[1] C. Einstein, La sculpture africaine, traduction de T. et R. Burgard, Documents d’Art, Paris, éditions G. Crès et Cie, 1922, édition originale Leipzig, 1916.
[2] L’expression est de Paul Guillaume, “ Une esthétique nouvelle, l’Art nègre ”, Les écrits de Paul Guillaume, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993.
[3] T. E. Bowdich, Voyage dans le pays d’Aschantie ou Relation de l’ambassade envoyée dans ce royaume par les Anglais, Paris, Gide, 1819, 527 p., traduction de l’édition originale, Londres, John Murray, 1819 ; Chapitre X, “ Esquisse des environs de Gabon ”, pp. 485 - 519.
[4] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”, Revue Maritime et Coloniale, octobre 1861, pp. 1-17 ; p. 14 : “ la dénomination de Fan, la seule employée par eux pour désigner un individu de leur nation ”. Déjà en 1856, Du Chaillu l’utilise sans dénoncer “ Pahouins ” à propos des populations du Haut-Mitemboni qu’il visite. P. Du Chaillu, Voyages et aventures en Afrique Equatoriale, Paris, M. Levy, 1856.
[5] P. Alexandre, J. Binet, Le groupe dit Pahouin, PUF, 1958, p. 11. En 1992, Perrois précise, p. 26 : “ Il est probable qu’aujourd’hui ce chiffre est plus important, environ 1 200 000 ou 1 500 000 ; Perrois L., Byeri Fang, Sculpture d’ancêtres en Afrique , éd. des Musées Nationaux, 1992.
[6] R. Mayer, Groupes Ethno-Linguistiques du Gabon, d’après Walker, Soret, Deschamps et Perrois, Document de base du département d’Anthropologie de l’Université Omar Bongo de Libreville.
[7] R. Pourtier, Le Gabon, Paris, Karthala, 1985, p. 27. D’après Alexandre et Binet, Ibid., ils étaient, en 1958, 128000 au Gabon, 36000 au Cameroun et 55000 en Guinée Equatoriale.
[8] R. Reynard, “Recherche sur la présence des Portugais au Gabon”, Bulletin de l’Institut d’Etudes Centrafricaines, n° 9, 1955, p. 22.
[9] J. Bouchaud, La Côte du Cameroun dans l’histoire et la cartographie, des origines à l’annexion allemande (1884), Yaoundé, 1952; p. 183. , cité par K. Patterson, The Northern Gabon Coast to 1875, Clarendon Press, Oxford, 1975 ; p. 7.
[10] François Gaulme lui donne pour origine Gabam, nom d’un chef mpongwe ; Le Gabon et son ombre, Karthala, Paris, 1988, pp. 65-66.
[11] J. Kwenzi Mikala, “ Le Gabon ”, L’esprit de la forêt, Terres du Gabon, Somogy Editions d’Art, Paris - Musée d’Aquitaine, Bordeaux, 1997 ; p. 26.
[12] C’est-à-dire qu’elle n’est pas “ gardée ” par des vagues déferlantes qui jettent et broient les bateaux imprudents sur les récifs des hauts-fonds voire sur les plages.
[13] R. Reynard, “Recherche sur la présence…”, p. 21.
[14] Ibid. , p. 22.
[15] F. Pigafetta - D. Lopez, Description du Royaume du Congo et des contrées avoisinantes, Paris, Louvain, Dal, 1965 (1ère édition 1591), liv. I, chap. I.
[16] G. Lasserre, Libreville et sa région, Cahiers de la fondation nationale des sciences politiques, n° 98, Paris, Armand Colin, 1958, p. 54.
[17] A. Merlet, Le pays des trois estuaires (1471-1900), Quatre siècles de relations extérieures dans les estuaires du Muni, de la Mondah et du Gabon, Libreville, Centre Culturel Français Saint-Exupéry - Sépia, 1990 ; p. 18.
[18] Le nom de l’île vient du néerlandais “ Konig Eyland ”.
[19] Anonyme, ’Etablissement français de la Côte d’Or et du Gabon’, Revue Maritime et coloniale, t. IX, vol. 31, sept. 1863, pp. 44-65 ; p. 51 : “ Les marées produisent un courant violent qui rend très pénible le va-et-vient des embarcations. Les grands bâtiments ne peuvent pas mouiller prudemment à moins d’un mille de terre. Les avisos se rapprochent à 500 ou 600 mètres en recherchant avec soin, pour jeter l’ancre, les lits de vase qui séparent les plateaux rocheux embarrassant le mouillage devant Libreville ”.
Ces dangers sont à l’origine de plusieurs naufrages qui marquent le XIXe siècle et sont une des causes de l’occupation française.
[20] R. Reynard, “ Note sur l’activité économique des côtes du Gabon au début du XVIIe siècle ”, Bulletin de l’Institut d’Etudes Centrafricaines, n° 13-14, 1957, pp. 49-54.
[21] E. Mbokolo, Noirs et Blancs en Afrique : les sociétés côtières et la pénétration française (vers 1810-1874), Paris-La Haye, Mouton, 1981 ; p. 13.
[22] K. Patterson, The Northern Gabon Coast… ; pp. 30-31.
[23] A. Merlet, Le pays des trois estuaires... ; p. 35.
[24] Griffon du Bellay, “Le Gabon”, Le Tour du Monde, Paris, Hachette, 1865 ; p. 278.
[25] E. M’bokolo, Noirs et Blancs…, p. 18.
[26] Savorgnan de Brazza P. Au cœur de l’Afrique, vers la source des grands fleuves, 1875-1877, Paris, Phébus, 1992, réédition des articles de Brazza parus dans Le Tour du Monde, 1887-1888, Paris, Hachette ; p. 172 : “ Les premiers négociants arrivés au Gabon se trouvèrent dans l’embarras, d’où les riverains m’pongoués les tirèrent avec profit en se faisans leurs agents. Le négociant remet au traitant indigène un stock de marchandises, et moyennant une part de celles-ci, le traitant s’en va peu loin et mène large existence avec les marchandises reçues en avance. Il en prélève une bien faible partie, et la donne à son tour en avance aux indigènes qui doivent se procurer ses produits ; ceux-ci agissent de même avec d’autres plus éloignés ; et le producteur reçoit ainsi à peine la centième partie des marchandises données par la maison de commerce. Tout le monde vivant sur ce mode de transaction est uniquement préoccupé de se garantir ce lucratif transit. De là quantité de petits monopoles commerciaux, qui interceptent les communications, des jalousies et des guerres permanentes de village à village. Dans ces conditions, les relations commerciales se limitent à une très faible distance de la côte.
[27] Fleuriot de Langle, “Croisière à la Côte d’Afrique - 1863”, Le Tour du Monde, 1876, t. XXXI, Paris, Hachette, pp. 257-272 ; p. 260.
[28] T. E. Bowdich, Voyage dans le pays d’Aschantie…
[29] Certains auteurs soutiennent que Bowdich a séjourné au Gabon en 1817, et non en 1818.
[30] Carte de Bowdich, 1821, publiée dans Mittheilungen aus Justus Perthes’ Geographischer Anstalt über Wichtige Neue Erforschungen auf Dem Gesammtgebiete der Geographie von Dr A. Petermann 1862, GOTHA JUSTUS PERTHES, Tafel 8, Die Gabün Länder.
[31] T. E. Bowdich, Voyage dans le pays d’Aschantie…; p. 491.
[32] Voir en deuxième partie concernant l’histoire précoloniale des Fang et les théories sur leur origine nilotique.
[33] Archives d’outre-mer du Portugal à Lisbonne, Sao Tome, Caixa 15, folio 37, “Rapport du Gouverneur Lisboa”, 24 décembre 1805, cité par K. Patterson, The northern Gabon coast… ; p. 44.
[34] Archives d’outre-mer du Portugal à Lisbonne, Sao Tomé, Caixa 18, “Petition de Joaquim Pedro Lagrande ”, 2 mars 1809, Ibid. ; p. 45.
[35] Ibid.
[36] Archives d’outre-mer du Portugal à Lisbonne, Sao Tomé, Caixa 18, “Lisboa to Conde dans Galvaez”, 30 juin 1810, Ibid., p. 44.
[37] E. M’bokolo, Noirs et Blancs… ; p. 35. Suivant Merlet, un franc or équivaudrait aujourd’hui environ à un dollar, A. Merlet, Le pays des trois estuaires..., p. 58.
[38] E. M’bokolo, Noirs et Blancs… ; p. 40.
[39] Centre des Archives d’Outre-Mer d’Aix-en-Provence (C.A.O.M.), Sénégal et dépendances IV, dossier 37 a, Rapport de Péronne, 18 avril 1838.
[40] E. M’bokolo, Noirs et Blancs … ; pp. 89-90.
[41] Entre 1812 et 1817, le Gabon avec 18 400 livres sterling d’exportation (ébène : 1 000 £, ivoire : 2 000 £, bois de teinture : 15 000 £) se place “ derrière Old Calabar, les établissements britanniques et hollandais (28 000 livres sterling) et danois du Golfe de Guinée et enfin “ Cameroons ” (18 500 livres sterling). Ibid., note 4, p. 236.
[42] Les Anglais s’intéressent de près à la région par sa proximité avec l’île de Fernando Poo et le golfe de Biafra où ils sont déjà installés. En 1836-1838, le Capitaine Vidal et le lieutenant Bedford entreprennent le relevé cartographique de la région de Corisco ; Liniger Goumaz M., Brève histoire de la Guinée Equatoriale, Paris, L’Harmattan, 1988 ; p. 27.
[43] C.A.O.M., Sénégal et dépendances III, dossier 5b, Instructions de Montagniès de la Roque, Gorée, 31 octobre 1838.
[44] C.A.O.M., Afrique I, Traités, 4, 15.
[45] C.A.O.M., Sénégal et dépendances III, dossier 5b, Rapport du Directeur des colonies au Ministre de la Marine, 18 déc. 1840.
[46] C.A.O.M., Sénégal et dépendances IV, dossier 37 a, Rapport Montagniès de la Roque, 24 avril 1840.
[47] En 1841, Fleuriot de Langle est chargé de contrôler le paiement de l’amende infligée aux Seke en réparation de ce pillage. Fleuriot de Langle, “ Croisières à la Côte africaine…” ; p. 260.
[48] Voir la version qu’en donne J. Wilson, “Description of the country near the mouth of the Gaboon”, The Missionary Herald, vol. XXXIX, juin 1843, n°6, pp. 229 - 240 ; p. 236.
[49] C.A.O.M., Sénégal et dépendances IV, dossier 38, deux articles du Constitutionnel, daté des 12 août 1844 - 21 août 1844, faisant part de la protestation de l’Angleterre quant à la fondation des trois comptoirs d’Assinie, Grand Bassam et Gabon, par la voie de Lord Ebrington au parlement anglais.
[50] B. Schnapper, La politique et le commerce français dans le Golfe de Guinée de 1838 à 1871, Paris, Mouton, 1961 ; p. 29 : “ La décision est prise à la fin de 1842 et la hâte est telle qu’on ne peut attendre la convocation des Chambres pour ouvrir les crédits nécessaires. Le Roi accorde des crédits extraordinaires par ordonnance du 19 décembre 1842, sans vote de la Chambre. Procédure exceptionnelle justifiée par l’urgence ”.
[51] A l’endroit où s’élève actuellement la cathédrale de Libreville.
[52] Le choix de Bouët d’installer le fort sur la rive droite répond aussi à l’invitation de Denis, soucieux d’éloigner de la rive gauche le regard français sur ses activités négrières ; M. Denis, Histoire militaire de l’Afrique équatoriale française, Paris, Imprimerie Nationale, 1931, p. 21.
[53] Le tissu le plus en vogue depuis des décennies est toujours le wax, fabriqué aux Pays-Bas qui, par ses couleurs, ses motifs et sa qualité, habillent les Africains de Dakar au Cap, sans oublier le basin, fabriqué en Allemagne, qui connaît aussi un grand succès avec le basin riche.
[54] H. Deschamps, Quinze ans au Gabon, Paris, extrait de la Société Française d’Histoire d’Outre-Mer, 1963 et 1965 ; p. 304 : “ [En juillet 1844, Brisset, commandant du Gabon] a recommandé aux Boulou de fréquenter le fort. [...] En novembre [...] les Boulou, bien que Louis tente de s’y opposer, commencent à fréquenter le comptoir ”.
[55] Fleuriot de Langle, “Croisières à la côte d’Afrique…” ; p.262.
[56] J. Wilson : “Description of the country… ” ; p. 231.
[57] N. Metegue N’nah, Economies et sociétés au Gabon dans la première moitié du XIXe siècle, Paris, l’Harmattan, 1979 ; p. 71. Encore faudrait-il définir précisément l’esclavage dans les sociétés côtières africaines, qui n’est pas celui des Occidentaux ou des Arabes. Les esclaves y sont moins corvéables, ont quelques libertés, mais la richesse productive qu’ils représentent les maintient “ monnayables ” ou livrables aux négriers.
[58] A. Merlet : Le pays des trois estuaires..., p. 31, note 4, et p. 45, et H. Deschamps, “ Quinze ans au Gabon… ” ; p. 337.
[59] C.A.O.M. Sénégal et dépendances XV, 7, Dossier Lecour, Amouroux 1844-1845 “ Notes sur le Gabon, 1844 et 1845 ”.
[60] R. Mayer, Groupes ethno-linguistiques du Gabon….
[61] J. Wilson, : “Description of the country…”, p. 230.
[62] Seke est le nom qu’ils se donnent. Sekiani semble en être une déformation. Ils sont aussi appelé Boulou, qui signifie homme des bois, terme usité par les Mpongwe pour désigner tous les groupes de l’intérieur.
[63] G. Lasserre, Libreville…, p. 98.
[64] J. Wilson, “Description of the country”, p. 237.
[65] Les Kele sont appelés Bakalais, Akalais ou encore Bongom.
[66] A. Merlet : Le pays des trois estuaires..., p. 33.
[67] H. Deschamps, “ Quinze ans au Gabon… ” ; p. 342.
[68] C.A.O.M., Sénégal et dépendances III, dossier 7, Rapport Méquet et Aubry-Lecomte.
[69] H. Deschamps, “ Quinze ans…” ; p. 338.
[70] P. Du Chaillu, Voyages et aventures dans Afrique équatoriale, Paris, Michel Levy, 1863 ; p. 101. Vers 1840, les peuples de l’intérieur comme ceux du Mitemboni sont inconnus. En 1856, Du Chaillu donne quelques éléments en précisant qu’il trouve sur le Mitemboni des groupes peut-être apparentés aux Shékiani : Mbondémos alliés “ aux Mbishos, aux Mbiki, aux Mboushas, aux Ibouays, aux Acoas et aux Shékianis ”.
[71] Grande ethnie commerçante jusqu’au XIXe siècle, les Benga ont quasiment disparu, assimilés par les tribus voisines. Il ne demeure aujourd’hui qu’un groupe résiduel dans la région du Cap Estérias.
[72] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2, Dossier Largent, 1884, Etude générale sur le Gabon - Traités :
“ 4 septembre 1845 Les chefs de la pointe Onvinia dans la rivière Danger, Mooney ou Muny font alliance avec les chefs et habitants des établissements français du Gabon, et concluent un traité d’amitié avec la France. 8 septembre 1845 Traité d’amitié avec la France et d’alliance avec les habitants et les chefs des établissements français du Gabon, passé par les chefs Imalay, Achouka et Hontango du village de Banoko ou Batanga. ”
[73] De Clercq, Recueil des traités de la France, C.A.O.M., cité par B. Schnapper, La politique et le commerce… , note 3, p. 62.
[74] D’autres traités sont signés plus tard avec des chefs plus lointains du Cap Estérias, 18 septembre 1852 ; d’Elobey, 23 avril 1855, puis du Cap Lopez, 1er juin 1862.
[75] L’arrivée au Gabon du R. P. Bessieux et des frères Fabé et Grégoire est presque un hasard, ou un signe du destin. Ils sont en effet les derniers rescapés d’une mission désastreuse au Cap des Palmes (Libéria) en 1843. Pour évangéliser la côte atlantique de l’Afrique, Barron, vicaire apostolique des deux Guinées, obtient l’envoi de missionnaires du Sacré Cœur de Marie. Partis de France le 13 septembre 1843 les douze missionnaires absolument inexpérimentés sont débarqués au Cap des Palmes le 29 novembre 1843, livrés à eux-mêmes, sans aucune assistance. En moins de deux semaines, sept missonnaires tombent malades et deux meurent fin décembre. En mars 1844, ils ne sont plus que huit. Confiant la mission au père Bessieux et aux frères Grégoire et Fabé, Barron rapatrie à Grand Bassam les autres missionnaires qui à leur arrivée meurent d’épuisement. Repêchés par un navire français, Bessieux, Grégoire et Fabé, les trois survivants du Cap des Palmes sont débarqués en septembre 1844 au Gabon pour qu’ils retrouvent une santé. Trop faible, Fabé est rapatrié. Il meurt quelques jours plus tard pendant son voyage de retour. Rétablis grâce aux soins du médecin et du commandant du fort d’Aumale, Bessieux et Grégoire décident de rester au Gabon et d’y fonder la mission Sainte Marie.
H. Koren, Les Spiritains, trois siècles d’histoire religieuse et missionnaire, traduction de l’édition originale par J. Bouchaud et A. Grach, Paris, Beauchesne, 1982 ; pp. 206-201 ; et B. de Vaulx, Histoire des missions catholiques françaises, Les Grandes Etudes Historiques, Paris, Arthème Fayard, 1951 ; pp. 383.
[76] La Congrégation du Sacré Cœur de Marie, qui fusionne en 1848 avec celle du Saint Esprit, est fondée en 1840 par Libermann. Son acte de foi est d’évangéliser les “ Noirs ” et préparer à l’affranchissement les esclaves. L’œuvre de la congrégation ne se contente pas seulement d’évangéliser, elle ambitionne de former en instruisant et d’enseigner un métier. La tête (l’instruction), les mains (les arts et les métiers), le cœur (les vertus) doivent être développés d’un même élan”. Il revient aux missionnaires de montrer l’exemple en travaillant sans relâche. H. Koren, Les Spiritains… ; p. 491 : La mission doit aussi être un “ milieu respectueux des mœurs locales où l’église s’y insère harmonieusement ”.
Libermann engage les missionnaires au respect des populations locales : “Faites vous nègres avec les nègres pour les former comme ils doivent l’être, non à la façon de l’Europe, mais en leur laissant ce qui leur est propre” (Lettre datée du 19 novembre 1847, adressée par Libermann à la communauté de Dakar et Gabon, B. de Vaulx, Histoire des missions catholiques ; p. 386).
[77] C. Pigeard, “Exploration du Gabon, effectuée en août et septembre 1846”, Revue Coloniale, t. XI, Janvier-Avril 1847, pp. 263-395 ; et A. Merlet, Le pays des trois estuaires… ; p.154 : “ Le manque de moyens fut cause que jusqu’ici toutes les tentatives ne conduisirent qu’à connaître imparfaitement 10 ou 12 lieues du cours de cette rivière ; et le village de Cobangoï, dernier centre de population boulou [Seke], fréquenté par les courtiers noirs, était resté les colonnes d’Hercule de tous les blancs [avant 1846] ”.
[78] B. Darricau, “Le Gabon”, Revue Coloniale, Novembre 1844, pp. 267-276 ; p. 268. “Je le dirigeai dans la branche dite rivière Passall, qui est la plus considérable en remontant à l’Est”.
[79] Ibid. ; p. 270.
[80] Ibid. ; p. 268 : “Là, j’ai pu me convaincre que le Gabon n’est pas, à proprement parler, un fleuve, mais un bras de mer dans lequel viennent se jeter un grand nombre de rivière… Toutes permettent aux navires d’y entrer ; mais à peu de distance elles ne tardent pas à se rétrécir et à ne présenter que la largeur d’une crique ou marigot”.
[81] C.A.O.M., Sénégal et dépendances II, dossier 3, Méquet, 1848 : “ J’avais pensé dès le commencement qu’il fallait supplanter cette race parasite et fainéante et attirer à nous les populations actives et laborieuses de l’intérieur. C’est pour y réussir que j’ai fait en 1846 et 1847 des explorations dans le haut du fleuve ”.
Les craintes des Mpongwe de perdre une situation favorable s’estompent rapidement car les Seke et les Kele une fois établis au contact des Blancs adoptent vite le mode de vie de la côte : alcoolisme, dépravation. Ils s’en prennent avec autant d’allégresse que les Mpongwe aux comptoirs, aux navires et aux équipages occidentaux.
[82] La plupart des auteurs notent août 1843 pour le voyage de Wilson, mais son article est publié en juin 1843. A moins d’une publication anticipée, Wilson a bien fait son voyage en août 1842.
[83] J. Wilson, “Description of the country…”, p. 238.
[84] Ibid.
[85] Les Montagnes de la Lune sont une chaîne de relief légendaire supposée parallèle à l’équateur (5° nord) qui vient de l’est à 15,5° Est - 5° nord jusqu’à 5°ouest -, en coupant le Niger. E. Bouët, Carte des côtes occidentales d’Afrique dressée d’après les documents les plus récens, par Mr. E. Bouët-Willaumez, Capitaine de Vaisseau, 1848, Archives Nationales de France, Département des cartes et plans, Paris.
[86] C.A.O.M., Sénégal et dépendances IV, dossier 38, Rapport Darricau capitaine de l’Eperlan au Commandant de la station des côtes occidentales d’Afrique, 3 septembre 1844 : “ La peuplade des Pawins, la plus nombreuse et la plus sauvage de ces parages (au dire de tous) commence à 5 ou 6 lieues de chez Cobangoï. Ils n’habitent pas les bords de la rivière, leur sol produit du fer en si grande quantité sans exploitation il en recueille à la surface. Les Pawins le fondent et en fabriquent leurs armes, ils ne prennent des Européens ou des Gabonnais auxquels ils portent leurs dents d’éléphans, que des fusils, de la poudre et de l’eau de vie. Ils dédaignent nos étoffes, cultivent du tabac, paraissent être industrieux et guerriers. Si on en juge par leurs armes travaillées par eux que je suis parvenu à me procurer. On les dit anthropophages ; mais cela n’est pas bien prouvé. Leurs relations avec Passall [Passoll] et Cobangoï sont fréquentes, l’on trouvera chez eux des guides si l’on veux faire cette exploration. Elle a été tentée par un missionnaire américain, dix jours avant notre arrivée. Il n’a atteint que la frontière qui lui a paru d’un faible intérêt et au retour de son excursion il a succombé en trois jours à la maladie qu’il avait contractée ”.
Voir aussi Darricau, “ Le Gabon ” ; p. 270.
[87] Déjà l’anglais Becroft avait remonté en 1845 le Remboué, croyant suivre le cours du Komo.
[88] C.A.O.M., Sénégal et dépendances III, dossier 7, Rapport Pigeard au Commandant de la Division Navale des Côtes Occidentales d’Afrique, 7 septembre 1846 : “ En effet, à mesure que les peuples chasseurs du haut pays connaissent les blancs et s’habituent à leurs produits ils s’ingénient à se les procurer le plus aisément possible, et trouvent naturellement comme les M’Pongos [Mpongwe], le courtage moins pénible et moins dangereux que la chasse. De là, cette tendance incessante des populations éloignées à se rapprocher des rivages de mer, que le désir de commercer plus avantageusement leur fait désirer d’habiter. C’est ainsi que les Boulous [Seke], qui habitaient autrefois dans le haut de l’affluent Cômo, et qui étaient d’intrépides chasseurs ont été poussés vers l’Ouest par les Bakalais [Kele] ; et que les Bakalais, subissant à leur tour le mouvement général, commencent à renoncer à la chasse, et cèdent devant les Pahouins [Fang], qui accourent de l’intérieur ”.
Voir aussi C. Pigeard, “ Exploration du Gabon… ” p. 263 : “ C’est ainsi que les Pahouins viennent de préférence échanger leurs produits avec les Bakalais, dont les moeurs se rapprochent des leurs ; Ceux-ci les transmettent aux Boulous ; les Boulous aux M’Pongos et ces derniers enfin aux Blancs. Quelques opérations se font, il est vrai, sans passer rigoureusement par cette filière, par exemple, divers villages boulous et bakalais de l’intérieur, restés encore fidèles à leurs anciennes coutumes, font eux-mêmes la chasse de l’éléphant et livrent directement leurs produits, quand ils en trouvent l’occasion. Mais tant de difficultés se présentent pour arriver jusqu’à eux, tant de courtiers les jalousent et les circonviennent, que ces transactions ont toujours lieu sur une petite échelle et ne font que corroborer la règle générale ”.
[89] C.A.O.M., Sénégal et dépendances III, dossier 7, Méquet 1847.
[90] Ibid. : “ Alors s’écroulera cette triple barrière de brocanteurs [Kele, Seke et Mpongwe] qui n’ont que la peine de se passer l’ivoire les uns les autres… Je lui [Malamay, chef de la délégation] ai demandé enfin s’il était vrai qu’ils fussent anthropophages et il m’a répondu que non, en souriant d’un air sincère. Il est possible qu’ils l’aient été autrefois, mais aujourd’hui je les considère comme beaucoup trop élevés sur l’échelle de la civilisation, pour manger leurs semblables, ce qui est le degré le plus infime de l’humanité… Il y aura beaucoup à faire avec un peuple primitif, qui paraît doué d’un esprit élevé et intelligent. Mais pour que nos relations avec les M’Pawens ne leur fassent pas plus de mal que de bien, il faut que la civilisation morale marche de front avec la civilisation matérielle si elle ne peut la précéder… C’est à regret que je quittais ces sauvages civilisés… M’Pawens ! je ne vous reverrai probablement jamais, mais tant que je vivrai votre souvenir ne sortira pas de ma mémoire !”
[91] R. Walker, “ Mr Walker’s visit to the upper waters of the Gaboon ”, The Missionary Herald, Boston, vol. XLV, avril 1849, n°4, pp. 120-123 ; p. 121 : “ The Pangwe People are just emerging form the unknown wilds of Central Africa, and are still free from many of the effects, both good and bad, of intercourse with civilized men ”.
[92] C.A.O.M., Sénégal et dépendances IV, dossier 38, Rapport Darricau capitaine de l’Eperlan au Commandant de la station des côtes occidentales d’Afrique, 3 septembre 1844 ; voir aussi Darricau, Revue Coloniale, novembre 1844, pp. 267-276 ; p. 270.
[93] R. Walker, “Mr. Walker’s visit”… , p. 122.
[94] Ibid. ; p. 121.
[95] Ibid. ; pp. 122-123 : “They make no secret of their intention of driving all the Bakalis [Kele] and Shikanis [Seke] from the river side. […] The fear and dread of the Pangwes [Fang] has fallen upon all the inhabitants of that region. The Bakalis would nom retist the further progress of these intruders […] But they express a great horror of being cut up and eaten, like so many pigs ; hence they choose to leave the graves of their fathers, rather than run the risk of being entombed themselves in living sepulchres. […]There will certainly be a mingling if these different tribes, or a war of extermination”.
[96] E. Mbokolo, Noirs et Blancs… ; p. 122.
[97] Témoin de ces relations matrimoniales, une épée, n° inv. : BA 966, conservée au musée d’ethnographie de Lille (actuellement géré par le Musée d’histoire naturelle). Voir, Deuxième partie, Economie traditionnelle.
[98] R. Walker, “Mr. Walker’s visit”… , p. 123.
[99] L’influence anglo-saxonne dépasse le cadre économique. Vers 1840-1850, l’anglais est la langue occidentale la mieux maîtrisée par les Gabonais de l’Estuaire dont les 4/5ème parlent un anglais tout à fait intelligible, bien loin devant le français et le portugais. A. Merlet, Le pays des trois estuaires.
[100] B. Schnapper, La politique et le commerce… ; p. 44.
[101] E. Bouet-Willaumez, Commerce et traite des Noirs aux côtes occidentales d’Afrique, Paris, imprimerie nationale, 1848, réédition Saltkine Reprints, Genève, 1978, p. 205 : “Il nous reste maintenant à multiplier nos efforts pour que les naturels, qui souffrent beaucoup, matériellement parlant, de la suppression de la traite des noirs, cette source criminelle de leurs anciennes richesses, trouvent des dédommagements d’un autre genre dans la traite des produits licites et des travaux d’agriculture bien entendus ; c’est une œuvre difficile sans doute à entreprendre, et cependant la fécondité du sol s’y prête merveilleusement”.
[102] E. Mbokolo, Noirs et Blancs… ; p. 87.
[103] Ibid. ; p. 102.
[104] Le manque d’argent oblige à repousser la construction en dur des bâtiments. Les crédits sont ouverts en 1845 avec le projet de faire du Gabon une base navale pour la division des côtes occidentales d’Afrique (B. Schnapper, La politique et le commerce, p. 44). Le nouveau bâtiment est construit au sud du Fort d’Aumale, sur le lieu-dit “ le Plateau ”, à la limite du village de Glass. A son emplacement se trouve aujourd’hui le Palais Présidentiel. L’ancien fort d’Aumale est abandonné en 1850 pour céder la place aux missionnaires français.
[105] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39, 22 septembre 1847, Lettre de Baudin, capitaine de vaisseau, commandant le Phoque à Montagniès de la Roque, Contre - Amiral, Commandant en chef la station des côtes occidentales d’Afrique : “ Ce n’est donc qu’en allant nous même les chercher que nous parviendrons à faire cesser leurs inquiétudes et leurs irrésolutions et que nous pourrons les amener à nous accompagner à nos comptoirs et à y revenir ensuite seuls avec leurs produits. Il y aura alors double avantage pour notre colonisation, c’est que les gens du littoral [Mpongwe] n’ayant plus aucun moyen d’acquérir de quoi satisfaire au luxe et à différents besoins dont ils ont pris l’habitude seront forcés de se livrer aux travaux de la culture et les ressources naturelles de nos établissements augmenteront considérablement. Ce n’est qu’alors aussi qu’on pourra tenter avec quelques chances de succès des essais de plantations, sur une grande échelle, de coton et autres produits de quelque valeur commerciale, essais qui, jusqu’à ce moment, n’ont pas donné le moindre résultat et que je crois n’avoir par été faits sérieusement ”.
[106] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39, 14 Octobre 1847, Résumé non daté, ni auteur, ni destinataire : “ Les peuplades du haut de la rivière visitées successivement par MM. Pigeard et Méquet, ont reçu tous des témoignages d’intérêt, qu’elles se montrent avides de nous fréquenter, et s’offrent de rallier le voisinage de nos établissements ”.
[107] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39, 1er décembre 1847, Lettre de Méquet, lieutenant de vaisseau commandant l’Aube à Montagniès de la Roque, Contre - Amiral, Commandant en chef la station des côtes occidentales d’Afrique : “ [La position reculée de l’île d’Orléans [Conniquet] où il était envisagé d’installer le fort, plutôt que sur la rive gauche, et à laquelle Méquet préfère la rive droite sur le plateau], à 8 lieues de l’entrée de la rivière, nous isolerait du mouvement commercial de tout le bassin extérieur et des populations m’pongué qui en habitent les rives. Or c’est seulement par leur intermédiaire que nous pourrons apprivoiser les timides Osséquianys (vulgairement appelés Boulous) et entretenir avec les peuplades de l’intérieur, des relations de commerce et d’amitié qui doivent nous procurer des travailleurs à bon marché, en nous affranchissant du courtage onéreux des m’pongué (population riveraine) ”.
[108] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39d, 27 septembre 1849, Aubry, “ Note sur le Gabon ” :
“ Les peuplades du littoral sont sans énergie et incapables de comprendre avant longtemps les ressources qu’elles pourraient tirer d’un labeur sage et régulier. Les Boulou seuls, si on ne les avait habitués depuis quelque temps à des salaires beaucoup trop forts auraient pu résoudre la difficulté. A l’heure qu’il est il n’y faut plus songer.
“ Un travail productif ne peut donc venir maintenant que d’une population étrangère au sol, complètement en dehors des mœurs et habitudes au Gabon. On a beaucoup parlé des crowmen pour la réalisation de ce projet ; je ne partage qu’en partie cette opinion. Les habitants de la côte du Crow peuvent être à raison appelés les suisses de l’Afrique ; mais de même que ces derniers, un attachement invincible les rappelle tôt ou tard au pays natal ; rien ne pourrait, à un temps donné, les retenir à l’étranger. Le but serait donc manqué car ce qu’on veut ici, si je ne m’abuse, c’est changer le sang, renouveler la population et la faire nôtre. Les Yolofs seuls peuvent résoudre (je crois) ce problème. Quoique moins travailleurs que les crowmen, ils possèdent une énergie bien supérieure, sont entièrement dévoués à la France et, mis en regard des Gabonnais, feront par amour propre ce qu’il serait impossible d’une autre population’.
[109] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39, 18 octobre 1849, Parent, “Mémoire et plan du village chrétien et français de Libreville”. Parent était en 1843 lieutenant, directeur du génie au Sénégal.
[110] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances IV, dossier 39d, 6 octobre 1849, Vivien, “Essai sur la question d’agriculture au Gabon”.
[111] E. Mbokolo, Noirs et Blancs… ; p. 102 : “ Ainsi, la commission de 1849 aboutissait à la conclusion que le commerce du Gabon resterait fondé à court et moyen terme sur des produits de cueillette et non des produits de culture ”.
[112] Desperles, commandant du comptoir du Gabon, remonte le Mouni sur 20 lieues en 1848 (H. Deschamps, Quinze ans… ; p. 315).
[113] L. Faidherbe, , “ Etablissements français sur les côtes d’Afrique. Le Gabon. ”, L’illustration, 26 Novembre 1853, Paris, pp. 347-348, p. 348 : “ M. le capitaine de vaisseau Baudin, commandant de la station navale des côtes occidentales d’Afrique, avait déjà eu l’année dernière [1852], l’intention de visiter les Paouins. Il en fut détourné par les habitants du littoral, qui lui suscitèrent mille obstacles en exagérant les dangers d’un pareil voyage ”.
[114] Voir carte IGN au 1 : 200 000 Kango ; voir aussi M. Braouezec, “ Notes sur les peuplades riveraines du Gabon, de ses affluents et du fleuve Ogo-Uwai ”, Bulletin de la Société de Géographie, janvier-juin 1861, 5° série, t.I, pp. 345-359.
[115] H. Deschamps, Quinze ans…, p. 108 : “ Les Fang eux-mêmes, qui n’avaient pas d’esclaves, pratiquaient la vente des parents et des a-sociaux. En 1851, un traitant achète à Glass quatre “ pahouins ” dont un vendu par son frère (pour avoir lui-même vendu un de ses frères et une soeur), un prisonnier de guerre, un adultère et une petite “ voleuse ” de huit ans ”.
[116] L. Faidherbe, “ Etablissements français… ” : “ Ils [les Mpongwé] ont fait croire [aux Fang] que nous [les occidentaux] mangions les nègres qu’achètent les négriers, et que notre vin est du sang de nègre qui a subi une certaine préparation ”. Le vin est en effet la boisson courante des Occidentaux car l’approvisionnement en eau potable est un soucis. Les trois puits forés autour du fort ne fournissent l’eau que pendant la saison des pluies. Elle est réservée aux Blancs mais sa consommation présente un risque sanitaire élevé. Le personnel noir de la station doit se contenter de l’eau pompée tous les 25 jours à Ningué-Ningué par la citerne flottante.
Sur le sujet de l’eau potable, voir Bestion, Médecin de première classe de la Marine : “ Etude sur les eaux potables du Gabon ”, Archives de Médecine Navale, octobre-novembre-décembre 1881, repris dans Revue Maritime et Coloniale, 1883, t.77, pp. 746-759.
[117] C.A.O.M., A.E.F., 2B2, f° 34, 1er janvier 1855, Rapport sur les établissements du golfe de Guinée, sur le 4e trimestre 1854.
[118] H. Deschamps, Quinze ans… ; p. 320.
[119] Sur le personnage de Du Chaillu et ses zones d’ombres, voir H. Bucher Jr., “ Canonization by repetition : Paul Du Chailly in historiography ”, Cahiers d’histoire d’outre-mer, t. LXVI, 1979, n° 242-243, pp. 15-32.
[120] Ainsi en va-t-il pour certaines peintures des Fang dont la discussion viendra plus loin.
[121] P. Du Chaillu, Voyages et aventures… ; pp. 1-2 : “ Plusieurs des tribus indigènes passaient pour être cannibales ; mais en général on ne savait rien de ces peuples, malgré les terribles récits qui circulaient sur leurs sombres superstitions et leur indomptable férocité ”.
[122] La chasse au gorille double les expéditions suivantes, dont celles de Burton et Compiègne.
[123] Du Chaillu, Voyages et aventures..., p. 139. L’estimation de 150 milles paraît abusive. La carte qu’il dresse de son périple montre qu’il se serait avancé d’environ 150 kilomètres dans l’intérieur, atteignant ainsi la région de l’actuelle ville de Médouneu.
[124] Ibid. , p. 166.
[125] Ibid. , pp. 149-150 : “ Le jour suivant, nous partîmes pour le village des Fans. J’allais donc avoir l’occasion d’éclaircir un fait dont j’aimais encore à douter, celui du cannibalisme de ce peuple. Ma curiosité ne fut satisfaite que trop tôt. Comme nous entrions dans le village, j’aperçus quelques vestiges de sang, qui me parurent être du sang humain ; mais je passai outre, persistant encore dans mon incrédulité. Bientôt après, nous rencontrâmes une femme, et tous mes doutes furent résolus. Elle tenait tranquillement à la main une cuisse détachée d’un corps humain, absolument comme une de nos ménagères rapporterait du marché un gigot ou une côtelette.
“ Il y avait de l’agitation dans le village. Ma présence effrayait les femmes et les enfants. Tous s’enfuyaient dans les maisons, à mesure que nous passions dans ce qui me parut être la grande rue, une longue allée, où je voyais çà et là des ossements par terre.
“ A la fin, nous arrivâmes à la maison principale (la maison du palabre) ; on nous y laissa seuls quelques instants. Nous entendions une vive rumeur, qui ne paraissait pas éloignée. J’ai su depuis qu’on était occupé à se partager le corps d’un homme mort, et qu’il n’y en avait pas assez pour tout le monde. La tête, me dit-on, est réservée au roi ; aussi l’appelle-t-on le morceau royal ”.
[126] Ibid. , p. 166 : “ Ce qu’il y a de plus étrange chez les Fans (après leur hideux cannibalisme), c’est leur empiètement continuel sur le territoire à l’ouest. Chaque année les Fans se rapprochent un peu plus du rivage. Ils établissent village après village sur les bords du Gabon ; et dans le pays compris entre le Gabon et la Mondah, ils sont déjà arrivés à quelques milles de la pointe d’Obendo [Owendo]. C’est, enfin, une race qui paraît remuante et entreprenante bien plus que les Bakalais, les Mbondémos, les Mbichos, et même les Mpongwés ; je crois que peu à peu elle les dépassera pour prendre elle-même possession de tout le littoral, à mesure que ceux-ci viendront à dégénérer ; espérons pourtant qu’il n’en sera pas ainsi ”.
[127] Compiègne reproche à Du Chaillu d’avoir renié sa patrie pour se faire naturaliser américain. Il explique également comment, ne maîtrisant pas l’anglais, l’explorateur a confié ses notes à un traducteur américain qui les a modifiées pour mieux retenir le lecteur par l’émotion : “ Quand il a voulu faire paraître le récit de ses voyages, qui, comme vous le savez, a d’abord été imprimé en anglais aux Etats-Unis, ne possédant pas l’anglais d’une manière assez parfaite, il a chargé un rédacteur du Harper’s weekly (revue hebdomadaire de New-York) d’arranger et de publier ses notes. Ce monsieur, pour obtenir plus “d’excitement”, a encore coloré et chargé beaucoup les récits de Duchaillu ”. V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, Paris, Plon 1876 ; t. 2, p. 128.
[128] Les premiers traités avec les chefs du Mouni sont signés avec les Portugais. Ces derniers ont cédé leurs droits à l’Espagne ce que conteste la France. Le règlement de ce conflit n’interviendra qu’au tournant du siècle.
[129] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”, Revue maritime et coloniale, octobre 1861, pp. 1 - 17 ; p. 14 : “ Les Bouloux ne vivent guère plus que du courtage des productions qu’ils vont chercher chez les Pahouins pour les revendre aux Gabonais ”.
[130] L. Faidherbe, “ Etablissements français… ” p. 347 : “ Le cap Lopez, à vingt lieues au sud du Gabon, est un des points peu nombreux où s’est réfugiée la traite des noirs, que les Anglais continuent à poursuivre avec une persévérance et une énergie admirable ”.
[131] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, 22 mai 1857, lettre du Commandant du Gabon au Commandant Supérieur de Gorée et Dépendances :
“… Il existe dans l’un des villages de Glass un honnête traitant nommé Tom Watman marié depuis peu à une jeune princesse pahouine et qui par les relations fréquentes avec les indigènes de cette nation reçoit tous ceux qui se décident à venir au Gabon.
“Je me suis adressé à cet homme pour m’amener les chefs pahouins qui viennent chez lui et depuis mon arrivée j’en ai déjà reçus plusieurs qui sont partis très satisfaits.
“Le 16 de ce mois les chefs Combo et Abessola accompagnés d’une femme et de 10 Pahouins de leurs villages sont venus me voir avec Tom Watman après leur avoir fait comprendre à ces chefs tous les avantages qu’ils auraient à entrer en relation de commerce directement (avec) nos capitaines, et leur avoir démontré la fausseté des contes absurdes que les Gabonnais leur ont débité sur les Européens, je leur ai fait savoir qu’un bateau à vapeur ne tarderait pas à se rendre dans leur pays pour nouer avec eux des relations d’amitié et de commerce.
“Ces chefs m’ont répondu qu’en effet ils reconnaissaient qu’on les avait trompés sur notre compte que nous serions les bienvenus chez eux et qu’ils ne demanderaient pas mieux que de traiter avec nous. Enfin, Monsieur le Commandant Supérieur, ces indigènes sont partis on ne peut plus satisfaits de leur visite emportant des cadeaux de nature à leur donner une bonne opinion de nos dispositions à leur égard”.
[132] C.A.O.M., A.E.F. 2B3, n°46, fos 29-30, Gabon à Gorée, 20 septembre 1857 : “Les Pahouins commencent à fréquenter les comptoirs où ils sont très bien accueillis et traités… J’espère avant peu voir cette population venir aussi souvent au comptoir que les Bouloux, ils savent très bien du reste à quoi s’en tenir sur les contes absurdes que les Gabonnais se sont plus à leur débiter sur nous, cela est tellement vrai que le 29 août un chef influent de la rivière O’Como nommé Abouné-Dianké est venu avec sa suite vendre directement des dents d’éléphants à l’une de nos factoreries. Cet exemple qui sera certainement suivi par d’autres est une preuve de la confiance que nous commençons à leur inspirer”.
[133] P. Du Chaillu, Voyages et aventures ; p. 152 : “ Malgré l’amitié que mes hôtes me témoignaient, je ne pouvais pas m’ôter de la tête, non seulement qu’ils tuaient les gens, mais aussi qu’ils les mangeaient, et que quelque caprice gastronomique pouvait bien les pousser à m’avoir à dîner ou pour dîner, pendant que j’étais au milieu d’eux ”.
[134] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, n° 84, fos 46-47, 18 janvier 1858.
[135] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, n° 88, fo 49, 4 février 1858.
[136] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, n° 17, fos 87-92, 19 avril 1859.
[137] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 1, 2 mai 1859, Rapport de Bosse au Ministre de la Marine : “ Mon prédécesseur, dans le rapport qu’il m’a remis, m’a fait connaître que [la] présence [de l’Oise] dans la rivière Como n’a pas produit le résultat qu’il attendait, grâce à l’incurie des négociants ”.
[138] M. Braouezec, “ Notes sur les peuplades… ”.
[139] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”… ; p. 4 : “ C’est ainsi qu’il est facile de franchir en quelques jours les distances qui séparent ces différentes rivières à leur source, tandis qu’il serait extrêmement long de se rendre de l’une à l’autre en passant par la mer ”.
Voir également plus haut, la carte produite par Du Chaillu.
[140] Décrets des 26 février et 5 mars 1859.
[141] M. Braouezec, “ Notes sur les peuplades… ” ; p. 351 : “ La crique Ciembré dans l’Estuaire de Cohit, contiendrait déjà des Pahouins Faon ”.
[142] P.-A. Serval, “ Le Gabon. Description de la rivière Rhamboué et de ses affluents ”, Revue maritime et coloniale, vol. III, 4e trim. 1861, p. 401-404.
[143] Ibid.; p. 403 : “ Les bords de la rivière Bilagoné sont peuplés cependant par ces mêmes Pahouins que j’avais déjà trouvés vivant avec les Bakalais sur la rive gauche du Rhamboué. Ils n’ont pas de pirogues et habitent par petites fractions dans des huttes construites dans les bois. Ils se réunissent pour la chasse des éléphants qui est plus productive ici qu’en aucun autre point ”.
[144] En 1863, l’administration croît pouvoir compter 60000 Kele contre 120000 Fang. Elle estime à 3000 les Seke et 14 villages mpongwe pour 2940 habitants. Anonyme, ’Etablissement français de la Côte d’Or et du Gabon’, Revue Maritime et coloniale, t. IX, vol. 31, sept. 1863, pp. 44-65 : Rive droite : Manoël Kringer, 60 habitants ; Quaben, 200 hbts ; Louis, 150 hbts ; Glass, 1200 hbts ; Toko, 100 hbts ; Prince Glass, 80 hbts ; Boulaben, 60 hbts ; Tom Lowson, 70 hbts (Crique Igombiné, entre Denis et Georges) ; Libreville, 150 hbts ; Rive gauche : Denis, 500 hbts ; Petit Denis, 100 hbts ; Georges, 80 hbts ; Duking, 90 hbts ; Ile Conniquet, François, 100 h.
Quatorze villages pour environ 3000 Mpongwe (2940 exactement) , avec le village de Glass qui rassemble à lui seul 1200 habitants, qui est un lieu privilégié de commerce, surtout avec les Anglais.
[145] Braouezec, “ Notes sur les peuplades… ”, p. 359 : “ M. Bert, missionnaire américain, est parti d’un village de la rivière Cohit, et est venu terminer son voyage en ce point où il a vu neuf villages pahouins. Il a été bien accueilli partout, grâce à son compagnon qui était un chef pahouin très connu parmi eux ”.
[146] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”… ; p. 16 : “ C’est lui [le Pahouin] qui nous fait parvenir, par les Akalais, Bouloux et Gabonnais, les dents que lui fournissent ses chasses… Il prépare le caoutchouc, la cire, les billes de bois d’ébène. Toutes ces productions sont transportées par terre chez les Akalais ”.
[147] Anonyme, Revue Maritime et Coloniale, sept. 1863, p. 56. En 1863, la mission compte 60 garçons et 40 filles (idem, p. 55).
[148] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 2 b, Rapport Didelot du 24 décembre 1861 au ministre : “ Il paraît s’opérer un mouvement de déplacement dans ces diverses races (qui habitent nos possessions), et je pense qu’il y aurait avantage pour nous à le favoriser : les Pahouins, la race énergique et travailleuse de ces contrées, commence à se rapprocher des bords du fleuve ; on me signale l’établissement de quelques-uns de leurs villages sur les rives du Como à portée de l’Oise ; déjà quelques chefs ont paru à bord de ce bâtiment, et ont confié leurs enfants au Capitaine. Si nous pouvons arriver à les fixer auprès de nous, nous obtiendrons la suppression de ces intermédiaires coûteux que les Bakalais et, surtout, les Boulous et les Gabonais, nous ont imposés jusqu’ici.
“ Si les bras ne nous faisaient défaut il resterait un dernier essai à tenter par la mise en culture des vastes terrains sur lesquels s’étend notre domination : cette question me semble vitale pour l’avenir de notre Etablissement qui, à défaut du commerce, en pleine décadence, n’aurait plus ni base certaine, ni utilité : c’est dans ce sens, et pour tâcher de nous assurer les services des races portées au travail que je pense utile de favoriser le mouvement des Pahouins et des peuplades de l’intérieur que j’ai signalé plus haut ”.
[149] Hormi les reconnaissances du cours supérieur du Komo par Albigot et Genoyer en 1863 puis Roullet en 1866 qui n’apportent pas d’éléments nouveaux.
[150] Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 1, p. 196.
[151] M. -. T. Griffon du Bellay, M.-T., Serval P., ’Exploration du fleuve Ogo-Waï, côte occidentale d’Afrique’, Revue Maritime et Coloniale, t. IX, 1863, pp. 66-89 et pp. 296-309 ; p. 303.
[152] Ibid. ; p. 304.
[153] Ibid.
[154] Ibid.
[155] Ibid. ; p. 305 : “J’insistai pour savoir si le nègre à queue n’existerait pas aussi dans ces montagnes mythologiques. - On le l’y a jamais vu. - Le nègre amphibie y est également inconnu. Sous ce rapport, le Congo est plus heureux”.
[156] En 1862 Revue Maritime et Coloniale, p. 71.
[157] Robert Bruce Napoléon Walker, à ne pas confondre avec le missionnaire américain, est arrivé au Gabon en 1859.
[158] R. Burton, “ A day amongst the Fans ”, Anthropological Review, n° 1, Londres, 1863, pp. 43-54.
[159] B. Schnapper, La politique et le Commerce, p. 51 : “Jamais l’administration n’eut une vision sérieuse de l’état des populations avec qui elle entrait en contact”.
[160] Voir Histoire précoloniale du Gabon.
[161] Le pillage dans le Komo, d’une embarcation de factorerie, en 1862 par les Kele. “Le commandant de l’Oise, descendu à terre pour régler l’incident, fut accueilli par des coups de feu. Le lieutenant de vaisseau Serval avec le Pionnier fut envoyé sur les lieux. Il châtia les révoltés et obtint en mars leur soumission”, M. Denis, Histoire militaire de l’Afrique équatoriale française, Paris, Imprimerie Nationale, 1931, p. 21.
[162] Le Pionnier est détaché à la station du Gabon en 1861, à la demande de Didelot, Ibid.., p. 23.
[163] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 2b, Rapport Didelot du 24 mars 1863, reproduit en annexe.
[164] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 3a, Instructions en date du 26 septembre 1863 du Ministre de la Marine au Commandant à Laffon de Ladébat , chef de la station de la division navale des côtes occidentales d’Afrique, commandant supérieur des établissements de la Côte d’Or et du Gabon : “ On a remarqué avec satisfaction, dans ces derniers temps, la tendance des Pahouins à se rapprocher de notre comptoir. Vous devez encourager ces bonnes dispositions d’une tribu… ”.
[165] Griffon du Bellay, “Le Gabon”, Le Tour du Monde, 1865, vol. XII, pp. 273-320 ; p. 276 : “… C’est là un commerce essentiellement destructeur. Les bords des rivières sont aujourd’hui dépeuplés de bois précieux. Il faut aller très loin pour trouver le bois rouge en quantité commerciale, plus loin encore pour rencontrer l’ébénier, et quant aux éléphants, leur nombre a considérablement diminué. Le pays s’épuise, et il n’est pas difficile de prévoir le jour où faute d’avoir su administrer ses richesses et en créer de nouvelles il deviendra profondément misérable”.
[166] Anonyme, “ Etablissement français… ”, p. 64 :
“ Le commerce extérieur s’est réparti de la manière suivante entre les diverses puissances :
Importations (fr.) Exportations (fr.)
Navires français 193 414 330 112
anglais 409 758 1 234 682
américains 32 279 58 011
portugais 4 000
hambourgeois 16 100
655 651 1 622 805
“ Voici le mouvement de la navigation à l’entrée :
Tonneaux Hommes
Navires français 15 3 788 173
anglais 16 3 346 180
américains 3 646 39
portugais 3 205 34
hambourgeois 1 230 13
[167] Griffon du Bellay, “ Le Gabon ”, p. 285 : “Voilà, en somme, le commerce que fait le Gabonais : fraudant sans vergogne les producteurs pahouins ou bakalais, il ne vole pas moins impudemment l’acheteur européen ; non pas
précisément le négociant des factoreries, qui peut opérer à loisir, mais les capitaines de navires qui font leurs affaires eux-mêmes et au passage”.
[168] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”, p. 11 : “ Seuls courtiers pendant longtemps des M’Pongoès, [les Seke] étaient seuls en relations avec les sauvages de l’intérieur, et leur prudence les empêchaient de commettre la faute de fournir à leurs voisins redoutables les armes qu’ils recevaient en échange des produits livrés aux Européens.
“ Habitués au maniement du fusil, ils tinrent en échec l’innombrable peuple pahouin, qui ne possédait que des armes de fabrication primitive : sagaie, arbalète et poignard. Mais depuis quelques années les rôles ont bien changé. Munis de provisions de guerre qu’ils ont exigées dans leurs transactions, les Pahouins font déjà sentir aux Bouloux la domination prochaine que ceux-ci ne pourront éviter malgré les derniers efforts d’une inutile résistance ”.
