Stapledon, Ibid. 8.
[855] GC, 4 mars 1943.
[856] "Whenever 'young Tories' try to be 'progressive', they quote Dizzy and produce a watered down Socialist programme, very much like the Conservative Party programme only expounded more vigorously - sometimes almost ferociously, as something entirely new". Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee, entrée du 11 octobre 1944, 424-25.
[857] "Not the least decision taken during the War". Robert Shepherd, Iain Macleod: A Biography (1994 ; London: Pimlico, 1995) 63.
[858] La présence de Quintin Hogg n'est signalée qu'une seule fois dans les registres du Policy Committee Minute Book. Policy Committee Minute Book, 2 mai 1945.
[859] Policy Committee Minute Book, 3 mars 1945.
[860] "We should determine whether the young are or are not going to talk politics, and make up our minds whether we are political or non-political". GC, 7 décembre 1944.
[861] "In this we have a very great advantage over Conservative Clubs and can often get people into the Primrose League who would not join the Conservative Club". GC, 7 décembre 1944.
[862] "To give the electors who are wavering between the parties the opportunity they need to join an association the principles of which, God, King and Empire, they can easily understand". GC, 7 décembre 1944.
[863] Sur la carrière de Churchill comme Grand Maître, voir Annexe 4.7. Sur Kingsley Wood, voir Annexe 4.6.
[864] En témoigne entre autres une circulaire émanant du quartier général de la League, envoyée à toutes les habitations, en vue de collecter des fonds pour le 80ème anniversaire de Churchill. Cumbria Record Office, Kendal, Morland and Shap Habitation, WDX/1105/6, 25 octobre 1954.
[865] Policy Committee Minute Book, 8 janvier 1947. Deux ans plus tard, les membres du Grand Conseil accordent leur soutien à l'International Churchill Group, un cercle d'admirateurs de l'homme d'État. Policy Committee Minute Book, 2 mars 1949.
[866] "Winston made an oration today to the Primrose League which is being revived - God only knows why". Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee entrée du samedi 19 avril 1947, 501.
[867] Sur le caractère aristocratique de la pensée politique de Churchill, voir Paul Addison, "Winston Churchill and the Working Classes, 1900-14," in Jay Winter (ed.), The Working Classes in Modern British History: Essays in Honour of Henry Pelling (Cambridge: Cambridge UP, 1983) 43-64.
[868] Churchill Papers, catalogue en ligne, CHUR 5/61A-C, discours de soutien à Eden prononcé en mai 1957.
[869] "He [Winston Churchil] is not, and never has been, a party man. He has always been too much interested in himself to run a party". Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee entrée du samedi 23 février 1947, 480.
[870] Je dois cette information à Roger Boaden.
[871] Policy Committee Minute Book, 7 novembre 1945.
[872] Policy Committee Minute Book, 2 mai 1945.
[873] Policy Committee Minute Book, 3 novembre 1960 et 26 juillet 1961.
[874] Sur lady Roberts, voir Annexe 2.5.6.
[875] Kendal, Cumbria Record Office, Morland and Shap Habitation Minute Book, WDX/1105/6, 25 mai 1955.
[876] Le bénéficiaire en question est le Brampton and District War Memorial Cottage Hospital, qui a reçu en 1946 des sommes attribuées par l'habitation de Low Row. http://www.brampton.co.uk/charities, page web consultée le 5 février 2003.
[877] Henley Standard 20 mars 1953: 7. L'habitation d'Henley, située dans la région londonienne comme la plupart des antennes subsistantes, est même dotée d'un comité d'éducation continue, qui organise des expositions d'artisanat. En 1953, le rapport annuel de l'habitation signale un accroissement du nombre de membres, mais c'est l'une des rares antennes du mouvement à pouvoir se vanter de connaître un regain de prospérité.
[878] Sur cette éphémère institution conservatrice, qui disparaît en 1951, voir Paul Martin, "The Vermin Club, 1948-51," History Today 47.6 (1997): 17-22. Bevin avait condamné les tories, et en particulier leur attitude à l'égard du chômage dans les années 1930, dans ces termes : "So far as I am concerned they are lower than vermin. They condemned millions of first-class people to semi-starvation".
[879] John Ramsden a consacré un article à la question, dont les conclusions tendent à minimiser l'ampleur des changements opérés dans l'organisation du parti après-guerre. Voir John Ramsden, "'A Party for Owners or a Party for Earners': How Far did the British Conservative Really Change after 1945 ?," Transactions of the Royal Historical Society 37 (1987): 414-24.
[880] Stuart Ball, The Conservative Party and British Politics 1902-1951 (Harlow: Longman, 1995) 109.
[881] Kendal, Cumbria Record Office, Morland and Shap Habitation Minute Book, WDX/1105/6, 27 mars 1953.
[882] L'oblitération progressive des questions religieuses et confessionnelles au sein du Parti conservateur au cours du vingtième siècle est traitée de manière synthétique par Peter Catterall, "The Party and Religion," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 637-70.