[169] M. Denis, Histoire militaire… : “ Une goélette anglaise est pillée en 1864 dans le Como. Le Phaéton, ayant embarqué 40 tirailleurs, et le Pionnier, 60 hommes de la compagnie de débarquement de l’Armorique, attaquèrent le 8 novembre le village rebelle de Bokoué qui fut pris et brûlé après vingt quatre heures d’occupation. Pour apaiser l’agitation, le Phaéton parcourut la baie du Gabon et la Rhamboë. Voir aussi E.Mbokolo, Noirs et Blancs, p. 196 ; et N. Meteghe N’Nah, pour qui le village de Bokoué est un village Kele, “L’implantation coloniale… p. 68
[170] P.-A. Serval, “ Description de la rivière Rhamboué ” ; pp. 220-221 : “ Il serait de notre intérêt de soutenir les Bakalais ; tandis que les Pahouins, maîtres du Como et de la rive droite du Gabon, nous mettraient en relation avec les peuples de l’intérieur, à l’Est les Bakalais et les Boulous nous introduiraient chez les populations du Sud par les rivières Rhamboué et Billagoné ”.
[171] M. Denis, Histoire militaire…, p. 24.
[172] Griffon du Bellay, “ Le Gabon … ”, p. 310 : “ Telle est la race pahouine, la plus intéressante à coup sûr de toutes celles qui habitent le Gabon, et bientôt la plus importante pour nous, car elle s’avance à grands pas vers nos comptoirs. On l’y voit venir avec plaisir, parce que s’il est possible de faire quelque chose du pays, c’est avec des gens aussi bien trempés. Mais, il ne faut pas se le dissimuler, ce seront des auxiliaires difficiles à manier ; s’ils sont habituellement assez doux et hospitaliers, ils ont aussi un caractère ombrageux et versatile, servi par une industrie et une énergie que peu de noirs possèdent ”.
[173] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 7, Etablissements français de la Côte d’or et du Gabon, Réponse à un questionnaire adressé par dépêche du 22 juin 1865 : Arrivée “ de nombreuses familles de Pahouins Fans dont le mouvement d’immigration vers la côte et les rivières du Gabon est chaque jour plus marquée ”.
[174] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 3a , 17 février 1865, Rapport annuel sur la situation des établissements de la côte d’or et du Gabon, Laffon de Ladébat au Ministre de la Marine :
“ Depuis 1843, époque de la fondation du comptoir, la population Mpongwé a diminué environ des deux tiers... Je ne puis l’expliquer que par la démoralisation profonde qui a été le résultat de leur contact avec les Européens.
“ Les Boulous habitent les bords de la rivière Mondah et les criques septentrionales de l’estuaire du Gabon. Ils sont très sauvages, peu intelligents, enclins au meurtre et fort pauvres. Ils vendent beaucoup de bois rouge et un peu de caoutchouc.
“ Les Bakalais qui, au moral, ne diffèrent guère des Boulous, quoique formant une race différente, habitent le cours inférieur du Como et du Ramboé, et surtout les bords de l’Ogowey. Ces derniers, s’il faut en croire les explorateurs, seraient moins pauvres et plus intelligents que ceux qui vivent sous notre domination.
“ Les Fans ou Pahouins, se montrent en grande quantité dans la portion la plus reculée des affluents du Gabon. Malgré leur aspect terrible et leur réputation bien prouvée d’anthropophagie, les relations sont assez faciles avec eux. Ils paraissent bien plus intelligents que les boulous et les Bakalais. Ce sont de hardis chasseurs et d’habiles forgerons. C’est chez les pahouins surtout, qu’on trouve l’ivoire, l’ébène et le caoutchouc.
“ Quelques-uns d’entr’eux ont envoyé leurs enfants à la Mission pour y être élevés, et ils se rapprochent peu à peu de nous, chassant devant eux, sans effort, les Bakalais qui sont trop faibles ou trop pauvres pour leur résister.
“ … Les indigènes détruisent au lieu de produire : il faut remonter plus haut chaque année dans le Como pour y trouver à grand’peine les produits qu’on rencontrait autrefois en abondance sur les rives mêmes du Gabon ; en outre la population ne cesse de décroître avec une rapidité inquiétante : l’abus des liqueurs alcooliques et la pratique de l’avortement sont les causes de cette dépopulation qui arrête tout travail utile ; je ne vois donc aucune chance pour que le commerce se développe au Gabon ”.
[175] E. Mbokolo, Noirs et Blancs…, p. 191. L’arrivée à Libreville en juin 1864 de la Somme, bâtiment militaire français, est à l’origine de cette épidémie.
[176] N. Meteghe N’nah, L’implantation coloniale… , p. 69 : “le 24 août 1865, le village fang de Sandjika, le plus important de tout le Como, fut détruit après un affrontement avec les troupes coloniales” ; M. Denis, Histoire militaire…, p. 24.
[177] La pratique a l’inconvénient d’entretenir auprès des plus farouches le mythe des Blancs cannibales. Elle est aussi très dangereuse car si un malheur arrive à un otage, sa famille rend aussitôt les geôliers responsables.
[178] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, Lettre de Langle, Contre amiral, Commandant en chef la Division Navale des Côtes Occidentales d’Afrique au Ministre de la Marine, 24 février 1866, Rapport sur les exactions exercées par les Pahouins en préjudice de la maison Pilastre au Gabon : “ Le côtre le Petit Quivilly de Rouen, armé par la factorerie Pilastre et monté par le patron François Lamour qui avait pris en charge à cette factorerie environ 1500 francs, vient d’être pillé par les Pahouins de la rivière Dacka en Como.
“ D’un autre côté dans le Remboë un des traitants a eu un homme arrêté également par les Pahouins ; j’ai des otages qui me répondront de cet homme.
“ Quant à l’affaire Dacka, je vais la faire éclaircir ; je pense que la présence du Protée en rivière suffira pour arrêter les diverses tentatives de pillage ”.
[179] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 6 b, Lettre du 2 octobre 1866, Rapport sur la situation des comptoirs - Gabon, De Langle à Marine : “… le Remboë et ses nombreux affluents, qui nous fournissent aujourd’hui le commerce le plus lucratif de la rivière. ”
[180] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, Inspection dans le haut des affluents du Gabon. Etat politique des populations riveraines, Lettre du 2 juillet 1866, De Langle à Marine.
[181] Par exemple, les Mpongwe de Chinchoua fournissent les interprètes aux traitants quand ils vont visiter les Fang. C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 6 b, Lettre du 2 octobre 1866, Rapport sur la situation des comptoirs - Gabon, De Langle à Marine.
[182] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, 8 août 1866, Rapport sur la situation des comptoirs de la Côte d’Or et du Gabon , De Langle à Marine : “ Les lettres que je reçois par le Curieux me font connaître que les Pahoins du Rhemboé et de la Bellagoné qui avaient eu quelques différends avec les aborigènes Pongwé ont, grâce à la médiation du Commandant particulier M. Dutaillis que j’avais chargé de cette mission, renoncé à occuper de force les positions qu’ils convoitaient et qu’ils ont tous accepté la transaction que leur dicta M. Dutaillis. Ainsi tout est tranquille aussi de ce côté.
[183] Aujourd’hui encore, les vieux quartiers de Libreville, Glass, Louis, Quaben, et sur la rive gauche la Pointe Denis sont toujours considérés comme territoires mpongwe, les Fang s’installant plutôt à leur périphérie, mais certains dignitaires mpongwe sont fortement critiqués par leurs pairs pour vendre aux Fang les terres ancestrales.
[184] C.A.O.M. Gabon Congo I, dossier 6 b, Fleuriot à Marine, 11 septembre 1867.
[185] Roullet résume la pensée des Occidentaux qui ont évalué l’arrivée fang : “Du reste, il n’est permis qu’à un arbre gigantesque, c’est-à-dire à une race nombreuse, de porter les puissants rameaux, que nous voyons se multiplier et s’étendre sur les rives du Como et de ses affluents”. Roullet, 1867, p. 145
[186] C.A.O.M. Gabon Congo I, dossier 6 b, Lettre du 2 octobre 1866, Rapport sur la situation des comptoirs - Gabon, De Langle à Marine : “Ce peuple étrange qui arrive sur nous comme un déluge de Goths ou de Vandales avec cette différence qu’ils acceptent facilement notre autorité et ne demandent qu’à se soumettre à notre arbitrage dont ils reconnaissent la haute portée morale ”.
[187] F. Touchard, “ Notice sur le Gabon ”, p. 16 : “ L’anthropophagie existe chez ce peuple avec toutes ses horreurs. Les scènes auxquelles il se livre, racontées naïvement par un jeune otage qui est sur l’Oise, m’ont été confirmées par les Akalais.
“ La victime est étendue par terre et maintenue sans mouvement ; des danses, des cris de joie accompagnent les derniers soupirs qu’elle exhale sous le couteau ; quelquefois elle est percée de coups de sagaie que chaque Pahouin à tour de rôle vient enfoncer profondément dans sa poitrine. La première blessure est portée par l’un des leurs qui s’est rendu méconnaissable par des couches épaisses de couleur blanche et rouge. Pendant l’exécution un homme est spécialement chargé du soin de faire chauffer deux baguettes en fer que l’on enfonce ensuite profondément dans les narines, afin de pénétrer sous le cuir chevelu et de façon à pouvoir en détacher facilement les cheveux. Le meilleur morceau, qui consite dans la portion de peau qui s’étend des commissures des lèvres à l’occiput, est jeté sur des charbons ardents et réservé au chef du village. Ni les femmes ni les enfants n’assistent à ces festins humains. Ils ne paraissent dans les cases où l’on prépare ces horribles cuisines que lorsque tout est fini, et pour en faire disparaître les débris qui sont restés ”.
[188] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, p. 159-160 : “ Hélas ! Il faut bien le reconnaître aujourd’hui, les Pahouins sont bien loin d’avoir répondu à cette attente : de la civilisation, ils ont pris tous les vices, mais pas une vertu ; plus ils approchent de la côte, plus ils vivent près de nous, et plus ils deviennent paresseux, pillards et de mauvaise foi… ”
[189] Griffon du Bellay en fait l’amère constatation : “ Trouvant dans de faciles échanges commerciaux tout ce qui peut satisfaire leurs besoins, elles perdent leurs usages traditionnels et caractéristiques, oublient leurs anciennes industries, et altèrent même, par des unions étrangères, leur cachet original ”. “ Le Gabon ”…
[190] Courrier du Havre, daté du 19 septembre 1866 : “ Fleuriot de Langle s’est embarqué sur la canonnière à vapeur la Surprise pour remonter la rivière et visiter les Pahouins qui lui avaient envoyé une députation, il y a quelque temps ”.
[191] C.A.O.M., Gabon I, dossier 6b, Lettre du 2 juillet 1866, Inspection dans le haut des affluents du Gabon. Etat politique des populations riveraines, De Langle à Marine.
[192] R. B. Walker, “ Relation d’une tentative d’exploration en 1866 de la rivière de l’Ogové et de la recherche d’un grand lac devant se trouver dans l’Afrique Centrale ”, Annales des Voyages, 1870, p. 59-80 ; 120-144 : “ J’avais l’espoir de pouvoir remonter assez ce dernier fleuve [l’Ogooué] vers l’est pour atteindre, par un trajet comparativement court, le bras septentional du Congo qui, d’après les renseignements obtenus des indigènes par le capitaine Tuckey, prendrait sa source dans un grand marais ou lac, placé par lui sous l’équateur, à 17°30’ longitude orientale ou à environ cinq cents milles géographiques du Gabon. Une fois le Congo atteint, je pouvais espérer descendre ce fleuve jusqu’à la mer ”.
[193] Par crainte de quelques mauvais coups des Kele qui souffrent d’une mauvaise réputation, Walker compose sa caravane de deux tiers d’enfants et de femmes. Il s’entoure en outre d’une garde de huit hommes et un jeune garçon. Ibid. , p. 64.
[194] Tous les explorateurs sans exception se heurtent au désir des chefs des villages qu’ils traversent de rester chez eux jusqu’à l’épuisement des marchandises qu’ils destinent à plus loin. Ce désir se transforme aussi rapidement en menace que les explorateurs souvent peu patients usent d’arguments brutaux pour poursuivre leurs routes : “… Bialé, mal disposé parce que je n’avais plus d’eau de vie à lui donner, déclarait que je ne devais pas emporter mes biens qui, ayant été apportés dans son village, devaient y rester à son profit. Il ajouta que je ne devais pas avancer, mais regagner plutôt le Gabon par le même chemin par lequel j’étais venu. Son insolence de me dire cela dans la maison même que j’habitais, ainsi que les dispositions où je savais ses gens de mal faire, me décidèrent à braver la crise et, lui mettant mon revolver au front, je lui dis que si j’étais volé encore, lui au moins n’en jouirait pas, attendu que je le tuerais au premier mouvement hostile”. Ibid., p. 69
[195] Il ne s’agit pas de l’actuel Lambaréné, situé plus bas. Brazza l’orthographie Ilimba-Réni, Mukumbuta Lisimba l’écrit Lembareni, signifiant “ Essayez-y, essayez d’abord ”. M. Lisimba, Les noms de villages dans la tradition gabonaise, Editions Sépia, 1997, p. 122 ; voir la carte, page précédente.
[196] Jaloux de cette prérogative, les Enenga font croire qu’ils maîtrisent un fétiche qui bloque l’accès au fleuve au niveau du confluent avec le Ngounié, d’où le nom donné sur les cartes de Pointe Fétiche. Ils ont ainsi dissuadé Touchard de remonter l’Okanda et ont condamné les Adjoumba, qui ne pouvaient pas payer un droit de passage, à un commerce plus faible avec le Ngounié.
[197] Walker, Relation… p. 71. Voilà encore une astuce de chef local pour épuiser les maigres ressources de l’explorateur impatient.
[198] Rempolé craint le refus des villages du fleuve, notamment Kota, de voir y pénétrer un blanc, “ la dernière apparition de la petite vérole qui ravagea le pays, étant attribuée à des hommes blancs ”. Ibid., p. 72.
[199] Les Isyaga ont des couteaux identiques aux Onzil fang. Walker retient de son périple dans la Ngounié, que vers sa source vivrait la légendaire tribu de Sapadis bisulque qu’il identifie à des “ nègres mahométans du nord en possession de chevaux ou des tribus kafirs du sud-est montant des bœufs ”. Ibid., p. 79.
[200] Ibid. p. 130.
[201] Ibid., p. 142, avance une autre hypothèse qui fera fortune : “ Peut-être sont-ils forcés d’aller en avant par d’autres tribus qui, à leur tour, fuiraient devant les chasseurs d’esclaves mahométans. Ces derniers gagnent de proche en proche, et étant montés sur des bœufs, ce sont probablement eux qui ont donné naissance à la fable des Sapadis à pieds fourchus, tandis que leurs burnous flottant au gré des vents ont fait qu’eux, ou un peuple ayant le même vêtement, ont été doués, par la fable, de véritables ailes. Ces derniers sont appelés Batèlé ou Batéhé. Tous les deux, les Sapadis et le Batéhé sont renommées comme très-braves et très-féroces, excessivement agiles, bien armés et pour n’avoir jamais été faits prisonniers. D’après les dires des indigènes, il serait introduit, du côté des Sapadis et Batéhé ou plus à l’Est, des marchandises européennes de même nature que celles fournies par les factoreries de la côte occidentale. On dit que dans le village des Okêli [kele] le plus à l’Est, les derniers survivants d’une tribu appelée Kobélé a fixé son séjour ”.
[202] Ibid., p. 143.
[203] Walker, “ Relation… ”, p. 144 : “ J’ai pu obtenir assez d’indications relativement au grand Lac pour ne plus douter de son existence ; mais personne ne put me dire d’où venait l’Okanda, excepté que tous étaient d’accord en ce point qu’il venait d’une grande distance à l’intérieur. Mon opinion est qu’il faut chercher sa source ou dans le lac Tanganyika (dont l’écoulement n’est pas encore connu) ou dans un lac non découvert encore à l’ouest du lac Albert Nyanza. Ce point pourrait être éclairci par le docteur Livingstone, si le bruit de sa mort était heureusement démenti ”.
[204] Aymès, “ Résumé du voyage d’exploration de l’Ogooué entrepris par le Pionnier, en 1867 et 1868 ”, Bulletin de la Société de Géographie, juin 1869, pp. 417-433, p. 424 : “ Lorsque l’autorité coloniale aura des finances suffisantes, son premier soin doit être d’améliorer cette route sur laquelle il y a déjà à des abris nommés dans la langue du pays Olakos ”.
[205] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2, Dossier Largent, 1884, Etude générale sur le Gabon :
“ 17 mai 1867. Les chefs des Inengas, Rempolé et Banoqué (dans l’Ogoûé) déclarent vouloir être français et reconnaître pour chef le commandant supérieur du Gabon : ils assurent leur protection à tous les voyageurs. Prise de possession par la France de la pointe Oïando rebaptisée Pointe de l’Angle, ainsi que des 4 îles N’condjou, qui prennent le nom d’îles Walker. ”
[206] Il envisage la construction d’un fort sur les Îles N’Condjou. Aymès, “ Résumé du voyage d’exploration… ”, p. 427.
[207] Ibid. ; p. 430.
[208] En 1861, Braouezec ne note aucun village fang sur l’Ogooué, Braouezec M., “ Notes sur les peuplades… ” ; p. 353.
[209] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, Lettre de Fleuriot de Langle au Ministre de la Marine, 21 décembre 1866.
[210] E. Mbokolo, Noirs et Blancs…, p. 184 : “ En 1868, [l’ivoire] est le produit le plus cher du Gabon, à 10 000 francs la tonne, contre par exemple 1000 francs pour la tonne de caoutchouc, ou 200 francs la tonne de gomme copale ”.
[211] Fleuriot de Langle, “ Croisières à la côte… ”, p. 264.
[212] Sur ce point qui concerne l’”assimilation” des clans seke et kele du haut-Komo, il faut bien distinguer le point de vue des Occidentaux de celui des ethnies concernées. Pour les premiers, le clan du chef de village indique l’identité ethnique du village. Pour les seconds, les individus ne perdent pas cette identité, mais les liens du mariage sont tels qu’ils unissent les clans dans une assimilation progressive qui, compte tenu du nombre sans cesse croissant de Fang arrivant dans la région, assimile inéluctablement les Seke et les Kele cohabitants aux Fang.
[213] G. Roullet, “ La rivière Como au Gabon et les populations riveraines ”, Annales des Voyages, t. IV, décembre 1866 ; pp. 273-282 ; pp. 278-279.
[214] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 6b, Rapport Fleuriot de Langle, 5-6 mai 1867 et C.A.O.M., Gabon I dossier 8b, Rapport Duperré, 28 février 1870.
[215] C.A.O.M., Gabon Congo I, Dossier 6b, Lettre du 19 mars 1867, “ Etat politique et commercial des établissements de la Côte d’or et du Gabon ”, Fleuriot de Langle à Marine : “ Le mouvement de concentration des pahouins autour des affluents du Gabon se fait rapidement et dans quelques années l’élément Pongwé aura disparu de la scène ”.
P. du Chaillu, “ Ethnologie de l’Afrique équatoriale occidentale ”, Annales des voyages, 1868, tome 1, pp. 313-326 : “ Que cette race doive disparaître de la terre dans un temps plus ou moins éloigné, c’est malheureusement ce qui n’est guère douteux. Elle ira rejoindre les autres races inférieures qui l’ont précédée. Voilà l’histoire que nous lui prédisons ”,
C.A.O.M., Gabon Congo I, Dossier 6b, Note d’août 1867, Anonyme : “ … Un mouvement de population qui s’accentue de plus en plus et doit aboutir à la substitution successive de la race des Pahouins guerriers et laborieux qui viennent de l’intérieur et se rapprochent chaque jour de la mer à la race Pongwé, indolente et corrompue qui occupe le littoral. Les divers Commandant Supérieurs qui se sont succédés au Gabon, voient sans déplaisir s’accomplir cette absorption qui n’affecte aucun caractère d’hospitalité à notre égard ; les Pahouins ayant surtout envie de se mettre en relation directe avec nous et de supprimer l’intermédiaires Pongwé qu’il considère comme [?] et [?] de mauvaise foi ”.
[216] C.A.O.M., Gabon Congo I, Dossier 6b, Lettre du 19 mars 1867, Fleuriot à Marine, “ Etat politique et commercial des établissements de la Côte d’Or [à ne pas confondre avec le département métropolitain, aujourd’hui, cette région prend plutôt le nom de Côte de l’Or] et du Gabon ” :
“ J’ai fait venir les quatre représentants des anciennes familles princières de cette race, pour leur remontrer qu’il était de leur intérêt de marcher franchement avec nous, qu’ils n’avaient plus, depuis longtemps, d’autre refuge et d’autre protection que celle qu’ils recevaient de nous ”. Le roi Louis meurt le 2 janvier 1867.
[217] Ibid. “ La surexcitation de la traite, qui relève ses baracons au Cap Lopez, rend ces peuples plus soupçonneux sur l’enlèvement des membres de leur communauté, qui servent fréquemment à alimenter les marchés d’esclaves ”.
[218] Fleuriot de Langle, “ Croisière à la Côte… ” ; p. 267 : “ Bitta, le chef de Cocojé, vint sur le Protée faire amende honorable, et apporta à M. Poudra deux moutons, comme prix de la blessure qu’il lui avait faite ; il demandait le prix du sang pour trois de ses hommes qui avaient été tués pendant l’action : M. Poudra rejeta ces prétentions. Bitta est depuis lors notre plus fidèle allié. Son village a près de deux mille habitants ”.
[219] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6d , Lettre du 24 septembre 1867, Fleuriot de Langle, Commandant en chef la Division Navale des Côtes Occidentales d’Afrique au Ministre de la Marine ; et C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, Fleuriot de Langle au Ministre de la Marine Rapport annuel sur la situation des établissements de la côte d’or et du Gabon, Lettre du 4 mai 1867.
[220] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 7 c, 24 avril 1868, Dauriac à Colonie, Nouvelle de la Côte d’Or, du Golfe de Bénin et du Gabon.
[221] Ces mêmes factoreries sont en partie responsables des tensions qui agitent les rivières puisque les conflits prennent fréquemment naissance de la malhonnêteté de leurs négociants qui tentent d’abuser des marchands.
[222] La France a signé aux premières heures de sa présence au Gabon (4 septembre 1845) avec certains chefs du Mouni des traités contestés par l’Espagne laquelle défend une occupation de la région bien antérieure à ces traités. Pendant plus de trente ans, les commandants du Gabon en appellent régulièrement à leur hiérarchie pour faire valoir les traités et recevoir l’autorisation pour occuper l’estuaire du Mouni.
[223] B. Schnapper, La politique…, p. 213.
[224] Le commerce reste aux mains des étrangers, surtout des Anglais. En 1867, ils ont envoyé au Gabon 45 navires, contre 19 français, et 8 américains, portugais ou “ hambourgeois ”. La balance des échanges confirme cet état : les français ont exporté pour 181 000 francs de marchandises, et importé 322 000 francs, contre 462 000 francs d’exportations pour les étrangers et 651 000 francs d’importations (Gabon Congo I dossier 7 c Etablissements Français de la Côte d’Or et du Gabon - Réponse à un questionnaire adressé par dépêche du 22 juin 1865 (direction des colonies 1er Bureau - administration générale) : “ Impôt : Au Gabon les revenus de la colonie sont encore presque insignifiants ; toutefois par la création de droits de patente et de licence depuis le 1er janvier 1867, ils se sont élevés de 6 000 francs environ en 1866 à 16 800 francs en 1867 dont : patentes de négociants et de marchandises détaillants, licences et cabaretiers : 10 200 francs… Populations, chiffre de 1867 : 6 500 mpongwe, 10 000 bakalais ”.
[225] P. Du Chaillu, Voyages et aventures…, pp. 105-106.
[226] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 6b, Lettre du 4 mai 1867, Rapport annuel sur la situation des établissements de la Côte d’Or et du Gabon : De Langle à Marine : “ La race forte des Bafans ou Pahouins est en marche, elle franchit la Sierra de Cristal sur plusieurs points depuis Banoko jusqu’à l’Ogoway ; dès qu’ils sont en rapport avec nous, ils demandent en général des terres et reconnaissent notre autorité en demandant à arborer nos couleurs ”.
[227] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 7c, Dauriac à Marine, 24 avril 1868.
[228] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 7 c, Dauriac à Marine, 19 septembre 1868 :
“ Le Pionnier de son côté a pendant mon absence entrepris d’après mes ordres des excursions dans la rivière Cohit et dans celle du Rhamboé d’où il a rapporté d’intéressants renseignements sur les populations Bakalaises et Pahouines qui en bordent les rives. Grâce aux apparitions fréquentes de nos avisos dans cette rivière qui, par sa proximité de l’Ogoway et des ses affluents, est une voie commerciale importante, la tranquilité y règne actuellement et les traitants Gabonnais recommencent à la fréquenter pour le compte des maisons de Glass et de Libreville ce qu’ils n’avaient osé faire depuis longtemps à cause des dissensions qui surgissaient constamment ente les villages et interrompaient les relations en leur enlevant toute sécurité. ”
[229] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 7c, “Nouvelle de la Côte d’Or, du Gabon et du Congo”, Dauriac à Marine, Libreville, 22 juillet 1869 : “ Au Gabon, sauf l’émotion aujourd’hui calmée, causée par l’affaire de M. M. Walker dont je rendis compte par lettre spéciale sous le présent timbre, je n’ai rien de particulier à signaler que la collision imprévue survenue dans la rivière Rhamboë entre la canonnière la Lance et les habitants du village pahouin de Djakaoulé auxquels elle était allée demander réparation d’un acte de pillage commis par eux. Cette affaire n’a pas eu fort heureusement de suites graves, les Pahouins ont eu quelques hommes blessés mais par le plus grand bonheur personne n’a été atteint à bord de la Lance et quand, après avoir été chercher des ordres au Gabon, cette canonnière est revenue pour en finir s’il y avait lieu, les Pahouins se sont soumis immédiatement et ont donné les satisfactions exigées, montrant ensuite la plus grande confiance en notre loyauté. Le capitaine de la Lance, Monsieur Morel Beaulieu, parfaitement secondé par son équipage a pu, quoique pris à l’improviste, riposter de suite et a maintenu son feu plus d’une heure avant de s’éloigner. Il a montré dans ces circonstances beaucoup de calme, de sang-froid et d’habileté.
[230] M. Denis, Histoire militaire…, p. 24 : “ Une nouvelle intervention fut encore nécessaire en 1869. Tous les petits bâtiments de la division, Le Pionnier, L’Obus, L’Africain, La Comète, visitèrent les points troublés du littoral et amenèrent la soumission générale des turbulents ”. et N. Meteghe N’Nah, L’implantation coloniale …p. 69
[231] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 8b, Libreville, le 19 février 1870, Duperré à Marine :
“ Toutes les difficultés que nous rencontrons dans le Rhamboë, les pillages de canots, etc., ont pour causes les actes très répréhensibles des traitants noirs chargés des opérations des maisons établies à Glass et à Libreville : les : Pahouins qui, après avoir livré du bois ou du caoutchouc, ne reçoivent pas les quantités de marchandises européennes qui leur ont été promises, n’attendent qu’une occasion pour piller une embarcation sans se préoccuper de savoir à qui elle appartiendra : et nous ne saurions guère leur reprocher cette manière d’entendre la responsabilité collective, car, nous mêmes, lorsqu’un pillage a eu lieu, nous n’hésitons pas à brûler tout le village qui nous a été signalé, et souvent nos représailles ne sont pas très légitimes ”.
[232] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 8b, Libreville, le 19 février 1870, Duperré à Marine :
“ Quant aux Pahouins, la politique suivie jusqu’à ce jour, et qui se proposait d’entraver leurs tendances à se rapprocher de la mer, doit, suivant moi, être abandonnée sans retards ”.
Un mois plus tard, Duperré réitère sa demande auprès du ministre, C.A.O.M. Gabon-Congo I dossier 8b, Libreville, le 20 mars 1870, Duperré à Marine : “ Dans le Como, comme dans le Rhamboë, les opérations commerciales n’ont pas été entravées par les indigènes, et j’espère que, dans un avenir prochain, les nouvelles populations qui, de l’intérieur de l’Afrique, se sont acheminées vers la mer, se montreront disposées à traiter directement avec les Européens, quand, au lieu de les repousser, nous les protégerons contre les exactions des intermédiaires Gabonais ou Bakalais ”.
[233] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 8b, Libreville, le 19 février 1870, Duperré à Marine :
“ Je préviendrai les négociants français et étrangers que je compte réunir en conférence, qu’ils ne doivent pas espérer que j’emploierai des mesures de rigueur contre des villages lorsque leurs représentants auront par leur mauvaise conduite, leur mauvaise foi et leurs exactions provoqué des actes de pillage que, désormais, ils devront être très scrupuleux dans le choix de leurs agents, leur recommander d’exécuter leurs engagements, pourvoir enfin les embarcations de moyens de défenses. Que si, néanmoins, la situation ne s’améliorait pas, je serai disposé, sur leur demande, à interdire le commerce dans le Rhamboë, en établissant un blocus effectif à son embouchure, mesure qui, dans mon opinion, serait loin de produire des résultats favorables et lèserait leurs propres intérêts ”.
[234] N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 69. L’auteur voit dans l’agitation qui reprend dans les rivières l’expression d’une résistance au colonisateur encouragée par l’annonce de la défaite de 1870. Cette vision “hagiographique” des évènements est troublée par la réalité matérielle.
[235] C.A.O.M., Gabon Congo VII, dossier 4a, 2e Bureau des Colonies, “Notes sur le Gabon”, juillet 1871.
[236] Escande, “ Notre établissement du Gabon en 1874 ”, Revue Maritime et Coloniale, 1875, pp. 802-808, et Compiègne, L’Afrique équatoriale, p. 199.
[237] Ibid. et Compiègne, L’afrique équatoriale…, p. 62.
[238] La Division navale des côtes occidentales de l’Afrique devient la Division de l’Atlantique sud, C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 9b, Dépêche ministérielle du 24 mars 1871.
[239] Fleuriot, “ Croisière à la côte… ”, p. 260, et Escande, “ Notre établissement… ”, p. 803.
[240] B. Schnapper, La politique et le commerce…, p. 252.
[241] N. Metegue N’Nah l’analyse comme des mouvements de résistance à l’occupation coloniale.: “A l’annonce de la défaite militaire française en Europe, l’agitation pris encore de l’ampleur dans le pays. Les autorités coloniales de Libreville durent alors organiser deux expéditions militaires, dont l’une de plus d’un mois, pour réduire les foyers de résistance qui s’étaient allumés un peu partout”. L’implantation coloniale… ; p. 69.
- M. Denis, Histoire militaire … ; p. 25 : “ Les malheurs de la guerre de 1870-1871, complaisamment colportés et déformés par les négociants étrangers, firent naître une certaine effervescence parmi les populations voisines des possessions françaises. Quelques expéditions de la Lance dans le Como et la Ramboë suffirent pour le rétablissement de l’ordre.”
[242] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 8b, Libreville, le 19 février 1870, Duperré à Marine : “ Tout le commerce de la rive droite du Como tend à se déplacer depuis que nous avons établi un droit à l’exportation : les produits s’acheminent vers la rivière d’Angra, et cinq maisons anglaises qui se sont établies sur l’île d’Elobey, les accaparent au détriment des négociants de Glass et de Libreville dont les opérations deviennent chaque jour plus restreintes. Notre poste de douane, à Mondah, sera bientôt inutile, et les ressources que devait nous procurer un régime douanier si heureusement inauguré seront considérablement atténuées si nous ne pouvons plus, dans nos prévisions budgétaires, faire figurer la perception des droits sur la moitié du littoral de nos possessions.
“ La revendication de nos droits de souveraineté, tant dans la rivière d’Angra qu’à Elobey , est devenue une question vitale pour le Gabon : il est indispensable que le Cap Saint Jean soit la limite nord de nos possessions.
[243] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 9b, Etablissements français du Gabon, Réponse à un questionnnaire adressé par dépêche minstérielle du 22 juin 1865, 1871, “ Commerce en 1870 :
Importations 15 navires français 282 000 f
72 navires étrangers 970 000 f
Exportations 14 navires français 220 000 f
70 navires étrangers 670 000 f ”
Par comparaison, le commerce à Gorée en 1872 atteint 12 millions, selon Compiègne, L’Afrique Equatoriale, p. 21.
[244] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 9b, Situation du Gabon, Bourgois, à Marine, Rapport du 25 janvier 1872 : “ La condamnation de l’Obus et de la Lance et de la Rosée, jointe à l’impossibilité constatée de réparer les chaudières du Pionnier, ne laissent plus pour le service local du Gabon qu’un seul bâtiment le Pygmée, qui n’est déjà plus en état de remplir sans danger m’écrit le Commandant Garrand, quelques missions dans les rivières. De sorte que la nécessité de borner momentanément notre action politique à l’estuaire du Gabon nous serait imposée par la situation de notre matériel, si elle ne l’était par la raison et la prudence ”.
[245] Ibid. : “ A la vérité les querelles des différentes peuplades, particulièrement dans le Rhamboé se ravivent de nouveau ; mais l’action conciliatrice du commandant du Gabon continue à s’interposer pour en atténuer les conséquences, sans engager cependant notre influence qui n’est nullement en question dans ces querelles. Elles ont invariablement pour origine des enlèvements de femmes ou des pillages de marchandises et rappellent un peu les vendettas corses pour leur complication.
“ Une embarcation à vapeur a été fournie [à Monsieur Aymès pour qu’il entreprenne la reconnaissance hydrographique de l’estuaire dans le haut des rivières] pour l’aider. Sa présence constante dans l’estuaire a d’ailleurs pour effet d’y maintenir la sécurité que nous ne pouvons garantir plus loin. Aucun pillage n’y a été en effet commis depuis deux ans et les populations Pahouines, tentées de s’y établir sont mises en demeure de ne le faire qu’en acceptant complètement notre souveraineté ”.
[246] Voir le Rapport Aymès, reproduit en annexe, C.A.O.M., Gabon III Dossier 1.
[247] C.A.O.M., Gabon III, dossier 1, Rapport Aymès, Avril 1872, “ Situation des populations autour de l’Estuaire :
“ Sauvegarder avec soin notre autorité, protéger les maisons de commerce si leur magasins se trouvaient menacés, tels sont, selon nous, les seuls cas d’une action vigoureuse de notre part ”.
[248] C.A.O.M., Gabon I, dossier 10b, Du Quilio à Marine, 24 décembre 1872.
[249] A moins qu’il ne s’agisse de Bounda.
[250] C.A.O.M. , Gabon I, dossier 10 b, Lettre du 27 juin 1873, Garraud, Capitaine de Frégate Commandant supérieur par intérim au Gabon Au ministre de la marine : “ Je surveille le Como, car contre les habitudes, voilà depuis un an la seconde série de six mois de tranquillité… ”
[251] V. Compiègne, L’Afrique equatoriale, t.2, p. 9-10 : “ De son côté, le monde géographique s’était ému devant cette découverte [de l’Okanda] : une si grande nappe d’eau devait prendre sa source dans des lacs intérieurs très importants ; les noirs eux-mêmes le disaient : des esclaves, venus de bien loin, avaient vu la mer orientale couverte de bateaux ; que pouvaient-ils désigner par cette mer orientale, sinon les grands lacs découverts par Livingstone, Baker, Speke, etc. ? De bons esprits soutenaient que le Congo et l’Ogooué devaient prendre leurs sources dans les mêmes montagnes. D’ailleurs, à la suite des voyages de Stanley et du docteur Schweinfürth, l’opinion commençait à prévaloir dans le monde savant que le grand fleuve dont Livingstone avait découvert les sources et qu’il avait signalé comme étant le Nil, était en réalité non pas le Nil, mais un vaste cours d’eau se dirigeant vers l’Ouest et venant se jeter dans l’Atlantique, vraisemblablement l’Ogooué ou le Congo. [… ]L’Ogooué la meilleure voie ouverte à l’exploration pour pénétrer par là au centre de l’Afrique ”.
[252] C.A.O.M., Gabon I, dossier 10 b, Du Quilio, Commandant la Division Navale de l’Atlantique Sud au Ministre de la Marine, 14 mai 1873 : “ Les Pahouins continuent à se rapprocher de la mer et ont déjà des villages aux embouchures de l’Ogoway, dans le Fernan-Vaz. Cette population active traite principalement l’ivoire qu’elle obtient en chassant l’éléphant ”.
[253] C.A.O.M., Gabon III, dossier 2, Rapport Du Quilio sur son voyage dans l’Ogoway en 1873 sur le Marabout.
[254] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 8, Lettre du Lieutenant de Vaisseau, Capitaine du Marabout à l’Amiral, Division navale de l’atlantique sud. Bord, rade du Gabon, le 23 août 1873 : “ Le principal produit de la rivière est le bois rouge ; l’ivoire, caoutchouc, cire et bois d’ébène y sont en petite quantitié ; les habitants sont boulous, les Pahouins occupent seulement le haut de cette rivière qui va se perdre tout près de la rivière Cohit vis à vis Conniquet ”.
[255] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10 b, Lettre du 19 mai 1873, Garraud , Capitaine de Frégate Commandant supérieur par intérim au Gabon au Ministre de la Marine. La médiation pacifique résout une série de conflits entre Bakalais et Pahouins et entre Pahouins et Pahouins vers Ningué-Ningué. L’existence de liens interclaniques favorise certainement l’apaisement.
[256] Au moins depuis début 1870 à en croire N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale…, p. 69.
[257] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10 b, Lettre du 19 mai 1873, Garraud à Marine : “ Il y a déjà aujourd’hui sur ce point 5 villages pahouins ”, à Gnounié, au sud de Denis.
[258] V. Compiègne, L’Afrique équatoriale, t. 2 ; p. 168, Bounda, fils de Denis, sur la colline Bohuin, a épousé en onzième noce la fille de quatre ans d’un chef pahouin “ influent avec lequel il importait de s’allier étroitement ”.
[259] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10 b, Lettre du 19 mai 1873, Garraud à Marine.
[260] V. Compiègne, L’Afrique équatoriale, t. 2 ; p. 180.
[261] Ibid.; p. 190.
[262] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10 b, Lettre du 27 juin 1873, Garraud à Marine :
“ … Il faut s’attendre à quelques écarts. Le commerce épuise les zones de proche en proche, il s’éloigne toujours davantage, et les zones dévastées et abandonnées par lui, voient passer sans s’arrêter les bateaux chargés de marchandises : les habitants n’ont presque plus rien à vendre, ils restent avec leurs besoins et leurs convoitises, et quand ils sont trop dénués, ils sont d’autant plus enclins à piller au passage, que les Gabonais ne résistent pas, il n’y a que la peine de prendre. En outre, ils y sont parfois poussés par les Gabonais eux-mêmes pour qui c’est une manière commode de régler leurs comptes avec les maisons qui leur ont fait des avances en partie gaspillées par eux pour leurs plaisirs ... Je sais que même parfois, des traitants voulant conserver le monopole d’une région ont poussé les chefs à élever des barrières ou à piller les concurrents ”.
[263] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10b, Du Quilio à Marine, 20 août 1873 : “ Je crois devoir informer Votre Excellence que j’ai tenu dans le plus grand secret tout ce qui touche à l’évacuation éventuelle du Gabon. Ce bruit, venant à se répandre dans le pays, y jetterait la plus grande confusion, arrêterait tout le commerce et compromettrait la perception de nos droits de douane ”.
[264] M. Denis, Histoire militaire… : “ L’amiral du Quilio, commandant la division navale de l’Atlantique sud, fut chargé du repliement du personnel ; il offrit à Mgr Bessieux, de la mission catholique, de le rapatrier : les Pères, établis au Gabon depuis 1844, ne pourraient plus être protégés et courraient vraisemblablement les plus graves dangers. Très fermement, Mgr Bessieux refusa d’embarquer : ’Nous sommes ici une porte qui s’ouvrira tôt ou tard sur un immense continent. Nous attendrons. Si vous partez, amiral, comptez sur nous pour maintenir haut et ferme, le drapeau de la France’… Le Gabon était conservé et l’heure approchait où, après quarante années d’assoupissement, un effort décisif allait ouvrir “ la porte ” que Mgr Bessieux avait voulu garder à la France ”.
La version de Denis est discutée par O. Gollnhofer, B. Noël et R. Sillans, “ L’historicité des paroles attribuées au premier évêque du Gabon à propos du maintien du comptoir entre 1871 et 1873 ”, Revue française d’Histoire d’Outre-Mer, t. LXI (1972), n°217, pp. 611-644. Leur hypothèse de propos hagiographiques n’enlève rien au climat de l’époque et à l’œuvre de Bessieux et de la Mission pour développer le comptoir. On peut lire sur ce point : “ O. Tornezy, “ Les travaux et les jours de la mission Sainte Marie du Gabon (1845-1880), agriculture et modernisation ”, Revue française d’Histoire d’Outre-Mer, t. LXXI, 1984, n°264-265, pp. 147-190.
[265] C.A.O.M., Gabon Congo III, dossier 2, Lettre du 2 septembre 1873 de Maunoir, secrétaire général de la Société de Géographie à Benoist-d’Azy, directeur des Colonies au ministère de la Marine, expliquant l’intérêt de l’expédition Marche et Compiègne dans la concurrence anglaise et allemande : deux expéditions tentent de pénétrer l’intérieur de l’Afrique, l’une par la voie du Congo, l’autre, par la voie même de l’Ogooué, en même temps que Marche et Compiègne.
[266] Six factoreries secondaires sont installées dans le Fernan Vaz, au début 1873 : Londres, directeur M. Wysie, qui achète ivoire et surtout caoutchouc ; Paris, appartenant à MM. Pilastre du Havre ; Île Brooklyn, directeur Craston, pour la maison Kirkwood ; Seaforth, grande île couverte de palétuviers appartenant à Walker, présente dès 1869, gérée par Williams, Berlin, gérée par Watkins ; Beckwood. Chacune est confiée à un agent blanc secondé de deux employés blancs, ayant à gage fixe quarante à soixante dix gabonais ; elles sont ravitaillées tous les trois ou six mois. D’après V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t.1, p. 120 et Fleuriot de Langle, “ Croisière à la côte d’Afrique ”, …
[267] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t.2, p. 80.
[268] Ibid., t.1, p. 151.
[269] Robert Bruce Napoléon Walker mériterait à lui seul un chapitre dans l’histoire du Gabon tant il est impliqué dans le développement de la colonie. Il se marie avec la nièce du roi Georges Rassondji Agnorogoulé Ikoutou, qui donne naissance, en 1871, à André Raponda Walker futur premier évêque du Gabon et illustre ethno-historien.
[270] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2, p. 16.
[271] Ibid., t. 1 ; p. 224 : “… Pour que les Inengas ne soient pas trop jaloux de leurs voisins d’Adanlinanlongo ”.
[272] Ibid., p. 230 : “ Le principal débouché du commerce de l’Afrique équatoriale est sans contredit l’Ogooué. Comme aujourd’hui il se fait plus d’affaires sur l’Ogooué seul que sur la rivière Mondah, l’estuaire du Gabon et le Fernan Vaz réunis.
[273] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 8 b, Duperré à Marine, 20 mars 1870 : “ Les Pahouins envahissent également les rives de l’Ogoway, attirés par le commerce, de plus en plus actifs, qui se fait aujourd’hui dans la lagune de Fernan Vaz ”.
[274] On peut certainement analyser cette exigence comme une inexpérience de la négociation des Osyeba avec les Blancs auxquels ils ne savent pas quoi ni combien leur demander, ne connaissant la valeur des marchandises de traite qu’au travers des échanges avec les Okanda. Il leur semble donc que demander beaucoup soit la solution.
[275] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2, p. 176 : 7 mars “ Bien qu’il ne soit pas tard, nous passons au pied de ces chutes le reste de la journée : tandis que Marche en prend les photographies, nos hommes harponnent et surtout attrapent dans des nasses gigantesques, tendues là par les Osyéba, de très-gros poissons dont plusieurs ne pèsent pas moins de quinze livres ; nous en avons immédiatement empaillé plusieurs spécimens nouveaux pour l’histoire naturelle ”.
[276] Ibid. ; p. 186 ; il y aurait eu une tentative d’embuscade coupant la retraite des pirogues par des Shiwa cachés sur un radeau sous la rive droite du fleuve, peu avant l’Offoué mais déjouée par Marche. Le récit complet de l’attaque est repris en annexe.
[277] Le pittoresque du récit qui confine souvent au grotesque, quoique reproché chez Du Chaillu, lui ôte toute prétention ethnologique : “ On vit alors un à un reparaître une douzaine de ces sauvages perchés sur des palétuviers et sautant de branche en branche : ils ressemblaient prodigieusement à ces grands singes noirs auxquels nous venions pendant quinze jours de donner une chasse si meurtrière ”. Ibid., t. 1, p. 180. Il reste au chercheur de séparer les observations transcrites des intentions de l’auteur.
[278] Ibid., t. 2, p. 68.
[279] Ibid., t. 2, p. 9 : “ [Youssouf, sénégalais] tient sur les bords [du lac Azingo] une factorerie pour le compte de M. Walker. Il demeure au milieu des Pahouins qu’il a su apprivoiser, et auxquels il achète en quantité des bûches de bois d’ébène. Ces Pahouins sont installés là depuis peu et vivent côte à côte avec les Adjoumbas, qu’ils auraient déjà violemment expropriés sans les prières de papa Youssouf ”.
[280] La factorerie est gardée par un Mpongwe et appartient à Walker. Ibid., p. 234 : “ Walker a établi un dépôt de marchandises à Sam Kita gardé par un mpongwe. “ dernier village bakalais que l’on trouve dans le haut-Ogooué. A partir de cet endroit jusqu’aux Okota, c’est-à-dire pendant trois jours de pirogue (en remontant), on ne trouve plus, sur les deux rives du fleuve, aucun village, ni même aucune case habitée… Ce village est considérable et possède un roi bakalais assez influent… ”.
[281] Ibid., t. 2, p. 24.
[282] Ibid., p. 234 : “ Ce pays, comme les autres environnants, est, pour le moment, à l’abri d’une invasion des Pahouins, qui ne savent pas encore construire de pirogues pour traverser le fleuve ; mais ils ne sont pas loin : lorsque la nuit est calme, on peut entendre distinctement, sur l’autre rive de l’Ogooué, le bruit de leurs tam-tams et les coups de fusils qu’ils aiment à tirer à tout propos ”. Ce que confirme, deux ans plus tard, Brazza. Ils y sont en état de guerre permanent (Lasserre G. , Libreville et sa région, Cahiers de la fondation nationale des sciences politiques, n° 98, Paris, Armand Colin, 1958, p. 107).
[283] Ibid., p. 229 : “ A partir [du bois des Palabres, cinq milles plus haut que la Pointe Fétiche] commencent, sur la rive gauche seulement, les établissements des Bakalais ; à partir de ce lieu aussi, la rive droite, sur laquelle les Pahouins, puis les Oshebas, font de constantes invasions, cesse d’être habitée. On n’y trouve pas un village pendant plus de deux cents milles. En revanche, sur la rive gauche, les Bakalais sont excessivement nombreux ”.
[284] Ibid., t. 2, p. 83 : “ Vers cinq heures nous avons atteint la grande île de Kamba, sur laquelle sont construits les premiers villages Okôta… Les maisons sont faites en écorce d’arbre, l’herbe n’est pas arrachée autour, et tout, chez ces sauvages, est sale et misérable. Refoulés sur la rive gauche de l’Ogooué par les Osyéba, qui les ont chassés de leurs villages et de leurs plantations de l’autre côté de l’eau, les Okôta souffrent beaucoup de la faim…La traite des esclaves est à peu près le seul commerce que font les Okôta.
[285] Ibid., t. 2, p. 117 : “ Les Okanda, chassés par les Osyéba de la rive droite de l’Ogooué”
[286] Sur sa carte, Compiègne place des Osyebo sur la rive droite de l’Offoué.
[287] Ibid., t. 2, p. 164 : “ [Les Okanda] avaient un vif désir de remonter l’Ogooué jusqu’au pays des Osyébo et des Madouma ; ils avaient autrefois des relations constantes de commerce avec ces deux peuples, auxquels ils achetaient de l’ivoire et des esclaves. Depuis deux ans l’invasion des Osyéba avait fait cesser toute communication avec eux et, à leur grand regret, les Okanda, n’osant pas traverser le territoire des cannibales, avaient renoncé à des voyages dont ils tiraient cependant de gros bénéfices ”.
[288] Ibid., t.1 ; p. 148 : ’ On ne m’apporta pas , comme pourraient le croire ceux qui ont suivi le récit du séjour de M. Du Chaillu chez les Fans, une cuisse de négresse ou un cuissot de nègre, mais tout bonnement une corbeille de bananes bouillies avec des morceaux de piment. Je n’imitai pas l’exemple de M. Duchaillu, qui ne voulait rien manger qui fût cuit dans las marmites où ces gens-là avaient fricassé tant de chair humaine, et je dévorais à belles dents mon frugal repas; du reste, je dois le dire, bien que le cannibalisme soit incontestable, je n’ai jamais trouvé dans les villages des Fans ou des Osyéba ces ’tas d’ossements humains amoncelés avec d’autres abats, des deux côtés de chaque maison’, ces ’tas de côtes, de tibias, de fémurs et de crânes adossés aux maisons’, qui feraient d’après le célèbre voyageur, des villages de ces sauvages un véritable charnier humain’.
[289] Le Congo qui draine un bassin gigantesque (3 800 000 km², soit le deuxième après l’Amazone) est en 1874 le fleuve à découvrir. Stanley part pour son exploration d’est en ouest de Zanzibar le 12 novembre 1874 avec trois cents hommes et un canot à vapeur en pièces détachées. Il atteint Boma le 8 août 1877.
[290] “Il semble que dans une période géologique antérieure, une immense montagne de 650 mètres d’altitude ait séparé l’Atlantique du Congo intérieur, et que le Congo se soit ouvert une route coupant cette montagne. Cette montagne, par drainages successifs, se trouve ainsi sillonnée d’autant de vallées qu’il y a de torrents affluents du Congo. Quand on suit son cours, on ne fait que traverser toutes ces chaînes de montagnes, restes de l’ancienne éminence”. Brazza, Lettre à sa mère, 4 mars 1881, Ney N., Trois explorations…; p. 197.
[291] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur, Paris, Mouton, 1966 ; “ Projet d’exploration ”, Arch. Nat., Col. Missions, 24, A bord de la Vénus, 23 juin 1874.
[292] C.A.O.M, A.E.F., 2B28, f°19, Garraud, commandant particulier à Du Quilio, 7 avril 1873 et Garraud à Du Quilio, (ibid., f°23).
[293] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 10b, Garraud à Marine, le 30 novembre 1873.
[294] Localisation inconnue.
[295] N. Metegue N’Nah N. , L’implantation coloniale… ; p. 70. L’auteur y voit une coalition anticolonialiste. Les relations matrimoniales ou simplement amicales suffisent à rassembler des hommes d’ethnies différentes pour quelques représailles.
[296] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t2, p. 67.
[297] Ibid.
[298] Le cas des agents de Pilastre, présenté par Compiègne, donne la mesure des conditions d’existence et de travail des facteurs dans les rivières ainsi que des relations qu’ils entretiennent avec la population :
“ Les agents de M. Pilastre avaient jugé plus avantageux de transporter leur établissement à cent cinquante milles plus loin, au pays de Sira ou des Ashiras, dont Duchaillu a visité une partie. Ce n’est pas chose facile au Cama de changer une factorerie de place. Les noirs regardent comme leur propriété toutes les marchandises qu’elle renferme et les surveillent avec une vigilance avide. Pour effectuer leur déplacement, les agent durent déménager de nuit comme des voleurs ; on avait empaqueté tout ce que renfermait la factorerie sous prétexte de faire place à un envoi important qu’on allait recevoir. Le matin du jour annoncé pour cet arrivage, les noirs accoururent en foule, se promettant de faire couler des flots d’alougou. Quelle ne fut par leur stupeur en s’apercevant qu’ils étaient joués !Rien n’était arrivé, mais en revanche tout avait disparu, marchandises et marchands. Furieux, ils mirent le feu aux quatre coins de la maison et firent de la factorerie un monceau de ruines ”. V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 1, pp. 131-132.
[299] N. Metegue N’Nah , L’implantation coloniale… ; p. 71.
[300] C.A.O.M., A.E.F. 2B28, f°s 105-110, 128-129, Panon du Hazier à Marine, 4 septembre et 8 décembre 1874.
[301] N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 71.
[302] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12, Paris le 29 janvier 1875, Instructions adressées à M. le Contre Amiral Ribout, Commandant en chef de la Division navale de l’Atlantique sud par le Ministre de la Marine :
“ Au Gabon, M. le Capitaine de Frégate Panon du Hazier a fait plusieurs fois, dans le cours de ces derniers mois des expéditions armées contre les Pahouins.
“ Recommandations[...] faites [...] à Monsieur le Commandant par intérim du Gabon pour éviter toute action de ce genre [action armée] qui ne serait par commandée par une urgente nécessité. Ces recommandations lui ont été renouvelées les 10 novembre dernier et 18 janvier. A cette date, je l’ai invité formellement à s’abstenir désormais de toute mesure coercitive sans en référer auparavant soit à vous soit au besoin au département sauf dans des circonstances graves et si l’honneur du pavillon exigeait une répression immédiate.
“ Les actes reprochés aux Pahouins par nos commerçants sont fréquemment suscités par les traitants eux-mêmes ”.
La politique répressive conduite au Gabon est reprochée au ministre qui doit répondre devant l’Assemblée Nationale.