[883] Dans sa thèse, Gérard Mignard consacre un chapitre au conservatisme extrémiste, impérialiste et réactionnaire des années 1960. L'existence même d'un mouvement tel que la League of Empire Loyalists illustre en tout cas l'inertie de la Primrose League sur les questions impériales, qui ne prend pas part à la révolte conservatrice contre la politique de décolonisation de Macmillan. Sur la League of Empire Loyalists, voir Jean-Pierre Mignard, "Historique du Monday Club", Thèse, Paris, 1999, 34
[884] Sur la quasi-absence d'opposition à l'India Independence Bill de 1947 dans les rangs conservateurs, voir Nicholas Owen, "The Conservative Party and Indian Independence, 1945-47," Historical Journal 46.2 (2003): 403-36.
[885] "India is a very heavy burden to us. Modern air squadrons are worth more than overseas territories". Cité dans Holland, The Pursuit of Greatness: Britain and the world role, 1900-70 (London: Macmillan, 1991) 196.
[886] "We should fall into line and keep abreast of the times". Policy Committee Minute Book, 22 février 1960.
[887] "The term Commonwealth is better suited to modern times (...) It refers to a nobler concept than Empire (...) If the word Empire were replaced by Commonwealth, there would still be something to remind older members that there once was an Empire". Policy Committee Minute Book, 22 février et 13 avril 1960. On sent la même nostalgie impériale sous la plume de Cuthbert Headlam, qui quelques années auparavant écrivait dans son journal : "it is very painful to have lived to see the end of an epoch when England meant so much to the rest of the world and when one had such pride in being an Englishman. Perhaps - and pray God it may be so - this strange new 'British Commonwealth' which is emerging into existence (on paper at any rate) may fill the place of the 'British Empire' which my generation knew about and served?" Ball (ed.), Parliament and Politics in the Age of Churchill and Attlee entrée du 31 décembre 1949, 613.
[888] L'épisode est décrit dans Robert Shepherd, Enoch Powell: A Biography (London: Pimlico, 1997) 380-83.
[889] "The value of that prescriptive institution is that it provides a second chamber constituted on a principle basically distinct from that of this house, a principle which does not enable it seriously to defy the wishes of this House, but which also enables it on many questions to take a different point of view from this House. It can often be a point of view which reflects just as well and importantly what is being felt and thought in the country, and deserves to be taken into account by the legislature". Cité dans Shepherd, Enoch Powell 382
[890] Entretien avec Jane Maurin, 6 juillet 2003.
[891] Entretien avec Roger Boaden, 16 juin 2003.
[892] Pour l'évolution du profil social des parlementaires conservateurs après-guerre, voir Robert Garner and Richard Kelly (eds.), British Political Parties Today (Manchester: Manchester UP, 1998) 84-87. Entre 1945 et 1997, la part de députés conservateurs issus d'Eton chute de 28% à 7%, tandis qu'en termes professionnels, cadres supérieurs du privé et membres des professions libérales représentent en moyenne les trois quarts du groupe parlementaire entre 1945 et 1997, et parfois même jusqu'à 80% des troupes parlementaires conservatrices, comme en 1983. Le reste des députés conservateurs sont issus des milieux du journalisme, de l'édition, de l'agriculture, de l'enseignement et de la propriété terrienne.
[893] Sur l'organisation du parti après 1945, voir Stuart Ball (ed.), The Conservative Party since 1945 (Manchester: Manchester UP, 1998).
[894] Sur l'évolution du parti après-guerre, sur la centralisation du pouvoir et la dégradation du statut et de l'autonomie des sections locales, voir Susan Scarrow, Parties and their Members: Organizing for Victory in Britain and Germany (Oxford: Oxford UP, 1996) 203-8. Chez les conservateurs, la collecte de fonds n'échappe pas à cette tendance vers une centralisation accrue, puisque la part des contributions financières des sections locales est négligeable (1%), comparée aux ressources que le Central Office obtient des grandes entreprises et des donateurs privés (83% du budget du parti en 1995). Garner and Kelly, British Political Parties Today 206.
[895] Le nombre d'adhérents travaillistes connaît la même érosion, car il passe de 1 014 000 en 1952 à 266 000 en 1993. Scarrow, Parties and their Members 75.
[896] La décrue du nombre de militants dans les partis des démocraties occidentales a donné lieu à l'émergence d'une littérature abondante sur les processus de dépolitisation. Pour une première approche, voir G. Vedel, La dépolitisation : mythe ou réalité (Paris: Armand Colin, 1962).
[897] Martin Satz and Hans Geser (eds.), Local Parties in Political and Organisational Perspective (London: Westview Press, 1999) 34.
[898] Sur la manière dont la radio nuit au succès des tournées électorales des politiciens locaux, voir Brennan, "The Conservative Party in the Constituencies, 1918-1939," 224-30.
[899] Parmi les groupuscules qui rassemblent les eurosceptiques militants, on peut mentionner le CAFE (Conservatives Against a Federal Europe), ou le Centre for Policy Studies. Pour un aperçu sur les chapelles anti-européennes au sein du parti dans les années 1990, voir "The Tories and Europe. Neither in nor out", The Economist 5 juillet 2003: 36.
[900] Sur les dissensions conservatrices au sujet de l'Europe, des années 1970 au milieu des années 1990, voir Pauline Schnapper, La Grande-Bretagne et l'Europe: Le grand malentendu (Paris: Presses de Sciences Po, 1997) 74-79, 136-38.
[901] Sur les différends entre Thatcher et l'épiscopat anglican, voir Peter Catterall, "The Party and Religion," in Anthony Seldon and Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 657-64.
[902] Dans la terminologie de l'époque, les partisans du One-Nation Toryism sont surnommés les "wets". Les autres grandes figures de ce courant sont alors lord Hailsham, Norman St John Stevas, éditeur des écrits et de la correspondance de Walter Bagehot, et lord Thorneycroft, un ancien du Tory Reform Group du début des années 1940, qui déjà à l'époque se réclamait de l'héritage de Disraeli. Aucun d'entre eux n'est alors proche de la Primrose League.
[903] Ian Gilmour and Mark Garnett, Whatever Happened to the Tories: The Conservative Party since 1945 (London: Fourth Estate, 1997) 385. Gilmour, comme les autres "wets" de l'époque thatchérienne, ne juge pas opportun de se rapprocher de la League. Dans les années 1970 et 1980, le caractère confidentiel et archaïque de la League dissuade sans doute tous ces disraéliens de s'investir dans un mouvement qui honore pourtant la mémoire de leur mentor politique.
[904] Sur les réformes syndicales, administratives et sociales sous Margaret Thatcher, voir Jean-Claude Sergeant, La Grande-Bretagne de Margaret Thatcher 1979-1990 (Paris: PUF, 1994) 83-119, 123-77.
[905] Lord Carrington, lord Hailsham et lord Soames font partie des rares spécimens aristocratiques figurant dans les gouvernements Thatcher. Pour la composition des gouvernements Thatcher, voir Alan Sked and Chris Cook, Post-War Britain: A Political History (London: Penguin Books, 1993) 331-32 et passim.
[906] En 2000, John Major a exhorté les tories à se réapproprier le One-Nation Toryism, tandis que Ian Duncan Smith a régulièrement essayé de se présenter comme un héritier de Disraeli. À en juger par les premières déclarations de Michael Howard, qui a remplacé Duncan Smith à la tête du parti le 29 octobre 2003, le One-Nation Toryism devrait effectivement refaire surface à l'avenir, une évolution envisagée avec scepticisme par le Guardian. Sur Major et le One-Nation Torysm, voir "Major urges Tories to reach out," BBC NEWS, 2 octobre 2000, édition en ligne. Sur Duncan Smith, voir "I'm a one-nation Tory : Ian Duncan Smith," The Hindu, 27 août 2001, édition en ligne. Sur Michael Howard, voir "Howard pledges to unite one-nation Tories," The Scotsman, 31 octobre 2003, édition en ligne. Sur l'attitude du Guardian à l'égard de cette résurgence du conservatisme social, voir "Tories for the poor? A likely story," The Guardian 26 mai 2003, édition en ligne.
[907] Sur les ligues dédiées à la dimension impériale de la Grande-Bretagne, on se reportera au premier recensement effectué par John McKenzie dans un ouvrage consacré à l'impérialisme populaire. L'intérêt pour ce type de mouvements, et, plus généralement, pour le phénomène du patriotisme en Grande-Bretagne, a été stimulé dans les années 1980 par la Guerre des Malouines. Ce conflit, qui s'est accompagné d'une résurgence du sentiment patriotique, a conduit les chercheurs britanniques à interroger l'importance de cet élément dans la culture populaire, en particulier à la fin du dix-neuvième siècle et jusqu'avant 1914. Voir John McKenzie, "Imperial Propaganda Societies and Imperial Studies," Propaganda and Empire: The Manipulation of British Public Opinion, 1880-1960 (Manchester: Manchester UP, 1984) 147-72.
[908] "Upon those points on which they are precise they are not agreed, and upon those points upon they are agreed they are not precise". Andrew Roberts, Salisbury: Victorian Titan (1999 ; London: Phoenix, 2000) 476.
[909] "In spite of any formula, in spite of any cry of Free Trade, if I saw by raising the duty on knives, or threatening to raise it, I could exercise pressure on a foreign Power, inducing it to lower rates and give relief, I should pitch orthodoxy and formulae to the winds and exercise pressure". Roberts, Salisbury 476.
[910] Ewen Green recense quarante-sept députés partisans de la Fair Trade League au cours des années 1880. Seuls sept d'entre eux appartiennent aussi à la Primrose League. Voir Ewen Green, The Crisis of Conservatism. The Politics, Economics and Ideology of the British Conservative Party, 1880-1914 (London: Routledge, 1995) 334.
[911] Après la Guerre des Boers, les travaux de la Royal Commission on Physical Training en 1902, puis du Committee on Physical Deterioration en 1903, confirment les problèmes détectés lors du conflit. On découvre alors que la pauvreté, en particulier en milieu urbain, nuit au bon développement physique des classes laborieuses. Sur le travail de ces commissions, voir Richard Soloway, "Counting the Degenerates: The Statistics of Race Deterioration in Edwardian England," Journal of Contemporary History 17 (1982): 137-64.