[303] Selon Fleuriot de Langle, “ Croisière d’Afrique… ”, 80 000 Fang sont arrivés au Gabon depuis l’arrivée des Blancs.
[304] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Clément à Marine, 22 janvier 1876 : “ … La population gabonaise est finie et doit disparaître bientôt à cause de ses habitudes de débauche… C’est par [Les Fang], d’après moi, que nos possessions au Gabon peuvent acquérir de l’importance. En utilisant cette force que la Providence nous envoie, nous pourrons, dans un avenir peu éloigné, faire produire beaucoup à ce pays encore si arriéré malgré nos quarante années d’occupation. ”
[305] C.A.O.M., Gabon Congo IV dossier 17 : “ Service local, Exercice 1875. Cadeaux et coutumes, pour visite au commandant : quatre têtes de tabac ”.
[306] Voir, en annexe, les différents traités signés dans les années 1840 entre les Fraçais et les chefs de l’intérieur..
[307] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12 b, Clément à Marine, non daté, cité par H. Brunschwig, ’Expéditions punitives au Gabon (1875-1877)’, Cahiers d’Etudes Africaines, 1962; vol. II ; n°7, pp. 347-361 ; pp. 350 - 351.
[308] A son bord, prend place Brazza qui attend son départ pour le Moyen-Ogooué :
“ Depuis quelque temps, un Sénégalais propriétaire de plusieurs factoreries du pays, ayant eu l’un de ses magasins pillé, ordonnait bonne garde. Certaine nuit qu’une pirogue indigène semblait ranger de trop près quelques bâtiments à marchandises, le veilleur avait déchargé son fusil dans la direction des pagayeurs. Effrayés, ceux-ci s’étaient jetés à l’eau, faisant chavirer la pirogue ; un enfant était mort noyé. Grand émoi aussitôt chez les Pahouins, déclarant la guerre aux Sénégalais ; plainte de ceux-ci, demandant qu’on vînt terminer ce différend… Nous déterrons l’enfant, bien qu’il soit couvert depuis trois jours ; le docteur Ballay a le courage de s’assurer que la mort n’est point due à la balle de l’homme de garde. Cette constatation terminée, nous nous rendons au lieu du débat. Le village est sur le pied de guerre. Toutes les marchandises ont d’ailleurs été depuis longtemps emportées des cases.
“ Il faut écouter les longs discours de chacun, car les orateurs ne formulent leurs conclusions qu’après mille digressions inutiles. Enfin, moitié de gré, moitié de force, grâce aux promesses de cadeaux et aux menaces de brûler le village, la palabre se termine et l’on paraît se séparer sans rancune ”. p. Savorgnan de Brazza, Au cœur… ; pp. 31-32.
[309] Archive Marine, BB4, 1059, Clément au Ministre, 29 février 1876, cité par H. Brunschwig H. , ’Expéditions punitives… ” ; p. 351.
[310] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Clément à Marine, 17 janvier 1876.
[311] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Clément à Marine, 5 mai 1876.
[312] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Ribourt à Marine, Libreville, le 15 janvier 1876. “Les tribus du Como et du Remboë ne tardèrent pas à échanger entre elles quelques coups de fusil, puis à attaquer sans provocation et à piller les cotres et embarcations des traitants”.
[313] Le fût de canon de ces fusils est strié de rainures hélicoïdales qui impriment un mouvement rotatif à la balle et donnent au tir une précision et donc une portée infiniment plus grande que ne le permettent des canons lisses qui équipent les fusils de traite ordinaires.
[314] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Clément à Marine, 5 mai 1876.
[315] Archives de la Marine, BB4, dossier 1060, Rapport Clément à Ribourt, 18 juillet 1876, cité par H. Brunscwhig, “ Expéditions punitives… ” ; pp. 334-335.
[316] Les villages cités ont été déplacés, il est impossible de les situer précisément.
[317] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 10, n°47, Clément à Ribourt, Libreville, 1er juillet 1876. Compiègne dénonce également la diffusion des armes à feu chez les Fang par les traitants mpongwe qui cherchent ainsi à endormir leur méfiance, V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale ; p. 152.
[318] Archives de la Marine, BB4, dossier 1060, Rapport Clément à Ribourt, 18 juillet 1876, cité par H. Brunscwhig, “ Expéditions punitives… ” ; pp. 334-335.
[319] Ibid., p. 353.
[320] C.A.O.M., Gabon-Congo IV, dossier 10, Glass, le 11 juillet 1876.
[321] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t.2 ; p. 198 : “ L’arrivée des Pahouins et leurs moeurs plus que turbulentes ont un peu compromis la tranquilité qui régnait de tous côtés, mais comme il nous est impossible, avec une poignée d’hommes, d’aller dans les profondeurs de leurs forêts les punir des méfaits qu’ils commettent, nous nous bornons à mettre Libreville à l’abri d’un coup de main et à protéger ceux de nos alliés qui vivent dans notre voisinage immédiat ”.
Ibid. ; p. 207 : “ Il est certain pour tout homme clairvoyant que les Pahouins, que nous avons grand’peine à contenir en ce moment, et qui nécessitent de notre part de fréquentes expéditions, dont les masses vont sans cesse grossissant autour de notre établissement, dont les ressources s’épuisent de plus en plus, se précipiteront, peu de temps après le départ de notre petite garnison, sur le pays dont ils convoitent les richesses et la prospérité, et alors malheur aux missionnaires, malheur aux négociants, malheur aux indigènes ! ”
Ibid. ; p. 161-162 : “ Ils ont commencé par dévaliser les noirs ; aujourd’hui ils s’en prennent même aux blancs, sur lesquels ils ont commis des agressions si nombreuses que le nouveau commandant a, en personne, dirigé contre eux plusieurs petites expéditions… L’on ne sait pas jusqu’où ira le mal que fera à notre colonie l’invasion de ces sauvages, que l’on considérait comme ses futurs régénérateurs ”.
[322] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 10, n°47, Clément à Ribourt, Libreville, 1er juillet 1876.
[323] D’après le rapport de Clément, Ibid.
[324] Archive de la Marine, BB4, dossier 1060, Clément au Ministre, 31 juillet 1876, cité par H. Brunschwig, “ Expéditions punitives… ” ; p. 355.
[325] A aucun moment les archives dépouillées ne font état d’une quelconque forme de résistance à l’occupation coloniale.
[326] C.A.O.M., A.E.F., 2B6, f°4, Boitard à Marine, 31 octobre 1876.
[327] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Clément au ministre, 1er septembre 1876 : “Je pense donc, Monsieur le Ministre, que le châtiment que les Pahouins ont reçu nous assure pour longtemps la tranquilité en rivière, si toutefois les commerçants et traitants, peu scrupuleux, ne viennent pas encore, par leur mauvaise foi, susciter de nouvelles représailles de la part de ces populations complètement sauvages”.
[328] H. Brunschwig, “ Expéditions punitives… ” ; pp. 356-361 et O. Lenz, “Expédition dans l’Ogoway”, Revue Maritime et Coloniale, 1877, t. LIV, pp. 529-534 ; p. 534.
[329] En 1882, lors d’une conférence faite à Lille, Brazza fait une bien étrange présentation de sa première exploration : “ C’est de 1876 que date ma première exploration. A cette époque, l’amiral Montaignac, ministre de la Marine, me confia la mission d’entrer en relation avec les Pahouins, tribu sauvage qui avait massacré toutes les députations envoyées jusqu’à ce jour”. Bulletin de la Société de Géographie de Lille, t. 1, 1882, p. 352, “L’ouverture de l’Ogooué et du Congo au commerce, Conférence de M. de Brazza, le dimanche 22 octobre 1882”.
[330] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur ; p. 23, C.A.O.M., Missions 24, “Projet Brazza, à bord de la Vénus, Libreville, 23 juin 1874”. Outre un an de solde d’avance, Brazza reçoit 17500 francs de subventions : 10 000 francs prélevés sur le fonds de réserve du Gabon, qui dépasse alors 200 000 francs pour un budget local de 112 000 francs (C.A.O.M. Gabon-Congo I, dossier 12a, Marine à Ribourt, Paris, 29 janvier 1875). Le Ministère de l’Instructioin Publique accorde 3 000 francs, qui paieront le naturaliste Alfred Marche, auxquels s’ajoutent 2 000 francs du Ministère de l’Agriculture et du commerce, 1 500 francs du Comité de l’Association Africaine et 1 000 francs de la Société de Géographie. Très rapidement, Brazza dépasse le budget et doit faire envoyer de l’argent par sa mère.
[331] Débarqué en 1874 sur Elobey, Lenz entreprend d’abord une reconnaissance de la baie de Corisco. Il remonte ensuite le Komo jusqu’aux rapides. O. Lenz, “Expédition dans l’Ogoway”.
[332] Brazza, dans N. Ney, Trois explorations …, Ilimba-Réni,13 novembre 1875, “ Quant au docteur Lenz il est encore chez les Okanda et je crois que ses ressources sont presque épuisées. Il a envoyé une partie de ses hommes qui lui servaient d’escorte ”, et Ilimba-Réni, 10 janvier 1876, “ Le docteur Lenz […] est toujours retenu chez les Okanda qui ne veulent pas lui permettre d’avancer ”.
La mauvaise volonté des Okanda n’est peut-être pas la seule raison de l’échec de Lenz. Son point de vue sur l’Afrique est dénué d’humanité (il défend l’esclavage) et ses méthodes sont brutales : pendant une visite au campement de Lenz en janvier 1876, Marche assiste à l’exécution sommaire d’un voleur ordonnée par le Docteur.
[333] Gabon, 2 novembre 1875, à bord du Marabout : “ Pour ce qui regarde le docteur allemand Lenz, si je m’en rapporte aux renseignements que j’ai reçus récemment, ils m’ont appris qu’il se trouvait au milieu des rapides du fleuve en présence des Ossyeba, qui, malgré les cadeaux qu’il leur a donnés, n’ont pas voulu le laisser passer. Je compte le rejoindre d’ici un mois à un mois et demi ; je crois que selon toute probabilité j’irai suffisamment vite vu le traité passé au mois de mai entre Renoqué et le capitaine du Marabout, d’autant plus que celui-là a déjà envoyé depuis cinq jours M. Marche afin de commencer à lui faire préparer les pirogues et les hommes ”. Brazza, dans Ney N., Trois explorations… ; p. 59.
[334] Ibid., p. 63, Ilimba-Réni, 24 décembre 1875, “ Tout ce qu’il a fait ici n’a eu, d’ailleurs, d’autre résultats que de me créer des difficultés. ”
[335] A. Marche, “Voyage au Gabon et sur le fleuve Ogooué”, Le Tour du Monde, Hachette, Paris, 1878, pp. 369-416 ; pp. 371-372.
[336] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur ; p. 101, “ Rapport Brazza ” .
[337] Ibid., p. 104 : “ En quittant Sam Qita, on voit des villages Fans établis en grand nombre sur la rive droite, à l’embouchure d’une crique. C’est là que passe une partie des marchandises qui, venant du Rhemboué, se répandent dans le pays des Fans ”.
[338] P. Savorgnan de Brazza P. Au cœur de l’Afrique, vers la source des grands fleuves, 1875-1877, Paris, Phébus, 1992, réédition des articles de Brazza parus dans Le Tour du Monde, 1887-1888, Paris, Hachette ; p. 48 Brazza quitte Samkita le 18 janvier 1876 : “ Le cours supérieur de [l’Abanga] arrose un pays où vit, dit-on, une nouvelle race d’hommes : les Pahouins, population hardie, guerrière qu’une migration commence à porter vers le fleuve. Les Bakalais les rencontrent quelquefois dans leurs chasses en forêt à l’intérieur ; ils redoutent tout engagement sérieux avec eux, bien que leur nombre doive actuellement les rassurer contre une entreprise hostile ”.
[339] Ibid. ; p. 53.
[340] Ibid. ; p. 51 : “ [A Sangaladi] la récolte du caoutchouc est inconnue. Les Okotas vendent cabris et esclaves ; ils sont en relations d’échanges avec les riverains du fleuve ; ils descendent jusqu’à Lambaréné et remontent l’Okanda. Leur principal revenu vient d’ailleurs de l’impôt dont ils taxent ceux qui traversent leur territoire ”.
[341] Ibid. ; p. 57.
[342] Ibid. “ Poussés par les Pahouins, qui tendent de plus en plus à se rapprocher du fleuve, les Apingis se sont à peu près fixés sur la rive gauche ; ils ne traversent que pour aller de temps en temps surveiller des plantations ”.
[343] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur ; p. 111, “ Rapport Brazza ” .
[344] Ibid. ; p. 114 : “ Les Okanda habitaient autrefois sur les deux rives du fleuve depuis le pays des Apingi presque jusqu’à la rivière Ivindo, où ils étaient voisns des Adouma et des Ossyeba, mais ils ont vu leur territoire diminuer depuis l’invasion des Fans. Eloignés des Adouma et des Ossyeba leurs anciens voisins et repoussés sur la rive droite pas les Fans, ils durent bientôt abandonner leurs territoires de l’Est et chercher derrière la rivière Offoué un abri contre les envahisseurs ”.
[345] Brazza, Au cœur, p. 66 : “ Autrefois les territoires des Okandas et des Adoumas s’étendaient le long de l’Ogooué, et les meilleurs relations existaient ente ces peuplades voisines. Des vieillards me parlent encore du temps où, deux fois dans l’année, ils remontaient au marché central de Boundgi. La tribu belliqueuse des M’fans Ossiébas vint rompre la paix de ce commerce en s’établissant sur les rives boisées du fleuve, entre Doumé et Lopé. Période d’hostilités assez longue : tantôt, attirés à terres dans des embuscades, ou surpris la nuit dans leur campement, les Okandas étaient massacrés et servaient de régal à leurs féroces agresseurs ; tantôt le désordre était jeté brusquement dans les convois au passage de quelque rapide. Le chargement des pirogues en dérive ou brisées par les roches devenait alors la proie des M’fans qui, montés sur leurs petits radeaux de combo-combo, se lançaient hardiment dans le courant, qu’ils savaient ne pouvoir remonter. Contre ces adversaires, difficiles à approcher, presque invisibles, les Okandas ne pouvaient même user de représailles. L’informe pirogue qu’ils découvraient amarée aux arbres de la berge était lancée à la dérive, mais une telle perte importait peu aux propriétaires. De guerre lasse, les Okandas, n’espérant plus rétablir la sûreté de leurs expéditions, renoncèrent à toute relation suivie avec les Adoumas.
“ Quelque temps encore, de petites pirogues se hasardèrent à remonter en naviguant la nuit et en se tenant cachées le jour dans des îlots pour échapper aux M’fans embusqués sur les rives, puis ces voyages peu lucratifs et très dangereux cessèrent complètement ”.
[346] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur ; p. 114 : “ Les Okanda habitaient autrefois sur les deux rives du fleuve depuis le pays des Apingi presque jusqu’à la rivière Ivindo, où ils étaient voisins des Adouma et des Ossyeba, mais ils ont vu leur territoire diminuer depuis l’invasion des Fans. Eloignés des Adouma et des Ossyeba leurs anciens voisins et repoussés sur la rive droite par les Fans, ils durent bientôt abandonner leurs territoires de l’Est et chercher derrière la rivière Ofoué un abri contre les envahisseurs. A la suite de ces événements, les relations entre les Adouma et les Okanda diminuèrent et cessèrent presque entièrement quand, dans leurs voyages, ils commencèrent à recevoir des coups de fusil à bout portant des Fans cachés derrière les brousses de la rive. Alors les grandes pirogues ne se risquèrent plus à faire le trajet et les relations entre les deux pays se bornèrent au voyage de quelques petites pirogues qui ne naviguaient que la nuit au milieu des plus grandes difficultés et le jour se cachaient dans les îlots. Les marchandises, principalement le sel, n’arrivant plus par cette voie dans le haut Ogôoué, un nouveau courant commercial s’établit, faisant venir les produits de la côte de Mayombé ”.
[347] Brazza, dans Ney N., Trois explorations… ; p. 81, Lettre de Lopé du 29 avril 1876 : “ De fait, les Okanda, heureux de voir dans leur pays quatre blancs et même cinq en comptant le docteur Lenz, avec beaucoup de marchandises, peuvent parfaitement ne plus vouloir remonter chez les Aduma ; la seule raison pour laquelle ils remontaient le fleuve est d’avoir des esclaves et de l’ivoire”.
[348] Quoique condamné, le trafic d’esclaves au Gabon est connu des autorités. La station navale n’a pas les moyens de patrouiller sur ses côtes pour contrôler les navires en partance pour les points négriers encore actifs, comme Sao Tome. Brazza, le premier, n’en ignore rien :
“ Les pirogues que j’ai achetées, ont été payées en moyenne chacune : cinq barils de poudre, cinq fusils, deux grands bassins en cuivre, dix barres de cuivre (ces barrettes sont faites de fil de cuivre de la grosseur des tringles de rideaux), dix corbeilles, deux haches, une caisse de sel, dix pierres à fusil, dix miroirs, des pierres assortie et vingt-cinq pieds de tabac. Probablement, sûrement même, cinq ou dix esclaves achetés avec ces marchandises descendront d’ici, dans trois ou quatre mois, à la côte pour être vendus aux mulâtres portugais de l’Ile du Prince ou Saint-Thomas, lesquels continuent ce trafic. Ceci ne me regarde pas, mais sois assuré du plaisir avec lequel je me rappelle la prise par le Marabout il y a quelques mois déjà de deux pirogues portant un pareil chargement.
“ Presque tous les esclaves qui sont envoyés à la côte, viennent du fleuve Mgumé [Ngounié] qui se jette dans l’Ogooué à la pointe Fétiche ”. Brazza, dans Ney N., Trois explorations… ; pp. 67-68, Ilimba-Réni, 24 décembre 1875.
[349] L’attrait des Kande pour les femmes fang s’explique par le faible coût de la dot qu’exigeaient les familles qui ignoraient le véritable coût des marchandises européennes.
[350] Les Kande se moquent des Shiwa qui passent leurs journées à la chasse. Brazza, Au Coeur ; p. 108 : “Elle était bien payée de ses tortures [pour se coiffer], l’Okanda, lorsqu’apparaissait la Pahouine, qu’elle écrasait de son regard méprisant de femme civilisée et galante. Et en effet elle était bien humble, la nouvelle venue, avec ses petites tresses… Et ces gros bracelets qu’elle portait à la cheville, au-dessus de la rotule et à l’avant-bras ; et cet anneau de cuivre au pouce : était-ce assez mesquin, petit, de mauvais goût, à côté des fins bracelets superposés, adaptés aux formes des bras et des jambes de l’Okanda ! Et elle le savait bien, la Pahouine, elle se sentait écrasée par l’autre”.
[351] Brazza, dans Ney N., Trois explorations… , “ Je confie cette lettre à un des chefs, propriétaire d’une belle dent d’éléphant : la lettre de change qui l’accompagne (payez deux fusils et deux barils de poudre au porteur) est pour moi un sûr garant que ces lettres ne seront pas perdues mais quand arriveront-elles, qui sait ? elles suivront le même chemin que la dent de mon ami noir dit vouloir vendre aux blancs. Le propriétaire Ossyeba confiera la susdite dent à un Pahouin Make ayant en gage deux de ses femmes ; les lettres seront de la même remises à un Pahouin Make ou à un Pahouin Bachi lequel les portera à Skekiani qui les remettra à un Pongone lequel les portera à un établissement. Dix fusils, dix barils de poudre, 200 mètres d’étoffe, etc. , etc., prix de la dent, à peine la dixième partie de ce qu’elle vaut, seront donnés à l’Ossyeba qui a tué l’éléphant : voilà comment se fait le commerce dans ce pays ”.
[352] Brazza, Au cœur… ; p. 110 : “Il arriva alors ce qui arrive toujours en pareil cas : en quittant la rive droite pour la rive gauche, les Okandas oublièrent de régler leurs affaires en cours, de payer leurs dettes, comptant sur leur départ pour s’assurer l’impunité. Cette déloyauté fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase : désormais, plus de sécurité sur le fleuve. Tout riverain qui tombait entre des mains ossiébas était mis à mort et mangé. Tout convoi qui remontait recevait, d’ennemis invisibles cachés dans la brousse, des décharges à bout portant”.
[353] Les Fang s’imaginent que Brazza vient acheter des esclaves et qu’il est l’allié des Okanda.
[354] Brazza, Au cœur…, pp. 74-75 : “Le Blanc, dis-je, a deux mains : l’une pleine de cadeaux pour ses amis, l’autre que la mort elle-même arme contre ses ennemis ; point de milieu. Nous allons remonter le fleuve, soit en convoquant les riverains à des échanges où ils auront tout avantage, soit en balayant les rives avec le feu de nos armes qui tirent toujours et tuent de si loin !”
[355] O. Lenz, “Expédition dans l’Ogoway” ; p. 532-534.
[356] Lenz ne doit sa mésaventure qu’à ses méthodes brutales : “Le roi me conseilla contre ses propres gens ! Lorsque nous y arrivâmes, je fis tout à fait comme le roi m’avait dit. Il se tint complètement tranquille, sa mauvaise nature semblait le contenir avec peine ; je menaçai les hommes avec violences, je dus les attacher et ce moyen m’aida beaucoup. Je ramai ainsi au-delà des limites du pays pendant presque toute la nuit, je fis surveiller les Aduma toute la nuit par mes hommes afin qu’ils ne s’éloignassent pas, et de cette façon je suis allé plus loin. J’atteignis ainsi le territoire de Bagota, puis ceux de Mbamba, Awansi et Banjaka. A une journée au-dessus du dernier village des Banjaka, débouche la grande rivière Schebe venant droit de l’Est. A cet endroit, le roi et ses gens me quittèrent ; j’étais seul, n’ayant ni canot ni quoi que ce soit pour retourner”. Ibid. ; pp. 532-533.
[357] A. Marche, “Notes sur le voyage à l’Ogooué - Communication adressée à la Société de Géographie dans sa séance du 17 octobre 1877, Extraits du rapport envoyé à M. le Ministre de l’Instruction publique”, Bulletin de la Société de Géographie, Octobre 1877, pp. 393-404, p. 396.
[358] “Nouvelles de l’expédition française sur l’Ogooué”, Bulletin de la Société de Géographie, janvier 1877, t. XIII, vol. 6, pp. 75-81, Lettre de M. Savorgnan de Brazza, Lopé, le 23 novembre 1876, extrait du rapport Ballay.
[359] Plusieurs indices semblent confirmer ces informations, la présence de cochons dans les villages à partir des Adouma, la maîtrise des langues du bassin du Congo par les chefs du haut-fleuve. A. Marche, “ Voyage au Gabon…. ” ; p. 398.
[360] Brazza, Au cœur…, p. 105 : “Aussi, ma venue, à la tête d’un premier convoi si considérable et si riche, était un événement, salué d’acclamations unanimes”.
[361] Cet ici que Brazza, rachetant 18 esclaves aux Kande, s’est bâtie sa légende d’explorateur humaniste.
[362] D’où sans doute la réaction des Shiwa au passage de Lenz près du confluent.
[363] “ Naaman me parle de l’abondance du caoutchouc qu’on ne récolte même pas ; il en donne quelque peu aux M’fans M’Batchis, mais ce produit a bien peu de valeur ; cela est naturel quand on songe que, par cette voie, c’est à dos d’homme qu’il se rend au Gabon ”. Brazza, “ Expédition française de l’Ogooué ”, “ Lettre de M. Savorgnan de Brazza, chef de l’expédition à M. le Commandant Boitard, Commandant le Gabon - Doumé, le 10 mai 1877”, Bulletin de la Société de Géographie, octobre 1877, t. XIV, vol. 25, pp. 376-404 ; p. 381.
[364] Les affaires de vols, d’escroqueries, etc. , fleurissent vite, attisant des rancoeurs tenaces. Ibid. ; p. 377.
[365] Brazza, dans Ney N., Trois explorations…, Brazza à sa mère, Lopé, 28 novembre 1878 ; H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur, p. 63-64 Brazza à Commandant, Lopé, 26 février 1877 : “ La descente du fleuve se faisant très rapidement, il est près probable que les Okanda éviteront une attaque de la part des Ossyeba quand, leurs marchés d’esclaves faits, ils rejoindront leur pays. Alors, ils enverront à Lambaréné une ou deux pirogues prévenir Rénoqué du résultat du voyage et les Gallois et les Inenga remonteront immédiatement chez les Okanda faire leur commerce d’esclaves et alors quand le marché sera terminé, si les Okanda veulent de nouveau remonter chez les Aduma (ce dont je doute) comme ils n’auront personne avec eux, les Pahouins (Ossyeba) leur barreront certainement la route (plusieurs chefs Ossyeba me l’ont dit). Nous sommes vos amis, me disaient-ils quand mes relations avec eux commençaient à devenir amicales, mais nous ne voulons pas être les amis des Okanda qui, quand nous n’avions pas de fusils en 1860 environ, nous ont volé nos femmes et nos filles et nous ont massacrés. Quand ils monteront avec toi, nous ne leur dirons rien, mais quand ils seront seuls nous les tuerons ”.
[366] Ibid. : “ P. S. : Un traitant gabonais vient d’arriver avec les Gallois et compte remonter régulièrement avec eux, c’est le premier qui pénètre dans l’Okanda où il a acheté de l’ivoire, je suis heureux de vous signaler ce fait qui est peut-être le commencement de l’époque où l’ivoire et le caoutchouc commenceront à remplacer les esclaves sur les marchés du pays ”. Malheureusement, la peinture des “mœurs cannibales” faites par les Kande au traitant l’ont dissuadé de visiter Mamiaca, “Expédition française de l’Ogooué, Lettre de M. Savorgnan de Brazza, chef de l’expédition à M. le Commandant Boitard, Commandant le Gabon - Doumé, le 10 mai 1877”, Bulletin de la Société de Géographie, octobre 1877, t. XIV, vol. 25, pp. 376-404 ; p. 383.
[367] Ibid. ; p. 381.
[368] Ibid. ; p. 380 : “ On voit bien que nous sommes chez les M’fans-Makai de la tribu de Bingimilé. On ne va plus à la débandade ; l’ordre le plus parfait règne dans notre ligne et la pirogue qui me suit garde entre elle et moi une distance prudente. Les hommes de ma pirogue chantent très-fort une chanson où l’on dit que je suis avec eux ; il n’y a pourtant rien à craindre, mais ils se rappellent les décharges à bout portant qu’ils recevaient dans le temps ”.
[369] Parmi ceux-cu figurent les premiers objets fangs rentrés dans le fonds du Musée de l’Homme de Paris (Don Marche, 1877).
[370] A. Marche, “ Voyage au Gabon…. ” ; p. 403 : 21 Juin, en aval de la rivière Dilo, “ Nous rencontrons de nouveaux villages Osseyba fondés depuis notre passage. Celui qui était établi en aval de la rivière Ivindo, et qui m’avait attaqué en 1874, s’est porté en amont. Comme dans cette région il n’y a pas de rapides, en passant devant les villages Osseyba tout le monde cesse de pagayer, les pirogues s’accostent, on fume, on répond aux Osseyba qui nous parlent, mais on n’aborde pas ”.
Ibid. ; p. 408, 20 juillet : “ J’achète des bananes aux Ossyeba établis depuis peu de temps en amont du mont Otombi, en face des Apindji, et qui ont pris possession des anciennes plantations de ces derniers ”.
[371] Dans leur ensemble, les chutes présentent une dénivellation de 42 mètres sur une distance de 600 mètres.
[372] “En amont, les rapides se succèdent jusqu’à la grande chute de Poubara, haute d’une vingtaine de mètres ; au-delà, l’Ogooué, ou Rebagni, n’est plus qu’un torrent impraticable, prenant naissance au sud-ouest du pays des Achicouyas”. Brazza, Au cœur…, p. 161.
[373] Ibid.
[374] Brazza apprend plus tard que l’hostilité des Apfourou n’est pas dirigée contre lui personnellement mais qu’elle vient d’une bataille qu’ils ont livré quelques temps auparavant contre Stanley qui descendait à l’époque le Congo.
[375] Brazza ignore alors que l’Alima conduit en cinq jours au Congo.
[376] Les Kande présents à Doumé ont été attaqués par des Shiwa. Mais ces derniers se sont ravisés quand les Kande ont hissé un drapeau français qu’ils tenaient de Brazza et affirmé qu’ils faisaient partie de l’expédition ; H. Brunschwig, Brazza, Explorateur ; p. 192, Rapport Brazza.
[377] “Plus bas, après l’Ivindo, les Ossyéba s’étaient groupés ; peut-être s’étaient-ils aperçus du subterfuge employé par les Okanda pour éviter leurs hostilités ; ils étaient prêts à une attaque. Les Okanda le craignirent, car ils arrêtèrent leurs embarcations sur les rochers, attendant l’arrivée de nos pirogues. Quand elles parurent, un cri joyeux s’éleva parmi les Fans pendant que les femmes couraient aux villages ramasser des bananes et des poules pour nous les vendre” ; Ibid. ; p. 193, Rapport Brazza. ,
[378] Brazza remet son rapport au ministre le 30 août 1879. Une note adressé au Ministre de la Marine daté de 1879, sans auteur, presse celui-ci de confier à Brazza une nouvelle mission afin de contrer l’entreprise menée par Stanley pour le compte du Roi Léopold de Belgique. Stanley, partant de Bagamoyo le 17 octobre 1874, est en effet parvenu à reconnaître et à descendre le Lualaba, affluent du Congo, qu’on considérait alors comme un affluent du Nil. Il atteint l’Atlantique le 9 avril 1877.
[379] La localisation précise du village n’est pas donnée. Cette affaire rappelle en tous points celle de l’Oise en 1863 et celle, en 1805, du bateau pillé par Quaben.
[380] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, folios 11 et suivant et folio 20, Boitard à Marine, lettres du 15 et du 27 novembre 1876.
[381] C.A.O.M., A.E.F., 2B3, n°13, folio 34, lettre du 6 février 1877, Boitard à Marine.
[382] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 12b, Boitard à Marine, 6 février 1877 : “Les Pahouins qui n’arrivent de l’intérieur sur le littoral qu’en chassant devant eux les populations primitivement établies, ont contracté des habitudes de pillage qu’ils apportent jusque dans les criques les plus voisines du comptoir”.
[383] C.A.O.M., A.E.F., 2B6, f°56-58, Boitard à Marine, 28 avril 1877.
[384] C.A.O.M., A.E.F., 2B6, f°30-31, Boitard à Marine, 10 janvier 1877.
[385] C.A.O.M., Gabon I, dossier 12b, Boitard à Marine, 6 février 1877
[386] C.A.O.M., A.E.F., 2B6, f°56-58, Boitard à Marine, 28 avril 1877.
[387] Ibid.
[388] A. Marche, “ Voyage au Gabon…. ” ; p. 412.
[389] C.A.O.M., A.E.F., 2B6, f°56-58, Boitard à Marine, 29 mai 1877. “Les actes de désordre commis par les Pahouins dans les rivières… dénotaient une certaine effervescence parmi ces populations ont complètement… cessé. Les appréhensions du commerce à cet égard sont complètement…”
[390] En août 1877, à son retour au Gabon, Marche affirme que l’Ogooué est un bras du Congo. A. Marche, “Notes sur le voyage à l’Ogooué”, p. 402 : “Il me paraît résulter des renseignements pris dans le pays auprès des indigènes, que l’Ogooué n’est qu’un bras du Congo”.
[391] Brazza remet son rapport au ministre le 30 août 1879.
J. Meyer, J. Tarrade, A. Rey-Goldzeiguer, J. Thobie, Histoire de la France Coloniale, Armand Colin, Paris, 1991, p. 566 : “ L’apport final de l’expédition, exposé à la Société de Géographie, est dans la constatation que, la distance entre l’Ogooué et l’Alima n’étant pas considérable et de franchissement aisé, il y avait là une voie de pénétration possible entre la côte, le Congo et l’intérieur du continent, dont la France, en quelque sorte, possédait l’entrée. Mais il reste que la grande porte est celle du fleuve Congo ”.
[392] Brazza, Au cœur… ; p. 172 : “ L’avenir du pays est intimement lié à l’organisation du travail indigène, seul apte à mettre en valeur la fertilité de la contrée par la culture du café, du cacao, de la cannne à sucre, qui poussent admirablement.
“ L’industrie tirera parti de l’abondance des plantes oléagineuses, textiles et tinctoriales et des essences forestières, pami lesquelles se trouvent en abondance l’ébène, le santal rouge et la liane à caoutchouc, qui actuellement constituent, avec l’huile de palme et l’ivoire, les principaux produits d’exportation des régions voisines de la côte.
[393] C.A.O.M., Gabon, Congo I, 14a, Juillet 1878, Directeur des Colonies à Commandant du Gabon. L’idée du canal repose sur la légende rapportée par les populations de l’Ogooué qui autrefois se seraient rendus au Gabon en pirogues par un bras débouchant dans le Remboué aujourd’hui à sec par suite de la baisse des eaux. (Fourneau A., Au vieux Congo : notes de route, 1884-1891, Paris, Editions du Comité de l’Afrique Française, 1932 ; p. 39).
[394] Les deux projets n’ont pas été retenus. Pour le Canal entre Estuaire et Baie de Corisco, il y avait cependant peu à faire. Les deux réseaux hydrographiques sont en effet séparés de moins d’un kilomètre, la Mondah et l’Ikoy Komo prenant chacun leur source au pied du village de Nkok, à 27 kilomètres de Libreville. La “passe” est d’ailleurs reconnue le 19 septembre 1874 (C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 11 et archives personnelles).
[395] B. Schnapper, La politique… ; p. 211 : Le commerce fait des progrès sensibles depuis 1865 (465 000 fr. d’exportations) , 601 000 fr. en 1866, 643 000 fr. en 1867, 650 000 fr. en 1868, 926 000 fr. en 1876.
Les chiffres que donne pour 1877 C. Bréard, ’La Guinée, le Congo et le commerce Français au XVIII e siècle’, Revue Maritime et Coloniale, 1883, pp 511 – 530 ; p. 535 sont plus éloquent : exportation : 1 134 676 fr, importation : 2 795 805fr, produit des douanes : 145 602.
Hatton et Cookson : importation : 1 131 930 fr, exportation : 387 762 fr ; Wolber : importation : 512 352 fr, exportation : 324 873 fr ; Dubarry, importation : 324 873 fr, exportation : 166 000 fr. Principaux articles d’exportation : bois rouge, ébène, caoutchouc, ivoire, cire, écaille, huile de palme, noix de palme. Importation : armes, poudre, spiritueux. Un poste de douane est établi à Engola dans l’embouchure de l’Ogooué.
[396] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2 ; p. 323, Walker est maintenant installé à Elobey où il habite un ponton.
[397] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 7 c, Rapport de Dauriac, Commandant de la Station Navale au Ministre de la Marine.
Walker est expulsé du Gabon en juillet 1869 ainsi que son cousin et employé William Walker. Ils ont été tenus pour responsables de la mort d’Ovenga, fils de Pyrra, important dignitaire mpongwe et négociant de Walker à la factorerie de Sette. En châtiment du vol de marchandise pour lequel Ovenga est reconnu, Walker l’attache à un piquet et le brutalise en le frappant avec un nerf d’hippopotame. Il lui brise la jambe sans s’en apercevoir (sic). Il le détache, constate une plaie mais l’abandonne sans soin. Ovenga meurt de ses blessures. Aussitôt Pyrra porte plainte auprès de Dauriac, commandant de Libreville, qui a charge de justice. Par crainte de voir Walker exonéré de son crime, Dauriac refuse de le présenter au tribunal de Saint Louis où siègent des représentants des maisons de commerce international, pairs de Walker, qui risqueraient fraternellement de l’innocenter. Afin donc d’éviter un probable retour triomphal de Walker et des agitations de la part des Mpongwe, Dauriac préfère l’expulser. Pour autant, il peut poursuivre son activité professionnelle, étant uniquement interdit de séjour, l’économie et le fisc du Gabon ne pouvant se passer des activités de la puissante et florissante maison anglaise qu’il dirige.
[398] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2 ; p. 324 : “ Les grands négociants étrangers du Gabon ont établi à Elobey leur entrepôt commercial, et y transportent directement les produits de l’Ogooué et de la rivière Mounda, qui passent ainsi presque en vue de notre douane du Gabon sans payer aucun droit. Il est vrai qu’il serait facile d’y remédier en mettant un douanier sur l’Ogooué et un autre sur la rivière Mounda, comme il y en a un au Fernan Vaz. Mais c’est là, paraît-il, une réforme qui n’est pas de la compétence du gouvernement local, et pour laquelle il faudrait un ordre émanant directement du ministère ”.
[399] C.A.O.M., Gabon I, dossier 13b, Allemand à Marine, rapport du 8 juillet 1878.
[400] L’estuaire du Mouni est décrit par Fleuriot de Langle, d’après les reconnaissances d’Albigeot et Genoyer : “ La rivière Mouni est peuplée par plusieurs tribus : celles de la côte ouest, les Baillinguis, se ramifient avec les nations qui habitent Banoko ; celles du sud sont les Bengas ou Sekianis ; le haut de la rivière est habité par des Battangas alliés aux Shabas et aux Pahouins ”. Fleuriot de Langle, “ Croisière… ” ; p. 260.
[401] Brazza, Au cœur… ; p. 172 : “ Actuellement, excepté le peu d’ivoire qui, passant de main en main, s’écoule versr la côte, l’intérieur n’exporte rien ; son commerce se borne à la vente des esclaves : et pourtant le caoutchouc abonde dans toute la région, mais il n’est pas encore exploité, même près de Lambaréné, car les indigènes ignorent sa valeur réelle.
[402] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 13b, Allemand à Marine, rapport du 8 juillet 1878 : “Leur invasion a dérivé […] vers l’Okanda”.
[403] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ère partie, pp. 316-333, cité par H. Brunschwig, Les traités Makoko, Paris, Mouton, 1972 ; p 166 : Brazza, Gabon, 20 décembre 1880, Lettre au Secrétaire général: “Cette année, 18 mois après son établissement, il a descendu environ 50000 kilogrammes de caoutchouc et je ne sais combien d’ivoire ; seulement, il ne peut pas ravitailler suffisamment de marchandises, ni avoir assez de pirogues pour porter son caoutchouc en bas ; 18 de mes pirogues ont descendu une partie de leur caoutchouc en juillet 1880… Boubou, toutes les fois qu’il a remonté plus loin que l’Okanda, n’a jamais pu avancer plus loin que 18 milles parce que là, il avait déjà 4 ou 6 fois le chargement de ses pirogues en caoutchouc à mesure pleine ; elle descendait sur un banc plus aval des chutes de Booué, ensevelait le caoutchouc dans le sable et remontait se charger encore. Sachant que les objets de commerce principaux sont la poudre et le sel, vous devez savoir quels sont les bénéfices”.
[404] Ibid. ; pp. 167-169, Agouma, 20 décembre 1880.
[405] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale , t.2 ; p. 171 : “[“La chasse à la palissade”] ou plutôt cette destruction réglée de l’éléphant est pratiquée par toutes les diverses tribus de la race des Fans et arrivera infailliblement à faire disparaître l’ivoire du Gabon et par conséquent le commerce si important de ce produit”.
[406] A. Marche, “ Voyage au Gabon…. ” ; p. 412, entre lac Azingo et Komo, en pays Fang :
“ Notre marche dure trois jours à travers un pays d’où la liane à caoutchouc et l’ébénier, exploités avec excès par les Noirs, ont presque entièrement disparu, ce qui menace d’être un dommage presque irréparable pour ce canton de l’Afrique occidentale ”.
[407] Ibid. ; p. 416
[408] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 13B, Allemand à Marine, 8 juillet 1878.
[409] En dehors de quelques occupations ponctuelles, la répartition ethnique actuelle des terres de Libreville et de l’Estuaire est acquise à cette époque, les quartiers de Libreville ont d’ailleurs conservé leur destination : à Glass sont toujours implantées sociétés d’exportation, avec la plus célèbre d’entre-elles : Hatton et Cookson ; le Plateau reste le centre du pouvoir administratif (Présidence, ministères, banques), Louis est le vieux quartier résidentiel, …
[410] La question de l’assimilation serait à discuter à elle seule et ne peut être développée dans le cadre restreint de notre travail sur l’histoire des Fang. Il semble en tout cas que les Kele, comme les Seke n’ont pas mal vécu cette assimilation car ce qui compte pour les Kele, pour les Seke, comme pour les Fang ou les Mpongwe, c’est de pouvoir inscrire son nom dans une généalogie, appartenir à une famille ou un clan, être le descendant d’illustres personnages qui appartiennent à la mémoire collective, et cela, bien avant de prétendre appartenir à une “ ethnie ” au sens strict.
[411] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2 ; pp. 189-190 :
“ Aujourd’hui la profession de courtier n’existe plus, les blancs ayant, à leur immense avantage, pénétré fort loin dans l’intérieur et établi des relations directes avec ses habitants. Les ex-courtiers se sont faits traitants ; ils sont généralement attachés à quelque factorerie, achètent des marchandises et vont les vendre le plus cher possible assez loin de là ; souvent aussi ils gèrent de petites factoreries dont l’importance n’exige pas la présence d’un agent blanc.
[412] En mars 1878, deux affaires de pillage par des Fang, dans le Komo et dans le Remboué, sont ainsi rapidement résolues par l’intervention d’un Sénégalais, Kerno, qui libère les prisonniers. C.A.O.M., 2B7, Boitard au Ministre, 7 mars 1878.
[413] L’expression est de Lasserre, Libreville et sa région ; p. 108 : “ Ayant pressenti les avantages commerciaux qu’ils pourraient tirer d’un contact direct avec les Fang, les Européens multiplièrent les efforts pour remonter patiemment toutes les rivières du Gabon. Officiers et commerçants ne se contentaient pas d’aller vers les villages pahouins ; ils encourageaient et facilitaient les migrations des Fang, incitant ces derniers à s’installer aux portes mêmes du comptoir. Cette politique permettrait de lever l’hypothèque de l’insécurité.
[414] En mai 1879, Augouard estime les Fang à 200 000. Augouard, “Lettre de mai 1879 à ses parents”, Vingt huit années au Congo, Correspondances, T. 1, pp. 83-84, cité par Merlet, Le pays des trois estuaires, p. 270.
[415] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2 ; p. 159, citant les espoirs des années 1860 :
“On se trouvait en présence d’un peuple doué d’une vitalité puissante […] et l’on ne pouvait s’empêcher de le voir avec joie se substituer aux Gabonais, peuple usé, pourri de vices, et incapable d’un labeur quelconque, ou bien encore à ces Bakalais voleurs, perfides et intraitables”.
Brazza, Au cœur… ; p. 40 : “ Fourbes, paresseux et mendiants, les Inengas forment une tribu dégénérée. Ils ont du reste les vices communs à toutes les peuplades qui ont été en contact soit avec les traitants de chair humaine, soit avec les premiers aventuriers venus sur les côtes ”.
[416] V. Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t. 2 ; p. 158 : “Lorsque M. Duchaillu d’abord, puis MM. Aymès, Serval, l’amiral de Langle et d’autres hommes distingués qui se sont voués à l’étude de ces pays, se trouvèrent en présence des Pahouins, ils avaient fondé sur cette race de grandes et légitimes espérances”
Brazza, Au cœur… ; p. 171 : “ Malgré leur cannibalisme, les Fans sont supérieurs à tous les autres. La rudesse de leurs mœurs tient à une existence plus dure, aux luttes incessantes, à leur pauvreté relative. Leurs femmes, soumises à un rude labeur, respectent les devoirs d’épouse et de mère. Les riverains, voués uniquement au trafic, ont perdu leur sauvagerie, mais chez eux les mœurs sont efféminées, et celles de leurs femmes on ne peut plus relâchées.
[417] “Les nègres ne veulent pas travailler”, C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 14a, Rapport d’inspection général, Mottez à Marine, 10 août 1879.
[418] Ibid.
[419] CAOM, Gabon Congo I, dossier 13b, Allemand à Marine, 8 juillet 1878. “Ceux qui s’y sont fixés ont déjà pris l’habitude de se vêtir”. Allemand n’est pas loin de dire qu’ils sont en train de se civiliser.
[420] P. Augouard, Vingt huit années au Congo, Correspondances, t.1, pp. 83-84, Lettre de juillet 1878, cité par Merlet, Le pays des trois estuaires, pp. 269-270: “ C’est aussi celle qui accepte et observe mieux les principes du christianisme, et dans quelques années nous aurons chez ces Pahouins une chrétienté des plus florissantes ”.
[421] Ibid.
[422] Les résultats obtenus à Donguila sont totalement inédits dans l’histoire de l’évangélisation du Gabon , toutes les tentatives précédentes s’étant soldées par des échecs. L’évangélisation de l’Estuaire commence dès l’arrivée des premiers missionnaires mais les nombreuses tentatives, qu’elles soient françaises - Conniquet (1846-1847), Chinchoua et San-Tomé, chez Denis (vers 1849) - ou américaines - Olandebenk, Nengue-Nengue (1849) - se soldent par des échecs. Même la mission Saint-Joseph chez les Benga du Cap Esterias (1849) est en sursis, fermée en 1859 elle ne rouvre qu’en 1877 avec le Père Stalter.
[423] Quelques enfants fang fréquentaient déjà l’école de la mission Sainte Marie mais l’impact auprès des villages était moins important.
[424] Sans qu’il soit déjà question de formation de cadres ou d’élites, pouvoir compter sur un groupe de chefs acquis à leurs projets préoccupe dès les premières heures l’administration coloniale.
[425] H. Brunschwig, Brazza, l’explorateur ; p. 97.
[426] Sinclair, représentant la maison Hatton et Cookson, a changé sa factorerie de place par suite d’évolution des bancs de sable qui empêchent le débarquement des marchandises.
[427] Une mission protestante avait été tentée quelques années auparavant en face de l’île Zora Cotcho.
[428] Brunschwig, Les traités Makoko ; p. 14
[429] Cette seconde mission est placée sous l’autorité du Comité Français pour l’Association Internationale Africaine et de la Société de Géographie qui promettent d’obtenir 100000 francs de subvention auprès du gouvernement français. Ibid. ; p. 213 et Rapport de Brazza au ministre, août 1882, Savorgnan de Brazza P., ’Voyages d’exploration de M. Savorgnan de Brazza. Ogooué et Congo’, Revue Maritime et Coloniale, 1883, t. 76, p. 509-564 ; t. 77, p. 175-207, pp. 670-691 ; t. 78, p. 379-415, pp. 591-602 ; p. 395. Il reçoit pour sa seconde mission le soutien de la Société de Géographie, du Comité Français de l’Association Africaine, du Parlement et des ministères de l’Instruction Publique, de la Marine et des Affaires Etrangères. Au total il reçoit une centaine de milliers de francs.
[430] France et Belgique se disputent les rives du Congo et veulent contrer l’Angleterre, les Etats-Unis et surtout le Portugal qui argue de la possession de l’embouchure du fleuve pour asseoir sa propriété.
[431] C.A.O.M., Brazza, 2e mission 1, 18, Copybook, 1ere partie, pp. 215-251, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 149 : “ Franceville, 13 juin 1880, Le jour où la France fera flotter son pavillon à bord d’un vapeur lancé dans la partie navigable du Congo supérieur, elle sera maîtresse de la partie la plus importante de toute l’Afrique”.
[432] Brazza dans N. Ney, Trois explorations… ; p. 199-200, Lettres à sa mère, Haut-Ogooué, 4 mars 1881, “ Non seulement son personnel se nourrit de riz d’Europe transporté à épaules d’hommes ou à dos de mulets, mais les ânes et les mulets eux-mêmes mangent le foin et l’avoine d’Europe que l’on a fait venir à grands frais… Alors que le personnel permanent, à ma solde, se compose en tout de vingt Sénégalais et Gabonais, et de deux Européens seulement [Michaud et Noguez], Stanley est accompagné par quatorze Européens, il a déjà dépensé deux millions ”.
[433] P. Savorgnan de Brazza, ’Voyages d’exploration… ” ; p. 533 : “ Au dessus de la Pointe Fétiche, la rive droite de l’Okanda est habitée par les Pahouins ou Ossyébas venus de l’intérieur et qui tendent à se rapprocher de la mer. La rive gauche est habitée par les Bakalais, qui sont industrieux. Ils récoltent presque tout le caoutchouc qui sort de l’Ogooué et chassent l’éléphant dont l’ivoire constitue une des principales branches du commerce ”.
[434] En 1879, “ Le nommé Samba-Som avait coupé la tête à un Pahouin et l’avait placée à l’extrêmité d’une perche devant sa factorerie ”. Rapport Mizon, Gabon, 13 juillet 1882, C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 2.
[435] Brazza, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 142, “Achuka, 23 avril 1880”.
[436] C.A.O.M., Brazza, 2e mission, 1, 18, Copy Book, 1ere partie, pp. 215-251, cité par H. Brunschwig, ibid. ; p. 146 : “ Ngheme, 13 juin 1880, Pour cela, je ferme la route pour toutes les pirogues des Adouma, ne laissant passer que celles qui descendront, non pour aller chez les Okanda, mais pour aller jusque chez les Onenga où ils n’ont jamais été chercher mes marchandises. Aussi longtemps que j’aurais besoin des pirogues pour mes transports, le commerce avec les Okanda cesse ”.
[437] Ibid. ; “ Franceville, 13 juin 1880, Puisque les Adouma ne peuvent descendre que pour chercher mes marchandises, il faut qu’ils me vendent toutes leurs pirogues ; ceux-là seulement qui m’auront vendu leurs pirogues pouront descendre… quant aux autres pirogues, si elles veulent profiter de ma descente pour descendre, elles ne remonteront pas sans guerre chez les Pahouins. Je dis aux Pahouins : “Les pirogues qui sont à moi ne doivent pas être molestées. Quant aux autres, les Ossyeba pourront faire ce qu’ils veulent, elles ne sont pas à moi”. Ensuite, me tournant vers le chef pahouin, je lui ai dit : “Va dans ton pays dire cela à tout le monde, dis-leur qu’ils reconnaîtront mes pirogues aux pavillons et aux Sénégalais ou Gabonais portant chemise et tricot qui sont assis dans la pirogues ”.
[438] Ibid. “… Il est impossible aux Adouma et aux Okanda d’aller les uns chez les autres à moins qu’un Européen ou des Sénégalais soient avec eux, en ayant soin de dire qu’ils sont des hommes appartenant aux personnes des Européens de la station ou, plus simplement et clairement, au moins pour le moment, jusqu’à ce que quelqu’un m’ait remplacé dans l’influence que j’ai chez les Ossieba, qu’ils diront qu’ils sont mes enfants ou plutôt mon monde”.
[439] Ibid. “Achetez-leur très cher les bananes qu’ils vendent et pour les cadeaux que les chefs des villages ont pris l’habitude de me porter, donner deux ou trois fois ou cinq fois la valeur du cadeau, suivant l’importance du chef ; en outre payer de leur personne en allant, avant tout le monde, dans les villages, les premières fois. Les Européens s’ils n’en ont pas l’habitude, ils seront ennuyés de se voir attendus sur la plage par 10 ou 100 hommes tous armés de fusils et dans villages entourés par le même monde…”
[440] Brazza dans N.Ney, Trois explorations… ; p. 191, “Lettres à sa mère, Haut-Ogooué, 4 mars 1881”.
[441] N’Tambo est vite rebaptisée Brazzaville.
[442] Stanley déclare plus tard : “ Brazza est un maître homme, il a fait là un coup de maître ”. Extrait d’un rapport sur le Congo, Saint Paul de Loanda, 20 octobre 1881, Savorgnan de Brazza P., “ Voyages d’exploration de M. Savorgnan de Brazza ”, p. 689.
[443] Deux expéditions, Cumber puis Call, avant lui avaient subi le même sort peu de temps auparavant ; Ibid. ; p 678.
[444] Ibid.
[445] CAOM, Brazza, 2e mission 1, 18, Copybook, 1ere partie, pp. 253-315, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 160, Brazza, “Banane, 8 décembre 1880 ”.
[446] Ibid. p. 178 : “ Achouka, 19 février 1881, Les deux chefs pahouins voisins de cette place et le chef bakalais sont mes amis, ils seront très heureux de savoir là un établissement. Je leur envoie dire de faire de grandes plantations de manioc pour ravitailler les convois de pirogues ”.
[447] Ibid. p. 188, “ Francheville, avril 1881, Je me suis très grièvement meurtri extérieurement la cheville du pied gauche qui a été prise entre les rochers, et une pareille blessure, dans l’état d’anémie où la dysenterie m’avait mis, devait me causer plus de souffrances et d’ennuis que je n’en avais encore éprouvé en Afrique… La plaie avait commencé à guérir… l’effort fit rouvrir les blessures. Au bout de quatre jours, le pied s’est enflammé et devint très douloureux. La plaie cicatrisée en dehors s’était rouverte en dedans et m’a absolument mis en état de ne faire quoi que ce soit, de plus m’a empêché de dormir… La douleur était telle que je suis resté quatre nuits sans fermer l’œil et les quelques gouttes d’acide phénique qui me restaient furent bientôt épuisées. J’ai eu recours aux médicaments du pays qu’on m’a offert pour apaiser la douleur ; il l’a apaisé en effet et presque instantanément : et le lendemain la douleur était plus vive ; je me suis aperçu que l’effet avait été désastreux en toutes les parties où je l’avais mis. La plaie avait changé d’aspect, elle était devenue spongieuse et de mauvaise nature, et avait d’ailleurs gagné le haut du pied qui s’opposait à tout mouvement… Je me suis armé de toute l’énergie dont je suis capable, découpant chair et muscle, j’ai enlevé une plaque de cinq centimètres de diamètre et d’un centimètre de profondeur sur lesquels les médicaments avaient produit leurs désastreux effets. Dans cette opération épouvantable, j’ai souffert plus que je n’avais encore souffert de ma vie. Cela a duré trois heures, et je l’ai fait avec un mauvais scalpel aiguisé sur une pierre car j’avais donné l’instrument de mon trousseau à un officier de Stanley qui en était complètement dépourvu, je l’ai regretté surtout en ce moment, car j’ai dû couper pour détacher cette plaque de chair avec des gros ciseaux qui en Europe valent deux ou trois sous. J’ai mis pendant deux jours mon pied à tremper dans un bain d’eau tiède avec un peu de citron : alors j’ai pansé avec de l’acide phénique… L’énorme plaie m’a fait beaucoup souffrir, mais elle est entrée en voie de guérison. Actuellement la cicatrisation avance toujours; mais il faut du temps pour remplir le vide que le scalpel a fait”.
[448] C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 2, Rapport Mizon, 1882, et Brazza dans N.Ney, Trois explorations… ; p. 146.
[449] Brazza n’a pas reçu formellement la mission de relier les stations fondées à la côte. Aussi prend-il les frais de la caravane de Michaud à son compte. (C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ere partie, pp. 316-333, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; pp 161-162, Brazza, Gabon, 17 décembre 1880, Lettre au Secrétaire général,
[450] Ibid., p. 167-168, Agouma, 20 décembre 1880 : “Les conséquences du premier voyage à vide ne sont pas seulement la plus grande dépense pour les transports, mais aussi une certaine démoralisation des Adouma et Ossyebo dont on a réveillé la cupidité en les mettant brusquement en contact avec des peuplades qui ont une grande quantité de marchandises”.
[451] Ibid. ; p. 165-166, Gabon, 17 décembre 1880 : “Vous avez fait attendre ces hommes pendant un mois aux établissements européens et ces hommes, n’ayant rien à remonter pour nous, ont pris des avances des peuplades voisines de la factorerie qui peuvent donner directement des avances pour achat d’esclaves aux peuples de chez lesquels descendent tous les esclaves de l’Ogooué, ne s’en sont pas privés”
[452] P. Savorgnan de Brazza, “ Voyages d’exploration de M. Savorgnan de Brazza ”, p. 671.
[453] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ere partie, pp. 316-333, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 166, 20 décembre 1880, Lettre au Secrétaire général, p. 166 : “ L’effet produit à la station a été encore plus sérieux, les chefs bien disposés envers nous et commençant à se rendre utiles, voyant que l’établissement des Européens dans leur pays n’était qu’un mensonge, ont témoigné ds mauvaises dispositions et des ennuis à la station ”.
[454] Ibid., “Quant à moi, par Michaud, je suis en expectative des commerçants dont j’annonçais l’arrivée aux populations. Il y a plusieurs villages où il viennent de récolter une grande quantité de caoutchouc dans les villages où l’on en voit par grandes quantités à sécher en tas, attendant qu’on veuille bien arriver jusqu’à eux pour l’acheter”.
[455] Ibid. , “De plus, doutant que peut être même, en se servant de mon nom, [Mizon] ne puisse avoir des laptos, j’ai engagé des Pahouins qui, je pense, pourraient les remplacer au besoin … En arrivant, il trouvera des hommes et des canots pour monter avec tout un personnel de manière que, ces hommes veuillent ou non, ils seront entraînés par la force des choses”.
[456] C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 2, Rapport Mizon, Gabon, 13 juillet 1882,. En 1879, “ Boubou Ndiaye [gendre de Samba-Som] arrêtait les pirogues et en gardait les équipages comme esclaves : ceux-ci furent délivrés et ramenés dans leurs pays ”.
[457] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ere partie, pp. 316-333, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; pp 161-162 179-180, Achouka 19 février 1881: “ Voici les faits : l’avant veille de mon départ de la factorerie [Lopé ? Lambaréné ?] ; 104 esclaves évadés de chez les Galois, hommes, femmes et enfants, sont arrivés à minuit me demander de les prendre avec moi pour les amener dans mon village de Passa ( la station). Le commandant du Marabout, Mr le lieutenant de Vaisseau Pi, n’étant pas encore redescendu, je lui demandai de prendre une décision à leur égard et d’affirmer l’abolition de l’esclavage sur les rives de l’Ogooué. Il arriva le lendemain et déclara désormais libres tous les esclaves… Enfin j’ai actuellement avec moi 120 hommes, femmes et enfants , dont une partie vient à la station chercher la liberté à l’abri du pavillon français et dont l’autre va rentrer dans les villages où se trouvent leurs familles ; beaucoup d’entre eux, quand ils sont venus me trouver, étaient malades ou épuisés. Quatre d’entre eux sont morts peu après ; les autres grâce aux bons traitements, reprennent des forces mais j’ai le regret de vous annoncer qu’entre les Apingi et les Okata, une pirogue a chaviré et deux vieilles femmes qui étaient complètement épuisées par la maladie, n’ont pu se tenir à la pirogue et se noyèrent ainsi qu’un tout jeune enfant et un homme.
[458] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 15b, Grivel, Commandant en chef à Marine. Sans date : “J’ai été consulté par M. le Commandant du Gabon, en vue d’interdire le séjour dans les rivières aux Sénégalais ramenés par M. de Brazza. Il m’a été représenté que nous avions déjà dans l’Ogowé, un certain nombre de traitants sénégalais, la plupart musulmans et, à ce titre, fort enclins, soit à se faire marchands d’esclaves, soit à commettre, vis-à-vis des noirs, des actes de violence ou des enlèvements de femmes, grâce à la terreur que leurs armes et leur audace guerrière inspirent. J’ai donc décidé que selon l’engagement pris à leur égard, les laptots de M. de Brazza seraient rapatriés au Sénégal, par la Seudre pour y être libérés”.
[459] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ere partie, pp. 157-207, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 179, Achouka, 19 février 1881.
[460] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 2e partie, pp. 50-214, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 194, Ngampfourou, le 25 août 1881 : “ En dehors de ce qui c’était passé entres les Pahouins voisins des factoreries et Mr Michaux, à cause des palabres de ces derniers avec le traitant, je n’ai jamais eu à employer la violence et tout ce qui touchait à moi a toujours été respecté ”.
[461] H. Brunschwig, Les Traités… ; pp. 213-214 : “ Les réticences s’expliquent surtout par la mauvaise réputation de Brazza auprès des hauts fonctionnaires et des officiers du Ministère de la Marine. Ces derniers ne s’intéressaient pas au Congo, ne croyaient pas à son avenir, doutaient du succès de Brazza. Ils lui accordèrent de mauvaise grâce l’appui qu’ils n’osèrent pas refuser aux personnalités qui les sollicitaient. Pour les convaincre, il fallait au moins un commencement d’exécution. Ce fut seulement lorsque le rapport de Banana parvint à Paris que les amis de Brazza disposèrent d’arguments valables, seulement quand les deux stations eurent été fondées et le traité signé, qu’ils tentèrent de grouper autour d’eux tous ceux qui pourraient craindre de se voir accuser un jour d’avoir laissé passer l’occasion. Le rapport de Franceville d’avril 1881 survint à point nommé ”.
[462] Le Marabout vient rendre justice dans le Remboué à un village fang lésé par des traitants gabonais en janvier 1880. C.A.O.M. A.E.F, 2B7, 61MI 1, folio 49, “ Lettre du 23 janvier 1880- Dumont, Commandant la division navale à Marine ”.
[463] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 14a, Commandant du Gabon à Marine, 27 juillet 1880. Le commandant reconnaît lui même les lacunes de ses missions de justice : “Pour tâcher à l’avenir de diminuer les causes de conflits entre Pahouins et traitants, j’organise un service pour que, une fois par mois, chaque chef de village soit mis en relations avec un caporal de police qui recevra les plaintes des Pahouins et qui fera connaître les ordres du commandant”.
[464] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 14 a, Commandant du Gabon à Marine, Libreville, le 23 octobre 1880 :
“ Les employés français qui viennent au Gabon commercer en sous-ordre ne valent guère mieux que ce Sr Second. M. Ferrier, employé de Dubarry, va rentrer en France sur le Brave, navire qui nous a porté les 200 tonneaux de charbon ; il est renvoyé pour inconduite. En rivière, cet employé se faisait tirer par des Pahouins (sic) des coups de fusils avec de gros plomb à trente mètres de distance ”.
[465] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 20 a, Commandant du Gabon à Ministre, Libreville, le 14 mai 1881 :
“ Le pays en général est toujours tranquille : mais la circulation des traitants en rivière se ressent parfois des conflits dont ils sont, le plus souvent cause, par leur cupidité et le droit qu’ils se croient de tout oser vis-à-vis des Pahouins qu’ils exploitent dans la pensée que, protégés par les blancs dont ils servent les intérêts, ils ne seront point recherchés ou resteront impunis ”.
[466] C.A.O.M., A.E.F., 2B7, 61MI 1, f°. 49, Lettre du 23 janvier 1880 Dumont, Commandant la division navale à Marine.
[467] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 14 a Rapport sur l’état général du Gabon du 23 octobre au 23 novembre 1880.
[468] Ibid. : “ Il faut pénétrer dans l’esprit de ces populations pillardes et vagabondes les principes de justice et de moralité ”.
[469] C.A.O.M., AEF, 2B7, 61MI 1, f°. 49, Lettre du 23 janvier 1880, Dumont, Commandant la division navale, citant Davezac, père de la mission apostolique de Donguila : “ Ils ne sont anthropophages que tout à fait exceptionnellement ”.
[470] C.A.O.M., Brazza 18, 2e mission 1, Copy-Book; 1ere partie, pp. 334-392, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; pp. 166-167, Agouma, 20 décembre 1880 : “ Je crois qu’entre Lambaréné et les Okota, on aurait souvent 1500 travailleurs chez les Pahouins ” ; et C.A.O.M. A.E.F., 2B7, 61MI 1, folio 49, Lettre du 23 janvier 1880, Dumont, Commandant la division navale : “ Pour le moment ils sont loin d’être nos ennemis […] Faire d’eux nos alliés pour la colonisation future du Gabon et de l’Afrique Centrale ”.
[471] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 14 a ; Rapport sur l’état général du Gabon du 23 octobre au 23 novembre 1880 : “ On devrait faciliter la création d’une race métisse, née dans le pays et s’identifiant au climat. Ce travail sera lent sans doute, à cause de la race gabonaise déchue et peu féconde. Quant aux concessionnaires, il nous faudrait de jeunes colons agriculteurs à qui l’on viendrait en aide en leur donnant la ration pendant deux ou trois ans.
[472] C.A.O.M., Brazza, 2e mission, 1, 18, Copy Book, 2e partie, pp. 9-14, cité par H. Brunschwig, Les Traités… ; p. 192, Passa, 15 mai 1881,: “Monsieur le Secrétaire général, cette mort doit être un enseignement car, quant à moi, je me demande s’il m’est permis d’appeler à moi le dévouement de martyrs, en sachant que, dans toute l’amplitude qu’elle comporte, je ne dois pas défendre la cause à laquelle ils sacrifient leur vie”.
[473] C.A.O.M., Mission 38, Lettre de Hanet-Cléry, Commandant du Gabon à Marine et Colonies, Libreville, le 22 septembre 1881.
[474] Stanley ne peut que s’y résoudre, non sans avoir abusé de la naïveté du père Augouard, arrivé dans les premiers jours d’août et quittant Brazzaville trois jours plus tard. P. Savorgnan de Brazza, ’Voyages d’exploration… ” ; p. 412
[475] Stanley offre un chien et deux ânes.
[476] Extrait d’un rapport sur le Congo, Saint Paul de Loanda, 20 octobre 1881, P. Savorgnan de Brazza, ’Voyages d’exploration… ” ; p. 688 : “ … Le commerce des embouchures de l’Ogooué, voire même celui du Gabon, nous échappent et le nombre de nos concitoyens qui se sentent l’énergie nécessaire pour aller chercher fortune sous ces climats torrides est trop restreint pour que nous puissions songer à réserver à notre travail national l’exploration des grandes richesses de cette partie de l’Afrique. Cependant, notre pays, qui a joué un si grand rôle dans le passé au point de vue civilisateur et qui sera bientôt définitivement évincé par l’Angleterre de toute la portion de la côte africaine qui s’étend de la Sénégambie au cap Saint Jean, notre pays, dis-je, ne peut pas renoncer pour l’avenir à exercer une légitime influence sur les destinées du centre africain. Un jour viendra, nous en avons la certitude, où la France reprendra son ancienne expansion dans le monde et où ses enfants, plus intrépides qu’ils ne le sont aujourd’hui, porteront encore sur toutes les parties du globe, ses idées et ses principes. Notre rôle doit donc être aujourd’hui de sauvegarder l’avenir en réservant à notre influence les bassin de l’Ogooué et du Congo, le plus grand fleuve de l’Afrique centrale ”.
[477] Extrait d’un rapport sur le Congo, Saint Paul de Loanda, 20 octobre 1881, P. Savorgnan de Brazza, ’Voyages d’exploration… ” ; p. 689.
[478] Mizon est détaché du ministère de la marine, Ballay est détaché du ministère de l’instruction publique. Selon un rapport du Journal officiel de la République Française, 3e année, n°106, 17 avril 1881, p. 105, “Informations, le Voyage de M. de Brazza entre le Gabon et le Congo”, signé par la Société de Géographie, Mizon et Ballay sont arrivés en février 1881 au Gabon. H. Brunschwig, Les traités… ; p. 219.
[479] Note signée de la main de Brazza : “ Le 3 janvier 1882 j’étais en route pour allet convoyer un nouveau personnel à Ncouna et des marchandises quand Mr. Mizon me redemanda ces ballots qu’il m’avait cédés en échange d’autres marchandises que je lui avait remises ; il déclarait vouloir aller lui-même à Ncouna ”. Extrait du Journal de voyage du quartier maître Guiral adressé à son frère Albert, voyage aller et retour Franceville Ncouna où sur l’ordre de Mizon, il est allé relever Malamine (22 mars 15 juin 1882). Archives Aff. Etrang. M. D. Afrique, vol 59, fol 361-369 Copie. Cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 232 et p. 191.
[480] Ibid. ; p. 204.
[481] Brazza n’admet pas que le Ministère de l’Instruction publique l’ait placé sous les ordres de Ballay, son ancien camarade d’expédition et officier du corps de Santé, d’un grade inférieur au sien.
C.A.O.M., Brazza, 18, 2e Mission 1, CopyBook, 2e partie, pp. 17-49, cité par H. Brunschwig, Les Traités… ; p.208., Brazza, Station du Haut Ogooué, 8 novembre 1881 : “… J’ai cru réellement rendre service à votre cause et en acceptant, j’ai mis à son service une abnégation et un dévouement qui, quand ils se donnent, se donnent tout entiers, mais qu’un seul mot peut briser et vous l’avez brisé cet enthousiasme qui m’avait fait soulever les populations par centaines au-devant de la civilisation européenne que vous m’aviez envoyé leur annoncer”.
[482] La mission de Landana a été créée par les Spiritains. La région, du Camma au Congo, est très active. Elle compte 93 établissements européens, dont 9 factoreries françaises, C. Bréard, “ La Guinée, le Congo… ”, p. 530.
[483] C.A.O.M., Afrique, Missions 38, août 1882, Rapport Brazza.
[484] L . Mizon, “Rapport de la tournée du “Marabout” du 9 décembre 1881 au 2 janvier 1882”, Revue Maritime et Coloniale, 1883, p.382.
[485] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 14 a, Mottez, commandant la station navale à Colonie, 5 avril 1881 :
“Il faut absolument que nous y faisions reconnaître notre autorité et pour cela que nous ayons de petits navires à vapeur pouvant y aller ”.
[486] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2, Mizon, 13 juillet 1882, Notes sur les stations françaises de l’Ogooué et du Congo, par l’enseigne de Vaisseau Mizon, chargé d’une mission de l’association internationale africaine, adressé au Commandant en chef de la division navale de l’Atlantique sud :
“ Les maisons de commerce reprenant leur ancien projet, avaient fait suivre M. de Brazza et, bientôt, il y eût des factoreries secondaires de l’embouchure du fleuve à la chute de Booué.
“ Malheureusement, les traitants, pour la plupart Sénégalais, crurent devoir faire le commerce à la façon dont Mahomet propageait sa religion et apportèrent ainsi des entraves à l’oeuvre entreprise. ..Il était en effet impossible avant que la station fût assez assise pour surveiller les contrées nouvellement découvertes, qu’il fût permis aux traitants de pénétrer parmi les populations douces et craintives du Haut Fleuve étant donné les actes commis par les Sénégalais... ”.
[487] C.AO.M., Gabon Congo I dossier 14 a, Mottez à Colonie, 5 avril 1881 :
“ L’Ogooué devient un centre très peuplé. Les villages pahouins y affluent pour commercer avec nous ”.
[488] L. Mizon, “Rapport de la tournée… ” ; p. 383.
[489] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 20 a, Libreville 18 mai 1882, Le commandant du Gabon au ministre, rapport de tournée du Marabout dans l’Ogooué :
“ L’influence de M. Schift et, par suite, de la maison allemande [Woermann ? dont il est le représentant] dans cette rivière n’a pas cessé de nous être, en effet, révélée pendant tout ce voyage : elle s’explique surtout, par les mariages politiques de cet agent avec une fille de chaque chef de village important.
“ Les frais de ces mariages sont supportés par la maison même, ainsi que les dépenses d’entretien de ces soit-disant femmes, toutes plus ou moins enfants, qui sont retirées des mains de leurs parents et dont quelques unes même sont envoyées à l’école sans être précisément des otages, ces femmes remplissant à peu près le rôle, en ce sens que, si l’une des succursales de la factorerie allemande venait à être menacée, les chefs des villages alliés à son principal agent ne manqueraient pas de s’interposer d’eux mêmes et de faire, au besoin, la guerre aux agresseurs sans qu’il eut lui même à intervenir. Ces mariages ont donc pour objet d’acheter pour la maison allemande tout à la fois de l’influence et de la sécurité.
[490] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a, le 18 juin 1882, Masson à Colonie : “ Ainsi Mr. Schulze, négociant et consul d’Allemagne, en a treize à son service.”
[491] C.A.O.M., Gabon Congo 1, dossier 21b, Rapport de Masson Commandant, à Colonies , Libreville, le 20 juillet 1882 : “Ils sont presque tous armés de fusils américains à répétitions de 18 coups chacun.”.
[492] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a, le 18 juin 1882, Masson à Colonies :
“ Si nous avions une compagnie à renouveler tous les ans, cela n’arriverait que dans une proportion insignifiante ”.
[493] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2 Mizon, Gabon, 13 juillet 1882, Notes sur les stations françaises de l’Ogooué et du Congo, par l’enseigne de Vaisseau Mizon, chargé d’une mission de l’association internationale africaine, adressé au Commandant en chef de la division navale de l’atlantique sud.
[494] C.A.O.M., Gabon Congo 1, dossier 21b, Rapport de Masson à Colonies , Libreville, le 20 juillet 1882 : “ Monsieur Mizon […] est arrivé le 1er juillet venant du Haut Ogooué et en dernier lieu de Lambaréné. Il est accompagné de 25 Adoumas… Monsieur Mizon m’a confirmé les exactions commises par les quelques Sénégalais qui sont dans la rivière.
[495] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2 Mizon, Gabon, 13 juillet 1882, Notes sur les stations françaises de l’Ogooué et du Congo, par l’enseigne de Vaisseau Mizon, chargé d’une mission de l’association internationale africaine, adressé au Commandant en chef de la division navale de l’atlantique sud.
[496] C.A.O.M., Gabon II, dossier 2, Lettre de Mizon au Commandant, daté du 26 juillet 1882 :
“ M. Schift, agent de la maison hambourgeoise, a, par des actes d’une brutalité odieuse, amené la fermeture du Ngounié. A propos d’une tête de tabac, il a jeté à l’eau et frappé violemment un des principaux chefs du Ngounié. Un traitant anglais (John Eymie) ayant eu une discussion avec les Pahouins pour l’achat d’une dent, ceux-ci se sont considérés comme lésés et ont fermé la grande rivière. M. Moore, de la maison Hatton et Cookson, ayant remonté la rivière, les Pahouins ont tiré sur lui. M. Moore portait un pavillon autre que le pavillon français, pavillon anglais, disent les uns, pavillon de maison, disent les autres. Il n’y a donc pas lieu de s’en préoccuper.
“ En un mot, Commandant, je crois pouvoir vous résumer ainsi la situation : par leur mauvaise foi, par les exactions de leurs traitants, les maisons de commerce se sont créés une situation difficile ; les haines, les rancunes se sont accumulées mais, depuis trois ans, la présence de MM. De Brazza, Ballay et la mienne en ont imposé aux indigènes qui disent que, lorsque M. Ballay et moi partirons, dans quelques jours, ils pourront régler leurs palabres. Il est à craindre que la rivière ne soit troublée profondément. Et quoique les indigènes aiment les missionnaires, ceux-ci pourraient, au bout d’un certain temps, en ressentir le contre-coup.
“ Il suffirait d’envoyer quelques hommes, avec un officier ou un sous officier, occuper le pays jusqu’à la fin de septembre c’est-à-dire jusqu’à l’époque à laquelle le Basilic ou le Marabout pourront remonter ”.
[497] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI 3 (f°12 à 17), 2, Correspondance du Commandant du Gabon et le Ministère, 6 décembre 1882 - 19 juillet 1884, Libreville, le 15 décembre 1882 :
“ [...] La poudre qui est dans le pays s’épuisera assez vite et nous éviterons ainsi, même au prix d’une légère perte momentanée dans le revenu douanier de la Colonie, une expédition qui dans très peu de temps deviendrait absolument nécessaire…
“ Déjà, malgré l’arrêté, la maison Hatton et Cookson a embarqué pour l’Ogoôué cinq barils de farine pleines de pierres à fusil. La maison allemande s’est bornée à deux cents pierres. On les a laissé passer. Je n’ai que des noirs infidèles et incapables à la douane dont le revenu de cette année atteint 200 000 francs. Lorsqu’on permettra de nouveau l’introduction de poudre et des fusils dans le Gabon, il faut que les munitions de guerre y compris le plomb soient frappés d’un droit très élevé (3 francs le kilog. de poudre, 5 francs le fusil à pierre, 6 francs à piston).
J’estime qu’ici comme en France, l’Etat seul devrait avoir le monopole de la poudre. Le fabriquant lui-même, l’Etat pourrait confectionner une poudre de traite dont la composition ne permettrait pas de donner une très grande portée aux armes qui seraient chargées avec cette poudre. L’Etat aurait ainsi le bénéfice de la vente et la sécurité pour ses troupes.
[498] Ibid. , Libreville, le 15 décembre 1882, Masson à Ministre :
“ Ce à quoi il me répondit que l’employé de la maison ayant un permis de séjour était libre de circuler partout sur le territoire français et qu’il n’introduisait pas de munitions de guerre. Les dix caisses d’armes rayés saisies à la factoreries de Glass sont le témoignage de la manière dont il observe les réglements.
“ Monsieur le Ministre appréciera l’honorabilité de cette maison ”.
Bohn est rapidement délivré, contre rançon (Correspondance du Commandant du Gabon et le Ministère, 6 décembre 1882 - 19 juillet 1884, C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3 (f°21- 24), Libreville le 12 janvier 1883)
[499] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 20 a, LBV 18 mai 1882, Le commandant du Gabon au ministre, rapport de tournée du Marabout dans l’Ogooué :
“ ... La maison allemande abandonnerait volontiers 10/100 de ses bénéfices en rivière pour la création d’un poste militaire pouvant seul protéger le commerce, en tout temps, dans ces régions éloignées du chef-lieu.
“ La présence de ce poste deviendrait aussi un obstacle au trafic d’esclaves qui tend à se manifester dans ces rivières, où ne s’est exercée encore aucune police officielle, puisque le marabout n’y a montré notre pavillon que sous mon commandement.
“ Mr. Schift a, enfin, ramené mon attention sur une éventualité à laquelle j’avais déjà réfléchi, à savoir que le commerce de l’ivoire, du caoutchouc, de l’ébène, du bois rouge etc, doit vraisemblablement prendre fin dans cinq ou six ans, par suite de l’épuisement de ces produits et il estimait, comme moi, qu’il devenait urgent, pour l’avenir de la colonie, de faire appel, en le favorisant, au début de leur entreprise, aux maisons désireuses de s’adonner à la culture des terres.
[500] Le poste est l’embryon de la future ville de Lambaréné. Correspondance du Commandant du Gabon et le Ministère, 6 décembre 1882 - 19 juillet 1884, C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3 (f°12 - 17), Libreville, le 15 décembre 1882.
[501] Lésé par la maison portugaise Viegas, Akinmoin pille une de ses pirogues et capture un membre d’équipage. En réparation, Libreville capture sa femme et demande, pour sa libération, la restitution des marchandise. Akinmoin exige la libération de sa femme en préambule à toute négociation. Il rassemble une centaine de guerriers et plusieurs fusils à longue portée, et se réfugie au fond d’une crique, vers Kango. Latrobe, sur le Marabout décide d’une expédition punitive. En février il part pour l’île de Ningué Ningué où il espère que les villages voisins lui livrent le chef kele. En vain. N. Meteghe N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 75 : “ [Latrobe] Furieux, il se mit à détruire systématiquement les villages environnants : le 14 février 1882, il tua un homme en tirant sur lui à bout portant et en blessa un autre ; le 15 février, il fit incendier ou bombarder Ningué-Ningué, Kango, Olanda et le village d’Akinmoin dans le Como, Nduma, Suku et Ngamu dans la rivière Aboghe. Mais, dans l’ensemble, son expédition fut un échec puisqu’il retourna à Libreville sans avoir pu se faire livrer Akinmoin. Pour affaiblir la résistance des autochtones, le commandant du Gabon interdit la vente des armes et des munitions à partir du 19 février 1882. Akinmoin et ses hommes résistèrent cependant encore dans le maquis durant cinq mois et ce ne fut que par une traîtrise de Kerno, un ancien déporté politique sénégalais devenu commerçant, qu’il fut arrêté en juillet 1882 ”.
[502] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 21 a.
[503] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 21a, Rapport Masson à Colonie, Septembre 1882 : “Tous les alentours de Libreville se peuplent peu à peu de Pahouins qui envahissent le territoire par un mouvement lent mais continu”.
[504] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 21 b, Projet d’instruction pour le commandant du Gabon, Directeur général des colonies, 24 avril 1882 : “ Je crois qu’il est possible d’arriver à une entente avec les chefs pahouins riverains du Rehmboë et du Como. On pourrait par des coutumes et des cadeaux payés annuellement les intéresser au maintien de la paix et au développement du mouvement commercial dans les rivières qu’ils occupent...
“ Le Gabon est d’après certaines ressources appelé dans un avenir plus ou moins rapproché, à devenir l’un des débouchés de l’Afrique intérieure ; il importe d’en étudier attentivement les moyens d’y assurer la sécurité commerciale. J’ai été frappé de ce fait que les négociants qui l’habitent appartiennent presque tous à des nationalités étrangères ou sont les agents de maisons allemandes, anglaises, américaines ou portugaises. ”
[505] Extrait du Journal de voyage du quartier maître Guiral adressé à son frère Albert, voyage aller et retour Franceville Ncouna où sur l’ordre de Mizon, il est allé relever Malamine (22 mars 15 juin 1882). Archives Aff. Etrand. M. D. Afrique, vol 59, fol 361-369 Copie, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 232 :
“ Je quitte Mr. Mizon… Il m’a refusé la carte que lui avait donnée Mr. De Brazza. Cette carte était son voyage chez Makoko, où les routes sont marquées et les noms des chefs. Mr. Mizon est descendu au Gabon voulant mettre à feu et à sang le pays des Okanda ; ceux-ci, dit-il, lui ont pris ses pirogues chez les Adoumas ”.
[506] Extrait du Journal de voyage du quartier maître Guiral adressé à son frère Albert, voyage aller et retour Franceville Ncouna où sur l’ordre de Mizon, il est allé relever Malamine (22 mars 15 juin 1882). Archives Aff. Etrand. M. D. Afrique, vol 59, fol 361-369 Copie, cité par H. Brunschwig, Les traités… ; p. 247 : “ La station de Passa a perdu la gaîté d’autrefois. Les gens des environs ont fui le Blanc ; la guerre leur a été faite ; ils ont été cruellement éprouvés. Un homme qui avait volé a été blessé. Quand on est allé l’arrêter dans son village, il est mort, le fils d’un chef Coca. Un autre qui a été surpris a voulu se défendre, il a blessé un Sénégalais qui lui a porté un coup de couteau à la cuisse (je ne sais pas ce qu’il est devenu). Ces deux hommes sont restés longtemps à la chaîne dans la cour de la station, et la malheureuse mère de Coca venait pleurer et soigner son enfant enchaîné. M. Mizon l’a délivré ; huit jours après il était mort. On a brûlé beaucoup de villages ; ces populations sont terrifiées ; tous fuient loin. Heureusement que ces populations ne sont pas guerrières, car ce sont les Aoumbo. Un Sénégalais voleur a été fusillé (Latijob) ! Qu’avait-il fait ? Le dernier de ses faits avait été de voler deux poules ! Du sang, du sang, du sang sur cette terre lointaine !
“ Je subis le mauvais sort qui me fixe à Masuku… Ce pays jadis si beau pour moi, plein d’enthousiasme, aujourd’hui me paraît sombre et triste ”.
[507] Banc de sable de Lambaréné, 7 août 1882, Ballay à Brazza, Arch. Aff. Etr, MD ; Afrique, t. 59 ; Congo-Gabon II, fol/ 79-80 : “ Mizon est d’ailleurs au mieux avec la maison Woermann qui lui fournit de grandes quantités de marchandises, quelques-unes moins chère que le prix de revient. Il est vrai qu’il paie en caoutchouc. Il en avait descendu ici plusieurs tonnes, qu’il a cédées à Schift à 1fr 75 la livre…
“ Il se pose ici en commandant de la rivière et en redresseur de torts. Il est d’ailleurs au mieux avec le commandant du Gabon, ancien du Loiret, Mr. Masson, avec lequel il a été embarqué sur ce dernier bateau. Il est allé, en outre, faire sa cour à l’Amiral qui, dit-il, lui aurait donné tous droits dans l’Ogooué.
“ Il semble, au contraire, que moi je suis en assez mauvaise odeur auprès de ces gens qui ne me connaissent cependant pas même de vue. Mr. Masson, auquel j’avais écrit, ne m’a pas donné le moindre signe de vie, même verbal, par Mizon, qui était son hôte et fidèle commensal pendant son séjour au Gabon. Je crois savoir qu’ils ont mijoté quelque chose ensemble, pour donner à Mizon une autorité officielle de la Marine ici… Dans ce cas je demanderai mon rappel en France ”.
[508] Ils reprennent ainsi la vieille route du commerce, remontée autrefois par Boitard et d’autres : “ Je rappelle que M. Mizon fit le trajet d’Akondjo au lac en juin 1881, et revint à l’Ogooué en juillet avec le RP Davezac. D’autres missionnaires se rendirent aussi du Gabon au lac Azingo, ou inversement, en juillet et septembre de la même année. Enfin, dans le mois de janvier 1882, le RP Stalter et M. Schiff, traitant de l’Ogooué, firent le voyage d’aller et retour. Tenaille d’Estais, “ Relation d’un voyage à pied du Remboë au lac Azhingo et à l’Ogooué (septembre 1882), Revue Maritime et Coloniale, août 1883, pp. 241-272.
[509] A. Fourneau, Au vieux Congo: notes de route, 1884-1891, Paris, Editions du Comité de l’Afrique Française, 1932 note 1, p. 39.
[510] La mission de Donguila acquiert une certaine importance dans la région. Elle se renforce avec l’arrivée en 1882 du Père Stalter qui y restera jusqu’à sa mort en 1905.
[511] : “ La mauvaise réputation des Pahouins leur avait fait jusqu’ici préférer des guides bakalais ; mais si les familles de Pahouins sont perpétuellement en guerre entre elles, les Bakalais se trouvaient aussi en guerre avec les Pahouins pour leur avoir tué quelques hommes par représailles, comme c’est l’habitude ” ; Tenaille d’Estais, “ Relation d’un voyage.
[512] La mission accueille une trentaine d’enfants galwa. Hatton et Cookson et Woermann se disputent le commerce. Ils s’y heurtent à l’hostilité des Enenga et réclament la création d’un poste au dessus de la mission. Ibid, p. 253.
[513] Ibid, p. 270, Lota : “ Les territoires que nous avons traversés sont occupés par les Pahouins dont l’extension sans cesse croissante a refoulé vers le Remboué les Akélés ou Bakalais autrefois maîtres du pays. Les nouveaux arrivants auraient pour berceau de leur origine le Haut-Ogooué, d’où ils seraient chassés à leur tour par des tribus puissantes et très guerrières, remarquables par leur petite taille et leur agilité. ”
[514] Ibid ; p. 271 Lota, : “ Quelques tribus sont encore anthropophages. Le père Bichet qui, depuis deux ans, passe sa vie au milieu de ces peuplades, m’a assuré que les scènes de cannibalisme ne sont pas rares sur les bords de l’Ogooué : les ennemis tués ou fait prisonniers sont en général mangés.
[515] Ibid, p. 533 : “ Les Galois, dont les villages sont placés à proximité du lac Onangué et sur les deux rives du fleuve jusqu’à Ngounié, sont au nombre de 10 000 environ. Leurs féticheurs sont en grande renommée au Gabon. Quelques villages chassés du Ramboé par les Pahouins se sont établis tout récemment sur le territoire des Galois ”.
[516] Ibid, p. 272, Lota : “ Du Remboué à l’Ogooué, le pays n’offre pas grande ressource. Les villages sont pauvres, et avant peu ébène, caoutchouc et bois rouge auront disparu. La création d’une route d’Acondjo au lac Azingo offrirait certes de grandes difficultés, mais serait pourtant très possible, surtout si l’on se sert du sentier déjà tracé du village de N’Doum à Acondjo. Seulement, à la saison des pluies, son entretien exigerait une grande surveillance ”.
[517] Situation du Lac Azingo (p. 256) : “ Aujourd’hui le commerce l’a déserté. Ne trouvant plus de caoutchouc et seulement de l’ébène de qualité inférieure, les traitants se sont naturellement retirés. Seule l’industrie considérable du poisson sec subsiste. On pêche au mois de septembre ”.
[518] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a, 18 septembre 1882, Masson à Colonie : “ Les Gabonais sont devenus tellement paresseux que si les Pahouins (qui sont l’avenir parce qu’ils sont énergiques et travailleurs) n’apportaient pas les régimes de grosses bananes et les bâtons de manioc, les Gabonais n’auraient pas à manger ”.
Voir aussi C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3, f°267 à 271, Correspondance du Commandant du Gabon et le Ministère, 6 décembre 1882 - 19 juillet 1884, f° 50à 53, Masson, Libreville, le 8 mars 1883 : “ Sans eux personne n’aurait à manger à Libreville ”
[519] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3, f°21à 24, Libreville le 12 janvier 1883, Masson cite le témoignage de Sinclair, agent de la maison anglaise Hatton et Coockson, à Lambaréné : “ Maintenant, ..., nous ne pouvons plus sortir de notre maison et passer en pirogue devant un village sans recevoir une fusillade non pas tant pour nous tuer que pour nous obliger par la peur qu’ils croient nous causer à débarquer les marchandises dans leur village et eux se chargeraient ensuite de faire les traitants pour aller plus loin... C’est ainsi du reste dans toutes les rivières du Gabon.
“ [...] Maintenant il nous faut avoir des sentinelles toute la nuit autour de nos habitations. Nous avons immédiatement renvoyé au Gabon toutes les munitions que nous avions ici pour éviter un pillage très possible. Les Gallois, Invégas, Bakalais, etc. ne valent pas mieux que les Pahouins si ce n’est qu’ils ne sont pas anthropophages.
“ [...] De retour au Gabon, j’ai appris que les trois principales maisons (Hatton et Cookson, Holt (anglaises) et Woërman) avaient fait des grands dépôts de poudre et de fusils dans le Haut-Como et dans les rivières avoisinnantes (Bokoué, Manga, etc).
“ Devant les faits qui se passent dans l’Ogooué et dans toutes les rivières, la lutte à coup de fusil pour obliger les pirogues à descendre les marchandises... je me suis décidé à arrêter net tout le commerce des armes à feu et de toute munition.... Et puis on peut dire sans exception que les attaques à coup de fusil, ne sont que des vendettas, des représailles de méfait commis par les traitants et sous traitants des maisons établis à Libreville.
[520] A. Owona, La naissance du Cameroun, Paris, L’Harmattan, 1996, p. 25.
[521] C. von Morgen, A travers le Cameroun du Sud au Nord, Voyages et explorations dans l’arrière-pays de 1889 à 1891, traduction de P. Laburthe-Tolra, Paris, Publication de la Sorbonne, 1982, édition originale Durch Kamerunvon süd nach nord, Leipzig, Brockhaus, 1893, p. 33.
[522] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a, Rapport Masson à Colonie, 8 juin 1883 : “ Si les Pahouins du Como continuent à se mal conduire, j’engagerai les négociants à cesser tout commerce avec les habitants de cette rivière qui n’est pas un passage pour aller plus loin dans l’intérieur. Parce que je ne ferai certainement pas de démonstration militaire, encore moins d’expédition, pour quelques querelles dont il est impossible de préciser les fauteurs. Si les négociants s’obstinent à aller dans cette rivière après en avoir été bien avertis ce sera à leurs risques et périls ”.
[523] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI 3 f°267 à 271, Ibid. f°93 à 96, Libreville le 5 juillet 1883.
Masson compte utiliser l’argument administratif et fiscal pour contraindre les factoreries :
“ J’estime en outre que si comme je l’ai demandé l’inscription maritime est établie, il y aura lieu d’exiger que les pontons de ces petits navires circulant dans les rivières soient français et qu’ils aient passé un examen pour s’assurer de leur capacité et être certains qu’ils comprennent leur responsabilité.
“ Aucun de ces navires pontons et autres ne paient des droits de détaillants quand le conseil d’administration de la Colonie sera complété, il sera proposé d’établir des patentes graduées de détaillants pour ces navires.
J’ai envoyé le Basilic dans le Komo et je vais lui donner l’ordre d’y passer quelques jours. Mais ensuite il lui faudra partir dans l’Ogooué, et alors les pillages recommenceront. Déjà dans le Remboué un important traitant noir est venu me dire qu’il ne pouvait pas remonter parce qu’on avait pillé un cotre dans le pays qu’il habite (akondjo) et qu’il attend pour retourner chez lui que la palabre soit terminée [...]. ”.
[524] C.A.O.M., Gabon Congo III dossier 5, Libreville, le 24 septembre 1883, Rapport de traversée, signé Félix, au Commandant du Gabon et de la station locale, le Basilic dans le Remboué, en septembre 1883 :
Point ultime atteint le 22 septembre 1883 : 0° 19’ 30’’ sud, 7° 50’ longitude est. Au retour, village de N’doum, rive gauche (RG), Gambo, rive droite (RD), Assia, RG, Jogobefame, RG, Dumboum, RD, D’Joubouda, RD, N’Doum, RD, Issia, RG, Foulounioué, RG, N’Gougoum, RD, Sembembé, RD, Boldoumé, RD, Acondjo, RG.
“ Dans le Remboué comme dans toutes les rivières de l’estuaire, des villages ont disparu ou bien se sont déplacés ; de nouveaux s’établissent et sans relâche, et les cartes actuellement mises entre nos mains sont criblées de notes, additions, ou rectifications fort importantes, de la main de nos prédécesseurs ou de la mienne propre. ”
[525] Chaque mois une citerne est envoyée devant Kango pour pomper 80 tonneaux d’eau douce pour le fonctionnement de la station.
[526] C.A.O.M., A.E.F., 2B12/61MI 3 Folio 267 - 271 ,Folio 93 - 96, Même côte, Libreville le 5 juillet 1883 : “ Monsieur le Ministre
“ Les troubles dans la rivière Komo continuent à s’accentuer davantage. Un cotre de la maison française Sapoux a été pillé deux fois de suite à l’entrée de la rivière Maga affluent du Komo. Les Pahouins ont fortifié leur village avec des troncs d’arbres et barré la rivière en abattant des arbres. Le Basilic a pu passer quand même mais aujourd’hui j’apprends que le passage est absolument bouché. Il n’y a plus que leurs pirogues qui puissent passer. “ S’il est important de ne pas engager d’action militaire sans l’assentiment du département, toutefois il ne faut pas laisser ces crimes de pillages de navire (quatre en un mois) absolument impunis parce que tous les villages en feront autant. Je demande donc à M. le Ministre d’être autorisé quand une affaire de pillage ne pourra pas être arrangée pacifiquement à faire canonner le village coupable avec mitrailles et obus par le Basilic sans mettre personne de son équipage à terre. Si le délit commis exigeait une répression plus énergique je prendrais les ordres après lui en avoir rendu compte au Commandant en chef de la Division navale en lui donnant le concours de la garnison et de tous les moyens dont dispose la station locale. Mais il est temps de punir sans quoi le Como sera en pleine révolte avant peu ”.
[527] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a, Rapport mensuel Masson à Colonie, 11 août 1883 :
“ … Il faut absolument faire cesser cet état de choses. La guerre ne doit être faite que par l’Etat suzerain et non par des navires de commerce étrangers, armés par des étrangers qui battent pavillon français.
“ A l’entrée du Como, de la rivière Assingo, du Bokoué enfin de tout cet ensemble d’affluents du Como qui se déversent dans l’estuaire du Gabon, s’est établie une tribue guerrière appelée “ Makaye ”. Ces Pahouins ne sont pas travailleurs comme les autres. Ils exercent le brigandage comme profession régulière. Ils pillent les pirogues qui du Como veulent descendre à Libreville ou en reviennent. Ils attaquent et prennent à l’abordage tous les cotres montés par des noirs Gabonais, même quand il y a un négociant blanc à bord...
[528] N. Meteghe N’Nah, L’implantation coloniale ; p. 75.
[529] C.A.O.M., A.E.F, 2B12, 61MI 3, f°238 - 241, Libreville le 9 mars 1884,
“ Et si M. Guibert s’est montré cruel dans l’affaire de Donguila N’Como, il ne faut pas non plus nous montrer débonnaires comme nous l’avons été jusqu’ici.
“ Les agissements des commerçants et des traitants vis à vis des populations sont à réprimer, mais les attaques inqualifiables comme celles dont se rendent journellement coupables les Pahouins comme celle qui vient, il y a quelques jours à peine, d’ensanglanter l’Ogowé ne peuvent être plus longtemps souffertes… Quant à employer la douceur [...] le Pahouin ne pardonne pas et ne comprend pas que l’on pardonne lorsque l’on est fort.
“ J’ai partagé l’impression pénible qu’ont causé les événements qui se sont passés dans le Como ; je suis loin d’approuver l’acte arbitraire et cruel commis par M. Guibert. Je regrette d’avoir à dire qu’il a produit dans le Como un excellent effet. Quant au traité, ou pour mieux dire l’acte de soumission signé le 11 décembre à bord du Basilic par le chef de Boumba et de Donguila N’Como, il est considéré par tous comme un acte de faiblesse : les indigènes n’y ont eu aucune confiance, il ne sera point suivi d’effet, d’autant plus qu’effrayés ces populations émigrent.
“ Loin de vous demander la fermeture du Como, j’ai donné l’ordre au Marabout de venir à Libreville je compte l’envoyer chercher d’ici quelques jours par l’un des canots à vapeur.
“ Quant aux coutumes que vous me proposez d’établir en faveur des chefs, mon avis, M. le Ministre, est que cette manière d’agir n’aura aucune prise sur les Pahouins ; elle peut-être bonne vis à vis des peuplades faibles comme les Bakalais et les (?) Mais elle est inutile à employer, ces dernières peuplades manquant complètement d’énergie et d’honnêteté ; la seule présence du pavillon suffira à les tenir en respect.
“ Le peuple Pahouin se prend pour le souverain de toute l’Afrique s’avançant peu à peu sur nos possessions du Gabon, il n’y vient point en colon, décidé à se soumettre à l’autorité qu’il rencontre établir sur un point ; partout où il va, il entend être le maître ou du moins complètement libre. Dans les rivières du Como comme dans l’Ogowé, il veut bien laisser passer notre commerce mais à la condition qu’il en profitera : c’est même parce qu’il trouve que ce commerce ne lui profite pas assez qu’il arrête les cotres les pirogues, chaque village croyant, en suscitant des difficultés aux traitants qu’il arrivera à les forcer à s’établir chez lui, les habitants voulant être eux-mêmes les intermédiaires entre les habitants et les populations de l’intérieur. On arrête nos pirogues à N’Djolé m’ont dit les gens du village de Révolo, on nous tire dessus nous arrêtons les pirogues des blancs. Pour elles nous ne sommes pas les maîtres.
“ Comme conclusion, M. le Ministre, […] la constitution d’une colonie d’un élément militaire blanc suffisamment nombreux, astreint à un séjour assez prolongé pour que nous puissions avoir une surveillance effective, faite par des officiers et des sous-officiers ayant une certaine connaissance des moeurs de populations ; je crois pouvoir affirmer qu’au bout de quelques années, si les moyens mis à la disposition du Commandant de la colonie sont suffisants (et je pense que mes propositions acceptées les moyens seront suffisants), on n’entendra plus parler que bien rarement de pillages, de meurtres, d’anthropophagie qu’il s’agit surtout de prévenir par une bonne surveillance sur ces populations, bonnes au fond, mais auxquelles on n’arrivera à faire comprendre qu’elles ne peuvent être les maîtresses qu’en leur montrant que si l’on est patient l’on a aussi la force pour soi. Peu à peu, elles verront que leurs vrais intérêts sont de ne pas nous être hostiles, mais il faudra du temps.
Je suis avec un profond respect - Signé Cornut-Gentille ”.
[530] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 21 a. Les accords sont nombreux et parfois se superposent : Reconnaissance de Babendjé, chef Bénito, de l’autorité française le 14 mars 1873, renouvelé le 3 novembre 1883, Traité anglais avec les Banoko : le 5 juillet 1847, le 18 juillet 1860, le 23 mars 1880, Traité français avec ces mêmes Banoko : le 30 mars 1842, en 1845, le 20 août 1869, en 1883.
[531] C.A.O.M., Gabon Congo III dossier 5, Libreville, le 15 novembre 1883, Rapport de Félix au commandant du Gabon, sur une mission entre le 6 et le 14 novembre 1883 dans la Baie de Corisco, au poste de Dambo, Rivière et territoire de Bénito pays de Banoko ou Batanga,
“ Partout dans la baie de Corisco, au pays des Benitos, au pays des Banokos surtout, les maisons de commerce étrangères et les missions américaines combattent notre influence par tous les moyens en leur pouvoir. Ces établissements sont pour la plupart des succursales des factoreries du Gabon proprement dit et j’ai l’intime conviction qu’elles obéissent à un mot d’ordre parti du village de Glass (en plein estuaire) et des Iles Elobey. La lutte entreprise partout par les négociants étrangers contre notre commerce ou notre gouvernement a pris un caractère aigu et le plan combiné de ces maisons étrangères s’il devait réussir serait, je n’en doute pas, l’accaparement du pays pour arriver à mettre à néant notre actuelle influence ou nos revendications à venir. Là où nos missionnaires ne sont pas établis, la propagande des missionnaires américains vient en aide aux étrangers à notre détriment. Qu’il me soit permis, Commandant, de convenir avec vous que, sur les points de la côte dont la France peut avoir intérêt à ne pas s’éloigner au nom de son commerce et de ses droits acquis, il faut nous hâter de favoriser l’établissement des maisons françaises et des missions catholiques afin que les traités passés avec les indigènes ne restent pas lettre morte et que nous puissions tout au moins conserver quelque place sur ces territoires ou ces rivages que les puissances étrangères couvrent de leurs maisons d’écoles et de leurs factoreries ”.
[532] Cette troisième mission Brazza est plus connue sous le nom de Mission de l’Ouest Africain.
[533] Brazza reçoit un subside de 1 275 000 francs répartis entre les trois ministères de l’Instruction Publique qui dirige la mission, 980 000 francs, des affaires étrangères, 65 000 francs et de la marine et des colonies 200 000 francs.
[534] L’état-Major se compose de Michelez et Rigail de Lastours, deux anciens élèves de l’Ecole des Mines, Blondel, comptable, P. Michaud, ancien élève des Arts et Métiers, Decazes, lieutenant de cavalerie, ayant longtemps séjourné au Sénégal. Ses agents auxiliaires sont De Chavannes, secrétaire de Brazza, Joseph Michaux, ancien élève des Arts et Métiers, ayant déjà fait partie de la mission précédente, de Montagnac, ayant fait un séjour dans le Haut Sénégal, Eckermann, employé, Pierron, ayant séjourné longtemps à Madagascar, le maréchal des logis Albert Veistroffer, Rouf, Buffert, employé, Borderie, Lescau, Rabuteau, Henri Rochefort fils, Manchon, de Ménerville, et Fligotteaux. (Napoléon Ney, p. 209-210). La mission s’entoure également de scientifiques, Schwebisch et Thollon, du Muséum qui ramènent un don considérable d’objets ethnographiques.
[535] Brazza compose une équipe hétéroclite qui ne manque pas de provoquer des ennuis : “d’une telle sélection résultèrent de nombreux déchets : voleurs, ivrognes ou incapables furent renvoyés en France ou donnèrent leur démission”. C. Coquery Vidrovitch, Brazza et la prise de possession du Congo, 1883 - 1885, Paris, Mouton, 1969, p. 35.
[536] Ibid. , p. 49.
[537] Ibid. , p. 36.
[538] C.A.O.M., Mission de l’Ouest Africain, VII, Brazza à Pierron ; 28 février 1883.
[539] “Le débarquement du matériel et des marchandises (huit cents tonneaux environ) au Gabon, dut se faire avec mes propres moyens. J’eus l’autorisation de me servir des chalands de l’Etat et ce fut tout. Le petit vapeur que j’avais apporté à destination du bas Ogooué dut être monté sur une place et se transformer en remorqueur : matériel, munitions, vivres, tout vint s’empiler sur les quais et les routes, exposé aux averses de la saison des pluies, aux vols et au gaspillage, faute de pouvoir trouver un abri dans les magasins de la colonie. Ce soin de ce qu’on appela “les intérêts absolus de la colonie du Gabon” ne correspondait pas à la bienveillance que me témoignaient les ordres envoyés d’Europe. Il me valut de payer pour les retards dans le déchargement deux mille francs de surestaries au Précurseur; le manque d’abri pour mon matériel et mes marchandises devait me coûter le centuple”. Brazza dans N. Ney, Trois explorations… ; p. 213.
[540] A. Veistroffer A. , Vingt ans dans la brousse africaine : souvenir d’un ancien membre de la mission Savorgnan de Brazza dans l’ouest africain, 1883-1903, Lille, Mercure de Flandre, 1931 ; p. 20.
[541] C. Coquery-Vidrovitch, Brazza et la prise…, p. 40.
[542] A. Fourneau, Au vieux Congo, p. 42 : “Là [ à Ndjolé] s’arrête l’autorité du Commandant supérieur du Gabon ; nous sommes chez nous ; n’ayant qu’un chef : M. de Brazza. Nous n’aurons plus à subir les multiples vexations que les officiers de la station locale estiment de bon ton d’infliger aux membres de la mission”.
[543] C.A.O.M., Gabon III, dossier 6b, Cornut Gentil, à Colonies, Libreville, 7 août 1884 : “ La présence de la Mission de l’Ouest Africain sur le territoire de la colonie est une entrave au bien général du service ”.
[544] A. Pecile dans N. Ney, Trois explorations…, ; p. 282 ; Lambaréné, 3 mai 1883.
[545] Il en garde des liens étroits avec les maisons de commerce qui pèsent sur sa politique indigène.
[546] A. Fourneau, Au vieux Congo ; p. 86 : “ Beauguillaume [qui remplace occasionnellement Vittu de Kerraoul en juillet 1885] me paraît malade, fatigué, découragé. Son rôle à Ndjolé est des plus ingrats et des plus délicats. Somme toute, il a la charge d’assurer, dans les meilleures conditions, tous les ravitaillements de notre mission. Il reçoit du Cap Lopez et de Lambaréné tout le matériel, vivres, les marchandises qu’il emmagasine, récolte, évalue ensuite par tous les convois que nous lui envoyons. Il doit procéder à tous les paiements de piroguiers, des bons et des chèques signés dans le haut, etc… De ce fait, il est soumis à un travail considérable de comptabilité, d’échange de correspondances avec les autorités locales, la “ comptabilité ” de notre mission, les convoyeurs, etc… Joignez à cela les palabres, les soucis quotidiens de la politique indigène, etc… Pour tout cela, il est seul, absolument seul. Il doit faire face à tout, à tous. Je me demande si en haut lieu, on saura jamais l’effort qu’il a donné ”.