[912] Tout comme son homologue allemande, la Deutscher Wehrverein, la NSL apparaît comme une contestation de l'intérieur des politiques poursuivies par le Parti unioniste, qu'il s'agit pour l'un des ses responsables, Lord Milner, d'orienter en direction d'une démocratisation accrue et d'une promotion de l'efficacité nationale. De ce fait, la NSL, tout comme la Wehrverein en Allemagne, constitue en partie une attaque contre le principe organisateur des partis de droite traditionnels, l'Honorationenpolitik, terme qui désigne la déférence sociale comme ressort de la légitimité au sein de ces partis. L'accent que quelqu'un comme Milner place sur la rétribution des compétences et la valorisation d'une organisation (qu'elle soit politique ou navale) fondée sur l'efficacité va à l'encontre du modèle déférent et hiérarchique que véhicule la Primrose League. Pour une analyse de la Wehrverein et de son rôle dans le système politique wilhelmien, voir Marilyn Shevin Coetzee, "The Mobilization of the Right ? The Deutscher Wehrverein and Political Activism in Würtemberg, 1912-1914," European History Quarterly 15 (1985): 431-452.
[913] "We regard the Liberty and Property Defence League as a dangerous group which engenders more socialism in one week than it prevents in a year by its wholesale opposition to all proposals which make for the people's welfare". Harold Perkin, The Rise of Professional Society: England since 1880 (1989 ; London: Routledge, 1993) 148-49.
[914] Au cours des premières années de la Navy League, ses dirigeants prennent garde de ne pas identifier leur mouvement à la Primrose League, afin de préserver le caractère apolitique de la Navy League. Mais vers 1910, ces scrupules initiaux sont abandonnés. La Primrose League et la Navy League travaillent de concert dans une dénonciation commune de la politique navale du gouvernement libéral. La collaboration entre les deux mouvements est d'ailleurs tellement bien menée que dans certains districts ruraux, on confond souvent ces deux ligues. Navy League Journal, juillet 1906, cité dans Frans Coetzee, For Party or Country: Nationalism and the Dilemmas of Popular Conservatism in Edwardian England (Oxford: Oxford UP, 1990) 122.
[915] En janvier 1914, Churchill parvient toutefois à se regagner les sympathies des milieux navalistes et tory en imposant une hausse des crédits de la Navy à un gouvernement libéral dont les sympathisants sont pourtant largement hostiles à une telle politique. Pour le soutien alors apporté à Churchill par les conservateurs, voir "A Sea Change," Punch 14 janvier 1914, cité dans Rhodri Williams, Defending the Empire: The Conservative Party and British Defence Policy 1899-1915 (New York: Yale UP, 1991) 212.
[916] Frans Coetzee a analysé l'origine professionnelle des principaux souscripteurs de la TRL. Les propriétaires de houillères, les patrons de la métallurgie, les armateurs, les négociants et les éditeurs sont les professions les plus représentées. Banquiers, assureurs, industriels du textile, patrons de la grande distribution et de l'industrie ferroviaire sont par contre nettement moins présents, tandis que les secteurs industriels récents (et compétitifs), comme la chimie ne figurent pas parmi les donateurs qui financent la TRL. Voir Coetzee, For Party or Country 66-67.
[917] Sur la manière dont les milieux libéraux accusent la TRL d'être un agent de corruption électorale, voir en particulier Frans Coetzee, "Pressure Groups, Tory Businessmen and the Aura of Political Corruption before the First World War," Historical Journal 29.4 (1986): 833-52.
[918] Lorsqu'en 1913, Henry Page-Croft devient président de la Fédération de la TRL pour le Lancashire, le Cheshire et les Comtés du Nord-Ouest, ce groupement régional compte 50.000 partisans. Voir Andrew S. Thompson, Imperial Britain: The Empire in British Politics c. 1880-1932 (Harlow: Longman, 2000) 42.
[919] "The old, quiet, peace-loving Conservatives". Coetzee, For Party or Country 61.
[920] "Our policy is a popular policy. We are bound to defend the cause of the people against Socialism, because we believe that cause to be identified with public freedom and private property. The State has a province of its own, and in that province it can do great things for the welfare of the people, but the State cannot embark on industry without loss, on universal control without tyranny, on expropriation without robbery, and on Socialism, in short, without disaster. We shall, therefore, support the cause of Social Reform, the whole system of private production, private industry, and private ownership under which the Empire has grown great". Coetzee, For Party or Country 103.
[921] Remerciements à Kathryn Rix pour les données qu'elle a bien voulu nous transmettre sur les relations entre les agents conservateurs et la Primrose League. Plus généralement, sur la question des agents électoraux, de la professionnalisation de cette activité et sa place dans le système politique britannique, on consultera avec profit la thèse de Ms Rix. Voir Kathryn Rix, "The Party Agent and English Electoral Culture, 1880-1906," PhD, Cambridge, 2001.
[922] "His bigotry over the Prayer Book disgusted me more than anything he did". P. Williamson (ed.) The Modernisation of Conservative Politics: The Diaries and Letters of William Bridgeman 1904-1935 (London: The Historian's Press, 1988) 233.
[923] En annexe de son ouvrage sur les grandes dames impérialistes avant 1914, Julia Bush fournit des fiches biographiques sur un certain nombre de personnes appartenant aux milieux impérialistes, qui ne se limitent d'ailleurs pas aux sympathisantes conservatrices, la cause impérialiste transcendant dans une large mesure les divisions politiques. Le travail prosopographique effectué par Julia Bush permet de jauger l'influence de ces personnalités impérialistes, et la multiplicité de leurs engagements publics, qui englobent les sociétés d'aide à l'émigration et les organisations destinées à promouvoir l'unité impériale. Voir Julia Bush, Edwardian Ladies and Imperial Power (London: Leicester UP, 2000) 212-22.