[547] A. Pecile dans N. Ney, Trois explorations…, p. 315-316, Alima, 26 décembre 1883 : “ Le service de communication et de transport de la côte par l’Ogooué au Congo est complètement organisé ; des convois de pirogues vont et viennent continuellement de Franceville à Ngioué et transportent à la station de Franceville des marchandises qu’on peut évaluer en une année pour plus de 100 tonnes. Lastours et Michaud sont à la tête de ce service qui est tout entier fait par les indigènes Aduma et Okanda ; ceux-ci sont enrégimentés et disciplinés et font un excellent service. Les marchandises arrivées à Franceville seront transportées à Diélé par centaines et centaines de Batéké qui sont toujours prêts à prêter leur concours à l’expédition. : “ A Diélé, les marchandises descendront l’Alima au Congo et ce service sera fait en partie par les pirogues Apfourou et en partie par les chaloupes à vapeur dont la première avant une quinzaine de jours, sillonnera les eaux de l’Alima ”.
[548] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3 f° 188,189, Libreville, le 9 janvier 1884 : “ [...]Je n’ai pas jusqu’ici trouvé comme prétexte à cette prohibition de M. de Brazza que le désir illusoire de s’assurer de tous les moyens de transport au-dessus des cataractes de Njolé et de Boué. Il est défendu par M. de Brazza à ses agents qui viennent à Njolé de dire même les endroits où ils résident.
[549] Veistroffer donne idée de la mentalité de cetains agents de la Mission de l’Ouest Africain. Il explique comment il prévient la chute des porteurs de son tipoye, sorte de chaise suspendue, mode de circulation colonial, A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 33 : “ Toute chute par leur faute emporte une réduction du prix convenu ”.
[550] A. Pecile dans N. Ney, Trois explorations…, ; p. 300-302, 3 août 1883 : “ A Boué nous avons eu quelques difficultés avec ces braves gens. Il était beau de voir le courage et la joie de ces sauvages, et comment ils allaient au-devant de la fusillade, et avec quelle habileté ils s’embarquaient pour soutenir l’attaque. Heureusement tout finit pour le mieux et nous nous quittâmes en bons amis ”.
[551] Ibid. : “ De Asuka[Achouka] aux cascades de Booué, rien de remarquable, excepté les Pahouins du haut Ogooué, qui sont un peuple vraiment intéressant. Bien qu’ils soient sauvages jusque dans la moelle des os, intelligents et courageux, c’est l’unique peuplade de la rivière qui ait un caractère délié et qui ne ressemble pas à un troupeau de singes stupides, de poltrons comme tout le reste des tribus du fleuve.
“ … Le Pahouin a un type particulier, et de fait différent des autres tribus de la rivières, tant pour la coiffure que par les armes dont il se sert, par ses habitudes et par sa langue.
“… Les femmes des Pahouins sont, autant qu’on peut le dire, laides : et je dirai plus, dégoûtantes. Elles sont petites, ivrognesses, elles ont les cheveux longs et crêpus qui leur forme une espèce de perruque, frisée comme celle d’un caniche. Leurs jambes sont recouvertes jusqu’aux genoux de gros anneaux de fer ou de cuivre, mais elles n’ont rien aux bras. Leur vêtement consiste en un collier de perles au cou et un au-dessous des flancs soutenus par les reins. A ce collier est pendu un bout de peau de gazelle de forme carrée large de 50 centimètres, dure et roide comme une planche ; le tout est gras, sale, rougi par l’habitude que les tribus de la rivière ont de se teindre le corps en rouge après qu’ils se sont oints préalablement avec de l’huile de palme.
“ Les Pahouins étant une peuplade de l’intérieur, ne savent ni nager, ni pagayer, ni construire une pirogue. Celles qu’ils possèdent, ils les ont toutes volées aux tribus voisines. Ils emploient le radeau pour descendre le fleuve.
“ Quand je suis arrivé à un village Pahouin, tous les hommes étaient sur pieds armés, de leurs fusils, qu’ils ne quittent jamais, et du couteau caractéristique dont je t’ai envoyé un échantillon.
“ L’homme, comme dans toutes les tribus le long de la rivière, est un peu plus adroit que la femme, mais pas beaucoup.
“ Les Pahouins sont des commerçants très habiles et ont pour ainsi dire le monopole du trafic de l’ivoire. Ils sont d’ailleurs adroits chasseurs et vendent leur chasse fumée (très bonne) aux peuplades voisines. Un de leurs objets de chasse le plus usité est le long filet en corde avec lequel ils prennent une énorme quantité d’antilopes et de sangliers.
“ Les Pahouins tendent pour la plupart toujours à se rapprocher de la côte où ils sont arrivés déjà les premiers ; d’autres émigrent continuellement. Des villages entiers descendent.
“ Je crois que lorsque les Pahouins seront à la côte, ils pourront rendre de réels services à la colonie, qui se servira de ce peuple laborieux et intelligent et de beaucoup supérieur à toute cette stupide race des Mpongwe, d’ailleurs race presque complètement éteinte.
“… Les Pahouins étant dégoutamment sales (ils ne se baignent jamais) ont le corps couvert d’énormes poux ; nous en avons presque tous attrapé après avoir simplement traversé leur village et sans avoir même passé une nuit chez eux. ”
“… Dans le bas de la rivière, les étoffes, la poudre, le fusil et le tabac sont les principaux objets d’échange, tandis qu’à Boué le sel est le Dieu des noirs et l’étoffe, les perles et les fusils sont ce qu’on donne, non pour leurs besoins journaliers, mais comme cadeaux et comme paiement des hommes.
“ Pour une cuillerée de sel, on achète une poule, quatre œufs, un régime de plus de cinquante bananes. ”
[552] C. Coquery-Vidrovitch, Brazza et la prise…, p. 62.
[553] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Rapport général sur le Haut-Ogooué - Alima -Congo, d’après les rapports particuliers des MM. Beauguillaume, Fourneau, Roche et Decazes, pp. 30-32. .
[554] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3, f°188, 189, Libreville, le 9 janvier 1884.
[555] Ibid. : “ Le nommé Galibert s’est du reste dispensé de prendre un permis de séjour pour le Gabon, il n’a pas non plus demandé de patente pour commercer sur le territoire du Gabon. Aussi ayant été trouvé avec des marchandises en dessous de Njolé il a été arrêté et ses marchandises saisies. L’affaire va venir devant le tribunal ”. Signé Cornut-Gentille
[556] C.A.O.M., Mission de l’Ouest Africain VII, Vittu de Kerraoul à Brazza, Ndjolé, le 15 novembre 1883, cité par C. Coquery-Vidrovitch, Brazza et la prise…, p. 255
[557] C.A.O.M., A.E..F, 2B12, 61MI 3 , f°188, 189, Libreville, le 9 janvier 1884 :
“ J’ai l’honneur de vous adresser le présent rapport sur la situation politique dans l’Ogowé. La mesure prise par M. de Brazza de fermer au commerce le Haut Ogowé nous suscite des difficultés non pas avec les négociants du Gabon qui savent que le Commandant ne peut pour le moment rien faire à cette question.
Mais les Pahouins habitant en aval de Njolé prennent pour des mesures d’exclusion de leurs pirogues en dessus de ces îles, les précautions ordonnées par M. de Brazza, pour empêcher les marchandises autres que celles de la Mission de pénétrer sur les territoires rangés définitivement sous son autorité.
On les empêche disent-ils de remonter le fleuve au-dessus de Njolé et ils se préparent à empêcher les Blancs de passer devant leurs villages pour se rendre en amont. Signé Cornut-Gentille ”.
[558] A. Pecile dans N. Ney, Trois explorations…, ; p. 310, Alima, 21 décembre 1883 : “ Tous ces poltrons de Pahouins du bas Ogooué étaient des menteurs s’il faut en croire les dires des noirs. Michaud, un fidèle de Brazza, était tranquillement au Gabon quand les Pahouins lui ont tiré des coups de fusil. Ce fut lui qui apporta le courrier et il fut fort surpris quand il rencontra Lastours qui descendait tout armé pour faire la guerre… aux fantômes ”.
[559] C. Coquery-Vidrovitch, Brazza et la prise…, p. 41.
[560] C.A.O.M., Mission 38, Rapport Brazza à Instruction Publique, Madiville, 20 mai 1885. Autographe, C.Coquery-Vidrovitch, Brazza et la prise… ; p. 281.
[561] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3, f°230 - 232, Libreville, le 10 mars 1884 :
“ L’affaire est soumise pour le moment à une sérieuse enquête de la part de M. le Lieutenant de Vaisseau Félix que j’ai nommé officier de police judiciaire en attendant qu’elle puisse être portée devant un conseil de guerre ou à défaut devant le tribunal spécial prévu par le décret du 20 août 1879 dont j’ai demandé la révision par ma lettre du 13 février.
“ Je regrette, M. le Ministre, d’avoir les mains liées par nos instructions si précises données à mon prédécesseur et par les dépêches confirmatrices qui à moins de circonstances graves interdisent au Commandant du Gabon d’entreprendre aucune expédition militaire sans l’assentiment du département, lui imposant en tout cas, s’il croyait devoir agir, de ne mettre aucun homme à terre.
“ Je ne crois pas, M. le Ministre, que brûler le village de N’Zoum puisse être une répression suffisante dans la circonstance et j’ai l’honneur de vous demander l’autorisation de sévir avec rigueur.
“ La Mission Brazza a fermé l’Ogowé et le chef de poste de N’Djolé maintient cette prescription en employant la force. Il ne faut pas que les populations du fleuve puissent croire que nous leur laissons le droit de représaille.
[...] Sans que je puisse certifier le fait, depuis mon retour de l’Ogowé deux gabonais auraient été tués dans le haut de la rivière peut-être par les gens du même village de N’Zoum. Dans le Remboué un palabre qui, depuis un an, ne peut être réglé, nous suscite des difficultés que je crains de ne pouvoir aplanir autrement que par la force. Les gens du village de N’Zoum se refusent à laisser passer les vapeurs et les pirogues de nos maisons de commerce. Dans le Como même, si ce n’est au delà de Ningué-Ningué, où à la suite de longs méfaits restés impunis les pahouins pillards se croient à l’abri de toute répression, la rivière est complètement tranquille par la suite de l’entrée en vigueur de M. Guibert contre de village de Donguila Como.
Que cet acte soit envisagé au point de vue européen ou non il a été d’un excellent effet.
Je compte, M. le Ministre, que vous voudrez bien me donner liberté d’agir contre le village de N’Zoum en débarquant des hommes à terre. Soyez persuadé que si un accident malheureux venait à se produire dans une expédition contre ces villages ce ne sera pas parce qu’il y aura eu manque de prudence de ma part. En tout cas il vaut mieux risquer de voir succomber honorablement quelques braves soldats que de consentir à voir notre pavillon méprisé et ceux qui se sont confiés à sa garde attaqués blessés ou tués, mangés peut-être quand nos braves Sénégalais sont là l’arme au pied se demandant ce qui fait qu’ils ne sont point envoyés pour venger une attaque dont un des leurs le laptot sénégalais Samba Sas a failli devenir la victime.
Une plus longue inaction, M. le Ministre, nous ôtera non seulement toute influence dans les rivières mais elle diminuera de beaucoup le prestige de la France aux yeux de nos tirailleurs et de nos laptots.
Je suis etc. Le Commandant supérieur, Signé Cornut-Gentille ”.
[562] C.A.O.M., Gabon Congo III, dossier 6 a, 24 février 1884, Decheverny, caporal, chef de poste à Lambaréné à Cornut Gentil.
[563] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3, f°267 - 271, Mission de l’Ouest Africain, Libreville, le 8 avril 1884 ; Lettre du 13 juin 1884 au Ministre, folio 321-322.
[564] Ibid., Lettres des 7 et 10 mars 1884 : “ Dans ma lettre du 7 mars 1884 Affaires politiques et dans celle du 10 mars au sujet de la fermeture du Haut-Ogowé et des plaintes des négociants à ce sujet, je vous donnais à entendre, M. le Ministre, que je croyais, non seulement ces plaintes justifiées de la part des négociants mais encore que j’attribuais à la mesure prise par M. de Brazza le 3 mai 1883 d’interdire au commerce le Haut-Ogowé, les troubles dont la rivière était le théâtre ”.
[565] Ibid., Mission de l’Ouest Africain, Libreville, le 8 avril 1884 : “ … J’ajouterai, M. le Ministre, que le rapport de M. Kerraoul à son supérieur M. le Délégué à l’Instruction publique, insinue que l’attaque du poste de N’Djolé n’a eu lieu que par suite de l’audacieuse confiance qu’aurait donné aux Pahouins la non répression immédiate par le gouvernement de la Colonie des crimes commis à N’Zoum. Cette insinuation je n’en doute pas, vous la trouverez répétée dans de nombreux articles cette presse (?) qui sous prétexte de soutenir la mission de Brazza ne trouve rien de mieux que de chercher à abaisser notre corps. Vous savez d’ailleurs, M. le Ministre que si je n’ai point agi, c’est que je n’en avais pas les moyens, et, ces moyens eussent-ils été mis à ma disposition je n’eusse point agi encore le châtiment que semblent demander les crimes de N’Zoum devant être plus sérieux que celui que j’aurais pu infliger en me tenant dans les limites fixées par les dépêches ministérielles. J’ai cru mieux faire en vous demandant des ordres m’autorisant à agir en toute liberté ”.
[566] Correspondance du Commandant du Gabon et le Ministère, 6 décembre 1882 - 19 juillet 1884, C.A.O.M., 2B12/61MI 3 Folio 267 - 271, folio 285 - 286, Libreville, le 25 avril 1884 :
“ D’après les bruits qui me viennent (de la région de Lambaréné), les Pahouins se montreraient très remuants, ils auraient saisi diverses pirogues dont une appartenant à la maison Schulze. Ce négociant craint même une crise d’ici à quelques mois.
“ [...]Je ne sais du reste ce qui se passe que par des “ On dit ”. Les négociants qui, seuls, actuellement, pourraient me renseigner ne veulent pas se plaindre, dans la crainte, que pour amener les Pahouins à récipiscence, le gouvernement ne se résolve à employer la mesure inutile de la fermeture des rivières ”.
[567] Ibid. : “ [..]D’après les renseignements recueillis à Ningué-Ningué, à la suite d’incidents divers (?) un gabonais et un Pahouin appartenant à un village de la rivière Bakoué auraient été mangés par les gens d’un village pahouin situé à quelques lieues dans l’intérieur. Le pahouin mangé est le fils du chef du premier de ces villages. Ce chef, amené par le Basilic vient me demander protection. Son village est situé au-delà de Ningué-Ningué.
[...] Un traitant blanc, le sieur Bidéganay, ayant pénétré dans le haut-Komo et ayant tiré un indigène en se défendant, son cotre ayant été attaqué, a pu passer le village pillard. Il se trouve bloqué et n’ose redescendre, le mort se trouvant avoir des parents dans trois des villages voisins ces derniers barrent le passage.
[...]Dans le Remboué, le village pahouin d’Akondjo, dans lequel mon prédécesseur a institué un naturel “ juge-arbitre ” pour le haut Remboué a réclamé notre intervention pour nous emparer d’un des habitants qui a mis plusieurs fois le trouble dans la rivière.
[...) Celui-ci s’est réfugié dans un autre village pahouin qui a refusé de le livrer à moins que le Commandant supérieur ne vint le chercher lui-même. Est-ce un défi ? C’est possible ”.
Ibid. f°306 - 308, Libreville, le 8 juin 1884
“ [...]A Ningué-Ningué le gérant de l’une des factoreries établies sur un ponton de la rivières est venu se plaindre du pillage d’une embarcation par les gens du village de N’Gata. Ce pillage étant le 4ème dont les noirs de ce village se sont rendus coupables depuis trois mois, le Basilic est remonté jusqu’à N’Gata. Après m’être vainement efforcé de faire venir à bord le chef du village, voyant que l’on déménageait dans la brousse toutes les choses pouvant paraître précieuses à un noir, les réponses de quelques gens qui restaient sur la plage à palabrer pour donner le temps d’effectuer le déménagement devenant inconvenantes puis insolentes, j’ai fait tirer sur le village. Je n’ai pas cru devoir faire descendre des hommes à terre pour le brûler.
J’avais pris à bord tous les traitants présents au village qui, sachant le méfait dont N’Gata s’était rendu coupable avaient rallié le Basilic aussitôt celui-ci mouillé. Ces traitants, sur ma demande, ont consenti à abandonner tout droit de réclamation pour les marchandises, de peu de valeur du reste, dont un bombardement pouvait causer le pillage ultérieur. Tous ont reconnu suffisante la punition, infligée et se sont montrés satisfaits de l’action du Basilic ”.
[568] Instructions reproduites en annexe.
[569] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3 f°267 - 271, f°350 - 354, Libreville, le 27 juillet 1884 :
“ C’est M. Schultze, chef au Gabon de la maison allemande Woermann qui passant à N’Zoum après l’expédition a vu plusieurs victimes du combat ; c’est lui qui aujourd’hui vient me dire que le dommage matériel est plus considérable que nous ne l’avions cru ; c’est toujours lui qui me dit que les gens de ce village demandent la paix et que si nous ne la leur accordons pas, ils évacueront la place. Ce négociant essaie de profiter de la situation et insinue que les Pahouins dans l’Ogowé n’ont guère confiance que dans les agents de sa maison (c’est peut-être malheureusement la vérité) il s’offre en conséquence comme intermédiaire. Ce serait augmenter inutilement son influence.
J’estime, Monsieur le Ministre, que notre récente action […] aura pour conséquence d’assurer la tranquilité de cette partie du fleuve et d’y affermir notre souveraineté. Châtier les Pahouins c’est les désunir et les nombreux palabres qui vont être soulevés pour contraindre les auteurs de l’attaque du 15 février 1883 à payer le dommage causé à tout le village par l’acte de vigueur que vous avez bien voulu autoriser nous assurent pour quelques temps la tranquillité de cette partie de la rivière.
Les nouvelles se répandent vite chez les Pahouins. En se répandant les faits s’exagèrent et une terreur salutaire empêchera pour longtemps les actes de sauvageries semblables à celui dont ont été victimes les piroguiers de la mission de l’Ouest Africain.
Le résultat acquis, M. le Ministre est en rapport avec l’énergie déployée par M. Félix. Cornut Gentille ”.
[570] C.A.O.M., Gabon Congo III dossier 6b, Cornut Gentil, capitaine de frégate, commandant les établissements français du Golfe de Guinée au Ministre de la marine et des colonies, Libreville, le 17 juillet 1884 :
“ D’un autre côté le représentant de maison Holt me rapportait de M. Faucher [agent du délégué à l’instruction publique] le propos suivant : “ si je rencontre en rivière une pirogue quelconque, je débarquerai ses marchandises à terre et m’emparerai de la dite pirogue ”. M. Jobet, agent de la maison Conquy, me transmettait d’une manière officielle, mais verbalement encore, la crainte qu’avait M. Sainclair, agent général de la maison Hatton et Cookson dans l’Ogooué, de voir M. Faucher mettre sa menace à exécution
[571] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, 61MI 3 f°267 - 271, 362 - 363, Libreville le 17 juillet 1884 :
“ Je ne pense pas qu’il y ait l’heur de s’arrêter aux plaintes manifestées par M. Dufourcq, délégué du Ministère de l’Instruction Publique qui, du Cap Lopez, à la date du 4 juillet me dit : “ Le succès est entier pour vous, je n’en avais point douté. Pour nous, l’avenir est plein de menaces : nous paierons les pots cassés de cette échauffourée ; on me dit que les Pahouins ont été attaqués sans explication préalable. S’ils ne savent pas pourquoi ils ont été brûlé, ils s’en prendront au premier blanc qui passera à portée de leurs fusils : il y avait trois mille hommes armés à N’Zoum le lendemain de l’affaire, partout on fait filer dans l’intérieur les femmes et les enfants....... Qu’est ce que cela veut dire ?
En se mettant en face de ces 3 000 hommes, M. Dufourcq ajoute mélancoliquement et courageusement : “ mais bah ! la vie est courte et nous ne sommes que des passagers ici-bas. Ce n’est point cela qui m’empêchera d’aller chez nos bons amis les Pahouins.
[...] J’ai eu l’occasion d’interroger hier M. Faucher l’agent de la mission Brazza qui a renseigné M. Dufourcq ; ce n’est plus 3 000 hommes mais 2 000 qu’il aurait vus à N’Zoum le lendemain de l’action. Je me demande comment on peut compter des Pahouins au milieu de brousses impénétrables fussent-ils même en haut des bananiers.
[572] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI 3, f° 267 - 271, Le Commandant du Gabon au Ministère, Libreville le 11 août 1884 : “ Ce sont des palabres qu’il faudra faire régler à la saison des hautes eaux ; il en sera ainsi pendant quelques années encore, mais cela cessera, quand à Lambaréné, nous aurons un résident pouvant se déplacer ou envoyer un de ses subordonnés.
[...] Il me revient d’autre part que les Pahouins dans le Haut-Ogowé, au delà de N’Jolé se seraient résolus à arrêter les pirogues de la mission Brazza, les Adoumas pagayeurs commenceraient même à refuser de s’enrôler.
Ce ne sont que des bruits. Signé Cornut- Gentille.
[573] C.A.O.M., A.E.F., 2B12, f° 32 - 33, Lettre de Cornut à Colonie, du 13 août 1884 : “ [...] Il y a de se préoccuper de l’accroissement d’audace des Pahouins qui maintenant s’en prennent aux vapeurs et ne sont point arrêtés par la présence d’agents du Gouvernement. ”. Voir aussi , lettre de Brazza du 10 septembre 1884 .
[574] A. Fourneau, Au vieux Congo, p. 64 : “De véritables tours de force sont accomplis en dépit de la mauvaise saison, de la mauvaise volonté des piroguiers surmenés, de l’hostilité latente des M’Fan, escomptant toujours un désastre final et notre retraite”.
[575] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI3, Lettre du 12 septembre 1884, Folio 84.
[576] C.A.O.M., Gabon Congo III, dossier 7c, Félix, capitaine du Basilic, au commandant du Gabon, Libreville, le 11 septembre 1884, “ Un pahouin du nom de Bigone, employé comme sous traitant par le traitant européen Bidégarray (maison L. Vecqueur) avait enlevé une femme au village pahouin d’Atakama).
“ Ceux-ci, furieux de ce rapt, avaient quelques jours après, pillé une embarcation de cette maison, et s’étaient emparés d’une Krewman qu’ils détenaient prisonnier, et , il était évident, selon l’usage des pahouins, qu’ils ne donneraient la liberté à ce Krewman, que si leur femme leur était rendue. Le village d’Atakama est le plus puissant de toutes ces rivières, et compte certainement plus de deux mille hommes armés. Au point où il est établi, la rivière est étroite, et le Basilic ne pourrait y tourner sans le secours d’amarres. En résumé, il est possible et il sera toujours possible d’aller châtier ou incendier ce village mais il faudra compter avec les difficultés et les dangers de toute nature que présenterait cette expédition...
“ Ayant admis que le moyen le plus efficace d’en finir, était de faire rendre aux pahouins, par le pahouin Bigone lui-même, la femme enlevée par lui, je me rendis, avec le Basilic, dans le Bokoué, au village de Lembé, (race Sévé). Bigone y était signalé comme y habitant avec cette femme.
“ Je descendis à terre avec une baleinière et des armes cachées. M. Le Président du Tribunal et son greffier insistèrent, malgré mes remontrances, pour m’accompagner : j’y consentis.
“ Nous fûmes beintôt entourés d’une centaine de pahouins armés de fusils ; mais je sais que ces sauvages n’attaquent presque jamais sans être attaqués, et que sans brutalité, en palabrant, et en payant un peu d’audace on peut obtenir d’assez grands résultats.
“ En résumé, les pahouins me laissèrent emmener Bigone et sa femme et, en outre, deux ou trois d’entre eux me demandèrent passage pour venir à Libreville, ce que je leur accordais avec plaisir.
“ Je fis route pour le Haut-Komo et pour Atakama.
“ Arrivé au village d’Ewolé-Mekok, là où finit la carte, à cinq ou six milles d’Atakama, j’appris avec une extrême joie que le Krewmann s’était échappé d’Atakama, et je le vis arriver à bord, conduit par le traitant sénégalais Demba, chez lequel il s’était réfugié.
“ J’ai pensé devoir aller cependat à Atakama, non seulement pour me montrer à ces indigènes qui n’ont pas vu d’officier français depuis 1879, non seulement pour leur faire rendre le caoutchouc et l’ébène qu’ils avaient pillés, mais encore et surtout parce que j’apprenais que M. Jaur-s, Européen employé de la maison française Sajoux était avec son cotre devant le village d’Atakama, et il se pouvait parfaitement qu’il eût été saisi avec ses hommes par les pahouins, furieux de l’évasion de leur prisonnier.
“ J’ignorais pouvoir remonter avec le Basilic ; je me décidai en conséquence à remonter avec une baleinière et une pirogue. Dans ces embarcations, j’avais fait mettre des armes et des vivres. Cette fois encore je consentis à me laisser accompagner par M. le Juge Président et par son greffier.
“ Arrivé à Atakama, j’appris de M. Jaurès qu’il aurait certainement été pris par les Pahouins, s’il n’avait pas été, et depuis longtemps, en très bonnes relations avec eux.
“ Je débarquai et j’allai palabrer au milieu des indigènes. Je leur demandai en premier lieu, et avec fermeté, de rendre les marchandises pillées, ils y consentirent et les apportèrent devant moi. Evidemment ils avaient peur ; peut-être aussi préparaient-ils quelque trahison.
“ Je crus bien faire en leur déclarant que je leur tenais compte de leur bon vouloir, que j’allais forcer Bigone à leur rendre la femme qui était à mon bord. Ils comprirent parfaitement que j’aurais pu me dispenser de leur rendre justice, puisqu’ils n’avaient plus l’otage entre les mains.
“ Je n’avais d’autre part, Commandant, aucun moyen sérieux de les châtier pour avoir détenu ce Krewmann. Je me bornai à les avertir en leur disant que je leur faisais grâce pour cette fois que parce qu’ils n’avaient infligé aucun mauvais traitement à ce Krewman.
“ J’envoyai M. Bidégarray avec une pirogue chercher la femme en question et avec lui partirent le Juge et son Greffier.
“ En résumé, la femme est rendue. Les pahouins me paraissent absolument gagnés, ils réclament votre intervention. En somme, ces pahouins féroces sont comme les autres : de grands enfants terribles, vraiment terribles parfois, mais qui sont abordables, et intéressants, maintenant, pour l’avenir et quand même.
[577] C.A.O.M., Gabon Congo III, dossier 7c, Libreville, 26 octobre 1884, Rapport de Félix au Commandant.
[578] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI3, Lettre du 12 septembre 1884, Folio 84 : Joa Viégas, portugais doit “ répondre des actes de cruauté commis à l’égard de certains Pahouins ”.
[579] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI3, Lettre du 13 octobre 1884, Folio 136 – 137.
[580] C.A.O.M., Gabon Congo III dossier 7c, Copie du rapport de monsieur le lieutenant de vaisseau, Félix, Capitaine du Basilic, à monsieur le Commandant Supérieur des Etablissements Français du Golfe de Guinée, le 26 octobre 1884. En plus de méfaits, pillages, vols, enlèvements, les Fang se font la guerre dans le haut Komo :
“ Le bas Komo, c’est à dire cette partie de la rivière qui s’étend de l’estuaire du Gabon à Ningué Ningué, peut être considérée comme pacifiée. Il en est de même du Remboé depuis son embouchure jusqu’au village Acondjo.
“ Que sans doute le gouvernement continuait à prétendre que c’était à leurs risques et périls qu’ils pouvaient continuer à commercer au delà de Ningué Ningué, mais que toutes les fois qu’il serait possible à l’autorité militaire ou à la justice ordinaire de leur apporter au delà de cette limite une efficace protection, elle ne manquerait pas à ce devoir. ”
[581] Fourneau dans Au vieux Congo, p. 30, donne une description pour le moins inattendue de Félix qu’il rencontre pour la première fois le 2 ou 3 octobre, à son arrivée au Gabon :
“Le lieutenant de vaisseau Félix, commandant l’aviso-canonnière “Basilic”, nous amuse franchement par ses boutades. Un type, ce Félix : fils de la grande tragédienne Rachel, entré tout jeune au “Borda”, décoré de la Légion d’honneur en 1870 comme aspirant, à la suite d’une blessure reçue sous Paris et dont son nez coupé reste un désopilant témoin ; exubérant, d’une gaîté endiablée, buvant sec, Félix nous prédit les plus sombres aventures : faim, fièvres, anthropophages, etc. , etc…”.
[582] C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 2, Dossier Largent, 1884, Etude générale sur le Gabon, pp. 42-43 :
“ Quant aux Pahouins, guerriers, commerçants et aventureux, également anthropophages, nous avons cru bien faire en les attirant près de nous ; car ils tirent leur origine de l’intérieur même du pays ; malheureusement ils ne sont une ressource que pour les factoreries auxquelles ils apportent l’ivoire et les produits d’exportation ; il ne faut pas songer à en faire des travailleurs, et aujourd’hui qu’ils affluent sur tout le territoire, refoulant les autres tribus, et sont tous armés de fusils, ils deviennent pour nous des voisins dangereux. De nombreux précédents prouvent que les Français auront souvent à compter avec eux, et, malgré la leçon récente qui leur a été infligée, ainsi qu’à leurs alliés, les Bakalais, dans le Komo et le Remboë, il y a lieu de craindre que le gouvernement soit encore forcé de faire contre eux des expéditions militaires.
“ Le meilleur moyen de remédier à cet état de choses serait d’installer, sur une dizaine de points, de petits postes militaires, dont le voisinage seul suffirait pour en imposer à ces sauvages, de défricher le pays et de les faire fuir devant la civilisation, enfin de créer une race nouvelle par le croisement avec des travaillleurs étrangers qu’on importerait dans la colonie. ”
[583] C.A.O.M., Mission 38. III, V, VII.
[584] La mission ne partira jamais, Lastours meurt le 17 juin 1885 à Madiville.
[585] La convention fermait l’accès des régions du nord à la France.
[586] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI3, f° 260, Libreville, le 14 février 1885.
Les Pahouins ont enlevé un blanc M. Mimgam, sujet anglais, et un kroumen vite rendu par l’intervention des divers employés établis à Ningué-Ningué.
[587] C.A.O.M., A.E.F. 2B12, 61MI3, f° 354 - 355, Libreville, le 18 juin 1885 :
“ La situation dans l’Ogooué est satisfaisante. Les Pahouins au-dessus de Lambaréné se font en quelques endroits la guerre, ce qui nuit en partie au commerce, mais comme ces gens ne s’attaquent pas directement aux traitants, vu le peu de moyens que nous possédons, je ne donne pas l’ordre au chef de poste de se mêler de ces affaires.
[588] A. Fourneau, Au Vieux Congo, p. 73 : “Les Pahouins deviennent de plus en plus turbulents ; ils se volent, se tuent. D’un village à l’autre, l’état de guerre est permanent : rapts de femmes, de moutons, etc… Toutes les nuits, ce sont des alertes continuelles. Nous sommes forcés de nous tenir sous les armes et sur un “qui vive” continuel”.
[589] Brazza, 19 mars 1885, dans A. Veistroffer, Vingt ans…p. 112 : “Le Commandant qui a pris une mesure autorisant le commerce d’avance craint et avec raison pour la sécurité de la rivière et m’a demandé si je ne connaissais pas quelqu’un en qui on puisse avoir confiance pour occuper le poste de Booué et je vous ai ainsi signalé.
[590] Brazza dans N. Ney, Trois explorations… ; p. 257 : “ A côté de ces résultats scientifiques se placent des résultats économiques plus importants encore.
“ Le premier est d’avoir conquis sur les populations cette influence définitive qui doit, à mon avis, constituer l’élément primordial essentiel de toute création de colonie. Tirer parti des indigènes, fondre leurs intérêts dans les nôtres, en faire nos auxiliaires naturels, c’était là, suivant moi, un des plus hauts objectifs de ma mission.
“ A l’heure présente les anciennes tribus de l’Ogooué sont complètement dans nos mains. Par les traités qui les lient, leurs hommes nous doivent annuellement un temps déterminé de service ; en dehors de leur salaire, elles trouvent, dans de sérieux avantages économiques et dans notre protection , une compensation au temps qu’elles nous consacrent.
“ Les Pahouins eux-mêmes, ces tribus cannibales que de puissantes migrations conduisirent autrefois sur les bords de l’Ogooué et que leur sauvagerie comme leur instinct de pillage avaient longtemps éloignés de nos vues, y arrivent enfin. Ces mêmes Pahouins qui depuis vingt ans sont en révolte constante contre l’autorité du Gabon, ont été amenés, par les intérêts que nous leur avons créés, à traiter avec nous sur les mêmes bases que les autres peuplades. Ils ont dû, eux aussi, consentir à nous fournir des auxiliaires, et c’est là une garantie considérable au point de vue de la tranquilité ; peut-être est-ce même le seul moyen de maintenir une sécurité complète dans un pays qui est absolument - j’allais dire heureusement- hors de la portée des canonières. Ces nouvelles recrues sont venues sans trop de répugnance à s’encadrer dans les rangs de nos premiers auxiliaires : Adouma, Okanda, Apingui, Okota, Bangoués, toutes tribus dont les avaient toujours éloignés aussi bien une inimitié instinctive que des intérêts faussés et mal compris.
“ Peu à peu ces Pahouins viendront doubler et tripler le nombre de nos auxiliaires ; leurs aptitudes naturelles, leur force physique, leur sobriété extrême, les rendent merveilleusement propres à nous seconder dans ces contrées neuves.
“ C’est ainsi que se constitue l’homogénéité des éléments maniables de l’Ogooué ; tous ces hommes, réunis par les mêmes intérêts dans un même sentiment de dépendance à notre égard, sont aujourd’hui liés à nous par une organisation dont l’idée première m’a été donnée par l’inscription maritime de la France.
“ Pagayeurs, porteurs ou soldats, suivant les besoins, ces hommes manoeuvrent nos pirogues dans les rapides, transportent nos marchandises et sont toujours prêts à suivre et défendre notre drapeau ”.
Ibid., p. 259-260
“ Il y a douze ans, le seul commerce du haut Ogooué était la traite des esclaves ; le chiffre total du commerce du Gabon atteignait à peine deux millions ; aujourd’hui le commerce licite a remplacé l’ancien trafic et le chiffre des transactions atteint environ 14 millions de francs ”.
Ibid., p. 262, à propos de la mise en valeur :
“ L’établissement des cultures, représentent une main d’œuvre considérable qu’on ne peut demander ni aux Arabes, ni aux Chinois, ni surtout aux ouvriers de race blanche.
“ Or cette main d’œuvre, nous la trouvons sur place, dans des populations fort primitives, il est vrai, mais non point inintelligentes et qui sont assez maniables pour qui sait les manier, ne pas les heurter, apporter dans les relations avec elles beaucoup de fermeté, une bienveillance sans faiblesse et une patience sans limites ”.
Ibid., p. 263 : “ Outre que la force est un mauvais moyen, il est impossible de l’employer actuellement dans les contrées de l’intérieur. La présence de nos canonnières du Gabon dans le Remboué et le Congo sont bien loin d’avoir civilisé ou pacifié dans le pays. Les rapides de l’Ogooué sont du reste pour ces engins de guerre une barrière infranchissable ”.
[591] “ Je considère que ce rétablissement et l’abrogation de la mesure que j’avais prise constituent un véritable danger pour l’organisation de l’Ogooué telle que je l’ai comprise et établie et je tiens à déclarer que je n’accepte aucune responsabilité dans les conséquences que peut avoir la réouverture trop hâtée de l’Ogooué au commerce par les traitants ”. C.A.O.M., Mission de l’Ouest Africain I, brouillon autographe, Rapport à Marine rédigé par Chavannes 1886.
[592] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 120 : “Le même courrier nous informe qu’il n’y aura plus ni vivres ni de marchandises pour le Haut, jusqu’à l’arrivée de France de M. de Brazza avec des provisions et de nouveaux agents. Nous qui déjà ne nagions pas précisément dans l’abondance… Toute la vie active est suspendue. Il n’y a rien à faire qu’à attendre”.
[593] Mizon note en 1888 les inconvénients de ce système auquel Brazza tient tant :
“Entre autres reproches adressés à ce système, on a fait observer que le petit nombre des pirogues et l’innavigabilité du fleuve pendant la saison des basses eaux ne permettent que la descente d’une petite quantité de produits. D’autre part, les indigènes se disent : Si nous nous rapprochons des blancs, que va-t-il arriver ? D’abord nous ne serons plus libres de notre commerce. Maintenant, une défense que nous allons acheter et que nous revendons, par colportage, aux factoreries de l’ouest (sur la rivière Mouny, où les Espagnols ont établi le port franc d’Elobey), une défense achetée et revendue en quinze jours nous rapporte plus que trois mois de pagayage. Ensuite, nos villages étant près de la rivière, sans cesse les blancs et les hommes des blancs (Sénégalais) viendront chez nous. Ils nous prendront de force pour leurs convois ; ils exigeront nos femmes ; ils enverront nos enfants dans les jardins des missionnaires”. L. Mizon, “Voyage de Paul Crampel au Nord du Congo Français”, Bulletin de la Société de Géographie, 1890, pp. 534-552 ; p 537.
[594] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2, Note sur les établissements du Gabon et de l’ouest africain, mars 1885, L. Mizon, Lieutenant de vaisseau, p. 20 : “ Or le commerce de l’Ogooué consiste en caoutchouc et en ivoire. Selon les chiffres officiels qui sont beaucoup inférieurs à la vérité à cause de la contrebande que font les maisons étrangères et de la grande quantité de dents que l’on fait passer par terre du Komo à la rivière Mouny qui est port-franc. Le poids de l’ivoire acheté au Gabon a été de 40 tonnes en 1882 et je crois que l’on peut doubler ce chiffre si l’on veut connaître la quantité réelle d’ivoire apportée à la côte ”.
[595] C.A.O.M., Gabon Congo, VII, dossier 8a, Conseil d’administration du Gabon, 31 décembre 1886 création des postes militaires avec tirailleurs gabonais à Bata, Cap Lopez, Sette Cama, Mayumba.
[596] C.A.O.M., Gabon Congo, IX, dossier 18a, Paris le 20 juillet 1886, Brazza à Amédée de la Porte, sous secrétaire d’Etat aux Colonies.
[597] M. Liniger Goumaz, Brève histoire… ; p. 33 : “C’est un Fernandino, [métis] d’origine antillo-sierraleonaise, William Pratt qui, notant la similitude des conditions naturelles et des sols de Fernando Poo et des Antilles, y fit venir des fèves de cacao, créant pratiquement les premières cacaoyères du pays ”.
[598] En 1881, Mizon avait déjà tenté de remonter l’Ivindo mais il fut arrêté à deux milles du confluent avec l’Ogooué par une chute de 12 à 15 mètres de haut (Chutes de Tsengue-Leledi) au-delà delaquelle il imagine fort justement d’autres rapides.
[599] C.A.O.M., Gabon Congo II dossier 2, Note sur les établissements du Gabon et de l’ouest africain, Mars 1885, L. Mizon, Lieutenant de vaisseau, p. 20 : “ Mais les dents ne proviennent pas d’éléphants vivants dans le bassin de l’Ogooué ; la plus grande partie est achetée aux M’Fan ou M’Pahouin qui sont établis en arrière de notre colonie et bordent l’Ogooué jusqu’à la rivière Ivindo et eux-mêmes reçoivent ce produit de peuples situés plus au nord. Les M’Fan Ossyeba de Booué, comme les gens de Batanga reçoivent l’ivoire de la grande rivière ”. Mizon est persuadé qu’il s’agit de l’hypothétique Liba.
[600] Anonyme, Bulletin de la Société de Géographie de Lille, t. 6, 1886, p. 252, “Opinion de M. Mizon sur le lac Liba” : “ M. Mizon […], d’après des renseignements recueillis sur l’Ogooué, croit que le mystérieux lac Liba n’est pas un lac, mais un affluent du Congo, qui prendrait sa source entre le 1° et le 2° latitude nord, sur le versant oriental de la Sierra del Crystal, à peu de distance de la côte. M. Mizon estime que ce serait la voie la plus commode et la moins coûteuse pour atteindre le Congo Moyen”. En 1889, le lac Liba est estimé à un mois et demi de marche dans l’intérieur. Il serait habité par les Pygmées d’Hérodote, Bulletin de la Société de Géographie de Lille, t. 11, 1889, p. 232, “Monsieur de Rogosinski et l’influence allemande au Kamerun”.
[601] C.A.O.M., Gabon Congo III dossier 7 d, Copie du rapport de Léon Guiral dans son voyage d’exploration dans le San Benito, Lettre du 28 Juillet 1885 du ministre de l’instruction publique, des Beaux-arts et des cultes au ministre de la marine et des colonies : “ La nouvelle de la guerre s’était répandue dans le San Benito où les traitants allemands me l’avaient apprise au moment où je commençais mon voyage ”.
Léon Guiral meurt le 25 décembre 1885 à Libreville.
[602] A. Fourneau, Au vieux Congo ; p. 113.
[603] Voir le Protocole reproduit en annexe.
[604] Réserve est faite des “droits reconnus à la France par la conférence de Berlin dans le bassin du Congo et dans celui de l’Oubandji-N’Koudja”
[605] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 6b, Lavaud, agent de la maison Sajoux au Commandant du Héron, Boutika le 30 juillet 1886 : “ Monsieur le Commandant du Héron,
“ Aujourd’hui à 3h après midi est montée la vedette espagnole accompagnée du gouverneur d’Elobey. Comme à mon habitude le pavillon français était arboré à la factorerie ; cette vedette a mouillé devant. Un jeune enseigne de vaisseau est venu me donner l’ordre d’amener immédiatement mon pavillon. Ma réponse a été que je ne l’amènerais jamais. Il m’a répondu : “puisque vous persistez, je vais brûler votre factorerie”. Je lui ai dit : “Brûlez, faites tout ce que bon vous semblera, mais le pavillon français ne sera pas amené”. Il est redescendu et a été rendre ma réponse au gouverneur qui se trouvait sur la plage. Celui-ci a donné l’ordre de l’amener lui-même, il était accompagné de huit matelots blancs. Quand j’ai vu que mon pavillon allait être amené par la force, mon employé et moi nous nous sommes mis au pied du mât pour le défendre jusqu’au dernier moment.
Ce jeune enseigne de vaisseau a pris un couteau, et a voulu couper la drisse; je l’ai aussitôt pris à la gorge et l’ai renversé à terre ; pendant ce temps deux matelots m’ont pris et mon employé aussi, et un de ces matelots s’est emparé de son fusil pour nous mettre en joue. L’officier nous a volé le pavillon et s’est sauvé ainsi que ses matelots, en poussant des cris (hourra). J’ai envoyé aussitôt mon employé à la recherche de la Turquoise qui était en rivière ; l’employé sur sa route a rencontré le gouverneur qui voulait lui rendre le pavillon volé à Boutika.
L’employé a complètement refusé, il leur a dit : “vous l’avez pris, gardez-le, vous vous arrangerez avec le commandant du Héron”. Ils lui ont répondu : “nous nous foutons de votre commandant, ainsi que de vous autres français, et jamais un pavillon français ne sera arboré dans la rivière”. ”.
[606] E. Rabut, Brazza Commissaire Général, Paris, éditions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1989 ; p.447 ; et C.A.O.M., Gabon Congo VI, dossier 6b.
[607] Décret du 26 juillet 1886 insituant la délimitation entre le Gabon et le Congo par une ligne partant de Ndjolé jusqu’au Kouilou. .
[608] N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 77 : “… La situation resta difficile pour l’administration coloniale, notamment dans le bassin du Como où de nombreux combats eurent lieu entre septembre 1885 et février 1886. Au cours de ces six mois, sept villages insurgés furent complètement détruits ; certains le furent même deux fois ; les bananeraies avoisinant les villages furent rasées et de nombreuses pirogues enlevées par les troupes d’occupation coloniales ; beaucoup d’autochtones furent tués dans les combats tandis que les assaillants comptaient un mort et un blessé parmi les marins français”.
[609] Brazza, Conférence du 21 avril 1886 au Cirque d’Hiver.
[610] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 29, 18 février 1887, Ballay à Colonies, Rapport sur la situation politique : “ Les Pahouins du village Saussia, situé dans le Haut-Bokoué, à 12 milles environ de Ningué-Ningué, ont attaqué une embarcation de la maison Holt, et pillé les marchandises qu’elle contenait. Cet acte de brigandage, sur lequel je n’ai encore que des renseignements incomplets, paraît avoir été perpétré dans le prétexte habituel : les Pahouins de ce village se plaignent de n’avoir pas de factorerie chez eux. Ces Pahouins raisonnent mal, et c’est précisément parce qu’ils sont voleurs et pillards que le commerce ne vient pas s’établir chez eux et que les traitants remontent plus haut. Ils prétendent alors interrompre les communications, empêcher le commerce de s’établir dans les villages en amont, servir d’intermédiaires entre les traitants et les Pahouins du haut qui travaillent et produisent, et exercer ainsi un véritable monopole.
[611] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 31a, Rapport du 15 septembre au 15 octobre 1887, Gourgas à Marine, 18 octobre 1887 : “ Il est difficile de se faire une idée de l’outrecuidance des chefs pahouins à quelques milles de Libreville. Ils traitent avec le Gouverneur d’égal à égal, et n’hésitent pas à en arriver aux menaces si satisfaction n’est pas donnée à leurs réclamations dont l’objet est du reste souvent injustifiable. C’est ainsi que le chef Nankego du Remboë me fait prévenir que si dans un mois je n’ai pas renvoyé dans son village trois jeunes pahouins, emmenés autrefois (en 1883) par le Commandant du Basilic afin de les faire instruire à la mission de Libreville, il fera quelque mauvais coup. Et de fait, comme on n’a pu retrouver que deux des jeunes pahouins sur les trois réclamés, et que le délai d’un mois s’est écoulé sans que la restitution eut pu être opérée, le chef Nankego s’est emparé des deux fils d’un traitant gabonais et les a emmenés à l’intérieur : or d’après un document laissé par Mr. le Commandant du Basilic sur cette affaire, il ressort que ces enfants ont été amenés à Libreville d’après la volonté expresse des parents, ceux-ci déclarant que leurs enfants seraient libres de retourner auprès d’eux ou de ne pas le faire et qu’aucune réclamation ne pourrait être formulée à leur égard.
[612] Les Fang de la rivière Ogoula enlève un négociant français pour réclamer une factorerie.
C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 29, Situation politique au Gabon du 15 octobre au 15 novembre 1886, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine : “ Au Rhemboë, les Pahouins paraissent s’agiter également, mais bien que ces différents faits ne présentent aucun caractère de gravité, ils accusent une situation très tendue, à laquelle il sera bientôt temps de mettre fin, situation qui est créée par les négociants eux-mêmes et leur déplorable système de commerce ”.
[613] A. Fourneau, Au vieux Congo, p. 126.
[614] Fourneau est attaqué alors qu’il campe de nuit sur l’île en bas de Djambala, un homme a le pied arraché par un tir, par des villageois mécontent du retour des traitants, et notamment du Gabonais Justin qui se dit l’homme du commandant de Lambaréné, et en profite pour voler les courtiers Kota. Ibid. , pp. 95-97.
[615] N. Metegue N’nah, L’implantation coloniale… ; p. 82.
[616] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Libreville, le 17 mars 1887, Monsieur le Capitaine de Frégate Gourgas, Commandant de la marine à monsieur le Lieutenant Gouverneur du Gabon, Rapport de Monsieur le lieutenant de vaisseau Nicolas Commandant du Basilic sur les opérations de guerre qui ont eut lieu du 2 février au 2 mars dans la rivière Ogoôué. Il est possible que les deux interventions se confondent. En effet, Metegue N’nah ne donne pas la source des évènements et le rapport Nicolas ne figure pas dans le dossier.
[617] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 29, Rapport politique Ballay à Colonie, 20 Avril 1887.
[618] Ibid.
[619] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Paris le 17 juin 1887 :“ Note pour la direction du personnel, Signé le Sous Secrétaire d’Etat Eug. Etienne.
[620] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 31a, Rapport du 15 septembre au 15 octobre 1887, Gourgas à Marine, 18 octobre 1887.
[621] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 29, Rapport sur la situation politique au Gabon pour la période du 15 mai au 15 juin 1887, Ballay à Coloni, 18 juin 1887, et CAOM Gabon - Congo IV, Dossier 7, Pièce sans numéro, Note pour la 3e division, Paris après le 18 Juin 1887, Ministère de la marine et colonie.
[622] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 31a, Situation politique du 15 août au 15 septembre 1887, le capitaine de frégate Gourgas, commandant de la marine, lieutenant gouverneur du Gabon par intérim au ministre de la marine et des colonies, Libreville, le 18 septembre 1887.
[623] E. Rabut, Brazza, Commissaire général ; p. 34, note 1 : Ballay affirmait de son côté : “un père ne tue pas son enfant et je considère que Brazza se prépare à tuer le nôtre. J’ai des idées diamétralement opposées aux siennes, qu’il est d’ailleurs impossible de préciser ; il ne veut faire aucune concession ; il est probable que nous ne pourrons jamais nous entendre”.
P. Kalck, Un explorateur du centre de l’Afrique, Paul Crampel (1864-1891), Paris, L’Harmattan, 1993 ; p. 14 : “En réalité, notait Crampel le 26 août 1887, Brazza qui a mille lacunes et cent travers d’esprit n’a jamais su se garder des amitiés. Tous ses anciens amis deviennent ses ennemis. On oublie ce qu’il a de bon pour ne voir que ses faiblesses, ses injustices, nombreuses d’ailleurs”.
[624] C. Coquery Vidrovitch, Brazza et la prise de possession du Congo, 1883 - 1885, Paris, Mouton, 1969. “ L’alcoolisme n’en sévissait pas moins chez les Blancs que chez les Noirs : Eckmann, Montaignac et Michelez furent renvoyés pour cette raison ; Bellière, Camuset, Froment et même Kerraoul avaient une solide réputation d’ivrognes. ” .
[625] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 33 b, Le 20 juillet 1887, Rapport Brazza à Colonie.
[626] Ibid.
[627] C.A.O.M., Gabon Congo IX, dossier 9, Exportations du caoutchouc du Gabon en tonnes : 1882, 880.1 ; 1883, 1073.9 ; 1884, 566.6 ; 1885, 456.5 ; 1886, 442.2.
[628] C.A.O.M., A.E.F., 2B60, f° 216-217 : Note de Brazza à Vittu de Kerraoul, Libreville, 25 mars 1887 :
“Le chef de poste d’Aschuka ne devant s’occuper que de l’engagement des Okandas et de la formation des convois comme vous le dites vous-même, le poste ne sera approvisionné que pour les besoins courants en vivres et marchandises.
Il est urgent de reprendre sur les Okandas l’autorité que les traitants nous font perdre. Le rôle des chefs de poste entre Booué et Ndjolé est d’être en même temps chefs de convoi. Il n’y a lieu de rétablir ni le poste de Lopé ni celui d’’gombi : il faut seulement que deux Européens aillent constamment visiter les villages okandas et recruter des pagayeurs.
Vous avez bien fait de dégager le chemin de transbordement.
Boubou n’a plus d’autorisation de commerce dans l’Ogooué, mais ne prenez aucune décision à son égard avant mon arrivée”.
[629] C.A.O.M., Gabon Congo IX, dossier 18a, “Booué, 4 juin 1887, Brazza à Marine.
[630] Ibid., “Booué, 4 juin 1887, Brazza à Marine : “ Un mouvement commercial considérable intéressant toute la région va se produire. A ce sujet, j’insiste, Monsieur le Ministre, sur la nécessité pour moi de recevoir le plus vite possible les pouvoirs ayant trait à la réorganisation du système douanier. L’effort pour amener le commerce à la côte étant assuré du succès, il serait de toute importance de pouvoir favoriser plus efficacement au début les maisons françaises en les mettant à même de profiter de la transformation de l’organisation actuelle qui amène la suppression du commerce d’avances… ”.
[631] Bulletin Officiel Gabon Congo, 1887, n° 57 : “ Le commissaire général du Gouvernement - Vu les traités qui règlementent le service des auxiliaires indigènes de l’Ogooué, Considérant que les Okandas, Apingis, Okotas, Gallois et Inengas ont commencé à faire ce service arrête :
“ article 1 : Aucun permis ne pourra être délivré aux nationaux ou étrangers qui voudraient se servir de ces indigènes dans la région qui dépend du chef de zone du Haut-Ogoué -
“ article 2 Le certificat individuel constatant la libération du service dû à l’état, tiendra lieu pour chaque indigène de l’autorisation à s’employer ailleurs -
“ article 3 Le présent arrêté sera enregistré partout où besoin sera et, pour que nul n’en ignore, affiché dans les localités où il devra être mis à exécution Signé P. S. de Brazza. ”
[632] Décret du 6 juillet 1887.
[633] C. Coquery Vidrovitch, Brazza et la prise … ; p. 175.
[634] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 33b, Brazza à Marine, Passa, 20 juillet 1887 :
“… Il ne reste aucun des quatre mille indigènes laissés par moi à un service régulier de portage direct. Une guerre qu’on n’a point su arrêter et qui se continue entre les différents chefs ajoute encore à la difficulté des transports”.
[635] A. Fourneau, Au vieux Congo ; p. 100 : “Région inondée où naissent d’autres grands cours d’eau s’écoulant dans toutes les directions, à travers un pays exclusivement forestier et habité par des populations très prolifiques, riches, ne vivant que de chasses et vendant à vil prix ivoire et autres produits. Ces populations ne seraient plus des M’Fan?. L’Ivindo serait bien plus considérable, comme débit, que l’Ogooué, ce dernier même ne serait que son “enfant” ? Il coulerait sur un lit très large, barré parfois de seuil cinq et six fois plus haut que celui de Booué, etc. , etc. ”
[636] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 33 b, 10 novembre 1887, Rapport politique année 1887, Brazza à Marine. Reproduit en annexe.
[637] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 14a, Pinet Laprade et Mottez, Rapport d’inspection générale du 10 août 1879 au ministre de la Marine.
[638] Bulletin Officiel Gabon-Congo, 188, N°41, dépêche ministérielle du 14 mars 1888
[639] C.A.O.M ;, Gabon-Congo I, dossier 36a, Brazza à Chavannes, Paris, 9 mars 1889.
[640] E. Rabut, Brazza, Commissaire Général ; p. 49, C.A.O.M., Expéditions, Colonies, EE II, 741/3, Libreville, 16 janvier 1888, Brazza à Ballay : “Dans l’Ogowé : maintenir la sécurité qui est rétablie et ne peut plus être compromise que par l’imprudence d’agents livrés à eux-mêmes. J’estime que la question capitale est de nous attacher définitivement les Pahouins par leurs intérêts… Tel est le seul moyen de maintenir la sécurité de notre route et dans le pays en général ; et ainsi se développera le commerce qui prendra un cours régulier et sûr. En ce moment les grandes maisons étrangères ont seules l’outillage nécessaire pour pouvoir profiter d’un développement commercial : il faut donc ne rien précipiter et attendre que nos commerçants soient prêts à profiter des avantages que nos auxiliaires leur assureront grâce à nous. Toute action isolée pour réprimer telle ou telle faute, même reconnue, ne peut que retarder l’exécution de ce programme qui est, je le répète, la question capitale de mon action dans l’intérieur”.
[641] P. Kalck, Un explorateur… ; p. 17 : C.A.O.M., Mission 5, Crampel, Brazza à Marine : “ Il partira de l’Ogooué, remontera dans le sens du 12° de longitude est vers le 2° de latitude nord. De là, il tournera vers la côte, suivant autant que possible le 2° pour tomber aux environs de notre poste de Campo ”.
[642] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34, Libreville, 18 février 1888, Rapport sur la situation politique pour la période du 15 janvier au 15 février 1888, Ballay, Lieutenant Gouverneur du Gabon à Marine, Ogowé Lambaréné.
[643] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 janvier 1888, Rapport Situation politique pour la période du 15 décembre 1887 au 15 janvier 1888, Ballay, Lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Ogowé Lambaréné :
“ Les Pahouins, voisins de la résidence sont venus se plaindre de ce que deux des leurs avaient été pris et mangés par d’autres pahouins des environs de Ningué-John ; les torts paraissent être du côté de ces derniers. Ceux-ci en outre sont en guerre entre eux et menacent la libre circulation du fleuve. Quoiqu’il en soit il y a lieu de croire que les choses pourront s’arranger pacifiquement ; j’ai donné à M. Mordrelle des instructions dans ce sens.
[644] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34, Libreville, 18 février 1888, Rapport Situation politique pour la période du 15 janvier au 15 février 1888, Ballay, Lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Ogowé Lambaréné
[645] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 février 1888 Rapport sur la situation politique pour la période du 15 janvier au 15 février 1888, Ballay, Lieutenant gouverneur du Gabon à Marine : “ L’administration du Congo français a passé avec la maison allemande Woermann un marché en vue de transporter à la station de Ndjolé, au moyen du steamer de commerce “ le Dualla ” la plus grande partie du matériel et des marchandises provenant de l’Ouest-Africain. Cette mesure m’a amené à retirer l’administrateur de ce poste qui va perdre de son importance et qui sera suffisamment gardé par le brigadier des douanes. Un agent du Congo français y a été envoyé pour procéder au chargement des marchandises ”.
[646] C.AO.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Télégramme du 29 février 1888 Pour Paris de Gabon, Lieutenant gouverneur à Marine Paris : “ Envoyez par courrier portugais protestation unanime négociants contre fermeture Ogowé. ”
[647] C.AO.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 mars 1888, Rapport sur la situation politique du 15 février au 15 mars 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Ogooué Lambaréné : “ Il est fort à craindre, à l’approche de la saison sèche que l’ensemble des mesures prises à Ndjolé n’ait son contre-coup en aval de cette station, et qu’il ne soit la cause indirecte de nombreux pillages ”.
[648] E. Rabut, Brazza, Commissaire Général ; p. 58, note 2 : “Dès janvier 1888 Ballay demandait au ministre de le remplacer, écrivant : “Ma situation est indéfinie, irrégulière, fausse et toujours changeante à la volonté de Monsieur le commissaire général. Sur beaucoup de points et des plus importants de l’organisation de la colonie, une grande divergence de vues me sépare de Monsieur de Brazza, et cette divergence de vues ne peut être que funeste aux intérêts du pays. L’incompatibilité d’humeur qui règne entre nous ne peut être également qu’un obstacle à la marche régulière des affaires” (28 janvier 1888, CAOM, Colonies, E E II, 741/3).
[649] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 34 a, 18 avril 1888, Rapport sur la situation politique du Congo Français mars - avril 1888, Ballay, Lieutenant Gouverneur du Gabon à Marine : “ L’évacuation du fleuve par le commerce est à l’heure actuelle un fait acquis…
“ De nombreuses protestations sont parvenues à la station de N’Djolé au lieu de m’être directement adressées ; je ne saurais du reste donner suite à ces réclamations sans aller à l’encontre des ordres verbaux donnés à M. le chef de Station de N’Djolé par M. le Commissaire général et je me ferais un scrupule, par une autorisation qui ne pourrait être définitivement donnée, de permettre aux commerçants déjà si cruellement éprouvés, de s’engager dans de nouveaux frais qui pourraient être suivis de nouveaux déboires. ”
[650] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 avril 1888, Rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 avril 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Lambaréné : “ Le commerce continue à laisser beaucoup à désirer : j’adresse d’autre part les statistiques au département qui prouvent que les négociants n’ont pas tort de se plaindre des mesures prises par le Congo Français en amont de N’Djolé ”.
[651] C.A.O.M., Gabon Congo XIII, dossier 13b. Le conseil d’administration est institué par décret le 29 juin 1882.
[652] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 35 a, 18 avril 1888, Lettre de Brazza à Haussmann, chef des affaires économiques au ministère des colonies : “ La fausse nouvelle que j’avais interdit la navigation dans l’Ogowe s’était déjà répandue pendant le séjour à Paris du Dr Ballay. Aujourd’hui une délibération émanant du conseil d’agriculture et du commerce du Gabon vous demande l’ouverture au commerce d’une rivière qui n’est pas fermée. J’ai tenu à vous communiquer ci-incluse la mesure visée. C’est un arrêté du 5 juin 1887 qui règle l’organisation du service de nos auxiliaires indigènes. Les traités mentionnés par cet arrêté sont en exécution ininterrompue depuis 1883 et 85 époque où ce service était réduit à 2 mois ½ par an.
“ Des vues personnelles origines de l’opposition latente que je vous signalais dès mon arrivée au Gabon et qui se sont ensuite affirmées par la dépêche que vous m’avez communiquée à Paris, sont trop secondées par la délibération mentionnée plus haut pour qu’elles puissent y être étrangères.
“ Je ne veux par entrer en ce qui a trait aux ravitaillements des porteurs du Congo, au maintien de la sécurité des communications avec l’intérieur, à l’organisation du service des auxiliaires indigènes questions tout spécialement visées par le conseil d’agriculture et du commerce du Gabon, mais qui sortent complètement de sa compétence. Je vous rappelle plus tôt que dans mon rapport et tout dernièrement à Paris, je vous ai parlé de la possibilité d’un grand développement commercial que là était le but que je visais. Je vous disais que j’étais prêt à agir dans cet ordre d’idées mais que je devais attendre l’établissement d’un régime douanier qui assure une situation réelle aux produits français - que il serait impolitique d’agir autrement à moins que on ne veuille annoncer dès aujourd’hui à l’écoulement des produits français dans ces régions nouvelles.
“ Comme vous voyez les idées générales du conseil du Gabon sont les miennes depuis longtemps et je n’attends pour les appliquer que le règlement du régime douanier dont je vous ai parlé avant mon départ de Paris et celle d’un vapeur de rivière reliant le Gabon à Njolé sans cela ni les marchandises françaises ni les commerçants français du Gabon qui ne sont pas outillés pour faire commerce dans l’Ogowé ne pourraient profiter de son développement . Agir autrement ce serait escompter 2 ans d’efforts et de sacrifices fait dans la région au bénéfice exclusif des commerçants étrangers seuls actuellement en mesure d’en profiter.
Excusez-moi, mon cher Haussmann, de vous avoir pris votre temps. Je vous serre cordialement la main.”
[653] C.AO.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Télégramme Lieutenant Gouverneur à Marine, le 13 août 1888.
[654] C.AO.M., Gabon Congo I dossier 35 a, Lettre de Brazza Commissaire général du gouvernement dans le Congo français à monsieur le Sous Secrétaire d’Etat de la Marine et des Colonies Paris, le 30 août 1888 : “ Cette dépêche touche à une question d’organisation d’un pays, où nous ne pouvons agir qu’avec le concours des indigènes, -concours que je suis parvenu à nous assurer par les traités de 1880, 1883 et 1885, et qui a été réglementé ultérieurement par des arrêtés […] Toute installation en dehors de cet ordre d’idées et de ces conditions serait nuisible à notre action et ne devrait être tolérée ”.
[655] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a.
[656] C.AO.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Sans numéro, Libreville, le 6 mars 1888, Signé Saury, Rapport adressé à Monsieur le Lieutenant Gouverneur (Gabon) : “ Commencement décembre […] les Pahouins faisaient la guerre au nommé Emanuel traitant [de la région de Ndjolé], le menaçant de le piller.
“ A mon arrivée devant la factorerie je me suis trouvé en face de cent cinquante pahouins environ armés, qui entouraient la case du traitant, en même temps je vis trois Pahouins enlevant dans cette foule chacun une grande défense d’éléphant sans connaître encore ce qui se passait. Je les invitais immédiatement à m’apporter ces trois défenses devant moi ce qui fut exécuté.
“ [...] Les Pahouins des deux villages de Talagouga ne voulait pas qu’Emanuel achète de la marchandise directement aux indigènes de l’intérieur qui viennent chez lui. Ils veulent que ces derniers leur remettent les objets qu’ils désirent vendre qu’ils vendraient eux-mêmes, après quoi ils délivreraient le produit aux intéressés.
“ Emanuel ayant fait déjà certains achats contrairement aux désirs de ces deux villages, ceux-ci s’étaient soulevés contre lui, et menaçaient d’anéantir sa maison parce que celui-ci procédait contre leurs désirs.
“ [...] Un chef de ces deux villages s’est retiré très satisfait. Le nommé Tolé chef du second village me parut un peu mécontent ”.
[657] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, 6 mars 1888, Lettre de Saury au Gouverneur du Gabon, Kerraoul lui dit verbalement que “ je ne devais pas m’occuper des difficultés qui pouvaient surgir entre les factoreries et les indigènes et que quoique je vois devant moi piller une factorerie de ne pas m’en occuper que moins il y en aurait, mieux cela irait pour le Congo Français ” sic.
[658] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, 18 mars 1888, Ballay, Lieutenant Gouverneur du Gabon, au ministre :
“ Monsieur Vittu de Kerraoul, chef de station de N’Djolé et chargé de la zone du Haut-Ogooué, a tenu dans cette circonstance un propos qui dénote bien dans quels sentiments il demeure à l’égard des commerçants ”.
[659] A. Veistroffer, Vingt ans…, p. 128 : “Des Okotas qui avaient été pillés nous avaient suivis de loin ; dès que nous nous fûmes éloignés, ils se ruèrent sur les cadavres et les mutilèrent ; apercevant l’un d’eux qui jouait avec une main qu’il venait de couper, je fus si indigné que je lui envoyai un coup de fusil ; les autres s’égayèrent dans la forêt”.
Veistroffer ne cache pas son fréquent “manque de patience” dans ses mémoires. Il relate le traitement qu’il a réservé à un voleur qu’on lui avait amené en 1883, alors qu’il tenait le poste de Ngottou, au nord de Loango, Ibid., p. 38 : “J’avais un prisonnier. Je dis “j’avais”, car je ne l’ai plus, l’ayant tout simplement supprimé. Voici comment : On m’a amené, enchaîné, un voleur, surpris de nuit dans une factorerie ; il a, paraît-il participé à l’assassinat [d’un] portugais… Mabial, surveillé plus étroitement, était devenu méchant et insultait les hommes ; je n’avais aucune occasion prochaine de l’envoyer à Loango. Un jour, dans un jargon moitié français, moitié portugais, il me dit : “Je me sauverai encore ; je volerai un fusil et je reviendrai tuer le Blanc dans sa case”. Le Blanc, c’était moi, et lui n’était pas homme à proférer de vaines menaces. Je me trouvai forcé de me débarasser par les armes de mon dangereux prisonnier. Isolés comme nous l’étions, au milieu de populations dont l’hostilité ne désarmait pas et faisait trop souvent appel à la perfidie, je ne pouvais hésiter. Tout en ayant un sentiment constant de l’équité, et en respectant les lois de l’humanité, en toute conscience, nous fûmes, à cette époque, forcés d’avoir recours à ces moyens extrêmes”.
[660] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 février 1888, Rapport sur la situation politique dans le Haut Ogooué (décembre janvier)... Ballay, Lieutenant gouverneur du Gabon : “ Dans le pays des Okotas, un village pahouin ayant attaqué un village okota pendant que les hommes de ce dernier étaient au service du Congo français, monsieur Froment cru devoir attaquer le village pahouin et l’incendier après avoir pris trois hommes… Des meurtres avaient lieu de différents côtés. Les convois d’après un rapport de M. Laforest paraissaient menacés. Monsieur le chargé de zône du Haut-Ogooué s’est transporté sur les lieux, et a essayé de concilier les parties. J’espère que cette affaire n’aura pas de suite.
[661] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Situation politique dans le Haut-Ogooué, 18 mars 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[662] A.Veistroffer, Vingt ans…. ; p. 130 : “ Il s’écria franchement : “- Eh bien, j’aime mieux que ce soit vous que moi.
“- Merci, mon cher ami, lui dis-je, les Pahouins sont mes camarades ; je les connais ; ce sont de braves gens ; ils n’ont qu’un petit défaut, qui est de goûter de temps en temps à la chair humaine… ”
[663] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 avril 1888, Rapport sur la situation politique du Congo Français mars - avril 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[664] Ibid.: “ Sur des ordres également verbaux, M. Froment, accompagné de monsieur Veistroffer, a engagé 30 Pahouins dans cette partie du fleuve, en les alléchant par la promesse de les payer en ivoire. Il les emmène avec lui dans l’Oubanghi où ils ne serviront qu’à constituer de véritables otages ; les villages de l’Ogooué qui ont donné leurs hommes ne bougeront pas certainement. ”
[665] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Rapport du 18 août 1888, Booué : “ Le chef pahouin Zabouré, un des plus fidèle et meilleurs amis de la France, vient de mourir pendant qu’il accompagnait un convoi de M. Devy, ce convoi a du reste été particulièrement éprouvé : une vingtaine de pagayeurs sont morts entre Booué et Lastourville ”.
[666] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 juillet 1888, rapport sur la situation politique du 15 juin au 15 juillet
Ballay à Marine, Ndjolé.
[667] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Rapport du 18 octobre 1888, Situation du 15 septembre au 15 octobre 1888, Ballay à Marine, Lambaréné.
[668] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 mars 1888, Rapport sur la situation politique du Congo Français mars - avril 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Booué : “ M. le chef du poste Delaroche vit en paix avec les Pahouins qu’il comble au besoin de présents et de cadeaux diplomatiques ; mais ce résultat n’est pas obtenu sans donner lieu à des dépenses hors de toute proportion. La station de Bouué est une de celles qui donnent lieu aux dépenses les plus considérables.
[669] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 octobre 1888, Rapport du 15 septembre au 15 octobre 1888, Ballay à Marine, Ndjolé et haut Ogooué.
[670] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Dépêche Télégraphique Chiffrée, Lieutenant Gouverneur à Marine, Gabon le 20 octobre 1888.
[671] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Dépêche Télégraphique Chiffrée, Lieutenant Gouverneur à Marine, Gabon le 22 octobre 1888 : “ Télégramme rectificatif complétant celui du 20 courant commençant par ces mots : “ chef Poste Booué ... Vol de 300 kilogrammes sel. Journaliste actuellement ici informe Presse. Envoyez instructions ”.
[672] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 novembre 1888, Rapport du 15 octobre au 15 novembre 1888, Citation d’une lettre de Vittu de Kerraoul à propos de Delaroche datée du 6 octobre 1888 adressée à Ballay :
“ Voici qu’à la date du 28 octobre, M. de Kerraoul m’écrit : “ qu’il verrait avec plaisir M. Delaroche revenir à Booué et que le plus grand tort de cet agent est de s’être laissé influencer par les Pahouins qui, se sentant tous coupables, ont préféré offrir un homme (un esclave probablement) pour payer pour eux tous ”.
[673] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Dépêche télégraphique, Marine à Lieutenant Gouverneur Gabon Libreville, Paris le 12 novembre 1888.
[674] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 novembre 1888, Rapport du 15 octobre au 15 novembre 1888, Ballay à Marine : “ En l’état, M. Delaroche a commis un véritable assassinat ”.
[675] Ibid.
[676] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 décembre 1888, Rapport du 15 novembre au 15 décembre 1888, Ballay à Colonies : “ Quant à la situation intérieure du poste de Booué, voici ce que Monsieur le lieutenant Boffard-Coquat m’écrit : “En arrivant à Booué, j’ai trouvé cette station sans marchandises, même pas le nécessaire pour acheter des vivres indigènes. Les bâtiments ont été laissés dans un état de vétusté regrettable. La comptabilité a été mal tenue et le registre constatant les échanges faits pour l’achat du caoutchouc n’a pas été tenu ”.
[677] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Paris, le 19 novembre 1888, Le Sous Secrétaire d’Etat au Lieutenant Gouverneur du Gabon : “ prescrivez urgence enquête sévère sur mesure prise par chef poste Booué et rendez compte ”.
[678] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 décembre 1888, Rapport du 15 novembre au 15 décembre 1888, Ballay à Colonies.
[679] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 mars 1888, Rapport sur la situation politique du 15 février au 15 mars 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[680] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 14 mai 1888, Rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[681] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, Rapport du 18 octobre 1888, Situation du 15 septembre au 15 octobre 1888, Ballay à Marine, Bata Benito Campo : “ Seuls, des chefs pahouins, et non pas une invasion de ces peuplades, sont venus à la côte et ont exposé au chef de poste leurs plaintes au sujet des empêchements que les Malinguis mettaient à leur commerce. De part et d’autre on est tombé d’accord, des conventions ont été stipulées et le palabre semble terminé ”.
[682] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 14 mai 1888, Rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[683] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 mars 1888, Rapport sur la situation politique du 15 février au 15 mars 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Como et affluents : “ Le Pygmée et le Como continuent à parcourir de temps à autre ces rivières. Les villages récemment détruits par le Laprade, Boumba et Donguila-Como, se sont portés sur la rivière Maga ”.
[684] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 14 mai 1888, Rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine : “ A la vue d’une canonnière française, les villageois se sauvent souvent dans la brousse. C’est dire la crainte que leur inspire la France ”.
[685] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 15 juin 1888, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1888, Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine.
[686] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 mars 1888, Rapport sur la situation politique du 15 février au 15 mars 1888Ballay, lieutenant gouverneur du Gabon à Marine, Campo Bata Benito.
[687] P. Kalck, Un explorateur… ; p. 23, Ballay à Crampel : “Je regrette vivement d’avoir à penser que vous rencontrerez probablement dans ces contrées inhospitalières les mêmes difficultés que ceux qui jusqu’à ce jour ont tenté de les parcourir”.
[688] Ibid. ; p. 24 : “Cette lettre, écrivait-t-il le même jour à ses proches, “m’a causé un léger ennui et une grosse joie. Ennui, parce que je crains que le Blanc se soit un peu démonétisé vers la côte. Joie, parce que les Allemands ont échoué pour la deuxième fois. Il y avait trois officiers et cent cinquante hommes. Ces messieurs auront voulu passer en vainqueurs et ils n’ont pas réussi : mon travail n’est pas défloré”.
[689] L. Mizon, “Voyage de Paul Crampel au Nord du Congo Français”, Bulletin de la Société de Géographie, 1890, pp. 534-552 ; p 534.
[690] Ibid. ; p. 541 : “Toute cette partie de l’Ivindo commerce avec le Gabon. On y connaît de nom le Como, sur lequel naviguent de grandes pirogues portant à l’arrière un pavillon comme celui dont Crampel se fait précéder. Pour aller chez les Blancs, on fait route à l’ouest, on traverse les villages : Engouragouné, Kalendjoco, Indoumèle, Amouanana, à partir duquel on marche en plaine ; puis Sangouaba, Ebito, Mabahabinvoung, Santana ; on arrive à la rivière Mangamène, où viennent quelquefois les blancs. Cette rivière reçoit un affluent, le Nkémou”.
[691] H. Alis, “ Au pays des M’fans. Voyage d’exploration de M. Paul Crampel dans le Nord du Congo Français, rédigé par M. Harry Alis, sur les notes originales de M. Paul Crampel. ”, Le Tour du Monde, 2e semestre 1890, Paris, Hachette, pp. 321 – 336 ; p. 328 : “ Chasser et pêcher : ainsi se résume l’industrie des Pahouins. Les deux tiers de leur temps se passent en guerres, un tiers est consacré au commerce ”.
[692] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 34 a, 18 décembre 1888, Rapport du 15 novembre au 15 décembre 1888, Ndjolé : “ On m’a annoncé de cette station que M. Crampel, après plusieurs combats contre les Pahouins dans lesquels il leur avait tué beaucoup de monde, tâcherait de regagner les bords de l’Ogowé mais n’y pourrait parvenir, cerné qu’il serait par de nombreuses tribus hostiles qui lui barrent la route ”.
[693] Crampel ne le comprend que plus tard.
[694] De retour en France, les chirurgiens qui l’opèrent ne peuvent expliquer comment il a pu avancer avec une telle blessure, qui a migré de la cuisse jusqu’à la hanche.
[695] Il est possible que le malheur de Crampel ait été de passer quelques mois après l’attaque des Bassa menacés par l’expédition de Kund. La crainte de voir l’immixtion des Blancs dans l’économie intérieure a pu se répandre vers le sud, comme l’ont fait les balles de revolver en plomb.
[696] Le décret du 11 décembre 1888 étend l’autorité du lieutenant gouverneur du Gabon à l’ensemble des territoires placés sous la direction du commissaire général, c’est à dire Gabon et Congo.
[697] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, 18 mai 1889, rapport sur la situation politique du Gabon Congo pour la période du 15 mars au 15 mai 1889, De Chavannes Lieutenant gouverneur du Gabon à Marine :
“ La situation quelque peu troublée des rivières du Gabon a son explication toute naturelle dans le ralentissement du mouvement commercial dont elles ont à souffrir depuis des mois. Certains riverains se sont trop hâtés de détruire les lianes à caoutchouc pour obtenir un produit plus abondant et aujourd’hui, après avoir essayé de la fraude en dénaturant leurs produits, ils trouvent plus facile de piller les marchandises qui passent à portée. Mais ce n’est là en somme qu’une exception et nos démonstrations d’autorité auront raison de ces mauvaises tendances...
“ Le meilleur moyen serait à coup sûr de vivre davantage dans l’intimité des indigènes en créant des routes, en faisant des reconnaissances dans les environs de Libreville d’abord, et en avançant lentement d’une région à l’autre...
“ A part une bande infiniment étroite reliant Libreville à Mondah, l’inconnu se trouve à moins de 10 kilomètres de Libreville...
“ Je ne suis pas sans être peu inquiet sur la manière dont se règleront les palabres que va causer la mort des Pahouins de l’Ogooué qui étaient en service sur le Congo et ont été victimes de l’épidémie de variole. ”
[698] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, Chavannes à Marine, 18 septembre 1889, Rapport sur la situation politique du 15 août au 15 septembre 1889.
[699] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, 18 juin 1889, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1889, Chavannes à Marine : “ On a dernièrement constaté à Ndjolé à propos de l’arrestation d’un indigène que des parties de territoire très voisines de l’Ogooué s’alimentaient au commerce installé dans la rivière Muny. C’est là un fait de grande importance et j’ai prié M. l’Administrateur de Kerraoul de s’informer et de me renseigner en détail ”.
[700] Décret du 25 août 1889 portant réorganisation du corps des tirailleurs gabonais, suppression en décembre 1889 des postes militaires de Benito, Loango, Bas Kouilou, Sette Cama et Cap Lopez.
[701] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, Chavannes à Marine, 18 septembre 1889, Rapport du 15 août au 15 septembre 1889.
[702] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, 18 juillet 1889, Rapport du 15 juin 15 juillet 1889, Chavannes à Marine, Bata.
[703] Ibid.
[704] A. Fourneau, Au vieux Congo ; p. 186, A propos de Sâr, chef de la station de Booué, en juin 1889 : “ Nous sommes reçus d’une façon absolument charmante par le chef de poste, M. Sâr. Homme de trente quatre ans environ, d’excellente famille, Sâr se montre à l’égard des indigènes d’une bienveillance et d’une patience inlassables. Ce n’est pas là un petit mérite au milieu de ces populations fourbes, menteurs, “ palabreuses ”, susceptibles de tous les méfaits. J’en ai su quelque chose en 1885 ! Cependant je constate que Sâr est aimé des indigènes et il a su, du fait de son attitude, gagner leur confiance. Il obtient d’eux beaucoup plus peut-être que par des procédés d’intimidation et par la manière forte. Qui sait, somme toute, si jusqu’à nouvel ordre, ce n’est pas là la meilleure politique, celle suivie jusqu’à ce jour par M. de Brazza ”.
[705] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, Chavannes à Marine, 18 août 1889, Rapport du 15 juillet au 15 août 1889 : “ Je crois que l’affaire de Retjégo (blessure d’un pagayeur apingi par des Pahouins le 3 juillet 1889 à Retjégo, entre Booué Ndjolé et Lastourville), comme celles qui l’ont précédée, a eu pour origine la rancune des riverains contre certains de nos pagayeurs. Mr. de Lafforest et les Européens qui l’accompagnaient s’étaient rendus en armes au village (pour régler le palabre), il n’est pas étonnant que les Pahouins aient cru à une attaque et aient tiré les premiers ”.
[706] Ces difficultés naissent d’une politique autoritaire menée par le chef de poste de Lastourville, Dumas et son adjoint : A. Fourneau, Au vieux Congo ; pp. 188-189 : “Livrés à eux- mêmes, loin de tout contrôle, de toute autorité directe, détenteurs de pouvoirs qu’ils jugeaient illimités, sans responsabilité, ces deux hommes agirent bientôt en véritables petits potentats et au lieu de ramener le calme dans une région déjà troublée, ils firent tout pour aggraver une situation critique. Les indigènes se désaffectionnèrent ; ils répondirent par des meurtres, la désertion, le boycottage de la station, aux brutalités, aux violences, aux procédés arbitraires auxquels ils furent désormais en butte. X entendait que le nègre ne fût qu’un esclave taillable et corvéable à merci”.
[707] Ibid. p. 192 : Traités Fourneau Dolisie : 15 août 1889 avec Abénankogo, du village Abianié ; 18 août 1889 avec Edaménékal et Misson Mizé, de la terre de Fobondjo ; 21 août 1889 avec Kogo, chef de la terre de Maléné ; 25 août 1889 avec Falésalé, de Bikogo ; 7 septembre 1889 avec Djibillo, de Alam ; 12 septembre 1889 avec N’Ghèmé-Amgo, de la terre de Niangèmé.
[708] C.A.O.M., 4Y, Papiers Fourneau, Expédition avril-mai 1890 de l’Ikoy à la Mondah.
[709] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juin 1890, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1890, Brazza à Colonies, Haut-Ogooué.
[710] Les nouvelles d’épidemies de variole frappant Brazzaville, les nombreuses disparitions par noyade, le manque d’hommes au village sont autant de raisons parfaitement fondées qui s’opposent au recrutement.
[711] C.A.O.M., 4Y, Papiers Fourneau 4Y, note du 5 septembre 1890.
[712] Le récit est quelque peu décousu, mais reproduit intégralement.
[713] C.A.O.M., 4Y, Papiers Fourneau, note du 5 septembre 1890. Voir d’autres éléments de l’affaire en annexe : Rapport Fourneau.
[714] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 18 mai 1890 période du 15 avril au 15 mai 1890, Brazza à Marine : “ Revenant à ce qui a trait à la situation actuelle entre Booué et Lastourville, je crois que le règlement de la question se compliquera par la mort de 8 hommes, que Mr de Kerraoul aurait tués au village de Madaboga, en redescendant après son échec de Bélachakina. Je ne comprends pas ces représailles envers un village qui n’était pas sur la défensive et ne devait avoir rien à se reprocher. Je connais beaucoup les deux principaux chefs de ce village où j’ai souvent campé. Ils me disaient avec raison qu’au lieu d’envoyer leurs hommes avec nous à l’intérieur, sur le Congo, ils préféraient les envoyer à la côte où les marchandises sont plus abondantes et moins chères.
“ ... Quoi qu’il en soit, cette situation va retarder les mesures que je comptais prendre pour faciliter l’accès du Haut-Ogooué au commerce.
[715] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 36 b, 18 avril 1890, Rapport du 15 mars au 15 avril 1890, De Chavannes à Marine, Affaire de Bélatchakina : “ Les Pahouins auraient tiré non pas en l’air et pour effrayer les pagayeurs, mais bien sur nos pirogues, avec l’intention évidente d’en faire chavirer une et de la piller ”.
[716] C.A.O.M., Gabon Congo XIII, dossier 12c, Daumas à Colonies, Paris, le 25 mars 1890 : “ Craindrait-on, d’autre part, la trop grande influence que pourraient acquérir certaines maisons étrangères au milieu de populations qui par leur éloignement échappent à l’action des autorités françaises locales ? Mais, là-dessus, tout le monde dira que pour éviter un mal imaginaire on en produit un très réel : d’abord la ruine du commerce au Gabon, ensuite le déplacement de courants commerciaux qui, par cela même que le Haut-Ogooué demeure indéfiniment fermé, prennent la route de possessions allemandes situées au nord du Gabon ”.
[717] C.A.O.M., A.E.F., 2B83, f°223, pp 180-183 : Libreville, le 9 mai 1890, Brazza à Vittu de Kerraoul : “ Je désapprouve totalement ce moyen d’action. Autant je suis partisan de voir, comme preuve de bonne amitié, les chefs indigènes envoyer leurs enfants à Libreville ou des travailleurs sur des points éloignés de leur territoire, quelques faibles que puissent être les services matériels qu’ils rendent, surtout au début, autant je suis opposé à donner à ces mesures un caractère d’exigence qui les rendrait odieuses ”.
[718] Ibid.
[719] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 18 mai 1890, du 15 avril au 15 mai 1890, Brazza à Marine.
[720] Ibid. : “Malgré mon désir d’éviter les moyens violents, je crois que nous devrons avoir recours à une action militaire. J’ai déjà pris les mesures nécessaires pour que, le cas échéant, cette action soir circonscrite autant que possible et pour que je sois exactement informé de la portée véritable des évènements…”
[721] Ibid. : “ ... Quoi qu’il en soit, cette situation va retarder les mesures que je comptais prendre pour faciliter l’accès du Haut-Ogooué au commerce ”.
[722] Ibid. : “ M. de Kerraoul, en cette circonstance, a fait preuve de légèreté [...] C’est ainsi que les résultats obtenus ont été absolument contraires au but poursuivi […] Je veux parler d’autres faits, tels que des engagements contractés et non remplis au point de vue des salaires, sans compter des actes de brutalité dans le genre de ceux signalés par l’extrait ci-joint sous le n°6 de la lettre de M. l’administrateur Cholet et à l’égard desquels M. de Chavannes a déjà prescrit une enquête. Des faits plus ou moins graves, de même nature, se sont reproduits souvent depuis 1885. Les difficultés que je pressentais n’ont pu être évitées ; elles ont éloigné peu à peu de nous les populations qui actuellement commencent à se mettre en hostilité ouverte. D’une manière générale, les agents de l’intérieur ne se rendent pas suffisamment compte du rôle et des devoirs qui leur incombent vis à vis des indigènes.
[723] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 37a, Rapport Politique, 18 août 1890, du 15 juillet au 15 août 1890, Brazza à Colonies.
[724] C.A.O.M., 4Y, Papiers Fourneau, Notes prises lors de l’expédition sur l’Ogooué.
[725] A. Fourneau, Au vieux Congo ; p. 236 : “ Oui ces sauvages sont sincères et de bonne foi pour l’instant, aussi nous appartient-il désormais de faire de notre côté honneur à nos promesses et à nos engagements… Notre force, notre richesse, doivent se montrer cependant que notre bienveillance et notre justice s’affirmeront chaque jour davantage et en raison directe.
“ Les travailleurs, les pagayeurs, les porteurs ne demandent qu’à s’engager à notre service, mais il faut les payer, les nourrir et les traiter convenablement et avec bonté. Par contre, dans les répressions nécessaires, frapper vite, fort, radicalement. Toute hésitation est une faiblesse qui sera exploitée contre nous par ces primitifs. ”
[726] Voir annexe, rapport confidentiel Alfred Fourneau.
[727] C.A.O.M, Gabon Congo I, dossier 37a, Suite au rapport politique du 15 octobre. 1890, Brazza à Colonies, Mission Fourneau : “ [Parti le 23 septembre]Il s’est dirigé pendant 120 kilomètres, vers le nord de Lopé, jusqu’au centre populeux de Zouamaïong ; de là, allant droit à l’ouest, il a gagné le 18 octobre le fond du Como, parcourant ainsi environ 250 kilomètres de régions entièrement inconnues et très peuplées. ”. Voir aussi A. Fourneau, Au vieux Congo.
[728] C.A.O.M., A.E.F., 2B83, f° 297, pp. 240-244, Libreville, le 12 septembre 1890, Brazza à Fourneau.
[729] Le 1er mars 1891, ayant remonté la Sangha, il laisse le Ngoko à sa gauche. Arrivé chez les Bangando, il apprend que ses hôtes sont en relation avec la basse Sangha. Les Afourous de Bonga remontent jusque là et les Dzimou sont en relation avec les Fang établis à l’ouest sous le même parallèle. Fourneau est arrêté à Zaouré sur le 5° nord, après une visite tragique chez le sultan de Djambala qui fait seize morts et trente et un blessés.
[730] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, pièce n°2 Auteur Pazanguel, Extrait du rapport sur l’incident du 5 juillet 1890, N’Djolé le 10 juillet 1890 : “ Nous ne voulons pas te donner ces hommes puisque tu ne nous as pas donné l’homme qui a tué notre enfant ”.
[731] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Libreville, le 7 août 1890, Brazza à Colonie : “ On me signale toujours une certaine surexcitation générale parmi les populations pahouines du l’Ogowé, laquelle est due, surtout, à la nouvelle déjà vaguement répandue dans la région de la mort de plusieurs Pahouins qui servaient au Congo, et qui a été signalée dans mon rapport du 18 juillet 1890 ”
[732] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Suite au Rapport politique du 15 septembre 1890, Lettre du 7 octobre 1890, Brazza à Colonies.
[733] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport politique du 10 juillet 1890, Oubangui.
[734] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport politique du 18 oct 1890 du 15 septembre au 15 octobre, Brazza à Colonies, Bas-Ogowé : “ Bien que les indigènes des villages situés en amont de Lambaréné ne se rendent pas compte de l’importance des pertes qu’ils ont subi dans l’Oubangui (10 morts suites de maladies où ont disparu, après désertion, en novembre et décembre 1889), parmi le personnel engagé il y a un an, il règne dans cette région une tension d’esprit dangereuse.
“ Si des hostilités venaient à éclater entre nous et un de ces villages, il serait difficile de les empêcher de se généraliser dans toute la région voisine de Lambaréné ”.
En réalité, 17 Fang trouvent la mort dans leur service dans l’Oubangui. C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a. Rapport du 18 février 1891.
[735] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport Brazza à Colonies, Libreville, 19 mai 1890.
[736] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juin 1890, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1890, Brazza à Colonies : “ On me signale que les plantations de cacao, entreprises il y a trois ans, dans les possession du Cameroun, exportent actuellement 15000 kilogrammes de graines ; ce succès provoque l’établissement d’entreprises semblables.
“ Les maisons allemandes déploient toujours une grande activité pour attirer le commerce vers le nord des régions explorées par MM. Crampel et Fourneau ”.
[737] E. Rabut, Brazza, Commissaire Général ; p. 26, le maintien de l’occupation de la côte nord, sans compensation douanière participe au creusement du déficit du Gabon, dénoncé par Chavannes : “ Note ayant trait à la situation financière de la colonie à la fin de l’exercice 1891 ”, 18 décembre 1891 (C.A.O.M., Gabon Congo, IX, 14b)
[738] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juin 1890, Rapport sur la situation politique. du 15 mai au 15 juin 1890, Brazza à Colonies, Batah-Campo : “ Les Malingués, population côtière, et les Pahouins, à un jour de marche vers l’intérieur, sont en guerre ”.
[739] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 18 mai 1890 du 15 avril au 15 mai 1890, Brazza à Marine, Côte Nord, Campo, Bata, Bénito.
“ Cette situation se dessine dans les quelques lignes suivantes du rapport de Mr le chef de poste Pobéguin :
“ La côte est tranquille actuellement ; à l’intérieur des Molingués ont tué des hommes aux Pahouins Bossiébas et se sont réfugiés à la côte, les Pahouins sont venus me les demander au poste, mais, comme les Molenguis se sont sauvés lorsque j’ai voulu les faire venir pour les interroger, l’affaire en est là ”.
[740] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, 18 septembre 1890 Durou à Mgr Le Berre.
[741] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 15 novembre au 15 décembre 1890, 18 déc 1890, Brazza à Colonies.
[742] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, Libreville, le 2 janvier 1891, Le capitainde de Frégate Ch. Rouvier Commandant de la Minerve et la station locale à Monsieur le Commissaire général du Gouvernement dans le Gabon et le Congo Français : “ Le représentant de la maison Woermann avait reçu une caravane de 70 à 80 Pahouins qui après avoir échangé leurs produits s’apprêtaient à rentrer chez eux, mais qui étaient retenus par la crainte d’être pillés par les Molenguis. Cette peuplade dont les habitudes de brigandage sont bien connues est séparée des Pahouins par une rivière qui n’est autre que le Bénito ou un de ses affluents, c’est elle qui dispose des pirogues ; elle consent à laisser passer les Pahouins moyennant une certaine redevance et à condition qu’ils soient désarmés. Mais il arrive la plupart du temps, au moment du retour, que les Molenguis ne tiennent pas leurs engagements qu’ils pillent et pourchassent les Pahouins qui, privés de leurs fusils, ne sont pas en état de se défendre.
“ M. Homann me demandait trois miliciens pour accompagner la caravane ; il m’assurait que cela suffirait et que les Molenguis cesseraient de maltraiter les Pahouins le jour où ils verraient que nous sommes décidés à les protéger ”.
[743] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Suite au rapport du 15 décembre 1890, Lettre de Brazza à Colonies,
7 janvier 1891 : “ Notre rôle doit être de protéger les Pahouins contre les populations voisines de la plage, et de favoriser leurs migrations vers la côte, en leur laissant le soin de se créer eux-mêmes, des voies de communication dont ils auront pu reconnaître grâce à nous les avantages matériels ”.
[744] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1890, Rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1890, Brazza à Marine et Colonies.
[745] Ibid. Como : “ On me signale dans la rivière Ikoï plusieurs villages abandonnés par des Boulous et leur remplacement probable à brève échéance par les Pahouins ”.
[746] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juin 1890, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1890, Brazza à Colonies, Estuaire du Gabon : “ La tendance générale des Pahouins à se rapprocher de Libreville, se manifeste de plus en plus. Il se prépare derrière Libreville, des plantations destinées à préparer l’arrivée de villages qui se trouvent actuellement sur la rivière Mondah.
“ Dans le Como, on me signale l’émigration des villages pahouins de N’futa Béfun vers la pointe Owendo, où ils avaient déjà préparé des plantations. De semblables déplacements engendrent toujours quelques palabres résultant du règlement des affaires en cours avec les villages voisins ”.
[747] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 15 mar au 15 avr 1891, 18 avril 1891, Brazza à Colonies, Rivière Mondah : “ Je reçois toujours de nouvelles demandes de permis d’établissement de la part de villages, lesquels quittent la rive droite de la rivière Mondah, pour venir se rapprocher de Libreville […] A plusieurs reprises, j’ai été à même de constater une modification dans l’attitude des populations pahouines à notre égard ”.
[748] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, Dossier 7, pièce datée du 29 juin 1890. Le premier maître patron du Saphir au Capitaine de Frégate commandant de la marine au gabon explique qu’il a pris à son bord une famille pahouine qui craignait de passer devant un village, dans le Noyo.
[749] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport politique du 15 février au 15 mars 1891, Brazza à Colonies, Libreville le 18 mars 1891.
[750] Réglementation du 18 décembre 1890 : création du service des travailleurs pahouins.
[751] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 177 : “Au milieu de la brousse, sur une claie élevée d’un mètre, gît un jeune corps, la poitrine et le ventre ouverts ; les intestins sont épars sur le sol”.
[752] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avr 15 mai 1891, Brazza à Colonies, Estuaire du Gabon - Rivière Como.
[753] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport du 18 février 1891.
[754] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juin 1890, Rapport sur la situation politique du 15 mai au 15 juin 1890, Brazza à Colonies : “ Les villages pahouins commencent à s’établir sur les rives du Fernan Vaz et vont bientôt mettre fin à l’arrogance des N’Comi, peuplade peu nombreuse qui sera bientôt réduite à la misère par la perte de sa position d’intermédiaire commercial ”.
[755] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Libreville le 22 juin 1890, Rapport Delaroche à Brazza.
[756] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Rapport sur la situation politique du 15 février au 15 mars 1891, le 18 mars 1891, Brazza à Colonies, Haut-Ogooué.
[757] C.A.O.M., Papiers Brazza, 16PA, IV, 4, Lettre personnelle de Dolisie à Brazza, Brazzaville le 15 mai 1891 :
“Venez moi en aide, mon cher commandant. Envoyez-moi toujours du personnel noir et de préférence des laptots. Les Pahouins ne valent rien. Ils sont bons pour chaparder partout où ils passent mais ce sont de bien mauvais travailleurs”.
[758] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1891, Brazza à Colonies.
[759] C.A.O.M., A.E.F., 2B83, f°411, pp 341-343, Lettre d’instructions de Brazza à Vittu de Kerraoul, Libreville le 26 mai 1891.
[760] Arrêtés des 25 et 29 juillet 1891 (Journal Officiel Congo Français, 5 juillet et 5 août 1891) et C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 39, Chavannes à Colonies, 19 aôut 1891, rapport politique depuis le 18 juillet.
[761] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1891, Brazza à Colonies.
[762] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, Suite au rapport du 15 décembre 1890, Lettre de Brazza à Colonies, 7 janvier 1891, Possessions allemandes du Cameroon : “ Une grande impulsion continue à être donnée aux plantations de café et de cacao. Le gouvernement allemand a donné à diverses compagnies le droit exclusif de culture sur des régions étendues : ce privilège serait accordé pour une période de vingt ans ”.
[763] C.A.O.M., Expédition, Conseil supérieur des colonies, 1bis, Libreville le 20 août 1891, Brazza à Sous secrétaire d’état aux Colonies, Eugène Etienne.
[764] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 39, 18 octobre 1891, Rapport sur la situation politique du 15 sep au 15 oct. Chavannes, Lieutenant Gouverneur à Colonies : “ Notre administrateur [Vittu de Kerraoul] estime que les promesses trop hâtives qui ont été faites aux Pahouins du Haut Ogooué, au sujet d’établissements commerciaux dans la région des rapides, pourraient avoir d’assez graves conséquences. Les agents secondaires chargés de transmettre aux populations les intentions du Commissaire Général ont dépassé sans doute, dans les promesses qu’ils ont faites, les instructions reçues. Dans peu de mois probablement, ne voyant s’installer les factoreries qu’on leur a promises, les indigènes redeviendront turbulent, en arriveront aux menaces et recommenceront à attaquer nos convois. Ces craintes ne sont que trop justifiées, à mon sens, et ce serait se bercer d’illusions, que croire jamais le Haut-Ogooué pacifié pour longtemps dans la région de Booué. Je répète encore que nous avons tout intérêt à céder l’administration de cette région à une grande compagnie, et je ne puis que réitérer les instances que contenait mon rapport du 18 août.
“ Une circonstance qui contribuera certainement pour une part à la difficulté de maintenir l’ordre est la non réalisation de la promesse qu’avait faite M. de Brazza de parcourir lui même la région. La plupart des palabres et des difficultés avaient pris fin sur cette promesse formelle. Lorsque les indigènes, sur lesquels M. de Brazza a une influence personnelle très grande, apprendront son départ pour le Congo, il sera fort difficile de leur faire entendre raison. Comme, d’autre part, les forces dont nous disposons dans l’Ogooué ne sont pas très considérables, la situation peut devenir à un moment donné assez critique. Je souhaite de me tromper dans mes prévisions ”.
[765] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1891, Brazza à Colonies, Possessions allemandes du Cameroon.
[766] Ibid.
[767] Ibid . ; Bata Campo Benito : “ Le commerce français poursuit les progrès que je vous ai déjà signalés. Il se crée de préférence, et avec succès, des relations avec un élément nouveau, les Pahouins de l’intérieur ”.
[768] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juillet 1891, Rapport sur la situation politique du 15 juin au 15 juillet 1891, Brazza à Colonies, Bata “ C’est le résultat de la ligne de politique suivie depuis quelques mois à Bata, et un succès pour le chef de station, M. Delaroche, dont le soin devra être, désormais, d’éviter les complications entre les populations de l’intérieur qui vont suivre ce mouvement de migration, et les habitants, très clairsemés, de la côte ”.
[769] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, Bénito, le 12 mai 1891 Ravaud au Commissaire Général du Congo Français. Il y indique qu’on trouve à Bérindjé, près de la rivière Landjé, affluent du Bénito, un grand village pahouin de 150 à 180 cases : “ le pays vient d’être envahi il y a peu de temps, car de Vidoni à Bernidjé on rencontre beaucoup de villages en construction, demandez-en le nom, on vous en donne 10 différents ”. On trouve d’ailleurs sur sa carte un village ossiébas de 107 cases dans la boucle Nord-Sud du Bénito, loin dans l’intérieur.
[770] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1891, Brazza à Colonies, Bata Campo Benito.
[771] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, Une pièce datée du 4 août 1891, de Garmy, agent auxiliaire chef de poste par intérim de Bénito au chef de station à Batah.
[772] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, Pièce sans numéro, Libreville, le 16 septembre 1891, Tournée du Basilic à Elobey et dans le Muny, Lettre du lieutenant de vaisseau commandant l’aviso de 3e classe le Basilic, à Monsieur le capitaine de frégate Commandant la marine et la station locale du Congo français.
[773] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 37a, 18 mai 1891 rapport sur la situation politique du 15 avril au 15 mai 1891, Brazza à Colonies, Bata Campo Benito.
[774] Ibid. La France ratifie l’Acte Général de Bruxelles (1890) en 1892.
[775] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 37a, 18 juillet 1891, Rapport sur la situation politique du 15 juin au 15 juillet 1891, Brazza à Colonies, Libreville : “ Cette ligne de politique générale qui avait pour but de préparer le terrain à des tentatives ultérieures [de culture du caoutchouc de Para, du café et du cacao], a eu pour résultat immédiat de modifier sensiblement en notre faveur l’esprit général des populations d’une race, autrefois délaissée, et qui représente plus du 9/10 de la population totale de la Colonie ”.
[776] C.A.O.M., A.E.F., 2B116, 61 MI 30, Correspondance confidentielle du Commissaire général du 28 février 1891 au 17 mars 1895, folio 41 - 4, Loango, le 30 juillet 1891.
[777] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 39, Rapport politique du 15 octobre au 15 novembre 1891, Libreville, 18 novembre 1891, et Rapport politique du 15 novembre au 15 décembre 1891, Libreville, 18 Décembre 1891, Chavannes à Colonies.
[778] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 39, Rapport politique du 20 février au 18 mars 1892, Chavannes à Colonies, Bas Ogooué.
[779] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 40 a.
[780] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, dossier 7, pièce sans numéro, Morazzini, lieutenant de vaisseau commandant le Basilic à monsieur le capitaine de frégate commandant la station locale du Congo français, Libreville, le 16 juin 1892.
[781] C.A.O.M., Gabon - Congo IV, Dossier 7, Lettre N° 115 - Colonie du Congo français, signé Ed. Dupuy, chef de poste à Bénito, au chef de station, Bénito le 2 octobre 1892 : “ [...] Les Pahouins se rapprochent des villages Kombés, quelques sujets sont même déjà ici. Les Kombés redoutent l’arrivée en masse des pahouins qu’ils considèrent comme voleurs . ”
[782] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 40 a, Rapport politique du 15 octobre au 15 novembre 1892, Libreville, 15 novembre 1892, Chavannes à Colonies, Campo Batah Bénito : “ Le rapport [de l’agent auxiliaire Capérau en tournée dans le Campo] mentionne que l’absence de droits de douane sur notre territoire est une occasion de contrebande contre laquelle la colonie allemande a de la peine à se défendre. La discipline très sévère appliquée aux noirs qui servent l’Allemagne en fait déserter un grand nombre et les populations s’éloignent devant les procédés vexatoires dont on use à leur égard. Plusieurs tribus ainsi chassées émigrent sur notre territoire.
“ A Batah, l’invasion pahouine a eu les conséquences de début auxquelles il fallait s’attendre. De nombreuses querelles se sont élevées entre les nouveaux arrivants et les anciens occupants Mollinguis et Combés et ont amené des conflits... L’arrivée des Pahouins a occasionné une certaine reprise des transactions commerciales ”.
[783] Mars 1892; A. Veistroffer, Vingt ans ; p. 180.
[784] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 39, Rapport politique du 15 mars au 15 avril 1892, Libreville, 20 avril 1892, Chavannes à Colonies, Estuaire du Gabon.
[785] A. Veistroffer, Vingt ans ; pp. 183-185 : Veistroffer est notamment envoyé dans la Mondah pour régler une affaire de pillage : “ Dans la palabre qui eut lieu séance tenante, ils m’expliquèrent que l’équipage avait pris peur sans sujet et qu’il avait pris la fuite. Ils ajoutèrent cependant que désirant voir s’installer chez eux une factorerie, ils avaient menacé le capitaine de le retenir prisonnier jusqu’à ce qu’un commerçant se décidât à venir ”.
[786] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 40 a, Rapport politique du 15 juin au 15 juillet 1892, Libreville, 15 juillet 1892, Chavannes à Colonies.
[787] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 40 a , Rapport politique du 15 juillet au 15 août 1892, Libreville, 16 août 1892, Chavannes à Colonies, Estuaire du Gabon.
[788] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 40 a Rapport politique du 15 août au 15 septembre 1892, Libreville, 18 septembre 1892, Chavannes à Colonies, Bas Ogowé : “ A peine y a-t-il à signaler une histoire de vol au village de Sam Quitta. La factorerie de la maison Hatton et Cookson établie en ce point a été dévalisée par les Pahouins. M. de Kerraoul signale qu’il serait parfaitement possible que les Pahouins eussent pour complice le propre traitant de la maison Hatton et Cookson qui aurait ainsi trouvé un procédé pratique pour masquer des détournements ”.
[789] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 40 a, Rapport politique du 15 septembre au 15 octobre 1892, Libreville, 17 octobre 1892, Chavannes à Colonies, Bas-Ogowé : “ Sur plusieurs points, les Pahouins s’opposaient par la force au retrait de petits établissements commerciaux qui ne pouvaient plus vivre au milieu des rapines journalières, l’agent européen d’une factorerie fut même molesté par les indigènes ”
[790] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 4 mai 1893, Gaillard, administrateur de Ndjolé et dépendances au Commissaire Général du Gouvernement.
[791] C.A.O.M., Afrique Supplément, Ndjolé, 18 mars 1893, Lettre de Gaillard à Brazza, cité par E. Rabut, Brazza Commissaire Général, Paris, éditions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1989 ; p. 345.
[792] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 4 mai, Gaillard, administrateur de Ndjolé et dépendances au Commissaire Général du Gouvernement : “ Les coupables sont actuellement en prison à Ndjolé en attendant d’être jugés, parmi eux se trouve le fils aîné du chef de Nzoum ; c’est son père lui-même qui l’a livré ”.
[793] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport périodique de Lippmann à Colonie du 15 mars au 15 avril 1893.
[794] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport périodique de Lippmann à Colonie d’août 1893.