[924] "We are convinced that the pursuit of a mere outward equality with men is for women not only vain but demoralising. It leads to a total misconception of woman's true dignity and special mission. It tends to personal struggle and rivalry, where the only effort of both the great divisions of the human family should be to contribute the characteristic labour and the best gifts of each to the common stock". The Nineteenth Century juin 1889, cité dans Patricia Hollis (ed.), Women in Public 1850-1900: Documents of the Victorian Women's Movement (London: George Allen & Unwin, 1979) 322-28.
[925] "When I became a dame of the Primrose League, it was with the hope, a hope shared by many others, that if we worked successfully for the League, our reward would be the vote. In the division where I reside there is no doubt the dames of the Primrose League 'lifted in' the candidate, as he himself expressed it. Notwithstanding the really hard work of the dames, they are still to be kept as 'hewers of wood and drawers of water', as one of our presidents [the Dowager Duchess of Marlborough] has protested against our being allowed our political freedom". Women's Suffrage Journal 2 septembre 1889, cité dans Patricia Hollis (ed.), Women in Public 1850-1900: Documents of the Victorian Women's Movement (London: George Allen & Unwin, 1979) 328.
[926] En 1922, lady Astor fait l'objet d'attaques dans la presse locale. Les critiques à l'encontre de lady Astor émanent d'un certain Mr Spencer, qui laisse entendre devant les membres de l'habitation de Plymouth que lady Astor serait favorable à une politique de prohibition semblable à celle en vigueur aux États-Unis. Le lobby de l'industrie de l'alcool a les mêmes préventions à son égard, comme en atteste un article du Harper's Wine and Spirit Gazette. Reading University Library, Lady Astor Papers, MS1416/1/1/1735, Western Morning News 26 juin 1922 ; MS1416/1/1/1735, Harper's Wine and Spirit Gazette 8 avril 1922.
[927] "The Parliamentary system requires membership of a political party. My party have allowed me a degree of independence which would never be tolerated within the Labour Party. For when you elected me, I did not become a tied delegate or a voting machine". Reading University Library, Lady Astor Papers, MS1416/1/1/1800, profession de foi pour les élections de 1935. Cette méfiance vis-à-vis de l'esprit partisan que professe lady Astor est l'une des constantes de sa carrière publique. En 1922 par exemple, lady Astor déclarait déjà : "Trust no party, but bring your demands to all parties", MS1416/1/7/47, Daily Sketch 31 janvier 1922.
[928] "The stand which Lady Astor makes for the great moral issues and the earnest work she is doing for women and children, both in Parliament and in the country, makes her services invaluable. We cannot afford to lose her". Reading University Library, Lady Astor Papers, MS 1416/1/7/47, f. 94, Western Morning News and Mercury 17 mars 1922.
[929] "Quite honestly, I feel that the Primrose League in some parts of the country isn't really worth reviving, but I only wish that it was as flourishing elsewhere as it is in Plymouth". Reading University Library, Lady Astor Papers, MS1416/1/1/1734, lettre de lady Astor à Mr Briggs, Plymouth Sutton Divisional Association, 3 janvier 1922.
[930] "Aristocratic hangers-on and needy relations". England, 26 juillet 1887: 7, cité dans Robb, The Primrose League 63.
[931] "The most invigorating tonic for reviving a dormant habitation (...) to him, the Primrose League was something in the nature of a Church (...) the progenitor of the League". Primrose League Gazette, avril 1918: 7.
[932] "I doubt the Primrose League coming to anything : there is too much unlimited obedience to suit English tastes". "I suppose we shall have no common-place name. What do you say to Vavasours ?" Salisbury pensait que le succès de la Primrose League était la manifestation d'un trait caractéristique de l'esprit britannique, qu'il définissait comme le "flunkeyism", ce respect obséquieux et admiratif qu'inspirait au peuple ou la noblesse ou la fortune. Roberts, Salisbury 277-278.
[933] "In the direction of morality and religion". Salisbury dans un discours prononcé devant les membres de la Primrose League à Édinbourg en décembre 1888. Cité dans Roberts, Salisbury 503.
[934] "There is no incident in the history of opinion so striking as the sudden change which has taken place in the latter half of the century in the view which people of the country take in regard to the Empire which they possess. But the strange thing is (...) that this remarkable change in public opinion is almost absolutely synchronous with the birth and development of the Primrose League". Discours de Salisbury prononcé en mai 1900 à l'Albert Hall lors de la Grande Habitation, cité dans Robb, The Primrose League 175.
[935] "Not a very attractive subject for such an audience". Morning Post, 20 avril 1899 ; 12 mai 1904, cités dans Robb, The Primrose League 66-67.
[936] "He would sooner listen to his valet for political advice than to the Conservative Party Conference". Roberts, Salisbury 287.
[937] "I am bound to say that his personality and his voice with his Glasgow accent were a little disconcerting to me at first (I felt rather as if I were addressed by my highly educated carpenter), but he inspired me with such confidence as he went on that I forgot that, and of course one has to recognise that a new era in political life has dawned for England, the old aristocratic school is practically swept out of it, it is the dawn of the new 'régime'". Lettre de lady Dawkins à lord Milner, 27 janvier 1912, Milner Papers, Box 195, cité dans John Ramsden, "The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930," Ph D, Oxford, 1974, 80.