[795] C.A.O.M., Gabon Congo XI, dossier 12, Lettre d’Adam, vicaire apostolique des deux Guinées au Gouverneur du Gabon, Ste Marie, le 14 août 1893 : “ Monsieur le Gouverneur, Les violences du nommé Bésié chef pahouin du village abiane Méfagh Donghila me forcent à porter plainte et à demander que l’insolence de ce sauvage soit réprimée.
“ 1° Cet individu, nouveau venu à Donghila où il n’a aucun droit de s’établir sur le terrain que nous avons acheté, nous a déjà suscité des tracasseries, comme du reste, vous ne l’ignorez pas, quand il s’est agi d’acheter le terrain pour l’établissement des soeurs. Par amour pour la paix et pour éviter tout ennui au gouvernement local, nous avons fait des concessions et tout a été arrangé. Ces concessions sont considérées comme des faiblesses par ce sauvage et voici qu’il vient au mépris de tous les arrangements, s’installer sur le terrain des soeurs sous prétexte que son terrain ne lui suffit point. Si on ne le met pas à la raison, il élèvera prétention sur prétention et la vie sera impossible aux hommes et aux oeuvres.
“ 2° Le 14 août au matin, le même individu est venu en armes au débarcadère de la mission pour piller plusieurs pirogues de la tribu des Sakoras, sous prétexte que des parents de cette tribu lui devaient de l’argent.
“ Il est bon de savoir que dans l’esprit de tous les pahouins, le terrain de la mission est un terrain neutre, et ainsi cet individu a violé les lois de l’hospitalité du pays. Il est à peine besoin de faire remarquer combien il est important de ne pas laisser entamer cette conviction chez ces sauvages que tout terrain d’européen est un terrain neutre sur lequel ils ne peuvent commettre d’acte de vengeance ou de saisie. ”
[796] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires, 1898 - 1900, Paris, La Haye, Mouton, Paris, 1972, réédité en 2001, Editions de l’E.H.E.S.S. ; p. 45.
[797] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 43, Rapport périodique du 1er février au 31 mars 1894, 1er avril 1894, La maison Holt demande l’assistance de l’autorité pour garantir en sécurité le retrait de sa factorerie du Rhemboué, ce à quoi s’oppose les Fang.
[798] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre en date du 3 août 1894 de l’administrateur de N’djolé Gaillard, au Commissaire Général.
[799] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport N° 78 du 10 juillet au 10 août 1894, Libreville le 20 août 1894.
[800] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902-1903, Lettre du 9 août 1894, Gaillard, administrateur de Ndjolé et dépendances au Commissaire général du Gouvernement.
[801] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 43, Rapport périodique, Janvier 1894 : “ Les pahouins, ces éternels nomades, continuant leur exode de l’intérieur vers la côte, affluent dans la circonscription de Batah, venant des monts de cristal. Ils se sont emparés de la grande route commerciale qui relie Batah à Oppoamacome, après avoir pillé et brûlé les villages Balinguis et Bossiébas.
“ Les négociants établis dans les régions envahies ont dû évacuer leurs établissements menacés, et se sont adressés à notre chef de station pour en obtenir une protection efficace contre les tentatives des Pahouins.
“ Par lettre du 22 janvier courant, j’ai eu l’honneur de transmettre au Département des doléances de ces négociants et de lui exposer les difficultés de toute nature que nous éprouvons à donner satisfaction au commerce dans la circonscription de Batah et à assurer sa sécurité ”.
[802] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 43, Libreville le 22 janvier 1894, Chavannes à Colonies.
[803] C.A.O.M., Gabon Congo IX, dossier 21, Libreville, 20 mars 1894, Chavannes à Colonies, Ernest Boulanger.
[804] C.A.O.M., Gabon Congo VI, dossier 9b, Libreville, 6 août 1894, Adrien, chargé des affaires politiques indigènes en tournée dans le Mouni, à Dolisie.
[805] L’aventure coloniale allemande, très militarisée, est marquée par les embuscades et les retraites sanglantes. En 1891, Von Gravenreuth est abattu lors d’une expédition punitive à Buéa. E. Mveng, Histoire du Cameroun, Paris, Présence Africaine, 1963 ; p. 297 et suivantes.
[806] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 43, Dépêche télégraphique du 3 janvier 1894, Libreville, rapport périodique sur la situation générale de la colonie du 1er au 31 janvier 1894.
[807] C.A.O.M., Gabon Congo IV, Dossier 7, Pièce sans numéro, Situation générale de la circonscription de Batah
Campo, Batah, Bénito, Delaroche, chef de la station de Batah, le 31 mai 1894 : “ Les excursions courtes et répétées des agents du Congo français [dans la région de Batah et Bénito depuis 1890] ont donné toute confiance aux pahouins qui ont afflué à la côte ; la descente des pahouins s’est accentuée plus fortement lors des derniers événements du Cameroun. Les indigènes du littoral, pris de peur à la vue de ce mouvement d’émigration, se sont réfugiés sous notre protection se soumettant sans réserves à nos lois. La race pahouine va remplacer avantageusement les populations abâtardies du littoral. Nous avons favorisé progressivement et sans à coup la descente des pahouins à la côte mais nous avons été obligés de sévir plusieurs fois très énergiquement contre eux pour les empêcher de piller les villages du littoral. Actuellement nous pouvons dire que les pahouins sont à la côte et qu’ils ont de grandes plantations qui produisent déjà. La perturbation amenée par ces mouvements d’émigration a fermé momentanément certaines routes de l’intérieur ; ceci d’ailleurs est peu préjudiciable à notre action politique. La race pahouins ayant la mer devant soi, sera arrêtée dans sa vie nomade ; son intelligence supérieure s’accommodera plus facilement de notre autorité ”.
[808] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport n° 73 sur la situation politique de la colonie pour la période du 1er au 15 juin 1894, le 20 juin 1894, Dolisie, lieutenant gouverneur, pour le Commissaire général absent, Rivière Muny.
[809] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 7, pièce datée du 2 septembre 1894 de Rousset, chef de station de Batah, à Dolisie, lieutenant gouverneur du Congo Français : “ La paix et la tranquilité règnent actuellement dans la région du nord ; deux grandes tribus pahouines, les SamM’Béla et les Samangum font actuellement le commerce avec les traitants des factoreries établies sur la côte.
“ La tribu pahouine des Sassums, la plus forte de la région du Nord, que nous avons combattue il y a un an et demi, est continuellement en guerre, soit avec des pahouins d’autres tribus, soit avec des Bossiébas, soit avec des Mossékis. Les Sassums, peu de temps avant mon arrivée, avaient menacé du pillage la tribu côtière M’Buicots. Une partie de cette tribu réside sur le territoire allemand à environ une demi-heure du poste. Quelques-uns de ces pahouins n’ont pas craint de menacer le chef du poste qui a fait deux femmes prisonnières pour obtenir règlement du palabre ”.
[810] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport du 20 septembre au 20 octobre 1894 : “ Quelques chefs pahouins des rivières sont venus demander l’autorisation de bâtir des villages dans le voisinage de Libreville ”.
[811] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 41, Rapport n° 73 sur la situation politique de la colonie pour la période du 1er au 15 juin 1894, 20 juin 1894, Dolisie, lieutenant gouverneur, pour le Commissaire général absent.
[812] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 43, 1er avril 1894, Rapport périodique du 1er février au 31 mars 1894.
[813] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 47 a, Rapport périodique du 24 mai au 7 septembre 1895, 7 septembre 1895, Dolisie à Colonies, Cameroun : “ Le commerce du Congo Français souffre de cet état de choses, car il y a par l’intérieur des relations commerciales entre N’Djolé, Lambaréné, la rivière Como, le bassin de l’Ivindo et le Cameroun ”.
[814] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 46a, Rapport périodique du 20 novembre au 20 décembre 1894, Libreville le 22 décembre 1894, Brazza, commissaire général du gouvernement au ministre des colonies, Ogooué et Fernan-Vaz : “ Des recrutements sont opérés également dans la région de Lambaréné et de Ndjolé, parmi les Pahouins, pour le service de la région de la Haute-Sangha ”.. Le déficit de porteurs culmine en 1896-1897 avec le passage de la mission Marchand qui compte 90 tonnes à répartir en 3000 charges. C. Coquery Vidrovitch C., Le Congo… ; p.187.
[815] Cholet en 1890, puis Gaillard et Huson sur le Ngoko, et Fourneau sur la Sangha.
[816] La convention est signée entre la France et l’Allemagne le 15 mars 1894.
[817] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 46a, Libreville 22 décembre 1894, Rapport périodique du 20 novembre au 20 décembre 1894, Brazza, commissaire général du gouvernement au ministre des colonies, Région de la Sangha :
“ Autrefois le bétail, les produits manufacturés soudanais et même les esclaves étaient amenés vers le sud où ils étaient échangés chez les indigènes contre de l’ivoire exporté dans le nord.
“ Maintenant, à cause de la présence des factoreries dans la haute-sangha, l’ivoire commence à s’écouler par le Congo ; et il est utile de mettre à portée des commerçants musulmans, avec le thaler, la contre-partie de leurs produits manufacturés et de leur bétail ”.
[818] C.A.O.M., A.E.F., 2B37, f°468, pp. 239-244, Dolisie à Marine, Libreville, le 4 septembre 1894.
[819] C.A.O.M., Gabon Congo, Papiers Brazza, 16 PA, VI, dossier 1, Libreville, 20 décembre 1894, Brazza à Colonie.
[820] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 47 a, Rapport périodique du 20 décembre 1894 au 20 mars 1895, Dolisie à Marine, Cap Saint Jean : “ Les chefs Bengas du Cap Saint Jean sont venus à Libreville, après leur visite à Elobey, pour réclamer la protection française. Ils ont été poussés à cette démarche par la crainte qu’ils ont des Pahouins, à qui les missionnaires espagnols ont fait une place dans le voisinage immédiat de la mission...
Muny
“ Monseigneur le Roy descendait dernièrement la rivière Noya, affluent du Muny, quand il surprit deux missionnaires espagnols en flagrant délit de fraude évangélique. J’ai déjà eu l’honneur de vous dire, monsieur le Ministre que ces missionnaires espagnols n’étaient que des contrebandiers déguisés. Ceux-ci venaient d’Elobey sur une petite goëlette et portaient avec eux tous les matériaux nécessaires à une construction.
“ Ils voulaient fonder une école clandestine sur un territoire non pas contesté, mais ressortissant uniquement à la seule juridiction du vicariat apostolique des deux Guinées ”.
[821] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 47 a, Rapport périodique du 20 décembre 1894 au 20 mars 1895, Dolisie à Marine.
[822] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 198.
[823] Ibid. ; pp. 199-201.
[824] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 47 a, 20 octobre 1895, Rapport périodique du 7 septembre au 20 octobre 1895 Dolisie, Muny : “ Le Como qui est allé récemment dans le Muny, pour relever la canonnière m’a signalé la présence d’une goëlette espagnole recrutant des indigènes pour Fernando Poo ”.
[825] Ibid.
[826] N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 82 : “Il lui rasa la tête, le déshabilla, le couvrit de piment écrasé et le fit asseoir en plein soleil pendant de longues heures”.
[827] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 47 a, 24 mai 1895, Rapport périodique du 24 mars au 24 mai, N° 10 Ogooué et Fernan-Vaz, Ndjolé : “ L’effet produit sur les indigènes doit être tel qu’il eut mieux valu pour notre autorité n’engager aucune action ”.
[828] C.A.O.M., Colonies, EE, II, 1070 bis, Libreville, le 4 mai 1896, Brazza à Veistroffer.
[829] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 202 : “… Voulant frapper un grand coup, je résolus d’employer le procédé des M’Fans : me servir de l’innocent pour atteindre le coupable.
“D’après la coutume des indigènes, les fugitifs ne sont pas poursuivis ; les poursuivants auraient fort à faire… Ils s’emparent de n’importe qui touchant de près le fuyard, et ne le relâchent que si celui-ci vient à être lui-même capturé ou livré. Les familles des otages en font autant avec d’autres dont le seul tort est d’être alliées aux inculpés ou tout simplement d’habiter dans la direction prise par le délinquant ; si bien qu’en peu de temps, toute la contrée est intéressée à rechercher celui ou ceux qui sont la cause première de ces avatars”.
[830] Ibid. ; p. 203.
[831] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 49 a, 17 juillet 1896, Brazza, Commissaire Général du Gouvernement à Colonies.
[832] Ibid. : “ Un incident d’un caractère local qui s’est élevé aux environs de N’Djolé a été réglé immédiatement par la destruction d’un petit village.
“ Les dernières nouvelles que j’ai reçues m’annoncent que les dispositions prises ont mis fin aux troubles qui avaient décidé mon intervention ”.
[833] A. Veistroffer, Vingt ans… ; pp. 204-205.
[834] Le dossier Largeau relatant ces évènements (C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Rapport Largeau, Ndjolé le 29 juillet 1896) a disparu des archives. Il faut donc s’en remettre à des sources secondes : N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; pp. 82-83, et M. Ndoume Assebe, Emane Tole et la résistance à la conquête française dans le moyen Ogooué, Mémoire de maîtrise d’histoire, Directeur Yves Person, Université Paris I Panthéon Sorbonne, novembre 1973, auteurs hagiographes qui voient en Emane Tole un symbole, héros résistant à l’occupation française, alors que les sources “officielles” collatérales à l’évènement, ne voient qu’un courtier soucieux de conserver son activité d’intermédiaire, en lutte notamment contre les Kota, courtiers en amont de Ndjolé, et contre l’impôt.
[835] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 49 a, Libreville le 6 septembre 1896, Brazza à Colonies : “ Dans l’Ogowé, M. l’administrateur principal Largeau, à la suite d’un palabre entre indigènes, où deux okotas avaient été tués par les gens d’un village pahouin situé en amont de N’Djolé, est intervenu à un moment inopportun, et sans disposer de forces suffisantes. Il a fait brûler un groupe important de villages, et il a engagé une action, où un milicien a été tué et trois autres ont été blessés , et qui aurait pu avoir des conséquences plus graves, ainsi que le prouve le rapport dont la copie est ci-jointe...
“ J’ai fait part de mon sentiment à M. Largeau, et je l’ai rappelé au respect des instructions que je lui ai remises le 29 mai 1896, et qui lui marquent la destination du détachement de miliciens commandé par M. Veistroffer, qui est de donner à la répression, sur les points où une intervention aura été décidée, un caractère d’énergie et de permanence qui s’est marqué dans le Ngounié et à Ngoko, et non point d’être mis en mouvement à la suite des palabres qui se limitent à des faits entre indigènes, et qui doivent être réglés d’une autre manière que par une action aussi rigoureuse ”.
[836] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 49a, Libreville, le 21 décembre 1896, Brazza à Colonie, André Lebon : “ La seule mesure qui me paraisse pratique consiste à nous affranchir de toute responsabilité à ce sujet en évacuant les postes et à autoriser l’ancienne compagnie concessionnaire du Haut-Ogooué à faire à ses risques et périls du commerce dans cette région ”.
[837] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 49 a, Situation financière, Rapport de Brazza, Commissaire général du gouvernement dans le Congo français au Ministre, Libreville le 20 mars 1897.
[838] A. Veistroffer, Vingt ans…. ; p. 227 : “M. de Brazza était regardé comme un médiocre administrateur, parce qu’à cette époque, la colonie qui coûtait habituellement à la Métropole environ 1 500 000 francs par an, présentait un budget en déficit de plus de trois millions ; par la suite, on reconnut que des dépenses avaient été faites pour soutenir les missions Crampel, Liotard, Marchand, Gentil, etc… qui avaient été envoyées avec des ressources insuffisantes”.
[839] G. Lasserre, Libreville… ; p. 79.
[840] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), dossier 2, Delalande, lieutenant de vaisseau commandant la Cigogne, au commissaire général du gouvernement de la république au Congo français, 26 juillet 1896, Tournée dans les rivières de l’estuaire du Gabon : “ Le 24 à 6h du matin j’ai quitté le mouillage et fait route pour le Rhamboé en passant par la crique N’Tcholio. Les villages d’Ivanga brûlés l’an dernier par la Cigogne n’ont pas été reconstruits mais les pahouins qui les habitaient sont installés un peu dans l’intérieur. D’autres pahouins venant de la rivière Yambi ont construit un nouveau village à côté de ceux qui ont été brûlés, ce village est maintenant au confluent de la rivière Yambi et de la crique N’Tcholio. Je suis arrivé à 11h à Acondjo ; les traitants des maisons Holt et Hatton et Cookson sont venu me rendre visite et m’ont dit que malgré les palabres que les pahouins ont entre eux, le commerce se faisait facilement. Parti d’Acondjo à 3h 20 du soir, j’ai mouillé devant Chinchoa à 6h30.
“ Le 25 au matin, Iambo chef du petit village pahouin de Chinchoa et gardien de l’ancienne factorerie Woermann est venu me voir et protester son attachement aux Français. Pendant une de ses absences, l’an dernier, son village a été brûlé et ses marchandises et cabris pris par les gens d’Atom et de Lamba. Il m’a demandé un pavillon.
“ J’ai quitté Chinchoa le 25 à 7 h du matin et suis arrivé à 8h45 à Donguilah. Le père Stalter m’a appris qu’un homme d’Atom, village pahouin situé au confluent du Rhamboé et du Bilagone, lui avait assuré que les auteurs des vols commis à Libreville ces temps derniers étaient des pahouins de la tribu des N’Gonavels habitant Atom, 2 villages de Maga et Mafou dans la rivière Mafouga. En passant devant Atom, j’avais remarqué qu’on ne voyait pas une seule femme dans le village ”.
[841] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), dossier 2, 30 novembre 1896, Delalande à Commissaire : “ Le 19 novembre la goëlette de la maison Hatton et Cookson qui se trouvait au mouillage devant Gandé a été attaquée par les pahouins du village de Mévoilo, chef Mékamebo, qui ont emmené le capitaine, un Anglais, et deux hommes dans leur village sans leur faire subir de mauvais traitements. Ces pahouins ont agi ainsi parce qu’ils voudraient forcer M. Stokes à établir une factorerie chez eux. ”
[842] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), dossier 2.
[843] G. Lasserre, Libreville… ; p. 108-109.
[844] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 50, Rapport politique du 7 mai 1897, Dolisie Commissaire général du gouvernement au ministre des colonies, Muny Mondah : “ Il se fait depuis quelque temps un commerce assez actif de bois rouge et de bois d’okoumés dans le Muny et dans le Mondah ”.
Théophile Klaine en fait la découverte scientifique. Klaine est également à l’origine du jardin de la mission de Libreville où il fait œuvre de botaniste, greffant les manguiers, sélectionnant les bananiers, les agrumes, etc. (C. Le Gallo, “ Le P. T. Klaine ”, Le naturaliste canadien, vol. 77 ; 1950, pp. 330-337.
[845] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 47 : “ L’intérêt métropolitain pour l’Okoumé doit vaincre le lobbie canadien en France, repoussant au delà du siècle son importation vers la France ”.
[846] Ibid. , p. 46
[847] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 50, Rapport situation de la colonie au 20 décembre 1897.
[848] C.A.O.M., Gabon Congo Id dossier 50, Rapport politique du 20 août 1897.
[849] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Rapport politique du 20 septembre 1897 de Dolisie, Bas - Ogooué ; Gabon - Congo IV dossier 10, Pièce sans numéro, Rapport périodique du 20 octobre 1897, f° 11 ; et C.A.O.M., Gabon Congo IV dossier 10, 2 pièces Colonies au Directeur de la compagnie des chargeurs réunis, Paris le 30 octobre 1897 et Paris, le 16 décembre 1897.
[850] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 10, Pièce sans numéro, Dépêche télégraphique chiffrée, “ Libreville, le 2 novembre 1897, “ Colonies, Paris : “ Perte subie par chargeurs réunis est entièrement imputable imprudence et négligence “ Eclaireur ”... Je suis autorisé douter de la bonne foi agent de la Compagnie des Chargeurs Réunis à Libreville. Dolisie ”.
[851] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 50, Extrait des instructions envoyées à monsieur l’administrateur de Ndjolé le 30 novembre 97, Dolisie à administrateur : “ L’envoi en possession de la société concessionnaire du haut ogooué et l’établissement probable de nouvelles factoreries entre Condo Condo et Ndjolé vont diminuer l’importance commerciale de ce dernier point. On peut appréhender dès lors que les nombreuses populations qui vous entourent, et dont le groupement n’a eu d’autre raison que le commerce qui se faisait à Ndjolé, ne soient tentées d’abandonner les emplacements qu’elles occupent actuellement, pour se rapprocher des nouvelles factoreries.
“ Un pareil mouvement ne se produira pas sans provoquer des troubles violents dans le pays, car, il se heurtera au courant d’ émigration qui entraîne les populations d’amont vers l’ouest...
“ Vous devrez vous efforcer de faire entendre dès aujourd’hui aux indigènes que la terre est à nous, par droit de conquête, que nous favoriserons la consolidation de la propriété dans les tribus là où les indigènes seront arrivés à un degré suffisant de civilisation pour en apprécier les effets, mais que, dans leur intérêt même, nous refusons de l’aliéner, à leur profit, autour de Ndjolé et dans les alentours des nouvelles factoreries qui seront créées.
“ La terre sera donc louée dans ces localités aux indigènes par lots bien définis, moyennant une redevance annuelle qui devra comporter
“ 1° un droit fixe, prix de location de la terre
“ 2° un droit variable proportionnel au nombre de cases construites sur chaque lot
“ En échange nous garantirons le respect de la terre louée ”.
[852] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), dossier 4, Ndjolé, le 19 janvier 1898, Le représentant de la Woermann &Co, Ogowe Geschärft à l’administrateur de Ndjolé et dépendances : “ Nous avons l’honneur de vous aviser d’après une lettre de mon agent du lac Esanga, que le nommé Rentendi, galois, chef du village Bellaheur (?) fait la propagande dans tous les villages gallois, pahouins et bakaillé pour arrêter le commerce, et faire piller les pirogues des factoreries et des indigènes qui passant outre à ses recommandations viennent vendre tout de même des produits. Tout dernièrement une de mes pirogues chargées de viande a été pillée complètement par les pahouins agissant d’après les ordres de Rentondi.
Nous vous prions donc, Monsieur l’administrateur, de bien vouloir mettre ordre à cet état de choses très préjudiciable pour le commerce ”.
[853] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), dossier 4, Ndjolé, le 26 avril 1898, Godel; L’administrateur de N’djolé, Franceville et dépendances à Monsieur le commissaire général du gouvernement à Libreville.
[854] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 228.
[855] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 51 b, Ministre des Colonies à Lamothe, Instructions du 23 octobre 1897.
[856] En réalité, la colonie n’offre pas plus que la police et surtout la justice qu’elle entend imposer aux populations locales depuis ses premières heures. L’impôt n’est donc qu’une mesure pour signifier son action.
[857] Coquery Vidrovitch C., Le Congo au temps… ; p. 119 : “ Comme les Galoa de Lambaréné, qui payaient d’ailleurs “ depuis quelques mois un droit de pêche et de navigation sur l’Ogooué ”, ils ne présentèrent alors “ aucune objection ”.
[858] Ibid. ; p. 48.
[859] Ibid. ; p. 25, sur les conditions et l’origine du régime concessionnaire : “Il s’agissait, en fait, d’une véritable démission de l’Etat : renonçant à faire lui-même les investissements nécessaires, celui-ci espérait que l’aiguillon des bénéfices escomptés, mettrait d’elle-même le pays en valeur”.
[860] Monthaye et Gazenguel sont deux anciens agents de Brazza.
[861] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 52.
[862] Ibid. ; p. 147.
[863] Ibid. ; p. 239-240 : La S.H.O. argue de la violation de son monopole pour saisir le caoutchouc transporté par des agents de John Holt, 12 juillet 1898, Holt à Pickersgill, FO27/3756, “ La cour de Libreville, contrôlée par les colons, multiplia de 1900 à 1902 les condamnations : le 24 septembre 1900, Holt fut condamné à 4000 francs d’amende et à la restitution de 6t de caoutchouc, assortie de l’interdiction de s’introduire sur le territoire de la CFCO ; l’année suivante, la Cour d’Appel confirma le verdict, de même que le jugement de la Justice de paix de Libreville en faveur de la SHO : John Holt devait encore payer 3000 francs et évacuer les lieux. Conseil d’appel de Libreville, 24 octobre 1901, confirmation du jugement de la Justice de Paix du 23 février 1901. John Holt était condamné à 300 francs de dommages-intérêts par mois à partir du 22 novembre 1900, pour chacune des factoreries qu’il possédait à Boabi, Okandé et Iveka de Okandé, depuis 1884. C.A.O.M., Conc. XII-B(3).
[864] A la fin du siècle, la maison Hatton et Cookson (apparue au Gabon en 1857) possède 39 points de vente, dont 20 dans l’Ogooué (Ndjolé, Talagouga, Sam Kita, etc.), 15 dans le Fernan Vaz et 4 dans le Sette Cama (liste complète dans Conc, XIII-B(4) ). John Holt (apparu au Gabon en 1869) en possède 59, dont 29 dans l’Ogooué, 13 dans le Fernan Vaz, 7 dans le Sette Cama et 10 dans l’Iguéla… La maison Woermann de Hambourg possède pour sa part 7 factoreries dans le bas et le moyen Ogooué, sans compter celles dispersées dans l’Estuaire (Como et Remboué) et sur la côte septentrionale, entre le Cameroun et Libreville ou dans le Rio Muni.
[865] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 228.
[866] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 50, 6 mars 1898, de Lamothe à Colonie, Rapport mensuel au 7 mars 1898, Annonce de la création prochaine d’un poste dans le Como dirigé par Pauwel, inspecteur de la milice.
Correspondance du Commissaire Général adressée aux particuliers et aux administrations étrangères du Congo Français, C.A.O.M., A.E.F., 2B92, 61MI27, N°30 Instructions, Libreville, le 8 février 1899, A Monsieur l’Inspecteur de Pauwel : “ Monsieur l’Inspecteur, Mr le Commissaire Général de Lamothe désire depuis longtemps voir exercer une action plus effective que par le passé sur les populations pahouines riveraines du Komo et de ses affluents, une surveillance plus étroite sur les voies de communication indigènes qui relient le fond de l’estuaire du Gabon à l’Ogooué et au Muny et qui semblent avoir leur noeud aux environs du confluent du Komo et du M’Béi, dans la région d’Attakama...
Conformément aux instructions que j’ai reçues de lui récemment, je vous ai désigné par décision en date de ce jour pour procéder à l’installation d’un poste d’occupation provisoire et de reconnaissance au confluent du Komo et du Bokoué, au village de Kango.
J’ai choisi ce point de préférence à Attakama, parce que j’estime qu’avec l’effectif réduit du détachement mis à votre disposition, il ne serait pas prudent de vouloir tout d’abord nous établir au centre même d’une population très dense, très remuante et dont l’esprit turbulent s’inquiétera certainement de notre installation dans la contrée...
Le village de Kango offre l’avantage de se trouver au confluent du Como par lequel descendent les populations voisines des Monts de Cristal et du Bakoué par où débouchent celles qui viennent de l’Ogoué. Il commande donc l’une des routes commerciales indigènes qui relient N’Djolé à Elobey et même au Kameroun et par lesquelles se fait une fraude si préjudiciable aux intérêts de la Colonie ”.
[867] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 59a, rapport du 28 juillet 1900.
[868] C.A.O.M., Gabon Congo I dossier 50, Rapport périodique du 7 mai 1898, Lamothe à Colonie, Ogooué.
[869] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 218-219.
[870] Les Ncomi depuis 1897 tente de résister à l’autorité coloniale.
[871] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 3 août 1899 portant sur la soumission des Pahouins du Fernan Vaz, Fondère, administrateur, commandant la région du Cap Lopez, Au Commissaire Général du Gouvernement à Libreville : “ Ces actes de répression, rendus nécessaires par les circonstances et par l’obligation que nous avons d’assurer la tranquilité des régions qui vont être livrées aux nouveaux concessionnaires, ne doivent pas avoir pour résultat de repousser définitivement des centres formés la population pahouine qui, seule, produit une somme relative de travaux et partout entretient, si elle ne développe l’activité commerciale de cette région : il suffit de lui montrer que, maîtres du pays, par droit de conquête, nous entendons et remplir nos devoirs et user de nos droits envers elle
“ [...] Le 28 juillet, le chef Ecom est venu, en compagnie de notables de son village, faire sa soumission et livrer en otage, le chef Ellandé responsable des derniers incidents ”.
[872] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre en date du 24 juillet 1899, Fondère, administrateur commandant la région au Commissaire Général du Gouvernement.
C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 55 a, Lamothe à Colonie, 15 août 1899.
[873] C.A.O.M., Gabon Congo, IV, dossier 10, Lamothe à Colonie, ou Fondère à Lamothe, 18 juillet 1899.
[874] Ibid. : “Jamais les Pahouins ne viendront d’eux-mêmes verser leurs versements au poste quels que soient leurs engagements pris par eux. Ils paieront à condition qu’on aille fréquemment demander l’impôt dans les villages, et en présence d’un détachement de milice”.
[875] Sic ! C.A.O.M., Concessions. XIV, B2, Rouyer, rapport du lieutenant administrateur de la région de l’Ogooué à Grodet, Ndjolé, 10 février 1901.
[876] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 113 : “ Quant au Gabon, il ignorait le décret : on y recensait seulement huit contrats de six mois dressés par la Compagnie de la Haute Ngounié ; la SHO constituait une “ heureuse exception ” : par le biais de contrats de transport conclus avec l’Administration, les pagayeurs de l’Ogooué étaient recrutés régulièrement, bien que le paiement en numéraire fût généralement éludé ”.
Décret du 7 avril 1911, promulgué par arrêté du 20 mai 1911, Journal Officiel de l’Afrqiue Equatoriale Française, 1er juin 1911, p. 334, C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1), Rapport annuel, 1911.
Décret du 4 mai 1922, fixant le régime du travail en AEF, Journal Officiel de l’Afrqiue Equatoriale Française, 15 juin 1922, p. 262, Arrêté du Commissaire Général, 11 février 1923.
[877] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 105 : “ L’agent commercial, aux prises avec la nécessité de faire rentrer la récolte, usa cependant de la force sous trois formes différentes :
“ - Ou bien il fit pression sur la main-d’œuvre par l’intermédiaire des chefs traditionnels,
“ - Ou bien, en leur absence, il exerça une contrainte directe et incontrôlée ;
“ - Ou bien encore il l’exerça avec l’approbation occulte ou même l’appui officiel de l’administrateur. ”.
[878] Ibid. ; p. 113.
[879] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 53 a, Merlin, Commissaire général du gouvernement à Colonies.
[880] Arrêté du 27 avril 1899, Journal Officiel du Congo Français, 1er juin 1899.
[881] Libreville, Journal Officiel du Congo Français, 1er novembre 1899, p. 14.
[882] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; Effectif des missions protestantes au Moyen Ogooué :
Station Européens Enseignants africains Elèves internes garçons Elèves internes filles Apprentis
Ngomo 2 6 45 0 6
Lambaréné 2 5 60 50 5
Samkita 2 3 65 0
Talagouga 3 3 59 42 11
Au total six écoles, trois cents enfants, en général fang.
[883] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 56 a, Lemaire à Colonie, 17 novembre 1899.
[884] En mémoire à Pascal Nguéma “ de Mayor de Brouëre (Bouët), homme d’affaires politiques nocturnes, Djéou Djamba (?) ”, né au Grand Nord (Woleu Ntem), grand nganga à Nkok, pk27, province de l’Estuaire, département du Komo-Mondah, dans les années 1980, qui a éveillé notre curiosité pour l’histoire et les affaires religieuses diurnes et nocturnes des Fang.
[885] L’accord est signé par Delcassé, Ministre des affaires étrangères pour la France et par Fernand de Léon y Castillo, ambassadeur d’Espagne à Paris. Il n’est cependant pas ratifié par les Chambres, ouvrant la porte aux empiètements frontaliers.
[886] Le contentieux franco espagnol sur la souveraineté des îles au large du Gabon a des répercussions contemporaines. L’île Banié, au large du Cap Esterias, à quelques milles au sud est de Corisco est réclamée par la Guinée Equatoriale qui, par la voix de son Premier Ministre Candido Muatetema Rivas, aurait déclaré le 13 mars 2003, son occupation par le Gabon “illégale”. Sources : Journal L’Union Plus du 15 et 16/03/2003.
[887] C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 6, Rouget 1900, Le contesté franco-espagnol du golfe de guinée, p. 4 :
“ Jamais, sauf les excursions scientifiques d’Iradié en 1875 et en 1877, d’Ossorio et de Oca en 1885, les Espagnols ne pénétrèrent bien loin dans l’hinterland. Leurs voyageurs avaient été d’ailleurs devancés par nos compatriotes du Chaillu en 1858 , le lieutenant Serval en 1862 et Guiral en 1884. En 1886, le lieutenant de Vaisseau Nicolas passait à son tour des traités avec les chefs de la Mouni. Plus à l’est, la région nous était également acquise par une série de traités passés avec les chefs M’Fans en 1888 et 1889 par des agents accrédités du Congo français, Crampel et M. Fourneau ”.
[888] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 59a, 28 juillet 1900.
[889] Anonyme, ’Mission de délimitation du Congo-Cameroun’, Bulletin de la Société de Géographie de Lille, t. 34, 1900, p. 398.
[890] Journal Officiel du Congo Français, 15 décembre 1900
[891] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 16, 8 décembre 1900, Lemaire, Commissaire général à Colonies.
[892] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 64, 12 janvier 1901, Rapport Lemaire, Lieutenant gouverneur du Congo Français au Commissaire Général du gouvernement.
[893] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 129.
[894] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 59a, Rapport du 3e trimestre 1900, Lemaire à Colonie, 29 octobre 1900.
[895] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 64, 12 janvier 1901, Rapport Lemaire, Lieutenant gouverneur du Congo Français au commissaire général du gouvernement.
[896] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 386.
[897] A. Veistroffer, Vingt ans... ; pp. 229-231.
[898] Ibid. ; p. 231 : “Télégramme officiel de Libreville pour Cap Lopez : “Commissaire Général à Administrateur Ndjolé : “Vous autorise à prélever sur encaisse à Cap Lopez cinq mille francs. J’interdis absolument tout déplacement ; vous invite à stricte économie et, afin donniez exemple, je n’hésiterai pas à laisser à votre compte personnel toutes dépenses engagées par vous sans autorisation comme votre promenade inutile, à mon avis, au Cap Lopez. Grodet”.
[899] Les mesures prises par Grodet marquent les esprits pour longtemps. Denisard écrit : “Vers la fin de 1900, des massacres ont lieu dans l’Ogooué, où des factoriens sont mangés par des indigènes ; le commissaire général vient, en effet, de réduire les milices pour équilibrer son budget”. Denisard, “ Le Congo français ”, Bulletin de la Société de Géographie de Rochefort, XXVI, 1904, pp. 198-216 et 241-265 ; p. 215.
[900] C.A.O.M., A.E.F., Gabon, 4D(1)2, 17 juillet 1901, Merlet, agent de la Société agricole et commerciale du Sette Cama au chef de station de Sette Cama, Sette Cama.
[901] C.A.O.M., A.E.F., Gabon, 4D(1)2, 18 juillet 1901, Le chef de poste de Sette Cama à Monsieur l’administrateur de Mayumba : “ … Je termine ce rapport en demandant qu’une répression sévère soit exercée contre le village Attiwino, seul auteur de ces troubles. J’ai toujours agi avec prudence avec eux mais il m’était impossible de laisser impunie l’action du chef Nzgo contre les hommes du poste. Je n’avais du reste l’intention de le garder en prison qu’une journée ou deux au plus. Le village en question n’est pas très peuplé et une douzaine de miliciens suffirait pour la repression demandée, d’autant plus que la chaloupe à vapeur qui serait mise à notre disposition cause une grande frayeur aux pahouins ”.
PS Pour le moment tout est rentré dans le calme.
[902] C.A.O.M., A.E.F., Gabon, 4D(1)2, Libreville à Administrateur de Mayumba, 3 août 1901 : “ [Je] vous prie n’engager aucune démonstration. Veuillez pour le moment et jusqu’à nouvel ordre vous borner à procéder sans frais et discrètement à enquête par le moyen agents indigènes ”.
[903] C.A.O.M., Concessions XIV B2 Grodet à Ministre des Colonies, 22 juin 1901.
[904] C.A.O.M., Concessions XIV B2, Grodet à Colonies, 29 novembre 1901.
[905] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1)2, Batah, 23 mai 1901, Rey, administrateur de la région Côte Nord à Commissaire général.
[906] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1)2, 22 juin 1901, Rouyer, administrateur de la région de Libreville à Commissaire général.
[907] M. Dubroc, “ Mission de délimitation franco-espagnole du Golfe de Guinée ”, Revue Coloniale, nouvelle série, n°11, mars-avril, 1903, pp. 576-599, n°13, juillet-août 1903, pp. 15-49. Voir aussi A. Mangongo Nzambi, La pénétration française et l’organisation administrative du nord-Gabon, thèse pour le doctorat, EPHE, VI section, Paris, Sorbonne, 1968, p. 100.
[908] C.A.O.M., A.E.F. GAbon 4D(1)2, Libreville 31 mars 1901, Commissaire général à administrateur côte nord.
[909] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 197.
[910] A. Veistroffer, Vingt ans… ; p. 230.
[911] Emane Tole et son fils sont déportés en 1904 à Grand Bassam. Tole Emane est libéré en 1912 et revient au Gabon. Il fonde le village de Mvam Zaman sur la rivière Ezanga, au sud de Lambaréné. Emane Tole meurt en déportation en 1914. Il est présent dans la mémoire collective Fang, représentant le héros de la résistance à l’autorité coloniale chez les plus jeunes, et aux activités de la SHO chez les plus vieux (Deschamps H. , Traditions orales et archives du Gabon, Paris, Berger-Levrault, 1962 ; pp. 86-87). Chaque épisode de son parcours aventureux, ici retracé, est marqué par un contexte économique défavorable aux intérêts fang. Il n’en reste pas moins un habile manipulateur et organisateur de révolte. C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 197 ; N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; pp. 83-84, Ndoume Assebe, Emane Tole… ; p. 37.
[912] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre en date du 15 juillet 1902, Le secrétaire général, chargé de l’expédition des affaires courantes, pour le Commissaire Général en tournée Au Ministre des colonies.
[913] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 25 juin 1902 Lahoude, Commandant du cercle de la N’Gounié au Commandant de la région de l’Ogooué.
[914] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Gaulois, 28 juillet 1902 Nouvelles coloniales.
[915] C.A.O.M., A.E.F. Gabon 4D(1) 2, 9 juillet 1902 Commissaire Général à Administrateur Ogooué.
[916] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre en date du 15 juillet 1902, Le secrétaire général, chargé de l’expédition des affaires courantes, pour le Commissaire Général en tournée, Au Ministre des colonies.
[917] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes, 1902-1903, lettre du 19 septembre 1902, Grodet Commissaire Général à Hostains, Administrateur colonial à Ndjolé.
[918] C.A.O.M., A.E.F. 2B92, 61MI27, 2B92, folio 36, N° 744, 3 octobre 1902, Grodet à Noton, capitaine de l’Alcyon. Un manque de tact sans doute contre “Mr Herre, qui, sans arme et sans aucune provocation, était allé leur réclamer l’impôt”.
[919] Ibid.
[920] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 16 octobre 1902, Rapport de Monsieur Baudon, Maître de port sur les opérations de la colonne de N’Dombo, village pahouin du clan Yévan, au nord de l’estuaire, le 8 octobre 1902 Lettre du 15 novembre 1902 du Commissaire Général du Congo Français au ministre des Colonies.
[921] C.A.O.M., A.E.F., 2B92, 61 MI 28, folio 19, Correspondance du Commissaire Général adressée aux particuliers et aux administrations étrangères au Congo français. 6 janvier 1903 - 6 novembre 1903, Libreville, 19 janvier 1903.
[922] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre en date du 18 février 1903, Commissaire Général du Congo Français au ministre des colonies.
[923] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 26 février 1903, Albert Grodet Commissaire Général du Congo Français A Ministre des Colonies : “ Cet exemple et celui qui a été infligé à Makok feront, je l’espère, impression sur les Pahouins de la région, qui n’ont aucune notion de l’ordre public ”.
[924] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903.
[925] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Administrateur adjoint de la région de Libreville à Commissaire général, Libreville, le 24 mars 1903, Opération de police contre le chef Maniaca Oyé, villages Ndouma Tanga, crique Congoulé.
[926] C.A.O.M., Concessions XIV B2, Circulaire Grodet, 6 mars 1902,: “ J’attache personnellement le plus grand prix à ce que vous apportiez tous vos efforts à assurer la perception de l’impôt […] Je tiendrai un compte particulier, lorsque je rédigerai les notes signalétiques du personnel des affaires indigènes, de l’activité, du zèle, de l’intelligence que mes collaborateurs auront mis à appliquer l’article du 11 février dernier ”.
[927] Journal Officiel du Congo Français, 17 mai 1902.
[928] C.A.O.M., Concessions XIV B2, Grodet à Colonie, 6 juillet 1902.
[929] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 19, Affaires politiques anciennes 1902 - 1903, Lettre du 19 septembre 1902, Albert Grodet, Commissaire Général à Hostains, Admistrateur colonial à Ndjolé
[930] A Ngoila, Von Stein apprend que Bertoua est occupée par des troupes françaises. La nouvelle est fausse. En août, Von Stein occupe une factorerie de la Ngoko Sangha à Batouri. Un nouvel incident se produit à Ndelele, en territoire français, provoqué par Engelhardt, de la mission de délimitation. Denisard, Le Congo français ; p. 276 et suivantes.
[931] En mars 1902, les populations inquiètent particulièrement le poste d’Ouesso. Arborant des fétiches de guerres, elles menacent les concessionnaires et attendent que ses effectifs baissent pour attaquer.
[932] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Télégramme officiel de Brazzaville pour Libreville, Dépôt le 28 avril 1902, Administrateur Brazzaville à Commissaire général Libreville : “ Administrateur Ouesso annonce que Lieutenant Charreau est rentré de sa tournée. 18 indigènes ont été tués, nombreux blessés, trois femmes prisonnières deux soldats blessés en bon état vu difficultés transport et agglomération brousse a été impossible continuer opération et rien est terminé factorerie Okoko rive droite aval Ouesso complètement évacué par Compagnie franco congolaise a été brûlée grande baisse des eaux empêche montée compagnie vers Carnot par vapeur... Trois indigènes et chef Miganga arrêtés pour complicité affaire ”.
Libreville 17 mai 1902, Colonies Paris : “ Il y trois mois bruit a couru que indigènes venant de Ngoko promenant avec fétiches de guerre dans environs Ouesso origine mouvement semblerait donc venir de Cameroun ou pays pahouin d’autre part tribus indigènes pillards bordant rives Sangha servaient intermédiaires au commerce jusque arrivée concessionnaires ont vu mauvais oeil installation européens réduisant source bénéfices étaient hostiles et attendaient occasion retrait brusque ces temps derniers par sociétés de majeure partie personnel européen et indigène que ne pouvaient conserver afin réduire frais généraux en augmentant audace indigènes a dû précipiter évènements ”.
[933] Journal Officiel du Congo Français, 19 mars 1903, Circulaire Gentil : “ J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’attache le plus grand prix à ce que vous vous efforciez d’en augmenter le chiffre […] Je ne vous cacherai pas que je me baserai, pour vous noter, surtout sur les résultats que vous aurez obtenus au point de vue de l’impôt indigène, qui doit être pour vous l’objet d’une constante préoccupation ”.
[934] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Poste de Boutika, Rapport mensuel de juin 1903, Le chef de poste à Administrateur, commandant la région de Libreville, Boutika, 1er juillet 1903, Situation politique : “ Un certain nombre d’entre eux ayant appris mon retour sont venus au poste pour me faire part de leurs doléances, me chargeant de vous informer de la pitoyable situation qui leur est faite par suite du départ des maisons de commerce qui précédemment étaient établies ici.
“ Je leur ai promis de le faire, les engageants en attendant les évènements à retourner à leurs villages respectifs.
“ Suivront-ils mes conseils? J’en doute...
Région du Tembony
“ Le mouvement d’émigration assez prononcé qui s’y était produit est pour le moment totalement enrayé.
“ Les indigènes ont repris confiance en nous depuis que nous y faisons construire un poste. Aussi regagnent-ils peu à peu leurs villages qu’ils avaient primitivement abandonnés.
“ Mbéto tend de plus en plus à devenir un centre important. De nouvelles cases s’y construisent journellement et de nombreux travaux de débroussement sont faits par les indigènes pour pouvoir y en établir d’autres ”.
[935] Onze exemples de répressions chez les Fang du Como et les poplations des lacs pour non versement de l’impôt en 1903-1904, cité par Rouanet, député socialiste, en 1906.
[936] C.A.O.M., Concessions XIV-B(2), Pétition ms. Adressée à Ministre des Colonies, Libreville, 25 septembre 1903 : “ Il devrait du moins avoir une justice pour les pauvres indigènes du Gabon qui sont actuellement sous la torture des Européens. Ceux-ci ayant appris que M. Grodet ne revenait plus, ont choisi le moment opportun pour faire valoir leur volonté […] A propos de l’impôt de capitation, plus d’une vingtaine de gens ont été mis en état d’arrestation et emprisonnés pour n’avoir pas su payer. Nous vous demandons, pour une première et dernière fois, la faveur de vouloir bien nous retourner M. Grodet […] Les indigènes le préfèrent, parce qu’il n’a pas de préférence de couleur, etc., il est juste pour tout le monde et non comme fait son successeur M. Gentil. [Signé] Tous les gabonais en général ”.
[937] Décret du 21 août 1903, Journal Officiel du Congo Français, 24 octobre 1903
[938] Le jugement tranche avec celui rendu trois ans plus tôt (24 octobre 1901) contre la même John Holt, accusée d’exercer sur le territoire de la SHO et tenue de restituer les produits récoltés sur le territoire de la S.H.O. C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 227.
[939] Ibid.; p. 242.
[940] D’après le Régime concessionnaire en A.E.F. et son fonctionnement, 1900-1910, C.A.O.M., 8Q.
[941] C.A.O.M., A.E.F. GAbon 4D(1) 2, Compagnie Ngoko Sangha, 23 avril 1906 à Commissaire Général :
“ Nous avons l’honneur de vous rappeler que depuis deux ans nous vous avons demandé l’établissement d’un poste sur le Haut-Ivindo à la frontière du Cameroun. Vous aviez bien voulu en reconnaître l’urgence puisque vous l’aviez promis à M. Chaussé quand il est descendu à Brazzaville, en octobre 1904, pour vous mettre au courant de la situation, et que vous aviez même désigné comme titulaire à ce poste Monsieur Siadoux ”.
[942] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, 14 mars 1904, Lieutenant Sockel ex commandant du cercle Booué Bikouala à Commissaire général du Congo Français.
[943] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, dossier Sindara, Mayoumba et suivants. N. Meteghe N’Nah, L’implantation coloniale….
[944] Rapport de Fieschi, novembre 1904, cité par Rouanet, : “ Il est hors de doute, concluait l’administrateur du cercle de Lambaréné, que le principe de l’impôt a trouvé les indigènes très réfractaires. Mais les répressions sanglantes qui ont répondu aux moindres résistances, pourtant si compréhensibles, ont puissamment aidé à le faire prendre en haine ”.
[945] C.A.O.M., Gabon Congo XIX, 4b, Commission d’enquête sur les exagérations de Gentil.
[946] Journal Officiel du Congo Français, p. 61, Circulaire du 19 juillet 1904 de Gentil.
[947] En 1904, une quinzaine de missions catholiques couvrent le Gabon tenues par une vingtaine de pères pour onze écoles et 750 enfants scolarisés : Sacré Cœur au Mouni, Saint Joseph au Cap Esterias, Sainte Marie et Saint Pierre à Libreville, Alenakiri près d’Owendo, Saint Paul de Donguila, Sainte Anne au Fernan Vaz, Sainte Croix des Eshira, Saint Martin des Apingi, Franceville, Lastourville, Saint Michel de Ndjolé, Lambaréné, Ebiligh (annexe entre Lambaréné et Ndjolé). Autour de Libreville, il faut ajouter les missions Fula Bifoum dans le Como et de Baraka que les presbytériens américains remettent en 1901 aux protestants français.
[948] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, Libreville 23 juin 1904, Emigration indigène vers la colonie allemande du Kamerun, Lieut gouv à Comm géné : “ Les indigènes qui s’éloignent ainsi de notre colonie, avec ou sans esprit de retour, savent lire et écrire, plusieurs possèdent même une certaine instruction qu’ils ont acquise grâce aux sacrifices que la colonie s’est imposée pour allouer chaque année une subvention importante au personnel enseignant des diverses missions. Aussi ces Gabonais trouvent-ils facilement à s’engager au service de maisons anglaises ou allemandes qui les attirent par l’appât de salaires assez élevés... ”.
[949] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, 25 février 1905, Noufflard, à Commissaire général.
[950] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 78 : “ On en était encore à acheter le concours des premiers chefs fang de la région de Libreville. Quatre-vingt-quatre d’entre eux, venus du haut-Como à la suite du chef des Bekoué jusqu’alors révolté, furent reçu solennellement au chef lieu en 1904 ”. C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, Rapport d’ensemble, 1904 pp. 14-16.
[951] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1) 2, 25 février 1905, Noufflard, à Commissaire Général, Proposition d’un impôt sur les pirogues : “ La facilité avec laquelle le recouvrement de l’impôt de capitation semble maintenant s’effectuer dans les villages riverains et les ressources naturelles du pays encore inexploitées m’ont amené à penser qu’il y aurait intérêt à établir une distinction entre les charges pesant sur les villages de l’intérieur et celles qui sont imposées aux villages qui par leur situation en bordure des cours d’eau navigables monopolisent en quelque sorte le commerce sur les seules voies de transport actuellement praticables.
“ Ces derniers, en toute justice, me paraissent devoir être imposés plus lourdement que les agglomérations de l’intérieur, en faveur desquels les bénéfices de notre protection se font encore si faiblement sentir.
“ Ce sont ces considérations qui me conduisent à vous soumettre l’idée d’établir un impôt sur les pirogues. C’est grâce à leurs embarcations que les populations riveraines se sont assuré le monopole du commerce des transports et qu’ils s’imposent encore aujourd’hui comme intermédiaires entre les producteurs de l’intérieur et les maisons de commerce européennes. S’il existe chez les Pahouins des rivières un signe extérieur de richesse qui puisse être frappé c’est bien la pirogue. En outre, en soumettant les embarcations à un impôt qui se traduirait par une marque très apparente on arriverait peu à peu à interdire la circulation des rivières aux pirogues appartenant à des indigènes qui n’auraient pas encore reconnu notre autorité ”.
[952] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, 16 mars 1905, Commissaire Général à Lieutenant Gouverneur : “ J’ajoute d’ailleurs que par celà même qu’il a acquitté la redevance, un indigène doit non seulement profiter de notre protection mais encore jouir tout naturellement des avantages matériels que lui procurent notre contact... qu’au lieu de frapper d’un impôt nouveau, les riverains qui retirent de notre voisinage tout le profit qu’ils doivent normalement espérer, il convient d’assurer aux gens de l’intérieur des avantages équivalents...”.
[953] Pour garantir le service des hommes, la concession de Bangui regroupe dans des camps de concentrations les femmes de villages qui y meurent par centaines.
[954] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 135 : “ Les instructions confidentielles de Brazza lui enjoignaient précisément d’enquêter sur les abus engendrés dans la perception de l’impôt par la collusion entre l’intérêt des concessionnaires et celui des administrateurs, dorénavant intéressés à une récolte dont dépendait leur avancement ”.
[955] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Cablogramme du 18 juin 1905.
[956] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Conseil d’administration du Gabon Séance diu 9 août 1905.
[957] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2.
[958] C.A.O.M., Gabon Congo I, dossier 65, Dépêche télégraphique Brazzaville le 18 octobre 1905, Telle à Colonie :
“ Lieutenant gouverneur signale le 12 septembre nécessité prendre des mesures contre un chef pahouin du Congo. Il fut convenu Noufflard se rendrait lui-même sur place avec un important détachement afin d’éviter précisément effusion de sang et je télégraphiai textuellement faire le possible obtenir remise coupable afin éviter repression qui devrait être faite qu’en cas refus tribu le livrer et en effet lieutenant gouverneur me télégraphiait dès le 15 septembre tribu fait sa soumission et promis livrer chef coupable en fuite, lequel fut remis administration le 24 septembre, puis à autorité judiciaire. J’ai félicité Noufflard résultat obtenu par simple démonstration force... ”.
[959] Les chiffres sont de 3 millions de francs d’activité pour les petites concessions (plus un million d’augmentation en un an), 1.8 millions pour la S.H.O. et la C.P.K.N. (baisse de 0.8 millions), et 3.3 millions pour le commerce libre (plus 0.1 million).
[960] A. Cottes, La Mission Cottes au Sud Cameroun, (1905-1908), Paris, Leroux, 1911, p. 13.
[961] Ibid. ; p. 80.
[962] Ibid. ; p. 13.