[938] "I have had fourty years' experience of politics, most of it in the rank and file. There is nothing I ask you to do that I have not done myself. I have marked off polling cards. I have addressed enveloppes (laughter), and I have shepherded the last batch of voters from the public house (cheers and laughter)". Discours de Baldwin lors de la Conférence de la National Union en 1928, cité dans Ramsden, The Organisation of the Conservative and Unionist Party in Britain, 1910 to 1930 97.
[939] "Wilberforce, Oastler, Sadler, Shaftesbury and above all Disraeli, the great humanitarians and social prophets". Discours de Baldwin adressé aux membres de la Primrose League, 1er mai 1931, cité dans Philip Williamson, Stanley Baldwin: Conservative Leadership and National Values (Cambridge: Cambridge UP, 1999) 179. Williamson recense de nombreux hommages de Baldwin à Disraeli, qu'il considère comme un mentor. Juste après sa victoire électorale de 1924, Baldwin déclare par exemple : "I want to see the spirit of service to the whole nation the birthright of every member of the Unionist party - Unionist in the sense that we stand for the union of the two nations of which Disraeli spoke two generations ago; union among our own people to make one nation of our own people". La même année, devant les parlementaires conservateurs réunis à l'Hotel Cecil, il précise les raisons de son admiration pour l'homme d'État victorien, qui a selon lui contribué à distinguer le parti du libéralisme : "Laissez-faire, pure and undefiled, has been dead in the Tory Party since the days of Disraeli. We must for England's sake shake ourselves free from the shackles of old orthodoxies about capitalism and about labour which have ceased to have any relevance to the world we are now in or the world which we are entering". Williamson, Stanley Baldwin 224, 185.
[940] "The only one of my colleagues who has lived for years under the smoke of factory chimneys". Discours de Baldwin à Plymouth, le 25 octobre 1923, cité dans Williamson, Stanley Baldwin 190.
[941] Discours prononcé devant les membres de Primrose League, 3 mai 1935, cité dans Williamson, Stanley Baldwin 286.
[942] Williamson consacre un chapitre entier de son livre sur Baldwin à une discussion des éléments religieux qui influent sur la rhétorique politique du dirigeant conservateur. D'après Williamson, Baldwin reprend à son compte une conception de la religion propre aux victoriens, selon qui la religion chrétienne était apte à promouvoir la responsabilité sociale de l'individu et l'intégration des divers composants sociaux et identitaires de la nation. Voir Williamson, "Soul and providence," Stanley Baldwin 277-93.
[943] "To me, the country is England, and England is the country". Stanley Baldwin, On England (Harmondsworth: Penguin, 1937) 16, cité dans Gilbert Millat, "Stanley 'Bulldwin', Laboureur de Cartoons (1923-1937)", Emmanuel Roudaut (dir.), Villes et campagnes britanniques: confrontation ou (con)fusion? (Valenciennes: PU de Valenciennes, 2003). Dans cet article, Gilbert Millat analyse la copieuse iconographie, publiée entre autres dans Punch, qui met en avant le caractère rural de la personnalité publique de Baldwin.
[944] Pour cette interprétation du personnage de Baldwin comme participant d'un certain anti-industrialisme, voir Martin J. Wiener, English Culture and the Decline of the Industrial Spirit 1850-1980 (Harmondsworth: Penguin Books, 1985) 101-2.
[945] "We have become largely an urban folk, but there lies deep down in the hearts even of those who have toiled in our cities for two or three generations, an ineradicable love of country things and country beauty ; and to them, as much as and even more than to ourselves, the country represents the eternal values and the eternal traditions from which we must never allow ourselves to be separated". Discours de Baldwin du 10 février 1931, cité dans Williamson, Stanley Baldwin 248.
[946] Ces deux organisations, qui ont joué un rôle central dans l'opposition au gouvernement de coalition, ont connu un essor spectaculaire au début des années 1920. Les instances conservatrices s'inquiètent d'ailleurs de l'écho qu'elles rencontrent dans le pays, surtout auprès d'une petite bourgeoisie généralement acquise au conservatisme. En dépit de l'importance de ces deux mouvements, on en sait très peu à leur sujet, à part quelques références ici ou là dans des ouvrages généraux sur la période. Sur l'Anti-Waste League, voir, en particulier, K. O. Morgan, Consensus and Disunity: The Lloyd George Coalition Governement, 1918-22 (Oxford: Oxford UP, 1979) 79.
[947] "To educate our democracy as to what our Empire stands for and to instil through the people in this country and the Dominions belief in ourselves and in our future, that faith in our heritage which alone can bind us together in the years to come and alone enable us to progress". Discours de Baldwin à la Primrose League, Royal Albert Hall, 2 mai 1924, cité dans Williamson, Stanley Baldwin 263.
[948] "A Community of British nations (...) the sinister and militaristic imperialism". Williamson, Stanley Baldwin 264.
[949] "Once more the subaltern of the Hussars of '96, Winston Churchill, wanted the whole Tory party to go back to pre-war". Lettre de Baldwin à Davidson, 13 novembre 1930, citée dans Williamson, Stanley Baldwin 269.
[950] Punch, 14 janvier 1914, cité dans Williams, Defending the Empire 212.
[951] Churchill écrit pour le Sunday Dispatch plusieurs articles, au cours de la guerre et lors des années suivantes, où il rappelle le rôle joué par son père dans la création de la League. Churchill Papers, catalogue en ligne, CHAR 8/704.
[952] C'est le terme employé par Jane Maurin, l'une des membre de la Primrose League qu'on a pu interroger, pour décrire le profil social des membres de la League à la fin des années 1950. Le caractère de plus en plus élitiste de la League s'observe aussi dans le profil social des Chanceliers après 1945. Sir Hamilton Kerr est le seul membre des Communes à assumer cette fonction après-guerre, et lui aussi est de toute façon issu d'une famille aristocratique. Tous les autres Chanceliers sont membres des Lords. Certains le sont depuis peu suite à un anoblissement au terme de leur carrière publique, mais la plupart proviennent de vieilles familles de la noblesse (comme le comte Bathurst, ou le baron Tweedsmuir). Parmi les députés conservateurs qui continuent de soutenir le mouvement après-guerre, on peut signaler le cas de sir John Stokes, membre de la Société Monarchiste d'Oxford dans les années 1930. Sir John Stokes, auprès de qui on avait essayé d'obtenir un entretien, vient de décéder à l'âge de 85 ans. Dans l'article nécrologique que lui consacre le Guardian, il est présenté comme "a social snob, who believed Britain should be ruled by its landed aristocrats and public-school-educated gentry". Surnommé "MP for the sixteenth century" par ses pairs, Stokes fait figure d'anachronisme politique. De son vivant, Stokes a vu sa foi dans les vertus aristocratiques contredites à l'intérieur même du parti conservateur, qui avait si longtemps été associé à la noblesse. Majoritaires dans les cabinets conservateurs au début du siècle, présents en nombre aux Communes jusqu'avant 1939, les aristocrates ont graduellement vu leurs rangs s'éclaircir à Westminster, et ce jusqu'au sein des instances mêmes du parti. Lors d'une rencontre avec Margaret Thatcher en 1988, Stokes témoigna auprès d'elle de cette disparition du conservatisme aristocratique. Stokes fit part alors part à Thatcher de la déception que cette évolution lui inspirait et lui demanda s'il y avait encore de la place au sein du parti pour la noblesse et la gentry. The Guardian, 2 juillet 2003, édition en ligne.
[953] "A troglodyte (...) a political anachronism more at ease on the grouse moors than in the white heat of the technological revolution". Alan Sked et Chris Cook, Post-War Britain: A Political History (London: Penguin, 1993) 190. Marcus Collins a récemment consacré un article aux vicissitudes de la figure du gentleman anglais comme matrice du caractère national. D'après Collins, les débats sur la personne de Douglas-Home qui ont lieu au milieu des années 1960 constituent le point ultime de la chute du gentleman comme icône nationale. Les critiques adressées à Douglas-Home attestent d'une dénonciation croissante des qualités d'amateurisme auxquelles la figure du gentleman était volontiers associé. Collins cite divers exemples d'ouvrages où le gentilhomme est vilipendé, et où l'amateurisme qui le caractérise est dénoncé comme étant "the national curse of the Cult of Incompetence and of the Taboo over expertise". Marcus Collins, "The Fall of the English Gentleman: The National Character in Decline, c. 1918-70," Historical Research 75 (2002): 103-5.
[954] Dans cette catégorie, on a comptabilisé toutes les personnes ayant eu des fonctions officielles au sein d'un gouvernement conservateur ou d'un autre, que ce soit en tant que membre du Cabinet, ou, plus modestement, en tant que secrétaire parlementaire privé (Private Parliamentary Secretary) d'un des membres du gouvernement. Dans le groupe analysé, l'expérience gouvernementale la plus ancienne remontait à 1886, et la plus récente à 1929.
[955] Par militaire, on entend les officiers de l'armée régulière et de la marine, mais aussi les officiers des divers corps auxiliaires (Volunteer Force, yeomanry), si l'engagement dans ce type de troupes irrégulières a été d'une durée prolongée, ou si, lors de la Guerre des Boers ou à partir de 1914, les personnes en question ont accompagné au combat les régiments auxiliaires auxquels ils ont appartenu.
[956] La majeure partie des personnes inclues dans cette catégorie sont des juristes inscrits au Barreau qui ont mené carrière dans les milieux judiciaires, mais on trouve aussi des diplomates, des médecins, des universitaires et des hauts fonctionnaires.
[957] Ont été inclus dans cette catégorie les personnes qui sont issus d'une famille de l'aristocratie sans pour autant être héritiers directs d'un titre nobiliaire.