[963] Ibid. : “ Je crois devoir ajouter que cette région doit être, de votre part, l’objet de sérieuses investigations et que vous devrez étendre vos recherches à la zone où la présence de factoreries françaises et allemandes pourrait rendre importantes ultérieurement des constatations sur le terrain, et où des intérêts économiques et commerciaux seraient éventuellement en jeu ”.
[964] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Fourneau Lieutenant Gouverneur du Gabon à Gentil, 6 décembre 1905 et Compagnie Ngoko Sangha à Gentil, 23 avril 1906.
[965] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, 24 septembre 1905, Noufflard, Lieutenant Gouverneur du Gabon par intérim à Gentil, Commissaire général à Brazzaville. Rapport d’ensemble pour le mois de juillet 1905.
[966] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Libreville, le 23 septembre 1905, Plaisant, directeur de la S.H.O. en Afrique à Lieutenant gouverneur du Gabon : “ Notre Société, soucieuse d’étendre progressivement l’exploitation des territoires de sa concession, mise en demeure, d’ailleurs, de gagner au plus tôt ses frontières, pour se défendre contre les incursions manifestes de ses voisins et contre la création de courants commerciaux contraires à ses intérêts et à ceux de la Colonie du Gabon, a été amenée à tenter, dès la fin de cette année, la création d’une nouvelle région commerciale dans le haut Ivindo.
“ Cette région, très peu connue, a été parcourue deux fois déjà par un des agents de notre Société, Monsieur Vaille, à qui nous avons confié la mission de tenter cette création...
“ Notre Société est décidée à tenter un grand effort de ce côté et à fonder, jusqu’aux limites de l’angle Nord Est de la concession des établissements sérieux et durables ”.
[967] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Libreville, le 23 octobre 1905, Noufflard, Lieutenant Gouverneur à Commissaire général, A propos de la lettre de Plaisant : “ En termes clairs le représentant en Afrique de la S.H.O. demande à l’administration de la colonie de subordonner sa pénétration politique à celle qu’elle a l’intention d’effectuer dans un but commercial, tout en lui garantissant des renforts militaires si les circonstances venaient à exiger une intervention armée pour l’appuyer. En un mot tant que le mouvement commercial tenté par la Société pourrait se dérouler sans rencontrer d’obstacles, le poste militaire devrait rester immobilisé, sauf à se porter au secours de la mission à la première demande de son chef... ”
[968] Ibid.: “ Au point de vue général il est évident que nous avons intérêt à pénétrer le plus possible la colonie et une des premières routes à ouvrir à cet égard est bien celle qui est destinée à relier nos derniers postes sur l’Ogooué à ceux que des considérations à la fois politiques et économiques nous obligent à créer dans la Ngoko Sangha à la limite du bassin conventionnel et de la frontière du Cameroun...
“ J’estime que c’est dans le couloir qui s’étend le long de nos frontières du nord, depuis l’embouchure du Muny jusqu’à Matuli, que doit se déployer le principal effort de notre action politique. Tout concourt d’ailleurs à favoriser l’exécution d’un programme très complet dans cette direction. La mission franco-allemande forme en quelque sorte une base vers laquelle peuvent converger plusieurs tentatives de pénétration coordonnées, partant des divers points du Gabon que je me représente comme les têtes de ligne possibles de différentes routes qui permettraient d’avoir accès dans la zone comprise entre Matuli et le 9° de longitude. La première route, celle du Haut-Ivindo serait étudiée et jalonnée par la mission du Haut-Ogooué et les comptoirs commerciaux qu’elle se propose de fonder. Au lieu de reprendre notre pénétration vers Kamdjama et de doubler en la gênant la marche des agents de la S.H.O., je crois qu’il serait préférable de nous attacher à faire reconnaître le cours de l’Abanga qui d’après les derniers renseignements publiés par la S.H.O. traverserait l’extrêmité nord-ouest de sa concession pour pénétrer sur le territoire de la Cie de la Ngoko Sangha en passant tout près du sommet de l’angle formé par l’intersection du 9° de longitude avec le 1° de latitude nord. ”
[969] Ibid. : “ D’après une carte du père Trilles, le cours de l’Abanga, tout en suivant une direction parallèle à celle de l’Ivindo devrait être placé plus à l’ouest, ce qui mettrait cette importante rivière en dehors de la zone réservée à la S.H.O. Il y a là un point à déterminer qui présente un intérêt économique de premier ordre, car de graves conflits privés surgiront, à n’en pas douter, par suite du mouvement dessiné par différentes maisons de commerce françaises et étrangères pour se créer de nouveaux marchés dans la région de la Haute Abanga. J’estime que cette question est de nature à retenir notre plus sérieuse attention et à nous décider à choisir cette route pour reprendre la pénétration vers la frontière nord de la Colonie ”.
[970] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Libreville 6 décembre 1905, Alfred Fourneau, Lieutenant gouverneur du Gabon au Commissaire général du Gouvernement : “ Contrairement à l’avis exprimé par Monsieur le Commissaire général dans sa lettre n° 331 du 24 juillet 1905, j’estime que l’établissement d’un poste militaire important dans le Haut-Ivindo serait aujourd’hui prématuré. Notre pénétration vers le nord doit se faire avec extrêmement de prudence et dans la circonstance nous avons tout avantage à nous laisser devancer par les traitants et les comptoirs commerciaux de la S.H.O.
“ Toute cette région du Haut-Ivindo est habitée par des populations très ombrageuses, essentiellement commerçantes, qui servent d’intermédiaires entre les tribus du Sud Cameroun et celles riveraines de l’Ogooué. En principe elles sont toujours disposées à s’opposer à toute marche du sud au nord alors que, au contraire, elles faciliteraient plutôt le passage d’une mission venant de notre frontière et se dirigeant vers l’Ogooué...
“ L’expérience tenteée par le Lieutenant Brûlé a été plutôt néfaste...
“ Nous ne devrons intervenir que le jour où cette Société sera en contact par ses comptoirs avec toutes ces tribus si intéressantes mais si susceptibles du Nord. Encore devons nous être très forts et disposer d’effectifs autrement sérieux que ceux que nous avons actuellement... ”
[971] “A Minvoul, l’importante factorerie de la Hamburg Afrika Gesellschaft reçut une escorte de quelques soldats détachés de la station d’Ebolowa”. A. Mangongo Nzambi, La pénétration française ; p. 60.
[972] A. Cottes, La mission Cottes… ; p. 23.
[973] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Compagnie Ngoko Sangha, 23 avril 1906 à Commissaire général :
“ Quand notre directeur, Monsieur de Sallmard est arrivé à Brazzaville en mars 1905, il vous a démontré par toute une série de faits et correspondance la nécessité qu’il y avait de créer ce poste, et vous lui aviez répondu que vous aviez donné des ordres en conséquence, et que lorsqu’il arriverait dans la concession, les militaires seraient déjà rendus à ce poste.
“ Depuis sont survenus les tristes incidents de Missoum qui n’auraient certainement pas eu lieu si ce poste avait existé.
“ Nous venons donc vous prier, Monsieur le Commissaire général, de bien vouloir donner des instructions pour installer ce poste dans le Haut Ivindo, lequel protégera à la fois les intérêts de la colonie et les nôtres. Les évènements qui se sont déroulés dans notre concession vers la frontière, et ceux qui se passent actuellement et dont le gouvernement de la Colonie a été tenu au courant, rendent encore plus impérieuse la nécessité de la création de ce poste ”.
[974] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, Rapport mensuel avril mai 1906, Noufflard à Gentil : “ Pour les territoires non concédés de l’abanga, cet état de choses est le résultat de la concurrence effrenée que s’y font les maisons de commerce qui toutes y ont de nombreux représentants. L’indigène n’a pas augmenté sa production et les bénéfices plus divisés sont évidemment amoindris. ”
[975] Le 22 novembre 1906, Noufflard, Lieutenant gouverneur du Gabon, signe un arrêté infligé aux Ossiebas, “ dont l’attitude hostile a provoqué les opérations faites en mai dernier par la colonne de l’Ofooué ”.
[976] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Affaires indigènes, Libreville, le 5 mai 1906, Exposé de la situation politique actuelle de la Région de l’Ogooué, Hostains : “ La situation politique de l’Ogooué est actuellement moins bonne qu’elle n’était en 1904. Elle paraît sensiblement équivalente à en juger par les rapports des deux derniers administrateurs à ce qu’elle était à la fin de 1902, avec cette cironstance agravante qu’à ce moment la question Issogho n’existait pas....
“ Sur des points nombreux régnerait une évidente mauvaise volonté, parfois même une sourde hostilité (rapport d’ensemble de 1905 Capitaine Curault). - Cet état d’esprit s’est manifesté par divers symptômes dont les principaux sont : tendance chez les Pahouins à recommencer à régler eux-mêmes leurs palabres ; arrestations arbitraires pour ce motif relâchement dans les rentrées de l’impôt, parfois refus catégorique de le payer; refus de l’entrée des villages aux fonctionnaires ou à leur escorte ; querelles intestines, pillages de tribus à tribus. ..
“ Il est inutile de multiplier les exemples pour prouver cette diminution de notre autorité. Il suffit pour s’en rendre compte de constater la diminution des versements opérés au titre de l’impôt en 1905.
“ En effet, l’expérience des dernières années a montré que dans les cercles biens administrés où la justice est régulièrement rendue, où notre autorité est effective, l’impôt rentre facilement, et qu’il est refusé là où soit par négligence, soit par faiblesse de moyens elle est mise en échec ”.
[977] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, dossier Mocabe.
[978] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Curault, Ndjolé 15 avril 1907.
[979] M. Denis, Histoire militaire…, p. 88.
[980] C.A.O.M., Concessions LII 9 , Commissaire général à Ministre des Colonies, 24 juillet 1906, cité par C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 316.
[981] A. Cottes, La mission Cottes… ; p. 27.
[982] Instructions du 7 septembre 1906, A. Mangongo Nzambi, La pénétration française ; p. 133.
[983] Arrêté du 24 septembre 1906 de Gentil, approuvant le projet.
[984] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Noufflard, 11 août 1906, Lieutenant Gouverneur à Commissaire général.
[985] Entre 1900 et 1907, importation massive d’armes et de munitions par la Ngoko-Sangha : 10 745 fusils, 200 000 capsules et 60 t. de poudre. C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 319.
[986] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, Noufflard à Gentil ; octobre 1906, troubles dans l’Abanga : “ Au début, les tribus pahouines environnantes apportaient volontiers aux factoreries les produits naturels, mais leurs stocks ne tardèrent pas à s’épuiser. Les pahouins formèrent alors une ligne de douanes isolant complètement les commerçants et obligeant les producteurs à passer par leur propre intermédiaire pour parvenir aux factoreries. Les efforts de celles-ci pour, au moyen de traitants indigènes, essayer de franchir cette ligne n’ont amené aucun résultat, l’éloignement de tout poste, la véritable impunité dont ils ont joui jusqu’à ce jour ne pouvant évidemment qu’enhardir les pahouins? ”
[987] On peut lire sur ce même rapport à propos du blocus fang dans l’Abanga, une note manuscrite de Gentil disant : “Ce n’est pas si bête” (sic).
[988] Voir aussi Cottes A., “ Les confins du Sud-Cameroun et du Congo français - conférence du 18 octobre 1908”, Bulletin de la Société de Géographie de Lille, 1908, t. L, pp. 275-276, t. LI, pp. 275-284.
[989] Les idées de Cottes sont très empruntes de ses prédecesseurs, en particulier Brazza. Il conclut (La mission Cottes… ; p. 54) : “ … La mise en valeur d’une contrée fort peuplée dans sa section occidentale du moins, sera particulièrement rémunératrice aussi bien par l’exploitation des ressources qui sont loin d’être toutes connues, que par le concours de la population pahouine qui fournira de précieux agents à notre civilisation et à notre commerce dès qu’une politique adroite l’aura gagnée ”.
[990] Ibid. ; p. 87.
[991] Ibid. ; p. 85. Sao Tome par rapport à son étendue est proportionnellement la colonie la plus riche du monde ; elle a passé sa production de cacao en 35 ans de 50 tonnes à 21000 tonnes. La quinzaine coloniale, 25 janvier 1907, p. 134.
[992] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, Noufflard à Gentil, Rapport de novembre 1906 : “ Le passage des missions cottes, Luciani et Weber dans ces régions hier encore inexplorées, la création du poste politique d’Ouvam vont nous permettre d’organiser le pays békoué et d’étendre notre influence jusqu’aux limites nord du Gabon ”.
[993] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, pièce n° 313, Noufflard, “ Situation politique des cercles (1906) ”.
[994] Cottes, La mission Cottes… ; p. 80.
[995] Libreville, le 11 janvier 1907, Noufflard Lieutenant Gouverneur à Commissaire Général : “ Par delà les limites du cercle du Como, M. l’administrateur de 1ere classe Weber et M. Luciani, Commis des affaires indigènes, sont allés reconnaître les régions du Woleu et du Ntem où (je ne saurais trop insister sur ce point) il convient que nous établissions sans plus tarder une occupation régulière [… M. Weber] redescend, seul, en longeant la frontière de la Guinée Espagnole, de façon à nous renseigner sur la meilleure route de pénétration vers ces régions nouvelles de la colonie dont l’occupation, à la suite de la mission de délimitation du sud cameroun, doit figurer au premier plan du programme à réaliser au cours de l’année qui vient de s’ouvrir ”.
[996] La quinzaine coloniale, 25 janvier 1907, p. 64.
[997] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, arrêté du 15 février 1907, complété par celui du 20 avril 1907.
[998] La quinzaine coloniale, 25 avril 1907, Rapport Noufflard du 6 septembre 1906.
[999] La quinzaine coloniale, 25 mars 1906, p. 236.
[1000] M. Denis, Histoire militaire… ; p. 88-89.
[1001] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Noufflard, 11 janvier 1907, à Curault : “ Pour ma part j’estime que c’est surtout dans cette direction qu’il importe, au cours de la première partie de l’année qui vient de s’ouvrir, de diriger nos efforts. L’occupation du massif des Issoghos par les forces de la compagnie Conrad sera beaucoup plus lente que nous l’avions prévu au début. Votre intervention sur les confins de son territoire militaire et dans la zone exploitée actuellement par la S.H.O. ne se justifierait donc que dans le cas d’un échec des tentatives de conciliation du Capitaine Conrad auprès des Issoghos et d’une conflagration générale de toute la région de leur habitat ”.
[1002] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, pièce n° 313, Noufflard, Colonie du Gabon, Situation politique des cercles (1906) : “ Dans l’Ogooué les progrès de notre prise de contact avec les Pahouins paraissent sensibles surtout au cours des derniers mois de l’année. Malgré une répression exercée en avril et mai contre les Ossyébas, les Pahouins du cercle de Booué sont toujours turbulents et ceux de Ndjolé comme leurs frères de l’Abanga se montrent insolents. Cette attitude se modifiera par une intervention prompte et énergique ”.
[1003] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, 11 janvier 1907, Noufflard, Lieutenant gouverneur à Curault, administrateur de la région de l’Ogooué.
[1004] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Gaffory, administrateur du cercle de Ndjolé à Curault, administrateur de la région de l’OGooué, Ndjolé, le 18 janvier 1907, Tournée dans l’Abanga : “ Cette tournée d’une durée de 27 jours a été assez féconde en résultats, puisque j’ai pu réussir à régler les principaux palabres et percevoir, sans encombre, plus de trois mille francs d’impôt indigène.
“ Ce pays n’a jamais été visité par un administrateur et les Pahouins qui y habitent sont, partant, plus farouche que partout ailleurs.
“ Je reste toujours convaincu qu’ils tolèrent notre domination sans l’accepter franchement. On sent chez ces indigènes une rébellion sourde de tous les instants. Souvent, j’ai été amené à remarquer dans ma tournée que, si on me faisait bonne mine ou si on n’osait pas m’agresser, c’était purement et simplement parce qu’on craignait la force du détachement de miliciens qui m’accompagnait, se composant de 20 hommes et d’un garde principal.
“ Il est indispensable pour que les résultats obtenus demeurent efficaces, que les indigènes de l’Abanga soient en contact constant avec nous. Pour ce faire, la création d’un poste politique dans la haute Abanga soit à Nzorengou [Nzogeungom] soit à Nkam s’impose. Et je vous serais très reconnaissant, Monsieur l’administrateur de vouloir bien insister tout particulièrement après de M. le Gouverneur pour que ce poste soit créé à bref délai. Ndjolé se trouverait de ce fait, relié à l’Abanga et cette partie du cercle, certainement la plus riche, trop négligée jusqu’à ce jour, nous donnera d’heureuses satisfactions, à tous les points de vue. ”
[1005] D’après le Régime concessionnaire en AEF et son fonctionnement, 1900-1910, C.A.O.M., 8Q.
[1006] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Paris le 23 janvier 1907, Briandt, administrateur directeur de la SHO à Noufflard, Gouverneur du Gabon.
[1007] Il y aurait d’ailleurs beaucoup à apprendre de la justice coloniale sur les rapports entre Occidentaux et Gabonais. Un échantillon pris au hasard dans les archives donne une idée des sentences prononcées contre des délits où l’autorité coloniale et l’ordre public ne supportent pas d’être menacés. En revanche, les Gabonais sont moins inquiétés pour des tentatives de crimes contre des compatriotes :
C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2 : “ Etat des jugements rendus et des condamnations prononcées pendant le mois de février 1907 au titre de la justice indigène, Noufflard, lieutenant gouverneur du Gabon, Libreville 4 avril 1907:
Iguéla: Rémi Soza, Ngové, condamné le 15 février 1907 à 1 mois de prison pour tentative d’empoisonnement ;
Booué, Tsango, pahouin et Essingoun Pahouin, condamnés le 8 janvier à 1 mois de prison pour vol dans les plantations okandaises ;
Ndjolé, Nzigué, 28 janvier, 10 mois pour menaces de mort à l’administrateur ;
Libreville, Ngoa, Pahouin, 26 février, 3 mois pour “ avoir prononcé des paroles injurieuses contre l’administrateur de la région en règlement de palabres et avoir menacé son adversaire indigène de lui faire la guerre pour reprendre une femme sur laquelle il n’a aucun droit ”. ;
Ndjolé, quatre pahouins deux mois pour tapage nocturne
[1008] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Damien à Curault, 28 mars 1907.
[1009] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Télégramme Armes Ndjolé à troupes Brazzaville. Ndjolé, 14 avril 1907.
[1010] Rapport du capitaine Curault, Ndjolé 15 avril 1907 : “ Comment pouvons nous croire un moment, après cela, que les indigènes qui nous voient marcher à [la] suite [de Damien] puissent nous consacrer comme des arbitres capables d’imposer une justice égale pour tous et à tous ! Ils nous prennent pour des agents aux gages de la Société et avant même qu’ils aient ouvert la bouche, tirent sur ceux qui sont chargés de nous représenter ”.
[1011] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Rapport politique de la région de l’OGooué, des mois d’avril et mai 1907, Curault, Ndjolé, le 31 mai 1907 : “ La situation politique du cercle de Booué n’avait jamais été bien satisfaisante. Des incidents, en apparence peu graves, mais en réalité significatifs, donnaient une note discordante depuis quelques mois. Brusquement, l’attitude des villages voisins du poste devenait inquiétante. L’attaque du sergent Marcoux au village de Ndjolé et cette du Lt Lucas chez les Essencias, démontraitent que la leçon infligée en 1906 aux Ossiébas n’avait pas porté ses fruits pour tout le monde. Des bruits inquiétants couraient sur la situation des agents de la SHO, dans la basse Mouniangui et le Capitaine Lucas était amené à marcher précipitamment sur Koulioura où l’on disait un européen menacé ”.
[1012] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Rapport mensuel de mars 1907, Libreville, le 23 mai 1907, Lieutenant Gouverneur par intérim du Gabon à Commissaire Général.
[1013] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Telle, Gouverneur par Intérim du Gabon à Commissaire Général, Rapport d’avril 1907 : “ [La route de ravitaillement vers le Woleu Ntem] qui d’Ekodoro à Nkan mesure environ 200 km n’est occupée qu’à ses deux extrêmités. La police insuffisante, par suite du manque d’hommes, est incapable d’empêcher les convois de commettre quelques larcins.
“ Au delà d’Etome, les indigènes ont été nettement hostiles aux détachements de la mission Weber et un milicien de ce poste envoyé en courrier a été sérieusement inquiété par eux. Plusieurs villages ont en outre refusé catégoriquement de fournir des porteurs. Pour mettre fin à cet état de choses, M. Poupard demande l’envoi de porteurs loangos et le renforcement de la garde régionale ”.
[1014] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Rapport de Fabiani, administrateur de la région de l’Ogooué, à Lieutenant Gouverneur de Libreville, 1er trimestre 1907 : “ L’occupation de la vallée de l’Ivindo, par la création de poste, Malene, Kandjama et Rébulard, est contraire à la réalité du terrain ”.
[1015] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Bataillon du Gabon Congo 2e Compagnie, détachement de Booué, Booué, le 5 juin 1907, Rapport du capitaine Lucas, commandant le poste sur l’occupation de l’Ivindo.
[1016] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Libreville, 10 juillet 1907, Telle, Lieutenant gouverneur à Commissaire Général : “ Extrême urgence - à faire passer avant tous autres
“ Je reçois de Reymond télégramme daté du 4 et assez imprécis mais où je comprends prescrivez envoyer Loango, en vue opérations côté Moutamba les cent tirailleurs présumés embarqués sur Europe et attendions Libreville en vue marche Compagnie Curault sur Lara et Ivindo vos ordres seront exécutés mieux possible selon ce que savons vos intentions. Au besoin enverrai Le Meillour ou Curault à Loango avec ce détachement afin de se tenir plus aisément en communication avec vous par fil. Toutes fins utiles, je rappelle munitions et vivres tirailleurs attendus ont déjà été dirigés sur Ndjolé. Je pense donc vous visez ceux ils apportent avec eux sur Europe. ”
[1017] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Brazzaville, le 21 août 1907, Rapport de Sadoux, chef de Bataillon commandant les détachements du Gabon Moyen Congo sur les évènements militaires de la Région de l’Ogooué :
“ Je viens de recevoir de Monsieur le chef de bataillon le Meillour, diverses lettres et télégrammes concernant la situation dans la région de l’Ogooué.
“ Dans les derniers jours de juillet, le commandant du poste de milice de La Lara signalait une certaine effervescence chez les Pahouins, la circulation des caravanes allant vers le nord était de nouveau menacée. Le Capitaine Curault dont l’état de santé s’est amélioré, allait partir par la rive gauche de l’Okano pour renforcer le poste, lorsqu’ils arrivèrent à Ndjolé le 3 août, des propositions de soumission des Essobams qui nous ont combattu à Ebelé.
“ Le capitaine Curault quittait Ndjolé le 6 août et le 9 des pourparlers étaient engagés à Azingo, village voisin de Makono, avec les Essobams, et les conditions de la soumission arrêtées. Néanmoins il continue sa marche jusqu’à la Lara où il portera l’effectif du poste de milice à huit fusils. Il a du y arriver le 15 de ce mois ”.
[1018] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Ngonzoum, 16 août 1907, Le Capitaine Curault, administrateur de la région de l’ogooué à monsieur le garde principal Coppier, La Lara, Au sujet de la création d’un poste à la Lara et conduite à tenir avec les Essobames et les populations avoisinantes.
[1019] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Rapport du capitaine Curault administrateur de la région de l’Ogooué sur la soumission des Essobames, Instructions donnée le 2 août 1907 pour marcher sur Booué et soumettre les Essobames et créer un poste à La Lara, voir en annexe.
[1020] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Réception le 17 septembre 1907. pièce n° 38 sans date, Telle, Lieutenant gouverneur à Capitaine Fabiani administrateur Région Ogooué.
N° 601 – “ Commissaire général termine ainsi télégramme reçu hier par lequel il exprime sa satisfaction solution pacifique affaire Essobames Citation “ Veuillez bien pénétrer Capitaine Fabiani nouvellement arrivé de cette idée que marche sur Kandjama et Rébulard ne se présente point comme une expédition militaire et qu’il y a lieu d’agir en conséquence avec les populations ” Fin citation. Je sais que ces instructions ne feront que confirmer conception exacte vous avez déjà pour application programme 10 juillet Commissaire Général, et je sais aussi pouvoir compter pour ma part que vous éviterez dans votre marche Ivindo tous incidents inutiles et vous attacherez à ce que démonstration notre force dans ces régions où sommes encore pas connus servent avant tout cause civilisation et aussi, car les deux choses se lient en ce pays au développement aussi rapide que possible transactions commerciales basées à la fois sur le prestige et confiance saurons inspirer aux indigènes”.
[1021] C.A.O.M., Concessions, LII, dossier 9, rapport Weber, février 1907 ; Déclaration d’un chef fang à Weber “Des Blancs sont venus pour faire des affaires ; nous avons eu grâce à eux toutes les marchandises indispensables […] Tout à coup d’autres Blancs passent et chassent ceux qui nous apportaient des richesses. Que voyons nous à leur place? Rien”. Cité par C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 321.
[1022] C.A.O.M., Concessions, LII, dossier 9, rapport Weber du 4 juillet 1907 : “En fait la Ngoko Sangha fut incapable de prendre la relève des commerçants allemands refoulés. L’aspect même des habitants, vêtus de pagne d’écorce, démontrait que l’article européen était devenu introuvable”.
[1023] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Telle, Gouverneur par intérim à Commissaire général, Rapport de juillet 1907 : “ Il est à remarquer que la Cie concessionnaire Ngoko Sangha ne possède aucun comptoir au nord du Woleu et que Mboleuzork, qui est le poste le plus avancé, est à deux jours au sud d’Angoum. Les indigènes, sans relations avec les allemands depuis l’année dernière, insistent tout particulièrement pour avoir une factorerie à Angoum ; ils ont même remis en état les bâtiments nécessaires. Le voisinage des villages abonde en lianes et les empiètements étrangers sont en réalité insignifiants. M. Weber qui affirme que le pays est calme et sûr, ne comprend pas l’obstination de la société à ne pas progresser vers le nord où l’esprit de la population est meilleur que dans le sud. C’est grâce à leur main-d’oeuvre que les postes d’Angoum, N’Kam, Etom seront bientôt terminés. Ils ont prêté leur concours pour la construction de la route qui sauf incident toujours possible, sera ouverte fin septembre entre Ekodoro et Minvoul ”.
[1024] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 321.
[1025] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, Telle, Gouverneur par Intérim à Commissaire Général, Rapport du troisième trimestre 1907 : “ L’administrateur de la région rend compte que la situation politique est en général satisfaisante ; notre influence progresse régulièrement et pacifiquement. Les indigènes viennent d’autant plus volontiers à nous, qu’ils se rendent compte que nous sommes la force, et l’arrivée récente de 75 gardes régionaux ne peux qu’accentuer encore cette impression. Ils font volontiers régler leurs palabres par l’administrateur ou son représentant et actuellement il n’y a plus dans l’étendue de la région que deux tribus au sud du Woleu qui soient en état de guerre. M. Weber espère que par son intervention, il arrivera sous peu à mettre les deux parties d’accord ”.
[1026] C.A.O.M., A.E.F, 2d34, Lettre de Weber à Telle, Oyem, 12 novembre 1907, cité par R. Berre, L’extension du pouvoir colonial français à l’intérieur du Gabon, 1883-1914, Thèse de 3e cycle, Paris I, 1979 ; p. 232.
[1027] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 321.
[1028] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, 18 septembre 1907, Délégué du Gouvernement du Sénégal, Lettre du 2 septembre de Libreville, demandant l’envoi de 175 miliciens destinés à l’Ogooué.
[1029] C.A.O.M., Gabon Congo IV, dossier 20, Dépêche télégraphique du 28 octobre 1907, Gentil à Colonies :
“ J’étais présent Ndjolé le 5 octobre ; depuis affaire Lara dont je vous ai rendu compte par cablogramme du 29 avril, aucun incident ne s’y est produit et tout était calme dans cette région. Il a donc été inutile de déplacer 750 hommes. Je ne m’explique bruit de cette nature que par mouvement troupes et garde civile destinées à occuper Ngoko Sangha et frontière Cameroun... Le 21 juillet la rentrée des impôts s’est effectuée normalement partout indigènes payant d’autant plus volontiers qu’ils se sentent et qu’ils se voient chaque jour mieux protégés et mieux défendus contre procédés sommaires certaine société concessionnaire ”.
[1030] La quinzaine coloniale, 25 avril 1907, p. 330 : “ Cette région sera occupée par un détachement de cent gardes régionaux à prélever sur les effectifs en service dans la colonie et particulièrement sur ceux de la 1ère brigade et de la 1ère demi brigade de marche, détachement qui formera la 4e brigade du Gabon et sera ultérieurement porté à 150 hommes ”.
[1031] La littérature économique de l’époque livre quelques points de vues fort significatifs de l’esprit colonial qui a longtemps présidé aux destins des populations locales, Maurice Rondet-Saint, L’Afrique équatoriale française, Paris, Plon, 1911 ; pp. 251-252 :
“ “Imposer le travail forcé, à des hommes libres en plein XXe siècle ! Horreur et réprobation ! Mais c’est méconnaître les droits imprescriptibles, - naturellement, - de l’homme ! ” Et pour un peu, ils ajouterons : “ du citoyen !... ” Bien qu’il n’y eût pas de nègres à la prise de la Bastille, affirme l’Histoire.
“ Evidemment, je le confesse, c’est méconnaître cela, et bien d’autres choses encore. Mais nous nous trouvons en face d’une situation devant laquelle les raisonnements des sophistes les plus forts ne tiennent pas, pas plus que rien ne tient devant le fait, ni que nous ne pouvons davantage, sous prétexte de respecter la liberté individuelle, laisser les anthropophages de nos possessions se manger sous nos yeux ”.
Ibid., p. 253 : leur éducation morale passe avant tout par le travail :
“ Le Noir du Congo, tel qu’il est, ne travaille ni ne veut travailler, parce qu’il n’éprouve aucun besoin de modifier sa triste condition, dont la misère ne lui apparaît pas, faute de connaître un autre état. Mais éduqué lentement, progressivement, dût l’initiation première être en peu de la contrainte, il se mettrait au travail ; il en arriverait à apprendre le bienfait qu’il peut tirer de ses gains pour la satisfaction de ses besoins et de ses goûts, fût-ce même de ses vices, bienfaisants dans ce cas, puisqu’ils l’inciteraient à gagner des salaires, dernière considération à laquelle nous autres Blancs ne sommes pas déjà si étrangers. Je ne dis pas qu’il travaillerait “ comme un nègre ”, expression dont les coloniaux connaissent l’ironique éxagération, mais il produirait suivant ses capacités. Et c’est là l’essentiel ”.
[1032] R. Berre, La pénétration...; p. 232.
[1033] L’Okoumé est introduit dès 1892 dans les statistiques douanières. Commerce de l’Okoumé au Gabon : 5000t en 1902, 8000t en 1905 ; C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 443.
[1034] M. Denis, Histoire militaire… ; p. 188.
[1035] Ibid. ; p. 106.
[1036] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)2, 5 octobre 1908, Problème de relations commerciales sur la route Alembé Lara : “ Aujourd’hui les Pahouins de toute cette région n’ont plus aucun respect pour l’européeen quel qu’il soit, et non content d’arrêter les indigènes des caravanes, ils se livrent à des voies de fait sur les européens.
“ Particulièrement les villages de Womi Nzoro et d’Ossa, situés sur la route, font montre d’un acharnement agressif incompréhensible, ils prétendent empêcher les caravanes de passer, menacent de piller non seulement les caravanes qui essaieraient mais encore les factoreries de traitants installées dans leurs passages ”.
[1037] N. Metegue N’Nah, L’implantation coloniale… ; p. 94.
[1038] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)4 : 7 mai 1909, Rapport trimestriel du Lieutenant Gouverneur au Commissaire Général. : “ Un convoi de porteurs, chargé du ravitaillement pour le Woleu Ntem et parti d’Ekodoro en février a été attaqué le 14 avant d’arriver à Etome, par un groupe de villages pahouins de tribu Oyerk ”
[1039] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)3, 29 juillet 1909, Rapport Debieuvre.
[1040] Anonyme, Les sociétés concessionnaires du Congo français depuis 1905, Paris, Grasset 1909, p. 22-23.
[1041] Trilles, “Les légendes des Bena Banioka”, Anthropos, 1909, vol IV, note 2, p. 947.
[1042] Sur l’état de l’activité des compagnies concessionnaires en 1910, C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps…; p.313 : “ En 1910, [les Compagnies] étaient en demi sommeil. En un an, la Cie du Fernan Vaz avait reçu, pour tout approvisionnement, mille francs de marchandises en février, deux chargements de pirogues en juillet et une caisse d’allumettes en novembre. Elle se consacrait à ses plantations d’Assenki, d’Assénén et surtout de Ninghé Sika dirigées par trois agents de culture et un agent commercial. La C.F.C.O. disposait, sur plus de deux millions d’ha, de cinq agents européens et de deux comptoirs seulement, dont seul celui de Mayumba était quelque peu achalandé. La Cie du Sette Cama avait quatre agents répartis dans trois factoreries. L’Ogooué Ngounié, dont un seul établissement était tenu par un européén, limitait son activité au commerce du bois. La Haute Ngounié avait deux factoreries à Mouila et Sindara, gérées chacune par un Européen, et trois comptoirs de traitants sur la rivière. Elle utilisait seulement six pirogues en mauvais état. Enfin les Factoreries de Ndjolé, moins inactives, ne possédaient que six factoreries et une plantation à Ndjolé ”.
[1043] 1907 : 45000t ; 1908 : 53000 ; 1909 : 33 000t ; 1911 : 91 000t, puis accélérée à partir de 1920 avec la technique du déroulage et du contre plaqué. Ibid. ; p. 443.
[1044] M. Rondet-Saint, L’Afrique équatoriale …, p. 225 : “ Au fond, les financiers, ceux qui sont de couleur marron, comme ceux qui sont de nuance plus franche, sont dans leur rôle, puisque nos gogos nationaux, incurablement stupides, s’écrasent aux guichets des banques pour souscrire aux émissions, souvent teintées de rastaquouérisme, qui les attirent, alors qu’ils ne délieraient pas pour un liard les cordons de leur bourse au profit d’une affaire coloniale française honnête, et combien plus aisée à contrôler, puisque soumise à nos lois”.
[1045] C. Coquery Vidrovitch, Le Congo au temps… ; p. 263-264 : “ Le gouvernement, décidé à favoriser dorénavant un régime de libéralisme économique s’avisa en 1910 de récupérer une partie des territoires aliénés […]. Les concessionnaires restituaient une partie de leur territoire et limitaient leur monopole à un seul produit : bois ou caoutchouc. En échange, ils se voyaient attribuer, cette fois-ci en toute propriété, les terres de leur choix [...] En échange de l’abandon total de leur concession, l’Ogooué-Ngounié reçut 20 000 hectares et les Factoreries de Ndjolé 15 000 ha ” (décret du 27 février 1911 approuvant la convention du 20 juin 1910). Délibérations de la Commission des Concessions Coloniales, 1910-1911, Concessions XIII-B (2). Les concessions sont accordées pour dix ans.
“ De la même façon, l’Ogooué-Ngounié, qui avait opté pour sa liquidation en 1912, vendit son privilège à Quillard, la Société des Factoreries de Ndjolé, liquidée en 1919, d’abord cédée à Müller und Sohn de Hambourg, fit place en 1924 à la Compagnie d’exploitations forestières africaines ; et la Haute-Ngounié loua en 1920, à la demande de la Société agricole, forestière et industrielle pour l’Afrique, la moitié de ses forêts (20 000 ha) à la Compagnie forestière Sangha-Oubangui avant de les céder en 1927 à l’Union Minière et Financière Coloniale ”.
[1046] M. Rondet-Saint, L’Afrique équatoriale française ; p. 225 : “ Voilà, tel que et sans ambages, l’écart entre les chimères d’antan et l’état des choses présentes : chimères que nous eussions pu et dû transformer depuis longtemps en réalité, si nous avions mis en valeur, depuis que nous y sommes, le Gabon, que nous avions sous la main, par son contact avec la mer et sa facilité d’accès à l’intérieur, grâce à ses rivières, à ses lacs, et dont le monde colonial des affaires a tiré jusqu’ici un bien maigre parti. ”.
[1047] M. Denis, Histoire militaire… ; p. 217.
[1048] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)4, Gabon, Rapport Annuel, Merlin. En décembre 1915 le Gabon a fourni près de 30 000 hommes pour les colonnes, 700 sont envoyés à Douala entre janvier et mars 1916, 463 porteurs permanents et 3 000 occasionnels sont envoyés à Oyem, 500 tirailleurs sont recrutés.
[1049] Brisset, “Le Cameroun”, conférence donnée à la Société de Géographie de Lille, le 5 février 1920, Bulletin de la Société de Géographie de Lille, 1er semestre 1920, vol 20, pp. 30-60.
[1050] C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)4 Gabon, Rapport annuel 1916, Circulaires du 12 décembre 1915 et du 4 novembre 1916.
[1051] En 1921, sur 2 167 travailleurs engagés sur les chantiers, 939 étaient originaires du Woleu Ntem (C.A.O.M., A.E.F., Gabon 4D(1)4 Rapport politique 1921). En 1925, dans la subdivision d’Oyem, un millier environ d’adultes étaient absents de Doumandzou (Okano, Rapport du 1er trimestre 1929). Dans la décennie 1921-1930, un tiers au moins des jeunes adultes du Woleu Ntem travaillaient au dehors.
[1052] Périquet : 1910-1911 4.5hbt/km², soit 68 780 habitants au Woleu Ntem, Libreville, 5 560 hbts., Côte Nord 38 980 hbts., Komo 31 200 hbts., Okano 73 395hbts., Ivindo 100 160 hbts.
[1053] E. Reclus, Nouvelle géographie universelle, t. X, l’Afrique septentrionale, Paris, Hachette, 1885, p. 7.
[1054] Malte Brun, Précis de la Géographie Universelle, cinquième édition, Paris, Bureau des Publications Illustrées, 1845, tome 5, Asie Orientale et Afrique, p. 672.
[1055] Ibid.; p. 666 et suivantes.
[1056] G. Roullet, “ La rivière Como au Gabon et ses populations riveraines ”, Annales des voyages, décembre 1866, p. 281.
[1057] M.-T. Griffon du Bellay, “ Le Gabon ”, Le Tour du Monde, Paris, Hachette, 1865, tXII, pp. 273-320 ; p. 309 : “Le gorille ou d’ginna est un singe gigantesque exclusivement propre à cette région et qui n’est connu que depuis l’occupation française. Plusieurs individus de cette espèce avaient déjà été envoyés aux collections de Brest et du Jardin des Plantes par des officiers et surtout par des médecins de la marine, quand la curiosité publique fut vivement éveillée, il y a quelques années, par les récits de chasse de M. Du Chaillu, et par les liens de parenté qu’on prétendit trouver entre le gorille et l’espèce humaine”.
[1058] Noter planche II, avec quelle inclinaison il rapproche le crâne nègre du chimpanzé ou du gorille.
[1059] Genèse, livre X, versets 20 à 27.
[1060] E. Reclus, Nouvelle géographie … ; p. 28.
[1061] A. Cureau, Les sociétés primitives de l’Afrique équatoriale, Paris, Colin, 1912 ; p. 36. L’ouvrage et son auteur mériteraient un chapitre entier. Cureau ne s’embarasse d’aucune réserve et produit un discours qui rassemble, avec une concentration unique, tous les poncifs de l’infériorité du Noir. Il illustre avec une netteté absolue la mentalité coloniale très partagée à l’époque et jusque tard dans les milieux occidentaux. Il est souvent cité, sans avertissement, dans les bibliographies.
[1062] Ibid. ; p. 37.
[1063] La parenté entre le singe et l’homme apparaît en effet dans plusieurs cosmogonies africaines, notamment chez les Fang, mais ce sont bien les Occidentaux qui humanise les chimpanzés en les habillant.
[1064] Malte Brun, Précis de la géographie… ; p. 676.
[1065] O. Meynier, L’Afrique Noire, Paris, Flammarion, 1911, p. 76 : “ Enfin, […], la grande forêt vierge est le lieu d’asile de tous les vaincus, de tous les faibles. Les conditions déprimantes de ce milieu nouveau, d’un climat amollissant, d’un isolement forcé, ont fait dès l’origine, de la population de la forêt, les types les plus inférieurs des sociétés noires et de l’humanité entière ”.
[1066] E. Reclus, Nouvelle géographie … ; p. 28.
[1067] R. Hartmann, Les peuples de l’Afrique, Bibliothèque scientifique, Paris, Librairie Germer, 1880 ; p. 78.
[1068] Brazza lui-même exprime cette mentalité : “ Aux yeux de l’Européen tous les noirs d’abord se ressemblent : face rappelant celle du singe, corps robuste, attaches fines, mollets hauts, mains dont la paume blanchâtre est repoussante à voir ”, P. Savorgnan de Brazza, Au cœur…, p. 35.
[1069] Thomas E. Bowdich, Voyage dans le pays d’Aschantie ou Relation de l’ambassade envoyée dans ce royaume parles Anglais, Traduit de l’Anglais, Paris, Gide, 1819, 527 p, “ Chapitre X, Esquisse des environs de Gabon ”, 491.
[1070] Ibid. A moins qu’il ne s’agisse d’une évocation des Albinos.
[1071] J. Wilson, “Description of the country near the mouth of the Gaboon”, The missionary Herald, vol. XXXIX, juin 1843, n°6, pp. 229-240 ; p. 236.
[1072] Ibid. ; p. 238.
[1073] Ibid.
[1074] Passé le bassin de l’Estuaire, soit une bande d’une vingtaine de kilomètres dans l’intérieur, les premiers reliefs et la forêt rafraîchissent l’atmosphère, la déchargent d’une humidité excessive, et nuancent les jours et les nuits. A la côte, en revanche, la mer et les marais captent la chaleur du jour pour la restituer la nuit.
[1075] J. Wilson, “Description of the country…” ; p. 238.
[1076] C.A.O.M., Sénégal et Dépendances III, dossier 7, Rapport Méquet, 1847.
[1077] R. Walker, “Mr. Walker’s visit to the upper waters of the Gaboon”, The missionary Herald, Boston, vol XVL, avril 1849, N° 4, pp. 120-123 ; p. 121.
[1078] Ibid. pp. 120-123. Cf première partie.
[1079] P. Alexandre, “ Proto-histoire du groupe Beti Bulu Fang ”, Cahier d’Etudes Africaines, n° 20, V, 4, 1965, pp. 503-560; p. 504. : “ Il cherchait le pittoresque, se discréditant ainsi largement auprès des explorateurs qui le suivirent, mais contribuant aussi à perpétuer, jusqu’à 1870 et même plus tard, une image des Fang, qui a fait encore plus de tort à leur réputation qu’à la sienne ”.
[1080] P. Du Chaillu, Voyages et aventures ..., p. 166. L. Homburger, Le langage et les langues, Paris, Payot, 1951, p. 69 : “ Au XVIIe siècle, les Jaggas ont semé la terreur depuis le Congo jusqu’au sud de l’Angola ”. O. Dapper, Description de l’Afrique, Amsterdam, Wolgang, Waesberge, Boom et van Someren, 1686, p. 338, repris dans Objets interdits, Musée Dapper, Paris, 1989; p. 264
[1081] P. Du Chaillu, Voyages et aventures… ; p. 167.
[1082] Ibid. ; p. 166.
[1083] Braouezec M., “ Notes sur les peuplades riveraines du Gabon, de ses affluents et du fleuve Ogo-Uwai ”, Bulletin de la Société de Géographie, janvier-juin 1861, 5° série, t. I, pp. 345-359 ; p. 352.
[1084] Ibid. ; p. 346.
[1085] Encore faudrait-il s’accorder sur la dénomination “ Shiwa ”, puisqu’on en cite à la Côte Nord au XIXe siècle.
[1086] Walker s’est naturellement intéressé, pour des raisons évangéliques, aux langues locales et a décelé des convergences linguistiques entre les Mpongwe, Seke et Kele auxquels il veut joindre les Fang. Mais son utilisation d’un interprète et la faiblesse des exemples cités réduise la portée de sa remarque.
[1087] Jusque dans les années 1990, quelques vieux colons expliquaient à Libreville que la “paresse gabonaise” était le fruit de l’union des autochtones avec les esclaves moribonds que les négriers débarquaient au Gabon.
[1088] M. Bert, “Note sur les tribus qui habitent le Gabon”, Bulletin de la Société de Géographie, mars 1863 ; p. 186.
[1089] R. Burton, “A day amongst the Fans”, Anthropological Review, n°1, 1863, Londres, pp. 43-54 ; p. 45.
[1090] M. T. Griffon du Bellay, “Le Gabon… ” ; p. 308.
[1091] Ibid. ; p. 279 : “Mais elles mêmes y perdent rapidement leur originalité. Trouvant dans de faciles échanges commerciaux tout ce qui peut satisfaire leurs besoins, elles perdent leurs usages traditionnels et caractéristiques, oublient leurs anciennes industries, et altèrent même par des unions étrangères leur cachet original”.
[1092] G. Roullet, “ La rivière Como… ” ; p. 147.
[1093] Entre autres Roullet G., “ Les Pahouins, leur origine, leurs mœurs, leurs coutumes ”, Annales des Voyages, t. III, août 1867 ; pp. 145-155 ; p. 146 : “La nation pahouine a des rapports de voisinage avec les Bakalais, les Boulous et les Gabonnais, trois peuples dégénérés, qui tendent à disparaître sur tous les points où ils se rencontrent avec les Pahouins”.
[1094] C.A.O.M., Gabon I, dossier 6d, Fleuriot de Langle à Marine, Lettre du 24 septembre 1867.
[1095] C.A.O.M., Gabon III, dossier 1, rapport Aymès.
[1096] Note de l’auteur : “ Le fait est exceptionnel : le noir considère comme un déshonneur de servir un autre noir ”. Il semble qu’Aymès se soit perdu dans l’imbroglio clanique et qu’il ait assimilé les Pygmées “Baku” au groupe fang.
[1097] C.A.O.M., Gabon III, dossier 1, rapport Aymès.
[1098] G. Schweinfurth, “Au cœur de l’Afrique”, Le Tour du Monde, Paris, Hachette, 1875, t. XXVIII pp. 209 – 224 ; p. 219.
[1099] “ On engraisse et l’on mange les chiens au Maghreb, chez les Mittus et les Niams-Niams. Schweinfurth dit qu’il y a du vrai dans l’opinion de l’abbé Saint-Pierre qui prétend que manger des chiens, c’est faire le premier pas vers le cannibalisme ”. R. Hartmann, Les peuples de l’Afrique… ; p. 123.
[1100] E. Reclus, Nouvelle géographie universelle ; p. 99 : “ L’Ivindo, que l’on croît prendre sa source dans le voisinage de l’Ou Banghi ”.
[1101] G. Schweinfurth, “Au cœur de l’Afrique”… ; p. 219.
[1102] Compiègne, L’Afrique Equatoriale, t.2, p. 149 et suivantes.
[1103] Ibid.
[1104] M. T. Griffon du Bellay, “Le Gabon… ” ; p. 309.
[1105] Fleuriot de Langle, “Croisière à la Côte d’Afrique, 1863”, Le Tour du Monde, Paris, Hachette, 1876, t. XXIII, p. 305-352 ; t. XXVI, p. 353-400 ; t. XXXI, pp. 241-305 ; pp. 208-210.
[1106] Fleuriot de Langle, “ Croisière… ” ; p. 268.
[1107] Mizon lui-même cherche encore un lac aux confins de la Sangha, vers les années 1890.
[1108] Fleuriot de Langle, “Croisière…” ; p. 272.
[1109] Ibid. ; p. 269, note 1.
[1110] O. Lenz, “Expédition dans l’Ogoway”, Revue Maritime et Coloniale, 1877, t. LIV, pp. 529-534 ; p. 530.
[1111] P. Savorgnan de Brazza, Au cœur…; p. 106 : “ Depuis une époque déjà reculée, des peuplades de l’intérieur, venant du nord-est, étaient poussées vers l’ouest par un sentiment instinctif qui les rapprochait de la côte. Cette migration chassait devant elle ou dispersait des peuplades de races différentes. A un moment donné, elle se divisa en deux branches : l’une se dirigea vers les rivières du Gabon, de Muni et du Nord ; l’autre arrivait sur l’Ogooué, par la vallée de l’Ivindo. La première se composait de Fans-Batchis ou Pahouins ; la seconde formait la grande famille des Fans-Makey, mieux connue, sur les bords de l’Ogooué, sous l’appellation d’Ossiébas […]. Quelles sont les causes de ces mouvements vers l’ouest ? Quelle est la poussée forçant ces peuplades à quitter leurs vastes forêts, dont elles paraissent personnifier le sombre génie farouche ? ”
[1112] Ibid, p. 70.
[1113] R. Hartmann, Les peuples de l’Afrique… ; pp. 13-14 : “ Qui est-ce qui a colonisé ces terres formées par un limon fertile ? Sont-ce des émigrants syro-arabes ? L’étude de l’ancienne langue égyptienne constate la connexion intime de la langue du peuple des pharaons avec les idiomes indo-germaniques et sémitiques, ce qui prouve les relations intimes entre ces divers peuples. Mais aucun indice physique important ne peut faire présumer une origine sémitique des Egyptiens. Alors même que l’anthropologie reconnaît l’identité des idiomes indo-européens, elle n’admet pas pour cela l’unité ethnographique des peuples indo-européens. Les rapports de langage ne prouvent pas nécessairement la parenté nationale et ethnographique.
[1114] Ibid. ; p. 15.
[1115] Ibid. ; p. 97.
[1116] Ibid. ; p. 103.
[1117] D’après P. Alexandre, “ Proto-histoire… ” ; p. 508.
[1118] R. Hartmann, Les peuples de l’Afrique… ; p. 50. Les premiers travaux sur les Bantu remonte à 1862 avec le linguiste allemand Wilhem Henri Bleek.
[1119] M. Liotard, “ Les races de l’Ogooué ”, L’Anthropologie, 1895, vol. VI, pp. 53-64 ; p. 64.
[1120] E. Allégret, “ Les idées religieuses des Fañ ”, Revue de l’histoire des religions, n° 50 Paris, 1904, pp. 214-233 ; p. 214.
[1121] Ibid. ; p. 219.
[1122] H. Neu, “Lettres”, Annales apostoliques des pères du Saint Esprit, 1887.
[1123] V. Largeau, Encyclopédie Pahouine, Paris, Leroux, 1901.
[1124] Ibid. ; p. 26. Il est suivi sans la moindre réservc par G. Sautter, De l’Atlantique au fleuve Congo : une géographie du sous-peuplement, République du Congo, République Gabonaise, Paris, Mouton, 1966 ; p. 840. A propos des conditions de migrations, il écrit : “ Les comportements sociaux, les pratiques religieuses s’étaient eux-mêmes adaptés aux exigences de la mobilité. C’est dans ce sens qu’il faut interpréter, parmi d’autres, le trait suivant, rapporté par Largeau [...] Ainsi se débarrassait-on des “bouches inutiles”. ”.
[1125] Les confusions sont très faciles. Ainsi les mots Kom ( “ o ” fermé) et Komo (premier “ o ” très ouvert, deuxième “ o ” presque prononcé comme un “ e ”) désigne chacun un cours d’eau, mais l’un camerounais, affluent du Ntem, l’autre gabonais.
[1126] V. Largeau, Encyclopédie Pahouine ; p. 26 : “ Et maintenant d’où viennent ces Pahouins dont les hordes turbulentes et affamées couvrent aujourd’hui, au nombre de plusieurs millions, l’immense territoire compris, du Nord au Sud, entre 3° de latitude Nord et 1°5’ de latitude Sud d’une part, et d’autre part entre la mer Atlantique et le 12°degré de longitude Est ? ”
[1127] Ibid. ; p. 26 ; pp. 247-253.
[1128] Ibid. ; p. 29.
[1129] Ibid. ; p. 29.
[1130] C.A.O.M., Gabon Congo II, dossier 6, Anonyme 1.
[1131] E. Cholet, “ La haute Sangha ”, Bulletin de la société de géographie, 2e sem 1896, t. XVII, pp. 188-211 ; pp. 191-192.
[1132] * Note de Franc. La lettre r n’existe pas dans les langues bantous et bakalaï (Braouezec) sur le territoire desquels les Fâns sont venus s’établir.
[1133] * Note de Franc. J. – B. Roche parle, dans son livre, Au Pays des Pahouins, du Rio Mouny au Cameroun, Paris, Lavauzelle, 1904, p. 47, d’un cas curieux d’albinos aux cheveux de filasse. Ne serait-ce pas une anomalie régressive intéressante à étudier.
[1134] * Note de Franc. Voir à ce sujet les collections du Musée d’Ethnographie.
[1135] Dans son introduction sur le Gabon, Trilles écrit : “… A ceux qui aiment le Noir, nous offrons ce livre ; ils y trouveront la preuve que ce Nègre a une âme, sœur de la leur, plus naïve certes, plus frustre encore, mais douée cependant des mêmes facultés, appelées aux mêmes destinées, au même avenir immortel, d’une âme qui ne demande qu’une chose : un peu d’amour, un peu de dévouement et le secours d’une main amie pour marcher à son tour dans la voie où nous l’avons précédée”. H. Trilles, “Proverbes, légendes et contes fang”, Bulletin de la société neuchâteloise de Géographie, t. XVI, pp.