[958] Le nombre croissant d'individus non identifiés parmi les membres du Grand Conseil reflète deux évolutions du groupe. D'une part, il atteste de l'augmentation du nombre de femmes au sein des instances centrales de la League, ce qui manifeste l'évolution du mouvement vers une reconnaissance de leur importance dans l'organisation. C'est d'autre part le signe d'une ouverture du Grand Conseil à des personnes d'origine plus modeste, ou aux parcours publics moins prestigieux, comme le montre le nombre croissant d'individus détenteurs de mandats municipaux (Councillors) ou de distinctions honorifiques locales (Aldermen). Mais cela ne va pas sans poser problème dans le travail d'identification de ces nouvelles recrues. En effet, les outils de référence biographiques utilisés, comme le Who Was Who, sont des instruments de recherche très incomplets sur les femmes, ou sur les personnes aux carrières publiques locales. On a malgré tout cherché à identifier les femmes présentes au Grand Conseil en tentant de retrouver des éléments biographiques sur leur mari, ou leur père. Mais la tâche se complique encore lorsqu'il s'agit de jeunes femmes non mariées, de plus en plus nombreuses au sein du Grand Conseil. En effet, en l'absence de données matrimoniales, il devient alors impossible de retracer le parcours de ces jeunes femmes.
[959] Le mode de calcul adopté pour définir l'origine professionnelle des membres du Grand Conseil est légèrement différent de celui choisi dans Anthony Seldon et Stuart Ball (eds.), Conservative Century 147, 150. Seldon et Ball ne retiennent qu'une seule activité professionnelle par député, tandis que pour les membres du Grand Conseil, on a pu dans certains cas (minoritaires) inscrire les individus analysés dans plusieurs secteurs d'activités à la fois, par exemple les personnes à la fois juristes pratiquants et directeurs d'entreprise, ou militaires et propriétaires terriens. C'est ce qui explique que l'on obtient un chiffre supérieur à 100% si l'on effectue le total des activités professionnelles pour les membres du Grand Conseil.
[960] Pour les trois dernières lignes de cette colonne du tableau, le pourcentage est établi d'après un échantillon aléatoire de 89 parlementaires conservateurs dont l'essentiel de la carrière de député a eu lieu avant 1945, afin de conserver une cohérence chronologique entre les deux groupes comparés. Les autres chiffres relatifs au groupe parlementaire conservateur ont été calculés à partir des données portant sur l'ensemble des députés conservateurs entre 1922 et 1935 dans Anthony Seldon et Stuart Ball (eds.), Conservative Century. The Conservative Party since 1900 (Oxford: Oxford UP, 1994) 147, 150.
[962] Sont en italiques les mouvements avec lesquels la Primrose League a collaboré. L'axe des abscisses représente la position idéologique des mouvements mentionnés, des plus modérés aux plus droitiers. L'axe des ordonnées définit l'attitude, traditionaliste ou rénovatrice, des divers éléments de la mouvance conservatrice vis-à-vis de questions telles que l'Empire, le protectionnisme, les réformes sociales ou le rôle de l'État. On voit que la Primrose League, située plutôt à la droite du parti, est aussi traditionaliste dans son approche des questions sociales et impériales, tandis que le Round Table Movement, mouvement modéré favorable à un degré d'autonomie accru d'autonomie pour les diverses composantes de l'Empire, apparaît en bas de l'axe des ordonnées, et à gauche sur l'axe des abscisses, de même que le groupe des Coefficients, qui rassemble anciens libéraux et conservateurs favorables à un accroissement des attributions étatiques et à une politique sociale volontaire. Les mouvements placés dans le quart supérieur à droite, où est localisée la League, correspondent donc aux mouvements plutôt à droite, tièdes à l'égard des questions sociales, de l'accroissement du rôle de l'État, mais résolument impérialistes et opposés à l'autonomie irlandaise. Dans le bas à droite, on trouve les mouvements qui rassemblent plutôt les éléments situés à la droite du parti, mais qui sont favorables à de nouvelles méthodes de gouvernement plus interventionnistes. C'est pourquoi on trouve, dans ce groupe, un mouvement comme la National Service League, qui appelle à un abandon du principe du volontariat, ou encore Reveille, mouvement à caractère ultrapatriotique, dont le nom même, ainsi que le programme, le situe dans la mouvance radicale et droitière.
[963] En italique figurent les politiciens conservateurs qui ont fait partie de la Primrose League. Chez les traditionalistes, on a inclus les personnalités défavorables au protectionnisme, ou opposés à toute révision du statut de l'Irlande ou de l'Empire. C'est pourquoi on trouve essentiellement dans le quart supérieur droit du diagramme l'aile droite et aristocratique du parti, qui souscrit aux principes impériaux de la League, et manifestent peu d'enthousiasme à propos des réformes sociales, contrairement aux traditionalistes de gauche. Cette section du parti comprend aussi toutes les personnalités pour qui la modernisation de l'appareil partisan n'est pas une priorité, et qui trouve en la Primrose League une institution déférente qui leur convient. On a placé chez les rénovateurs de gauche les protectionnistes, les réformateurs du parti et les individus, comme Leo Amery, qui ont une attitude plutôt autonomiste vis-à-vis de l'Empire. En haut et à gauche sont situés les partisans du conservatisme social et paternaliste qui s'avèrent tièdes à propos du protectionnisme et/ou de la réforme de l'organisation du parti. En bas et à droite, on trouve les représentants de cette ultradroite, protectionniste mais aussi impérialiste, qui tentent d'articuler un populisme droitier et nationaliste tout en dénonçant la timidité des élites traditionalistes du parti. Ces rénovateurs de droite font parfois cause commune avec les rénovateurs de gauche, dont ils se distinguent quand même en raison de la moindre importance qu'ils accordent à la question sociale et ouvrière.